Le temps des Chronophages

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« Au fond, nous vivons un vrai cauchemar. Deux mondes qui se poursuivent, tels deux trains roulant sur une même voie, l’un talonnant l’autre. Que le premier ralentisse, et c’est la collision inévitable, car on aura beau retourner les théories quantiques en tous sens, deux objets ne peuvent se trouver au même endroit, au même moment. Et les Chronophages nous rattraperont. Ils seront à chaque coin de rue, tapis, la gueule ouverte. Ils sont déjà là. Mieux vaut ne jamais être à la traîne, Jack…
Cette perspective fit passer un frisson glacé dans le dos de Jack En Retard.
Il n’avait jamais réussi à être à l’heure.
C’était une maladie chez lui. »
Un superbe roman de Michel Honaker, aux frontières de la SF, du Steampunk et de la Fantasy.
Publié le : jeudi 22 octobre 2015
Lecture(s) : 7
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782368921142
Nombre de pages : 70
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Le Temps des Chronophages

 

 

 

 

 

Michel Honaker

 

 

 

 

 

Illustration : Vael Cat

 

 

 

 

 

Éditions L’ivre-Book

1. Le Croquemitaine

 

 

 

 

Il était une fois un garçon nommé Jack en Retard.

Tral deri tral.

Il n'était jamais à l'heure pour rien. Tral dira.

Il courait à propos de tout. Tral lally.

Il oubliait patin, couffin, muffin, Tral deri tral.

Il était une fois un garçon nommé Jack en Retard.

 

La Bête s’était introduite dans la maison.

Elle s’était glissée en catimini, émergeant de nulle part.

Et Jack n’avait pas encore senti sa présence. Pourtant, depuis un instant, sa montre biorythmique lançait une salve de décharges électriques sous sa peau. Malgré cela, il était incapable d’émerger de cette délicieuse torpeur qui précède le réveil, et l’engluait dans ses draps froissés.

La Bête rampait maintenant tout près. Le plancher craquait sous son poids. Elle possédait un corps râblé de bipède malformé, sur lequel dodelinait une tête de prédateur primitif plantée de cheveux sales. Son haleine pestilentielle envahissait la chambre. Elle s’accrocha à la moustiquaire métallique qui recouvrait entièrement le lit et constituait l’ultime rempart de protection du dormeur. Son ventre blanc de saurien formait une tache lunaire sur les mailles d’acier. Ses griffes cliquetaient sur les mailles. La Bête cherchait la faille, le défaut par lequel se faufiler. Et se saisir de sa proie.

Alerte. Alerte.

Jack ressentit le danger, quelque part dans les limbes de son inconscient. Il remua, gémit, et cependant n’arriva pas à émerger. Les griffes pincèrent les jointures vieillissantes de la moustiquaire et parvinrent à en cisailler quelques-unes. Si le trou n’était pas encore assez grand pour qu’elle puisse y passer son corps, elle pouvait du moins tendre son bras atrophié. Par chance trop court pour parvenir à faire autre chose que caresser le visage de sa victime. Ce simple contact excita son instinct de prédateur, car elle proféra un curieux bruit de bouche qui caractérisait chez ceux de sa race l’imminence de l’attaque. 

Ce fut ce bruit qui éveilla brutalement Jack. Il tourna la tête, croisa le regard de la Bête, qui, langue pendante, le couvait avec une sorte d’apitoiement. Jack fut pris d’un malaise. Le décor familier de sa chambre s’écartelait en ondulant, telle la vision déformée d’un ivrogne. L’air était glacé. La puanteur suffocante. Épouvanté, l’oublieux consulta sa montre biorythmique : l’aiguille oscillait dans la zone rouge. Il arrivait à court de crédits-temps. Il était en retard. Une fois de plus. Il poussa un cri bref. Tous les signaux étaient au rouge.

Il était en train de décrocher.

− Cette fois, je te tiens, Jack… murmura la Bête. J’attends depuis si longtemps. Tu ne peux pas me décevoir.

La bave aux lèvres, elle donna un coup de griffe rageur dans la toile métallique. Jamais elle n’avait été si près de son but, si près de l’atteindre pour l’emporter dans son monde. Dans un instant, elle glisserait son buste tourmenté sous la toile de fer, et c’en serait fini, car aucun humain ne pouvait lutter à mains nues face à cette… monstruosité. Jack trouva le réflexe de rouler hors du lit en ramassant au passage ses vêtements abandonnés en boule et pressa le bouton du sas de secours. Ce dernier s’ouvrit avec un bruit pneumatique et Jack plongea à l’intérieur. La dernière chose qu’il aperçut avant de glisser sur le toboggan, ce furent les mâchoires démesurées garnies de crocs courbes qui claquaient dans le vide sur son oreiller et l’envol des plumes. Le jeune homme atterrit dans la fosse recouverte de tubes caoutchouteux supposés amortir sa chute. Il en émergea en quelques mouvements de nage, tel un naufragé haletant. Il prit pied sur la margelle en ciment et courut vers la porte donnant sur la rue.  

− Ça te pendait au nez ! se sermonna-t-il. Il finira par t’avoir. Je te le dis, Jack. Il t’aura, avec ta fichue manie d’être toujours en retard.  

Il déboula sur le trottoir mécanique dans l’indifférence des passants pressés tout en enfilant son jean et ses baskets. Il regarda les autres avec une mimique embarrassée. La plupart n’étaient pas comme lui. Ils n’avaient pas besoin de regarder constamment derrière leur épaule pour s’assurer qu’un Chronophage ne les avait pas pris en chasse. Ils étaient synchrones, eux.

− En ce monde, personne n’est à l’abri d’être à son tour la proie d’un Chronophage, voulut se consoler Jack. Un oubli, une distraction… Un retard… Voilà ce qu’il en coûtait lorsque deux mondes opposés suivaient la même orbite dans l’espace-temps. Chaque tâche de la journée devait s’accomplir en son temps, selon le Grand Ordonnancement. Tout manquement pouvait coûter la vie au négligent qui voulait s’en affranchir.

Jack s’efforça de gagner quelques précieuses secondes en gagnant quelques places sur l’escalator qui mentait au métro aérien. Il bouscula les gens devant lui, sans se soucier du code de bonne conduite, afin de se frayer un passage. Il préféra ignorer les regards hostiles, les remarques outragées. On n’en est plus là quand il s’agit d’une question de vie ou de mort.

Jack débarqua sur le quai de l’El, le métro aérien, en continuant de jouer des épaules, qu’il avait, par chance, solides. Il jeta un nouveau coup d’œil sur sa montre : l’aiguille avait légèrement remonté vers la zone orange, grâce à ces quelques précieux instants grappillés, mais il n’était pas encore temps de crier victoire. La Bête n’abandonnait pas si facilement. Elle se moquait bien de le poursuivre au su et au vu d’une foule entière… C’était dans la nature d’un Chronophage. Il ne lâchait jamais sa prise, même après plusieurs années. Dès l’instant où elle lui était désignée, il la considérait comme sienne, à tout jamais. Gouverné que par ce seul instinct de prédateur, ce seul idéal criminel, il rôdait de l’autre côté, en attendant que la frontière invisible des deux mondes entre en contact.

Jack laissa la portière du wagon se refermer sèchement derrière lui et s’adossa à la vitre, scrutant le quai avec inquiétude. Aucun signe de panique ni de tumulte. Il s’en était sorti encore cette fois. Il recommença à respirer normalement et pinça ses paupières. 

− Veuillez me consulter ! Veuillez me consulter ! le harcela alors une voix robotique.

Il rouvrit les yeux. Un journal holographique s’était formé devant lui, qui faisait défiler ses gros titres.

« La deuxième demi-finale du Tournoi des Façonneurs a lieu aujourd’hui !

« Dernières côtes. Dernières estimations.

« Vous voulez parier ? Dernière page. Vous n’avez qu’à retirer votre clé de crédits-temps pour la glisser dans la fente.

− Non, merci, déclina Jack en s’essuyant le front d’un revers de main.

Maudit tournoi. Comme s’il n’avait pas d’autres soucis, songea-t-il en se réfugiant au fond du wagon.

 

2. L’Hôte du Quartier Oublié

 

 

 

 

Nelson Grocke était le seul habitant de Muséum.

Son château en ruines donnait sur une place bordée de colonnes grecques, déserte en toutes saisons. Aucun métro aérien n'arrivait jusqu'à lui, aucune rumeur de la cité enfiévrée. Aucun cri d'agonie, non plus… Seul le vent trouvait l'entrée du labyrinthe des vestiges gauchis, assemblés au petit bonheur la chance. Seule la pluie, si fréquente, dégoulinait sur les pans de viaducs éventrés, ciselant le granit millénaire. Les éléments parlaient à Grocke, qui cessait alors de façonner les âmes pour, levant la tête, prêter l’oreille à leurs discours mélancolique.

Muséum.

Quelques décennies plus tôt, on avait rassemblé hors de la cité toutes les merveilles du monde afin qu’elles ne distraient pas inutilement les habitants soumis au Grand Ordonnancement. Sur ce monde où chaque seconde qui s’écoulait avait le poids d’une goutte de sang, tout ce qui pouvait détourner le citoyen de cette urgence avait été implacablement jeté au rebut. Ainsi cette plaine à l’origine infertile s’était vue en quelque sorte replantée de temples birmans, de pyramides égyptiennes, d’acropoles et de statues de toutes origines. Évidemment, dans la hâte, les monuments n’avaient été qu’entassés, et parfois superposés de sorte que le lieu ressemblait à un gigantesque capharnaüm s’étendant sur des kilomètres sans vie.

Certains de ces chefs d’œuvres d’autrefois, qui avaient fasciné des générations, n'avaient jamais retrouvé leur aspect primitif, soit que des pans entiers se soient égarés en chemin, soit qu’une confusion ait entablé un fronton persique sur une architecture métallique du 19ème siècle. Qui s’en souciait ? Ce n’était pas la préoccupation première du moment. Ainsi de magnifiques collections d’art jadis d’un prix inestimable, avaient été abandonnées à ciel ouvert, des myriades de toiles classiques étaient exposées aux intempéries sans grande considération pour leur valeur marchande d’autrefois.

L’argent n’avait plus cours. Seul le temps comptait.

En dépit de son goût prononcé pour les puzzles, Nelson Grocke n'avait pas résolu toutes les énigmes de ce bric-à-brac farfelu, bien qu’il en ait exploré la plupart des allées. Il avait recensé un grand nombre de pièces orphelines, sauvé plusieurs milliers de toiles du délabrement, mais la tâche était si gigantesque que plusieurs vies n’auraient pas suffi à l’accomplir… À son corps défendant, et même si ce n’était pas là sa vocation première, Nelson Grocke se considérait un peu comme le conservateur de cet improbable grenier. Quand il ne façonnait pas, il admirait, ou archivait, et le plus souvent, les deux en même temps.

Il n’était aucun endroit au monde où il se sentît mieux que parmi ces vieilles pierres. Il y puisait son inspiration. Sa connaissance. Il savait combien les choses anciennes peuvent générer d’idées nouvelles. Rares étaient ceux qui venaient troubler sa tranquillité. Parfois, un fonctionnaire du Temps Perdu, pressé comme il se doit, venait consulter quelque registre. Il repartait par l’El en grande partie désaffecté, dont la voie s’interrompait de façon abrupte à la lisière du domaine. Sinon aucun habitant de ce monde n’aurait pris le risque de s’égarer dans cette banlieue.

Qui en aurait eu le temps, désormais ?

Nelson Grocke n'avait pas ce souci, car il était immunisé. Il ne portait pas de montre biorythmique.

Il n’avait pas à s’intéresser au temps. 

Et le temps se désintéressait de lui.

Il n'avait plus d'âme et ceci expliquait cela. Et ce secret était jalousement gardé.

Nelson Grocke avait pour habitude de dormir sur le dos, de manière à contempler la forme des nuages au travers de la charpente ajourée de sa chambre. Au gré de sa fantaisie, il donnait un sens aux courbes vaporeuses : lions dressés, diables enchaînés ou géants fourbus… Le ciel était rarement dégagé, à cause de la pollution. Il se gouachait pour ainsi dire chaque jour de nouvelles attractions.

Quand le Maître−Façonneur s’éveilla ce matin-là, il ne trouva aucune forme digne d’être interprétée par le délire de son imagination. Aussi curieux que cela puisse paraître, c'est à ce vide qu'il pressentit la venue d’événements majeurs à venir. À ce vide qu’il comprit que le temps était venu. Qu’il fallait agir.

Tout en passant sa robe de bure monacale sur son corps contrefait, il alla jusqu’à la fenêtre, d’où il pouvait sonder l’immobilité de Muséum. Le silence foisonnait d’une multitude de bruits ténus, perceptibles pour lui seul. Les âmes s’activaient un peu partout autour du château, en semi-liberté. Nul autre que lui n’aurait pu déceler leur présence, leurs murmures. Un sourire contemplatif vint effleurer ses lèvres. Puis Grocke descendit aux cuisines. Pour ce faire, il dut se faufiler parmi les entassements de statues antiques qui prenaient la pose dans les différentes salles. Il effleurait au passage les beautés de marbre, avec une expression inspirée, comme s’il en retirait une énergie sans pareille.

Il ralluma le feu sous la cuisinière et mit de l’eau à bouillir. Patienta. Fit infuser son thé, bourra consciencieusement sa pipe qu’il alluma avec délectation. Il relâcha dans l’air des volutes bleuâtres qui parlèrent à son imagination fertile. Le tournoi des Façonneurs touchait à sa fin. La côte était en sa faveur. Les parieurs savaient où se trouvait leur intérêt. Mais cette année, la joute serait rude. Les challengers étaient de taille, et ils n’avaient pas pour l’Art ce respect, cette humilité avec laquelle se créent les belles choses. Eux désiraient vaincre pour vaincre, plaire pour plaire, et accroître leur influence. Sans souci de ce qui dure, sans honte de ce qui s’efface. Grocke était différent. Pour autant, il devrait se montrer féroce.

S’il voulait accomplir la mission qu’il s’était dévolu. 

Il décida de vaquer à sa promenade quotidienne parmi les vestiges de l’ancien temps. Il se porta, sans avoir à se déplacer, au milieu des agrégats de ruines disparates. Beaucoup d’âmes se retrouvaient là, et emplissaient le silence de leurs voix secrètes, qui négligent l’ouïe pour n’atteindre que l’esprit. Grocke s’assit sur un piédestal et les regarda battre des ailes avec la grâce des anges. Bien vite, elles se mirent à tournoyer autour de lui afin d’attirer son attention et lui murmurer toute leur gratitude. Ne les avait-il pas arrachés à la destruction complète, là-bas, dans les incinérateurs du Crématoire ? Elles savaient qui il était, et de quelle grâce il était capable de les parer avant de leur rendre une liberté définitive.

Grocke attendit un instant, puis il ouvrit son grand filet, semblable à un cocon de soie. À ce signal, les âmes émirent des chants si doux qu’il en éprouva une extase sans pareille. Elles se bousculèrent presque pour se réfugier dans les entrailles de la nasse.

− Tire-d’aile ? les énuméra Grocke, pour celles qu’il avait déjà baptisées. Mouton d’Argent ? Boîte Confite ? Le temps est venu. La ville nous attend…

Il referma le filet et le jeta sur son dos sans effort. Les âmes ne pèsent guère. Cette tâche accomplie, il prit la route de la cité de sa curieuse démarche.

3. Le Carton à Chapeau

 

 

 

 

Jack pénétra en sueur au Ministère des Expéditions Rapides par l’entrée dévolue aux simples employés. Les couloirs de cette fourmilière grouillaient déjà de monde. L'envie de presser le pas le démangea mais il s’avisa que les caméras de surveillance le suivaient avec une curiosité soupçonneuse et auraient tôt fait de détecter un comportement anormal chez l’un des agents. Jack dut produire beaucoup d’efforts pour affecter l’allure détachée d’un employé industrieux. Il pénétra dans le vestiaire en essuyant furtivement la sueur qui coulait de son front. Mais personne ne prenait garde à lui. Chacun était déjà bien trop occupé par ses propres soucis.

Jack enfila rapidement sa combinaison orange de coursier et planta la casquette rigoureusement assortie sur le sommet de son crâne. Il claqua la porte de son casier métallique et fila par les escalators. Direction le Service de Distribution. Quelques collègues ne manquèrent pas de le railler en le voyant danser d’un pied sur l’autre.

− Alors, Jack ? Encore à la bourre, je parie ?

− Tu transpires. T’as couru ?

− Son Chronophage lui mordait les fesses.

− Tu imagines s’il se faisait choper ici, au Ministère ?

− Ça ne pourrait pas arriver.

− Ouais, sauf avec Jack Albrand, le seul qui se presse lentement. Pas vrai ?

− Lâchez-moi, les gars, répliqua Jack avec un sourire crispé.

Ils étaient loin d’imaginer à quel point leurs boutades n’étaient pas loin de la réalité. Après le décrochage de ce matin, Jack avait encore des fourmis dans les bras, conséquence des microdécharges électriques infligées par son bracelet-montre. Du moins, la migraine s’estompait-elle peu à peu. Un bon coup de collier aujourd’hui et il serait à nouveau synchrone avec le reste du monde. Il aurait peut-être même le temps d’inviter Loretta au restaurant. Encore fallait-il ne se laisser retarder par personne. Et pour sa déveine, Jack tomba pile sur Matt Murray, son chef de service. Ce dernier était encore jeune, mais son ventre bedonnant, sa calvitie précoce et ses yeux de poisson lui donnaient vingt ans de plus que son âge réel. Il attendait au coin de la coursive, tel un ours affamé tente d’attraper des saumons affolés remontant le cours d’un torrent.

Jack se fit tout menu pour tenter d’échapper à sa vigilance. Il faillit y parvenir. Failli seulement, car une poigne ferme l’attrapa par le col.

− Jack, mon petit Jack ! s’écria Murray. Connais-tu la blague de l’andouille et du cerf-volant ?

− Je la connais, Matt ! se hâta de répondre Jack.

− Tu es sûr ? Raconte-moi donc la fin…

− Sûrement à la pause de midi, Matt, mais là, j’ai une tonne de travail qui m’attend. 

C’était la marotte de son chef que de s’amuser à alpaguer ainsi ses subordonnés, en se délectant du temps qu’il leur faisait perdre. Sa façon à lui de repérer ceux qui n’étaient pas synchrones. Et il ne lui avait pas fallu longtemps pour remarquer le comportement suspect de ce Jack Albrand, matricule 4520987. Il l’avait rapidement élu pour souffre-douleur. Dès qu’il en avait l’occasion, il l’agrippait, le retenait, tout en l’assommant d'histoires drôles… ou prétendues telles.

Jack parvint à se défaire de l’étreinte et se laisser emporter par le flux incessant de la coursive.

− Tu ne perds rien pour attendre, Jack ! lui lança Murray.

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