Le Testament de Galilée - 3. L'enfant

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La grossesse d’Emma ne se déroule pas correctement. Tout va vite, trop vite pour Jules qui perd le contrôle de sa vie. Rongé par les doutes, l’esprit tiraillé par ses interrogations, il n’a pas d’autre choix que de se fier à ses amis.
Pendant ce temps, convoqués par leurs supérieurs, les Ghosts retournent aux États-Unis. Ils vont découvrir, au péril de leurs vies, un complot aux intérêts politiques à l’origine de l’affrontement entre le groupe de Jules et celui d’Anna.
De son côté, avide de pouvoir, Anna part à la recherche de la capacité qui lui permettra de se venger de l’humiliation que Jules lui a fait subir et de contrôler l’enfant de la destinée.
Leurs chemins vont une dernière fois se recouper, permettant enfin d’élucider le testament laissé par Galilée il y a plus de 400 ans !
Le dernier volume de la saga du Testament de Galilée de Sébastien Tissandier, en passe de devenir un monument de la littérature d’évasion.
Publié le : mercredi 23 mars 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782368921180
Nombre de pages : 107
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Le Testament de Galilée 3 L’enfant Sébastien Tissandier Illustration : Vael Cat et Pierre Guigon Éditions L’ivre-Book
Remerciements À Lilian, mon éditeur, Huguette, ma correctrice et tous ceux qui m’ont soutenu dans les étapes d’écriture de cette trilogie : je vous remercie du fond du cœur. Le testament de Galilée est mon premier roman. Au départ, ce devait être un one-shoot. Mais je me suis entiché du personnage de Jules et j’ai décidé d’en faire une trilogie. Quand je repense au parcours de mon héros, je prends conscience de son évolution : dans ce dernier volet, Jules est bien loin du scientifique naïf et chétif du début du premier tome ! Dans « l’enfant », j’avais à cœur de le faire évoluer davantage, en le confrontant au doute, à son impuissance, alors qu’il possède une capacité qui n’a de limites que celles de sa propre volonté. C’est avec beaucoup d’émotion que j’achève ici cette trilogie. À mes lecteurs : je ne vous remercierai jamais assez pour m’avoir suivi dans cette aventure. C’est aussi en grande partie grâce à vous que je peux achever ce projet. J’espère que ce dernier tome apportera toutes les réponses que vous vous posez encore sur le testament de Galilée… Bonne lecture !
« Je n'ai jamais rencontré d'homme si ignorant qu'il n'eut quelque chose à m'apprendre. » Galilée
PROLOGUE Elle était littéralement parasitée. Depuis que les formes de vie s’étaient diversifiées en son sein, elle était rongée. La Terre. Elle désespérait de trouver un jour le moyen d’endiguer cette propagation. Elle avait tout essayé : des modifications de son environnement aux bombardements des rayons de son père, le Soleil. Rien n’y fit. À chaque fois qu’elle pensait reprendre du terrain, la vie trouvait un nouveau chemin et l’arpentait. Elle la défiait de l’en empêcher. Mais ce fut lorsque la vie développa sa nouvelle arme que la Terre sut qu’elle était condamnée. L’intelligence. Certaines formes de vie s’organisèrent en groupes sociaux. Les plus petites d’abord. Ainsi, les insectes construisirent des abris communs, regroupant des millions d’individus. Puis ce fut le tour d’espèces plus imposantes. Ces formes de vie atteignirent une phase de symbiose avec la Terre. Elles ponctionnaient ses ressources, mais de manière raisonnée, n’utilisant que ce dont elles avaient besoin. À leur mort, ces espèces retournaient à la Terre nourricière. Le tout formait un cycle qui laissait du temps à la Terre pour reconstituer ses réserves. Elle fut rassurée par l’installation de cet équilibre… Jusqu’à l’apparition d’une nouvelle espèce. La Terre en observa les premiers individus : rien de plus que des singes un peu plus malins que les autres. Mais ils ne cessèrent d’innover et d’inventer. Ils se construisirent des armes pour chasser les autres formes de vie. Ils bâtirent des abris. Ils maîtrisèrent le feu, et se forgèrent un arsenal toujours plus solide, plus meurtrier. Aucune autre espèce ne pouvait rivaliser avec celle-ci. Elle n’eut aucun prédateur naturel. Et l’équilibre fragile établi entre la Terre et les espèces qu’elle abritait commença à basculer. Les Hommes progressaient sans relâche. Ils colonisaient tous les continents, évoluaient au fil des générations. Ils apprenaient et transmettaient leur savoir à leur descendance. La Terre souffrait du dérèglement que les Hommes avaient engendré. Elle tenta de communiquer avec eux, de leur montrer ce qu’il allait se produire s’ils continuaient sur leur lancée. Mais ils ne l’entendirent pas. En désespoir de cause, la Terre appela une dernière fois son père à l’aide. Il ne trouva qu’un seul moyen de sauver sa fille : il redoubla d’intensité et bombarda sa surface avec une puissance telle qu’il ne l’avait jamais fait. Il espérait modifier ces espèces directement à leur source : dans leur patrimoine génétique. Mais les Hommes continuaient de saccager leur environnement, sans le moindre regret. Pourtant, de temps à autre, sous l’effet des radiations solaires, un individu naissait parmi les Hommes, avec le pouvoir de tout changer…
PARTIE 1
CHAPITRE 1 - DOUTES Il regardait les nuages défiler par le hublot, ses pensées aspirées dans la contemplation de l’océan bleu foncé à travers les trouées de la mer de coton. À mesure que ce vol se rapprochait de sa destination, son incertitude augmentait. Il allait devoir prendre une décision qui ne manquerait pas de changer sa vie, sa carrière. Mais il hésitait face aux choix qui s’imposaient à lui : fallait-il qu’il suive ses convictions, ces valeurs qui lui tenaient à cœur, celles qui faisaient de lui l’homme qu’il était aujourd’hui ? Ou bien devait-il faire confiance à son instinct, à cette petite voix dans son esprit, telle une lueur chaleureuse, qui ne cessait de lui marteler de délaisser la raison pour une folie ? Le signal lumineux intimant de redresser les tablettes et de boucler les ceintures s’alluma, accompagné d’un bip discret. – Nous arrivons, capitaine, lui dit Hazuka en posant sa main sur son avant-bras.  Le capitaine Anderson pivota la tête vers elle et sortit de ses pensées. Il lui sourit tristement et soupira. Hazuka éteignit sa tablette numérique. Anderson observa le littoral qui apparaissait déjà, témoignant de l’approche de leur destination. Il n’avait plus d’échappatoire possible : il allait devoir choisir. Mais au-delà du dilemme qui le tourmentait, la culpabilité d’entraîner avec lui ses équipiers l’assaillait également. Il pensa à Jaden Duke, son protégé, resté en France avec Jules et ses amis. Anderson se rendit compte qu’il avait enfreint les règles de commandement qu’il s’était fixées bien avant de connaître Jules : tout avait commencé lors de sa rencontre avec le jeune Duke. Il n’aurait su l’expliquer, mais un lien s’était immédiatement tissé entre les deux hommes ce jour-là. Duke errait dans les ruelles crasseuses de New York, fouillant les poubelles pour se nourrir des restes qu’il trouvait. Anderson avait été immédiatement saisi par le regard profond de Duke, qu’il venait de surprendre à demi penché dans un de ces vieux containers verts dégoûtants. Il n’avait lu aucune peur, aucune honte dans ses yeux. Bien au contraire : il y avait décelé une incroyable envie de survivre et une grande détermination pour y arriver. Ils avaient échangé quelques instants, puis Anderson s’était résolu à lui payer un repas de bien meilleure qualité que celui qu’il était en train de se composer parmi les déchets de la poubelle. Anderson lui avait proposé de le suivre dans un fast-food situé à l’angle de l’avenue toute proche et, après un court temps d’hésitation, Duke avait accepté avec ce même regard dépourvu de honte qui avait frappé le capitaine Anderson. Tout en dévorant un burger et des frites, le jeune homme lui avait alors expliqué ne plus se rappeler son passé après avoir été renversé par une voiture. Amnésie post-traumatique, avaient dit les médecins. Personne n’ayant signalé sa disparition, le jeune Duke s’était retrouvé livré à lui-même dès sa sortie de l’hôpital. Et depuis, il errait dans les ruelles de la ville, il se sustentait de ce qu’il trouvait dans les containers, buvait parfois l’eau des caniveaux. Tout en racontant ce qu’il se rappelait de sa triste vie, le jeune homme ne perdait pas de vue les personnes présentes dans le restaurant et observait par la baie vitrée tout ce qui se passait dans la rue. Anderson était fasciné par l’instinct et les réflexes de Duke, touché par sa dignité et sa volonté de vivre. Il lui avait alors proposé de participer à un tout nouveau programme d’entraînement militaire, lui expliquant que s’il réussissait à passer les tests d’entrée, il intègrerait une unité d’élite et que sa vie changerait radicalement. Duke avait accepté. Un sourire se dessina sur les traits d’Anderson en se remémorant cet instant. Il en avait maintenant conscience : il avait dérogé à ses règles de vie, à ses convictions de militaire lorsqu’il avait recueilli cette âme perdue, lui offrant une nouvelle chance. Ce jour-là, il avait
choisi d’écouter son cœur plutôt que sa raison. Il avait même été jusqu’à plaider la cause de ce jeune devant ses supérieurs qui voyaient d’un mauvais œil son intégration dans la section des Ghosts. Mais avec l’appui d’un sénateur, et Jaden Duke ayant réussi haut la main les tests d’entrée, il luipermit d’intégrer l’escouade des Ghosts.Jaden Duke… C’était le nom qu’Anderson avait trouvé pour ce jeune amnésique qui avait oublié jusqu’à son propre nom. La volonté de vivre qu’Anderson avait perçue dans le regard du jeune homme lui rappelait cruellement celle qu’il trouvait dans les yeux de son jeune frère, Jaden, décédé quelques années plus tôt dans un accident de voiture. Duke lui ressemblait en beaucoup de points : physiquement d’abord, puis dans le charisme qu’il dégageait. C’était sans doute en grande partie à cause de cette blessure à l’âme qu’Anderson avait pris Duke sous son aile. Le capitaine des Ghosts avait une nouvelle fois enfreint ses convictions lorsqu’il avait décidé d’aider Jules et ses amis. Leur rencontre dans le loft avait été tendue : après tout, les Ghosts avaient été envoyés en France pour arrêter ces criminels et les ramener aux États-Unis, suite à l’attaque du bâtiment de la NASA à Miami. Beaucoup de militaires étaient morts ce jour-là.Des criminels… c’était la version qui leur avait été servie par leurs supérieurs : officiellement, Jules et ses amis avaient pris d’assaut l’étage des laboratoires, tenté de détruire les preuves de leurs mutations et d’assassiner le colonel McFerty qui dirigeait ces recherches. Mais après avoir vu ce dont étaient capables Anna et ses hommes, il apparaissait clair à présent pour Anderson que Jules et ses amis étaient accusés à tort dans cette histoire. Ce qui soulevait de nouvelles interrogations : pourquoi lui avait-on menti ? Ses supérieurs ne pouvaient rien ignorer de la réelle situation au centre spatial de la NASA ainsi que de la trahison d’Anna, alors pourquoi faire porter le chapeau à Jules et ses amis ? Anderson chassa la réponse qui se dessinait dans son esprit depuis quelquetemps : celle d’un mensonge qui cachait forcément les intérêts de quelqu’un. Mais de qui ? « Mesdames et messieurs, nous allons commencer notre descente vers l’aéroport Ronald Reagan de Washington »annonça le pilote dans les haut-parleurs. Anderson soupira et se cala dans son siège. – Alors, capitaine, que fait-on ? lui demanda Hazuka. Assis de l’autre côté d’Hazuka, Smith pencha la tête, attendant la réponse de son capitaine. – On s’en tient au plan, finit par annoncer Anderson. Nous avons retrouvé Jules et ses amis, mais suite à une altercation avec Anna et son groupe, nous avons perdu leur trace. Duke a été blessé pendant cet affrontement et est resté en convalescence en France. – Vous savez que la guérilla de l’hôtel sur la corniche de Marseille ne sera pas passée inaperçue et qu’ils en auront eu vent, n’est-ce pas ? indiqua Smith. – Tout comme le bordel que Jules a mis sur la Canebière ! intervint Hazuka. Des dizaines de personnes ont filmé la scène. – Mais tu as effacé la plupart des vidéos qui traînaient sur les réseaux sociaux et la toile, les rassura Anderson. – La plupart, oui, mais certainement pas toutes. J’ai laissé des chevaux de Troie pour espionner les publications qui auraient un rapport avec cet incident. Ils m’avertiront dès qu’un article ou une vidéo sera posté, mais ce n’est pas infaillible. – La pirate Hazuka aurait-elle perdu de son assurance légendaire ? plaisanta Anderson. – Ma vie de pirate informatique est derrière moi, vous le savez, capitaine. Si serrées que soient les mailles d’un filet, il y a toujours un petit poisson pour passer au travers. – Je sais, sourit Anderson, je te taquine. Tu as fait de ton mieux et nous ne pourrons pas éviter certaines questions dès notre arrivée. Mais si on s’en tient à notre version, cela nous permettra peut-être de savoir pourquoi nos informations étaient fausses à l’origine. – Ça va secouer du gros poisson, intervint Smith.
– C’est bien mon intention, confirma Anderson, le regard pétillant. Je n’aime pas être manipulé : j’ai fait le serment de défendre mon pays contre ses ennemis de l’extérieur comme de l’intérieur ! – Le capitaine est de retour ! s’exclama Hazuka. Anderson éclata de rire avant de tourner la tête vers la piste de l’aéroport qui se rapprochait de leur avion. Entre servir son pays et écouter son cœur, une autre alternative venait de lui apparaître : celle de faire son devoir de militaire tout en écoutant ce que lui disait la petite voix lumineuse dans sa tête. Oui, il avait fait son choix, pour lui, pour ses équipiers, pour Duke, pour ses nouveaux amis… et gare à ceux qui se mettraient en travers de sa quête de vérité !
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