MONTBURGONDE (Chapitres 1 & 2)

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"Montburgonde" est un roman de fantaisie uchronique s’affranchissant des lois ordinaires du temps et de l’espace. Dans un futur proche, Eld et Gouy, deux jeunes rescapés des cataclysmes qui ont ramené la Terre à un stade de civilisation particulièrement sauvage et arriéré, rencontrent une sorte de mage qui leur assigne la mission de repartir dans le passé pour tenter de réparer ce qui a cloché plusieurs milliers d’années en arrière, quelque part entre le temps de Rahan et celui de Jules César dans le pays de Douines, province de la Burgondie chevelue… Les tribulations même les plus incroyables ne manqueront jamais aux jeunes héros qui pourront bénéficier de l'aide musclée de Dino, un brave tyrannosaure à demi mécanique.
Publié le : dimanche 22 mars 2015
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CHAPITRE I
ELDWYN
J'avoue être resté fort tard, hier soir, à la taverne du gros Klug. Je ne me rappelle plus combien de litres de séroise ou d'hydro j'ai bien pu écluser, combien de gens ont pu se régaler à ma santé et combien d'âneries j'ai pu leur raconter au fond de ce bouge enfumé. Je ne sais même pas comment j'ai réussi à retrouver le chemin de ma demeure avant de m'effondrer sur ma paillasse de fougères séchées. Je devais en tenir une sévère. Mais le plus étrange, c'est que je ne me souviens pas avoir titubé ou zigzagué sur le sentier qui mène à ma chaumière. A quelques heures du lever du jour, il faisait aussi noir que dans un four. La lune et quelques étoiles brillaient dans l'immensité aussi sombre qu'inquiétante sous laquelle je marchais d'un pas mécanique. J'avais l'impression qu'une sorte de raideur bizarre s'emparait insidieusement de mes membres inférieurs... Etendu sur le dos, les paupières closes, je restais immobile sur mon grabat, raide comme un tronc d'arbre abattu, l'esprit battant la campagne. Je dormais sans dormir tout à fait, incapable du moindre mouvement et ne le désirant même pas. J'aurais préféré basculer dans une totale inconscience, mais je m'accommodais de cet état étrange, proche de la catatonie. Complètement immobile, je restais prisonnier d'un corps qui ne voulait plus m'obéir. Mon cerveau était si embrumé par les vapeurs d'alcool que je me laissais aller à une béatitude pleine d'images et de couleurs bizarres. Je ne ressentais aucun mal de crâne, ma bouche était comme anesthésiée, mais non pâteuse et mon estomac n'avait aucune de ses habituelles velléités de se débarrasser de son contenu sans avoir obtenu mon consentement préalable. En un mot, je devais être saoul, mais
sans aucun des désagréments liés à cet état. J'en venais même à me demander ce que ce crétin d'aubergiste avait bien pu me donner à boire. Séroise mal fermentée ou hydromel agrémenté d'une décoction de champignons hallucinogènes ? A moins que la plaisanterie ne soit venue de mes compagnons de beuverie qui remplissaient mon gobelet d'étain aussi rapidement que je le buvais et qui beuglaient des : « Et glou, et glou, et glou » pour m'encourager avant de hurler : « Il est des nô... ô... tres, il a bu son verre comme les au.. au... tres... C'est un ivro... o... gne, ça se voit rien qu'en r'gardant sa tro... o... gne... » Sacrée fiesta... J'étais pourtant un authentique habitué de cette auberge de « L'Aigle Bleu », que dis-je, un pilier des lieux. Peu de soirées où je n'y passais un agréable moment en sympathique compagnie. J'avais même une petite planchette de sapin à mon nom, enfin à mon totem, un epsilon grossièrement sculpté, avec autant d'encoches que de pichets ou de pintes consommés. Je réglais en fin de semaine ou de mois, en tous cas quand il n'y avait plus d'endroit où graver. Une fois la dette soldée et les comptes apurés, le gros Klug balançait d'un geste majestueux le bout de bois devenu inutile dans la grande cheminée de la taverne. Puis il ressortait une nouvelle tablette des profondeurs de son comptoir. Il savait qu'il n'allait pas tarder à la marquer d'une première entaille. Toute extinction de dette méritait d'être fêtée par une tournée au pichet ou à la bouteille. Chez Klug, le magnum vaut 12,80 pintes et compte pour triple encoche. On ne le sort que dans les grandes occasions ou quand la compagnie est nombreuse et grandement assoiffée... N'allez surtout pas vous imaginer que nous ne sommes qu'une bande d'ivrognes invétérés. Pour ma modeste part, je bois souvent, mais toujours avec modération. Une seule chope à la fois. Je suis bon vivant et franc ripailleur comme tout Burgonde qui se respecte. Ici, nous sommes tous nés sous des tonneaux qu'on ne rince jamais à l'eau claire. Mais de là à me mettre dans un état pareil, il y a une marge que je n'avais
encore jamais franchie... Le temps passait, interminable. Le petit jour semblait ne pas vouloir se décider à paraître. Cette immobilité forcée ne me lâchait pas. Ce n'était pas désagréable et aurait pu être un tantinet inquiétant si mon cerveau n'avait pas ressenti une béatitude extrême... Soudain, la porte de ma chaumière s'ouvrit. Très lentement et très doucement. Presque sans bruit. J'ai l'habitude de ne point y placer la clenche prévue pour la bloquer. Au village nous nous connaissons tous. Nous appartenons au grand clan des Dwynns ou Douines (selon que vous utilisez le briton ou le burgondois). Entre nous, point de voleurs, de violeurs, d'assassins ou de mécréants. Si d'aventure, il s'en présentait un, on le saurait immédiatement. Et on aurait vite fait de lui apprendre la vie... Nous dormons donc sur nos deux oreilles avec des consciences tranquilles d'honnêtes gens bien enracinés dans leur terre... Enfin, nous dormions comme cela avant... Car cette nuit-là, je vécus toutes sortes d'états de conscience plus étranges les uns que les autres sans jamais trouver le sommeil réparateur. Soudain, je sentis sur ma joue comme le frôlement d'un frais coulis d'air venu de l'extérieur. Je désirais ardemment ouvrir les yeux pour tenter de voir qui s'était permis d'ouvrir ma porte et de me rendre visite à une heure aussi incongrue, mais c'était impossible. Je restais emmuré dans les ténèbres. J'aurais bien crié : « Qui va là ? Ami ou ennemi ? », mais aucun son ne parvenait à sortir de ma bouche. Je sentais une présence se rapprocher de mon lit. Impossible de faire un geste. Pas même bouger un orteil ou un sourcil. Mon corps demeurait toujours aussi rigide, comme s'il avait été totalement anesthésié. La chose s'approcha de mon visage. Je sentis son parfum léger sur ma peau frémissante. Je le trouvais très agréable mais difficile à définir avec précision. J'y distinguais néanmoins un bizarre mélange de chèvrefeuille, de lilas et de jasmin, une fragrance très féminine. Une voix extrêmement ténue me
susurra à l'oreille : « Deunnt feurr, deurr... » à moins que ce ne fut : « Dounnt fourr, dourr... » Une langue inconnue, mais si mélodieuse à l'oreille. Une main très douce me caressa délicatement la joue. La chose tentait manifestement d'apaiser mes craintes, de m'apprivoiser un peu comme on pourrait le faire avec un petit animal apeuré. « Douyoulou... », continua la voix encore plus doucement. Puis la main se glissa sous ma chemise. Quelle indiscrétion ! Bien sûr, ces caresses m'étaient aussi agréables que l'étrange état dans lequel j'étais immergé. Mais quand même, je ne la connaissais pas, cette créature ! Et elle s'adressait à moi dans aucune langue connue. Pourtant, j'avais déjà pas mal voyagé. Je n'étais pas resté toute ma pauvre vie à Douinescourt. Non, j'étais allé plusieurs fois à Douinesville qui est à vingt lieues d'ici. Et bien, même dans notre jolie métropole régionale où l'on peut rencontrer moult étrangers et ouïr les dialectes les plus divers comme le comtois, le bambolois, le rajussien et même le lointain vascon, jamais je n'avais rien entendu d'aussi mélodieux... – Bouzizou... poursuivit la voix alors que la main insidieuse explorait l'intérieur de mes braies avec une effronterie un tantinet malhonnête. C'est quand même facile d'abuser d'un pauvre homme qui a trop bu et qui ne peut plus réagir. Ce qui n'était pas rigoureusement exact. Je ne pouvais toujours pas bouger une jambe ou lever un bras, mais les habiles caresses de mon étrange partenaire surent réveiller mon dard qui se dressa fièrement comme s'il avait été complètement indépendant de tout le reste de mon organisme. En un tournemain, la créature se débarrassa du voile arachnéen qui devait la couvrir, m'enjamba ou plutôt m'enfourcha comme si j'avais été une cavale bien domptée. Cette chose était donc femelle. Elle était venue chez moi prendre du plaisir sans demander la moindre permission. Elle se mit à monter et à descendre lentement le
long de mon membre tout en poussant de très légers couinements. Aveugle et complètement immobile, il m'était impossible de participer pleinement à cette étrange copulation qui avait lieu contre ma volonté et qui me paraissait totalement irréelle. N'étais-je pas en train de rêver que je faisais l'amour avec un être que j'imaginais d'une beauté divine et en tout cas sans commune mesure avec celle de Gouinette (ou Gwynett), la moins tocarde, mais la plus farouche des pucelles de mon village ? La chose se mit ensuite à accélérer le mouvement. Je sentis une onde de chaleur envahir mon bas ventre. Elle fut aussitôt suivie d'une sensation d'humidité. – Ouitch... soupira-t-elle en se laissant tomber sur ma poitrine et en ne bougeant quasiment plus. Elle embrassa encore ma bouche, mes joues et mon visage avec une sorte de passion amoureuse délicate. Son bas-ventre fut pris d'ultimes spasmes doux et légers. J'étais envahi par une bizarre impression de bien-être absolu, de béatitude, de satisfaction profonde mêlée au regret tenace d'être maintenu dans l'impossibilité de faire le moindre geste pour prendre l'initiative. Quelle frustration de ne pouvoir la retourner, la pénétrer à nouveau et la besogner encore et encore. Mais qui était donc cette créature étendue de tout son long sur moi avec cette douce peau satinée, cette légèreté aérienne, ce parfum si enivrant et cette voix si suave ? Je doutais qu'elle ne fut que femme. Aucune des filles du village, même pas la grosse Boublil (ou Boo Lil') qui se laissait allègrement trousser dans les fossés par tous les mâles du coin les soirs de canicule, ne se serait jamais permis pareil comportement. Qui donc alors gisait ainsi, là, tout contre moi ? Un succube, cet être de légende mi-homme, mi-femme, créature du diable qui apparaissait les nuits de sabbat pour mener grand train en compagnie de sorcières, kobolds, gobelins et autres créatures maléfiques ? Dans les histoires que l'on m'avait racontées le soir au coin de la cheminée, on les décrivait toujours dotées de petits sabots
semblables à ceux des diablotins. Si ma visiteuse avait fait partie de cette abominable engeance censée n'apparaître que dans les bois et uniquement les nuits de solstice ou de pleine lune, elle n'aurait pas pu pénétrer chez moi aussi discrètement... Cela me rassura un peu. Quitte à avoir été violé, autant que ce fut par une elfe que par un succube. Car j'en étais quasiment certain, cette créature ne pouvait qu'être une femelle de ce peuple mystérieux. L'étrange langage entendu trouvait ainsi son explication. Seuls les elfes pouvaient parler l'elfique authentique. Les autres peuples n'en comprenaient que quelques mots et en étaient plutôt réduits aux devinettes pour le reste de la conversation. Et puis, un succube aurait senti le soufre, le méthane et le stupre et non le chèvrefeuille, le lilas et le jasmin... J'en étais là de mes réflexions quand la porte de ma chaumière s'ouvrit violemment. J'entendis un hurlement. « Skandaal ! » fit une voix de stentor. Des individus que je n'arrivais pas à identifier, avaient envahi ma modeste demeure. Une odeur de sueur, de gibier et de vinasse les accompagnait. Je les sentais terriblement hostiles. Ils devaient s'éclairer avec de grosses torches de résine car la température de l'air me sembla s'élever d'un coup. Mon état anormal m'obligeait à rester immobile et je ne pouvais toujours pas ouvrir les yeux. Soudain, je sentis mon elfe se détacher de moi et disparaître aussi délicatement que le souffle d'un très léger zéphyr... De grosses pattes me saisirent aux épaules et aux chevilles et me déposèrent toujours aussi rigide sur la grande table de chêne devant la cheminée. Je dus subir un long flot d'insultes et de grossièretés. « Salopard ! Pourri ! Infâme ! Créature du diable ! Maudit ! Possédé ! Sorcier ! » Et aussi : « Traître, tu vas payer pour ce crime ! » Décidément ces envahisseurs ou ces brigands ne me voulaient pas de bien ! Je les appelais ainsi parce que leurs voix rauques ou gutturales ne m'évoquaient rien de connu. Qui étaient ces gens ? Qui les avait envoyés
jusqu'ici? Que me voulaient-ils ? Et surtout que me reprochaient-ils ? Je n'en avais pas la moindre idée. Je ne savais qu'une chose. J'étais nu, immobile, le dos collé contre ce plateau de chêne un peu gluant et surtout totalement à leur merci ! Ils se mirent à parler entre eux dans une langue inconnue, sourde et gutturale, pleine de « eurkk, urk, mgbb » et autres « blubb » et « gnabb ». De temps en temps, émergeait de cette vilaine musique quelques mots compréhensibles comme « trahison, crime » et « écrabouiller ». Le conciliabule ne dura pas. L'un des étrangers dût se saisir d'un gourdin et commencer à me bastonner en partant des tibias et en remontant jusqu'à la cage thoracique. J'étais tellement anesthésié que je ne sentais pratiquement rien. A peine l'impression d'être fouetté avec une tige de roseau. Et pourtant de sinistres craquements résonnaient dans mes oreilles. Je finis par sombrer dans un puits noir et sans fond. Quand je me réveillais, j'étais enfermé dans une sorte de coffre de bois de forme parallélépipédique où je me mis immédiatement à souffrir d'une terrible impression de claustrophobie. Je ne pouvais toujours pas bouger. Et même si cela avait été possible, le volume alloué était si réduit qu'il me l'aurait interdit. Dans ce cercueil maudit, l'obscurité était totale. De temps en temps, un bruit sourd parvenait à mes oreilles. J'aurais juré que quelqu'un lançait des poignées de terre contre ma prison de bois... C'est là que je réalisais que j'étais mort et que des gens étaient en train de m'enterrer. Pourtant, il me semblait avoir conscience de tout ce qui se passait malgré mon organisme immobile et sans doute en bouillie. Donc mon corps devait être détruit mais mon esprit veillait. La preuve, je pus entendre la voix chevrotante du musicien du village, notre barde halluciné, Stampetto le magnifique, entonner une hymne aux morts en s'accompagnant sur sa biloute à manivelle qu'il faisait couiner tristement. Je distinguais même les sanglots de mes frères, cousins et amis
qui contemplaient, les larmes aux yeux, la plaque de bois clouée sur mon cercueil où était grossièrement gravé : « Ci-gît le brave Eldwyn de Douines, menuisier-charpentier de son état». Puis le chant grasseyant s'acheva. Pleurs et reniflements se tarirent et tout retomba dans un pesant silence. Mon envie de hurler était si formidable qu'elle restait coincée au fond de ma gorge...
CHAPITRE II
MARWYN
Il faisait nuit noire. Ni lune, ni étoiles dans le ciel. Des mois et des mois que cet hiver interminable s'éternisait. Sinistre époque pour les rescapés du Grand Cataclysme. Il y avait longtemps qu'il ne faisait plus bon vivre sous ces latitudes autrefois tempérées. On approchait de la fin mai et il gelait encore à pierre fendre comme si l'on se trouvait encore au pire de l'hiver. Chaque année, le froid durait un peu plus longtemps, se montrait plus insidieux, plus tenace. Il ne se résignait à lâcher prise que toujours plus tard, rendant de plus en plus difficile la vie des occupants de la Station 124. Mais pouvait-on vraiment appeler Station d'exploitation ces cinq malheureuses baraques de chantier nichées frileusement au pied de cette falaise de calcaire ? Tout juste un minable campement de nomades. Le froid accélérait la clochardisation des hommes... En les observant de plus près, on aurait pu se rendre compte que ces sortes de conteneurs devaient être à l'origine de véritables modules d'habitation fort sophistiqués bénéficiant de toutes les dernières avancées techniques de la domotique : robotisation généralisée, ventilation et filtration de l'air ambiant, climatisation ou chauffage par pompes à chaleur air-air, circuit fermé pour l'eau avec épuration intégrale, et recyclage automatique des déchets. Le tout inspiré de la vie dans les anciennes stations spatiales. Ainsi l'humain pouvait-il vivre indéfiniment dans les environnements les plus hostiles. Et tel était bien le cas. Ces modules très dégradés, alignés les uns à la suite des autres, formaient un rectangle ouvert sur un seul
côté. Ils se faisaient face deux à deux et le cinquième délimitait le fond d'une sorte de cour intérieure. L'ensemble ne payait pas de mine et donnait plus une impression de délabrement misérable que de high tech prétentieux. Chaque cabane ne comportait qu'une porte et qu'une fenêtre protégée par des barreaux. Les belles peintures bleues, vertes et oranges d'origine étaient devenues pisseuses, passées et fort proches du grisâtre ou du marron crasseux avec de grandes plaques de rouille lépreuse. Les toits plats laissaient sortir des conduits de fumée noirs de suie qui avaient été rajoutés un peu n’importe comment. Par endroit, de grandes bâches de plastique kaki ou bleu les recouvraient, certainement pour pallier le manque d'étanchéité. Elles étaient maintenues en place par des cailloux, des mottes de terre et de gros cordages. Sans doute craignait-on qu'elles ne s'envolent un jour de grand vent... Cependant, pour certains, ce triste endroit aurait pu sembler une oasis dans le désert, une terre d'asile ou un refuge bienvenu. Tout est relatif. Pour qui erre dans le froid, pour qui est sans feu ni lieu, la moindre grotte, le plus modeste abri est toujours préférable à rien du tout... La porte du module de droite s'ouvrit, livrant passage à un homme bedonnant, d'une quarantaine d'années et de taille moyenne. Il portait un long manteau de cuir noir fort usé dont les pans arrivaient jusqu'au sol, des bottes de cavalier qui ignoraient l'existence du cirage et était coiffé d'une sorte de chapka à oreillettes de fourrure. Il promena un regard inquiet sur la petite cour puis sur les abords immédiats de la Station. On n'y voyait goutte. Mais le silence presque absolu qui régnait alentour dut le rassurer car il posa contre le mur le long gourdin qu'il tenait à la main. D'un pas lourd, il descendit les deux marches constituées par quelques parpaings empilés devant sa porte et se dirigea vers une sorte de vieux baril de pétrole rouillé et percé de trous. « Les crétins ont laissé s'éteindre le feu! » maugréa-t-il pour lui-même.
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