Ouroboros 1 - Clara

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Les feux dévorants de la première guerre interplanétaire se sont éteints il y a dix ans, laissant un goût de cendre et de misère. Un demi-siècle de combats dévastateurs entre les humains et les cyborgs pour la suprématie de l’espace habité, qui s’est soldé par un cessez le feu salutaire. Clara Cruz, mercenaire émérite et vétéran de ce conflit absurde, et Rob, son ancien ennemi se voient confier la tâche d’infiltrer une corporation pour le compte d’une organisation indépendante. Mais entre les piliers de béton et de verre, entre les lumières citadines, les polices privées, les Bot-gangs et les tours d’ivoire se cachent des dangers que personne ne voudrait affronter et des secrets bien gardés.
Thriller d’action futuriste, Ouroboros est un roman cyberpunk dans la veine des récits de William Gibson, qui sera édité par L’ivre-Book en cinq épisodes, à raison d’un épisode par mois.
Publié le : mercredi 23 mars 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782368921357
Nombre de pages : 56
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Ouroboros 1 – Clara Christophe Rosati Illustration : Vael Cat Éditions L’ivre-Book
Chapitre 1 – Clara 10 mai 2380 Quelques mètres s’opposent à ma liberté. Une quinzaine, pas davantage. Je les franchis puis je m’exile en Afrique ou ailleurs, à l’écart de la civilisation. J’aviserai pour la suite. Je m’envolerai peut-être vers les colonies martiennes et ses déserts de rouille ou sur Rhéa, dans l’une des cités aux dômes glacés que gardent jalousement les maraudeurs. La vie y est agréable si l’on embrasse la cause des nations-pirates. Construire un destin, enfin. Me reconvertir, me ranger. Vivre. Ce rêve, un couloir m’en sépare. Je dois rester concentrée. Fuir au plus vite. Mon cœur flirte avec les cent-soixante BPM, je transpire et ma vision n’est plus si nette. Combien sont-ils ? Je sors à la hâte un petit miroir circulaire de l’une des poches de ma veste et le positionne au niveau du sol, au bout d’une petite tige métallique. Mes mains tremblent. La moquette d’un rouge vif apparaît tout d’abord dans le reflet argenté, minuscule simulacre d’écran vidéo. Le couloir y grelotte. À quelques centimètres du mur blanc, de chaque côté du passage, un fil doré court le long du revêtement molletonné du sol, ponctué à intervalles réguliers des lettres dorées « E.F.C. » cerclées de bleu électrique. L’image remonte doucement. Elle obéit aux mouvements de mon poignet. Je distingue deux paires de traverses qui s’enfuient. Depuis les deux plus proches, je perçois des ombres étirées sur le sol : la sécurité de l’immeuble. Ils attendent un faux pas de ma part, armés et prêts à cracher leur virilité écorchée par le canon de leurs flingues. Je dois partir du principe qu’ils ont des réflexes artificiellement accrus par des drogues ou desHuang nano-boost ©. Je pivote davantage le miroir jusqu’à discerner par tremblements le plafond de cet interminable boyau. Une caméra de surveillance est braquée dans ma direction. Un modèleCyberView, relié en {1} temps réel auxH.U.D. des gardes. Dès que je poserai le pied hors d’ici, les porte-flingues vont jaillir l’arme au poing. Je dois me débarrasser de cette fouineuse. Un mouvement rapide attire mon attention. Un coup de feu crache sa clarté. Je sursaute et me plaque contre le mur lorsque mon miroir vole en éclats et se répand en scories dérisoires. Les dizaines de minuscules bouts de verre argentés renvoient chacun une parcelle de la coursive dans laquelle je suis piégée. Mon cœur pousse sur mes côtes. Je frappe mes poings sur mon front :Putain, Clara ! T’es plus une débutante, reste attentive, réfléchis, réfléchis. J’ai besoin de me calmer. Je garde mon flingue dans la main gauche, prête à tirer sur le premier type qui commettrait l’erreur de s’immiscer dans mon champ de vision, si étréci par le stress soit-il. Je souffle mon désarroi. D’une pensée, je commande aux ongles en titane de ma main droite de sortir de leurs cavités osseuses. Six centimètres de métal s’éveillent dans un léger bruit de succion. Plus acérés que des rasoirs, infiniment plus. Je remue les doigts un instant et les lames jouent une musique minimaliste. Ça me détend. Mon rythme cardiaque redescend autour des cent BPM et mon champ de vision va bien mieux. Puis je les rétracte. Je ferme les yeux. L’infini tapi derrière mes paupières délivre mes pensées et je peux analyser la situation de façon plus sereine : ma présence ici n’a pas été des plus discrètes, c’est certain. J’ai pourtant préparé cette infiltration comme d’habitude, en prenant des renseignements, en montant une équipe, en préparant des diversions et plus encore. Je devrais déjà être dehors à l’heure qu’il est. Alors quoi ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?
Mon cœur s’emballe à nouveau. Il ne faut pas. Je reprends mon souffle et ouvre les yeux. Un faux bougeoir en cuivre accroché au mur sert de support à ma concentration. Je distingue, gravée sur un côté de l’applique, l’étoile rouge en relief, preuve que cet objet provient d’une quelconque manufacture chinoise. « Jette tes armes doucement et sors les mains derrière la tête ! » crie une voix masculine au ton autoritaire. Je dois déterminer leur nombre exact. Je vais devoir être rapide. La moindre seconde d’inattention et c’en est fini. Exit les rêves de sérénité et d’avenir. Je cherche le commutateur intradermique que j’ai au niveau de la tempe, du bout des doigts. Une pression et mon champ de vision permute : la lumière gelée du couloir se teinte de bleu marine profond ou ciel moins vifs, de rouges violents, d’oranges et de jaunes flottants. Vision thermique. J’essaie de dénombrer mes adversaires d’ici mais les murs sont trop épais. Je vais devoir pencher la tête dans le couloir. Je sors de la crosse de mon flingue une petite ampoule chromée. Del’épinéphrinol-7, de l’adrénaline modifiée. Ça n’est plus légal depuis la fin de la guerre, mais j’ai mes réseaux. Ça va me rendre beaucoup plus rapide pendant deux secondes. Trois au maximum. Pas davantage, mais ça peut faire la différence entre la vie et la mort. J’aurai une minute avant le début des effets. Je l’avale sans hésiter et commence à compter à rebours.Soixante… Cinquante-neuf… Cinquante-huit…J’inspire et expire profondément. « Pour la dernière fois, jette tes armes et sors les mains sur la tête, il ne te sera fait aucun mal ! reprend la voix, plus calmement. Je lui réponds du tac au tac. Je crie le plus fort possible : – Va te faire foutre ! » Il rétorque quelque chose mais je n’écoute plus. J’ai perdu le compte des secondes. Quelques instants de silence. Je sens une chaleur douce et enivrante remuer mes entrailles, remonter le long de mon corps, envahir ma poitrine. Elle glisse en moi, frisson d’extase et de peur mélangées. Les minuscules poils de ma nuque se hérissent soudain. Une inspiration empressée, je la reflue…MAINTENANT ! Je penche la tête. Les formes floues et colorées des gardes entassés s’affichent sur ma rétine. Ils jaillissent instantanément des couloirs adjacents et ouvrent le feu dans ma direction. Leurs mouvements me reviennent au ralenti. Je reprends ma position initiale, à l’abri derrière le mur avant qu’ils puissent réaliser mon absence. Un déluge de balles s’abat à l’endroit même où je tenais mon visage. Je me ramasse en boule les bras autour de la tête. Les projectiles ravagent l’angle et le fond du couloir, projettent dans l’air de la poussière, de la peinture et des éclats en tous sens. Le bruit est assourdissant. Je tousse tandis que le vacarme cesse. L’effet de l’ampoule s’estompe. Une nouvelle pression sur la tempe et je désactive ma vision thermique. Je me plaque à nouveau contre la cloison.Onze. Ils sont onze,me dis-je,quelle merde ! « PRESQUE ! » crié-je sur un ton résolument enjoué. Ils sont trop nombreux. Il me faut de l’aide. N’importe quoi mais de l’aide. Je ne peux même pas rebrousser chemin, j’ai bloqué les portes de sécurité derrière moi afin d’échapper aux premières patrouilles que j’ai rencontrées. Ils ne passeront pas, du moins pour l’instant, mais je les entends. Ils essaient tout de même. À grands coups de pieds, ils tentent de se frayer un chemin et ils vont finir par y parvenir. Aucune échappatoire, le système d’air conditionné est légèrement trop petit pour que je puisse m’y glisser. Il s’en faut de peu, c’est dommage. Je n’ai pas vraiment le choix, je dois m’enfuir par cette putain de fenêtre. Check-up de mon équipement : une combinaisonWingsuit, un flingue câblé sur mon système nerveux central, trois chargeurs pleins, soit soixante balles à haute vélocité, une ampoule d’adrénaline, la dernière. Je trouve aussi des chewing-gums à la menthe. Je les ai pris chez Gritt.Très bien, je mourrai avec l’haleine fraîche. J’en prends un. J’ai aussi un filin muni d’un mini-grappin de trente mètres de long rangé dans mon bras artificiel, un kit médical
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