Le songe d" une nuit d' ete

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L'action se déroule en Grèce et réunit pour mieux les désunir deux couples de jeunes amants, Lysandre, Démétrius, Hélène et Hermia. Hermia veut épouser Lysandre, mais son père, Égée, la destine à Démétrius, dont est amoureuse Hélèna. Lysandre et Hermia s'enfuient dans la forêt, poursuivis par Démétrius, lui-même poursuivi par Hélèna. Pendant ce temps, Obéron, roi des fées, a ordonné à Puck de verser une potion sur les paupières de sa femme, Titania. Il entre dans la forêt avec Puck. Pendant la nuit, la confusion règne...
Publié le : jeudi 26 novembre 2015
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LE S ON GE D ’U N E N U IT D ’ÉTÉ
William Sh akespear e
Édition du groupe «
(1595) Traduction de M. Guizot
»
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Table des m atières
Notice sur le Son ge d’un e n uit d’été .........................................3
Per son n ages ..............................................................................6
ACTE PREMIER .......................................................................8
SCÈNE I ....................................................................................... 9SCÈNE II ................................................................................... 19
ACTE DEUXIÈME ..................................................................25SCÈNE I ..................................................................................... 26SCÈNE II ................................................................................... 29SCÈNE III .................................................................................. 34SCÈNE IV ..................................................................................38ACTE TROISIÈME .................................................................45
SCÈNE I ..................................................................................... 46SCÈNE II ................................................................................... 56ACTE QUATRIÈME ................................................................ 75SCÈNE I ..................................................................................... 76SCÈNE II ................................................................................... 8 5ACTE CINQUIÈME ............................................................... 8 8
SCÈNE I .....................................................................................8 9SCÈNE II ................................................................................. 10 5
À propos de cette édition électron ique .................................10 8
N o tic e s u r le S o n g e d ’u n e n u it d ’é té
Led’un e Son ge d’étén uit peut être regar m e dé com -le pen dan t de laTem pêtecore ici un e pièce de féerie, où. C’est en l’im agin ation sem ble avoir été le seul guide de Sh akspeare. Aus-si, pour la juger, faut-il n e pas oublier son titre et se livrer au caprice du poëte, qui a dû sen tir lui-m êm e tout ce qu’aurait de choquan t pour u n esprit m éthodique et froid le m élan ge bizarr e de la m ythologie an cien n e et de la m ythologie m odern e, le tran sport rapide du spectateur d’un m on de réel dan s un m on de fan tastique, et de celui-ci dan s l’autre. LaVie de Thésée, dan s Plutar que, et deux con tes de Ch aucer, on t peut-être fourn i à Shakspeare quelques traits de son ouvrage, m ais l’im itation y est très-difficile à recon n aîtr e. On préfère gén éralem en t laTem pête auSon ge n uitd’un e d’étéièrecher pour cette dern ble pen . Le seul Schlegel sem pièce ; H azzlitt n ’est poin t de son avis, m ais il ajoute que si la Tem pête est un e m eilleure pièce, leSon ge est e sup un poëm é-rieur à laTem pêtetrouve, en effet, dan s le. On Son ge, un e foule de détails et de description s rem arquables par le charm e des ver s, la richesse et la fraîcheu r des im ages : « La lecture de cette pièce, dit H azzlitt, ressem ble à un e prom en ade dan s un bos-quet, à la clarté de la lun e. » Mais est-il rien de plus poétique que le caractère de Miran -da et la pur eté de ses am ou rs avec Ferdin an d ? Ariel au ssi l’em porte de beaucoup sur Pu ck, qui est l’Ariel duSon ge d’un e n uit d’ététiellem en t ais qui en diffère essen par son caractère,, m quoique ces deux person n ages aérien s aien t en tre eu x tan t de ressem blan ce par leurs fon ction s et les situation s où ils se trou-ven t. Ariel, dit en core le critiqu e que n ous avon s cité tout à
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l’heu re, Ariel est un m in istre de ven gean ce qui est touché de pitié pour ceux qu ’il pun it ; Puck est un esprit étourdi, plein de légèreté et de m alice, qui rit de ceux qu’il égare : « Que ces m or-tels son t fous ! » Ariel fen d l’air et exécute sa m ission avec le zèle d’un m essager ailé ; Puck est porté par la brise com m e le duvet brillan t des plan tes. Prospéro et tous ses esprits son t des m or alistes ; m ais avec Obéron et ses fées n ous som m es lan cés dan s le royau m e des papillon s. Il est éton n an t que Shakspeare soit con sidéré n on -seulem en t par les étran ger s, m ais par plusieurs des critiques de sa n ation , com m e un écrivain som bre et terrible qui n e peign it que des gorgon es, des h ydres et d’effrayan tes chim ères. Il sur-passe tous les écrivain s dram atiques par la fin esse et la subtilité de son esprit ; tellem en t qu’un célèbre person n age de n os jours disait qu’il le r egardait plutôt com m e un m étaphysicien qu e com m e un poëte. Il paraît que, dan s cette pièce, Shakspeare avait pour but de faire la caricatu r e d’un e troupe de com édien s rivale de la sien n e, et peut-être de tous ces artistes am ateu rs chez qui le goût du théâtre est un e passion souven t ridicule. Le caractère de Bottom est un des plus com iques de Shaks-peare ; H azzlitt l’appelle le plus rom an esque des artisan s, et ob-serve à son sujet ce qu ’on a dit plusieurs fois, c’est que les carac-tères de Shakspeare son t toujours fon dés sur les pr in cipes d’un e physiologie profon de. Bottom , qui exerce un état séden taire, est représen té com m e suffisan t, sérieux et fan tasque. Il est prêt à tout en trepren dr e, com m e si tout lui était aussi facile qu e le m an iem en t de sa n avette. Il jouera, si on veut, le tyran , l’am an t, la dam e, le lion , etc., etc.
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Sn ug, le m en uisier, est le philosophe de la pièce ; il procède en toute chose avec m esur e et pru den ce. Vous croyez le voir, son équerre et son com pas à la m ain : « Avez-vou s par écrit le rôle du lion ? si vous l’avez, don n ez-le m oi, je vou s prie, car j’ai la m ém oire paresseuse. – Vous pouvez l’im proviser, dit Quin ce, car il n e s’agit qu e de rugir. » Starvelin g, le tailleur, est pour la paix, et n e veut pas de lion n i de glaive hors du fourreau : « J e crois qu e n ous feron s bien de laisser la tuerie quan d tout sera fin i. » Starvelin g cepen dan t n e propose pas ses objection s lui-m êm e, m ais il appuie celles des autres, com m e s’il n ’avait pas le courage d’exprim er ses crain tes san s êtr e souten u et excité à le faire. Ce serait aller trop loin qu e de supposer que toutes ces différen ces caractéristiques son t faites avec in ten tion , m ais heu-reusem en t elles existen t dan s les création s de Shakspeare com m e dan s la n ature. Les caractères dram atiques et les caractères grotesques son t placés par lui dan s le m êm e tableau avec d ’au tan t plus d’art que l’art n e s’aperçoit n ullem en t. Oberon , Titan ia, Puck, et tous les êtr es im palpables de Shakspeare, son t aussi vrais dan s leur n ature fan tastique que les per son n ages don t la vie réelle a four-n i le m odèle au poëte. Suivan t Malon e, led’étén uit d’un e Son ge -été com  aurait posé en 1592 : c’est un e des pièces de la jeun esse de Shaks-peare ; aussi a-t-elle toute la fraîcheur et le coloris d’un tableau de cet âge des rêves poétiques.
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P e rs o n n a ge s
TH ÉSÉE,es.duc d’Athèn ÉGÉE,erm iapère d’H . LYSANDRE, DÉMÉTRIUS,am oureux d’H erm ia. PH ILOSTRATE,ordon n ateu r des fêtes de Thésée. QUINCE,charpen tier. BOTTOM,tisseran d. FLUTE,d de souffletsm archan . SNOUT,chaudron n ier. SNUG, charpen tier. STARVELING,tailleur. H IPPOLYTE,fian cée à Théséerein e des Am azon es, . H ERMIA,san drefille d’Égée, am oureuse de Ly . H ÉLÈNE,am ou étriusreuse de Dém . OBERON,roi des fées.1 TITANIA,des fées.rein e
1  Les person n ages d ’Oberon et de Titan ia étaien t con n us avan t Sh akspeare, m ais ils son t deven us, dan s la pièce, des person n ages origi-n aux. Sh akspeare est pour la m yth ologie des fées, en An gleterre, ce qu’était H om ère pour celle de l’Olym pe. Peut-être Ch aucer aurait-il droit de partager cette gloire avec lui, m ais ce poëte est oublié m êm e de ses com patriotes, à cause de la vétusté de son lan gage. Titan ia était aussi appelée la rein eM ab; etPuck ouH obgoblin, con n u en core de n os jours dan s les trois royaum es sous le n om deR obin good fellowen t était le serviteur spécialem à Oberon attach é argé de, et ch découvrir les in trigues de la rein e. On préten d quePuckest un vieux m ot goth ique qui veut dire Satan . Cet esprit est regardé com m e très-m alicieux et en clin à troubler les m én ages. Si l’on n ’avait pas soin de laisser un e tasse de crèm e ou de lait caillé pour Robin , le len dem ain le potage était brûlé, le beurre n e pouvait pas pren dre, etc., etc. C’était sa récom pen se
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PUCK, ou ROBIN BON DIABLE,lutin. FLEUR-DE-POIS (Pea’s-Blossom ), TOILE D’ARAIGNÉE (Cob-web), PAPILLON (Moth), GRAIN DE MOUTARDE (M us-tard-Seed),fées. PYRAME, TH ISBÉ, LA MURAILLE, LE CLAIR DE LUNE, LE LION,eperson n ages de l’in term èd . FÉES DE LA SUITE DU ROI ET DE LA REINE. SUITE DETH ÉSÉE ET D’HIPPOLYTE.La scèn e est d an s Athèn es et dan s un bois v oisin .
pour la pein e qu ’il pren ait de balayer la m aison à m in uit et de m oudre la m outarde.
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ACTE P REM IER
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S CÈN E I
La scèn e rep résen te un appartem en t du palais de Thésée, dan s Athèn es. TH ÉSÉE, H IPPOLYTE, PH ILOSTR ATE, suite. TH ÉSÉE. – Belle H ippolyte, l’heure de n otr e hym en s’avan ce à gran ds pas : quatre jours fortun és am èn eron t un e lun e n ouvelle ; m ais que l’an cien n e m e sem ble len te à d é-croître ! Elle r etarde l’objet de m es désirs, com m e un e m arâtre, ou un e douairière, qui puise lon gtem ps dan s les r even us du jeun e h éritier. H IPPOLYTE. – Quatre jours seron t bien tôt en gloutis dan s la n uit, et quatre n uits auron t bien tôt fait couler le tem ps com m e un son ge ; et alors la lun e, com m e un arc d’argen t n ou-vellem en t ten du dan s les cieux, éclairera la n uit de n os n oces. TH ÉSÉE. – Allez, Philostr ate ; excitez la jeun esse ath é-n ien n e à se divertir ; réveillez les esprits vifs et légers de la joie ; ren voyez aux fu n érailles la m élan colie : cette pâle com pagn e 2 n ’est pas faite pour n otr e fête.(Philostrate sort.), jeH ippolyte t’ai fait la cour l’épée à la m ain , j’ai con quis ton cœ ur par les ri-gueurs de la guerr e ; m ais je veu x t’épouser sous d’autres au s-pices, au m ilieu de la pom pe, des triom phes et des fêtes. (En tren t Égée, H erm ia, Ly san d re et Dém étrius.) ÉGÉE. – Soyez h eureux, Th ésée, n otre illu stre du c ! 2 Allusion à la victoire de Thésée sur les Am azon es. H ippolyte, que d’autres appellen t An tiope, avait été em m en ée captive par le vain queur .
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TH ÉSÉE. – J e vous ren ds grâces, bon Égée : quelles n ou-velles n ous an n on cez-vous ? ÉGÉE. – J e vien s, le cœ ur plein d’an goisses, m e plain dre de m on en fan t, de m a fille H erm ia. – Avan cez, Dém étrius. – Mon n oble prin ce, ce jeun e hom m e a m on con sen tem en t pour l’épouser. – Avan cez, Lysan dre. Et celui-ci, m on gracieux duc, a en sorcelé le cœ ur de m on en fan t. C’est toi, c’est toi, Lysan dre, qui lui as don n é des vers et qui as éch an gé avec m a fille des gages d’am our. Tu as, à la clarté de la lun e, chan té sous sa fe-n être, avec un e voix trom peu se, des vers d’un am our trom peu r : tu as surpris son im agin ation avec des bracelets de tes ch eveux, avec des bagues, des bijoux, des hoch ets, des colifichets, des bouquets, des frian dises, m essagers d’un ascen dan t puissan t sur la ten dr e jeun esse ! Tu as dérobé avec adresse le cœ ur de m a fille, et chan gé l’obéissan ce qu ’elle doit à son père en un âpre en têtem en t. Ain si, gracieux duc, dan s le cas où elle oserait r efu-ser ici devan t Votre Altesse de con sen tir à épouser Dém étrius, je réclam e l’an cien privilége d’Athèn es. Com m e elle est à m oi, je puis disposer d’elle ; et ce sera pour la livrer à ce jeun e hom m e 3 ou à la m ort, en vertu de n otre loi , qui a prévu expressém en t ce cas. TH ÉSÉE. – Que répon dez-vous, H erm ia ? Charm an te fille, pen sez-y bien . Votre père devrait être un dieu pour vous : c’est lui qui a form é vos attraits : vous n ’êtes à son égar d qu ’un e im age de cire, qui a reçu de lui son em prein te ; et il est en sa puissan ce de laisser su bsister la figure, ou de la briser. – Dém é-trius est un dign e jeun e hom m e. H ERMIA. – Lysan dre aussi.
3  Par un e loi de Solon , les pères exerçaien t sur leurs en fan ts un droit de vie et de m ort.
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