Comment raisonner la lutte

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Connaissez-vous un jardinier découvrant avec plaisir des limaces dans son carré de laitues ou des chenilles faisant de la dentelle de ses feuilles de choux ? Non, et pour cause : il est normal de vouloir préserver des cultures soigneusement entretenues, parfois durant plusieurs mois. Mais bon, le pulvérisateur et les produits de traitements sont-ils la seule ressource ? Cette première fiche technique traite du raisonnement de la lutte. Car au paradis du jardin biologique, il existe un mot clé qui se nomme "équilibre". La plupart du temps, le pulvérisateur restera au placard, simplement parce que ravageurs et maladies ne seront pas – ou peu – sources de véritables dégâts. Le principe de base d'une protection des plantes la plus respectueuse de l'environnement passe d'abord par la phase d'observation. Vous devez, avant de prendre toute décision, essayer de cerner le problème. Quelle est l'origine des symptômes que présente la plante ? - N'est-ce pas la manifestation normale de son évolution ? - Les conditions de développement de la plante sont-elles optimales ? - Est-elle bien adaptée au sol dans lequel elle se trouve ? - Ces symptômes ne sont-ils pas le résultat de facteurs culturaux, climatiques ou humains ? Si ces questions ont une réponse négative, on peut envisager que les dégâts soient la manifestation de la présence d'insectes ou de champignons : on parlera alors de problème phytosanitaire. Mais même dans ce cas, le recours au ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Connaissez-vous un jardinier découvrant avec plaisir des limaces dans
son carré de laitues ou des chenilles faisant de la dentelle de ses feuilles
de choux ? Non, et pour cause : il est normal de vouloir préserver des
cultures soigneusement entretenues, parfois durant plusieurs mois. Mais
bon, le pulvérisateur et les produits de traitements sont-ils la seule
ressource ?
Cette première fiche technique traite du raisonnement de la lutte. Car au
paradis du jardin biologique, il existe un mot clé qui se nomme
"équilibre". La plupart du temps, le pulvérisateur restera au placard,
simplement parce que ravageurs et maladies ne seront pas – ou peu –
sources de véritables dégâts.
Le principe de base d'une protection des plantes la plus respectueuse de
l'environnement passe d'abord par la phase d'observation. Vous devez,
avant de prendre toute décision, essayer de cerner le problème. Quelle est
l'origine des symptômes que présente la plante ?
- N'est-ce pas la manifestation normale de son évolution ?
- Les conditions de développement de la plante sont-elles optimales ?
- Est-elle bien adaptée au sol dans lequel elle se trouve ?
- Ces symptômes ne sont-ils pas le résultat de facteurs culturaux,
climatiques ou humains ?
Si ces questions ont une réponse négative, on peut envisager que les
dégâts
soient
la
manifestation
de
la
présence
d'insectes
ou
de
champignons : on parlera alors de problème phytosanitaire.
Mais même dans ce cas, le recours au traitement ne doit pas être
systématique. En effet, l'existence d'insectes ou de champignons ne signifie
pas automatiquement des dommages irréparables pour la plante. Il faut
essayer d'évaluer les risques encourus par la culture, voir si la croissance
de la plante ou sa production peut être perturbée.
Prenons le cas concret de pucerons sur un plant de rosier. Y a-t'il quelques
individus ou les tiges sont-elles déjà recouvertes par les colonies ? Dans le
premier cas, il est tout indiqué d'attendre en observant l'évolution de la
situation car ce sont ces premiers pucerons qui vont attirer les insectes
utiles, par exemple les coccinelles. A quelle période de l'année l'attaque a-t-
elle lieu ? Au printemps, avant les premières fleurs ou en début d'automne,
à un moment où la floraison est quasiment terminée ? A côté de ces
facteurs qu'il est possible d'évaluer de manière quantitative, intervient aussi
un aspect beaucoup plus subjectif. Qu'êtes-vous prêt à tolérer comme
dégâts ? Ce rosier est peut être un exemplaire unique auquel vous tenez
beaucoup plus qu'à ses voisins de parterre.
Tout ce raisonnement peut vous paraître complexe mais, grâce aux
explications contenues dans les fiches techniques et surtout avec un peu
d'observation de votre part, vous apprendrez vite à faire le bon choix et à
profiter de votre jardin tout en respectant l'environnement.
Les problèmes d'origine non phytosanitaire
L'inadaptation de la plante
Le climat et l'exposition
Pour obtenir un développement harmonieux d'un végétal, il est primordial de respecter
ses exigences climatiques, notamment ses besoins en chaleur et en ensoleillement. Si
on comprend aisément qu'il est déconseillé de cultiver dans nos régions des plantes
méridionales, il faut savoir que certaines plantes doivent recevoir une certaine dose de
froid pour effectuer correctement leur cycle de développement. D'autres végétaux
peuvent être sensibles aux gelées printanières, ce qui est le cas des arbres fruitiers et
d'arbres ou arbustes ornementaux qui fleurissent en début de saison (magnolias,…).
Il est aussi important de placer la plante à une exposition appropriée : une plante
d'ombre grillera en plein soleil et une plante de lumière s'étiolera si elle ne reçoit pas
suffisamment d'ensoleillement.
Un emplacement trop venteux peut aussi provoquer un brunissement du feuillage qui sera purement mécanique.
Le sol
La plante vit fixée au sol qui constitue son support et son pourvoyeur de nourriture. Il doit donc présenter certaines
qualités :
1 -
en tant que support
, il doit être stable, meuble et le plus profond possible
2 - e
n tant que pourvoyeur
des besoins alimentaires et physiologiques de la plante :
● il doit donner accès à l'eau et la conserver, tout en laissant s'écouler les excédents ;
● il doit aussi contenir et retenir les éléments nutritifs ;
● il doit enfin permettre l'activité des microbes utiles, intermédiaires indispensables entre les substances nutritives
organiques et minérales et la plante à nourrir.
Au point de vue de leur texture, les sols peuvent être classés en quatre types :
texture sableuse
, pour un sol bien aéré, riche en sables, mais pauvre en réserves d'eau et en éléments nutritifs ;
texture limoneuse
, pour un sol assez massif, riche en limons, aux mauvaises propriétés physiques ;
texture argileuse
, pour un sol riche en argiles, mal aéré, imperméable, difficile à travailler, mais assez riche en
éléments nutritifs ;
texture équilibrée
, correspondant à la texture optimale, présentant toutes les qualités des précédentes. Les
proportions granulométriques idéales pour un sol seraient : 40% de sables, 35% de limons et 25% d'argile.
Il est hautement recommandé de faire réaliser par un laboratoire une analyse granulométrique du sol, surtout dans
le cas d'un nouveau jardin. Cette analyse va également fournir des indications sur la nature acide ou calcaire du
sol ainsi que sur sa richesse en éléments minéraux. Tous ces éléments vont permettre de ne planter que des
végétaux qui rencontreront des conditions optimales de croissance ou de faire, éventuellement, les corrections qui
s'imposent.
Quelle que soit la situation à laquelle on est confronté, il faut retenir que les matières organiques (fumier,
compost…) améliorent les qualités physiques des sols trop "légers" dont elles cimentent les particules en agrégats
stables, et des sols lourds dont elles diminuent l'adhésivité en les rendant plus friables. De même, les matières
organiques régularisent l'humidité en favorisant l'évacuation de l'eau en excès des sols argileux et en augmentant
la capacité de rétention des sols sableux.
La fertilisation du sol
La fertilisation du sol vise à enrichir le sol en éléments fertilisants ou à reconstituer les réserves épuisées par des
cultures successives. En cas de manquement important d'un élément, les plantes extérioriseront des carences
(jaunissements, décolorations, mauvaise croissance, production insuffisante…).
On cite couramment les éléments nutritifs des plantes par leur symbole chimique. Les éléments nutritifs majeurs ou
macroéléments sont l'Azote (N), le Phosphore (P), le Potassium (K), le Magnésium (Mg) et le Calcium (Ca). Les
oligoéléments sont présents à faible dose mais sont aussi indispensables à la bonne croissance des plantes : ce
sont le Bore (B), le Cuivre (Cu), le Fer (Fe), le Manganèse (Mn), le Molybdène (Mb), le Zinc (Zn)…
L'
Azote
fait pousser, donne la précocité. En excès, il sensibilise les plantes aux maladies et aux ravageurs.
Le
Phosphore
intervient dans la floraison, la fructification et la formation des graines.
Le
Potassium
est important pour la formation des organes de réserve (racines, tubercules, fruits), le rendement et
la qualité.
Dossier technique n°1 – avril 2004
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Les accidents climatiques
Soumises aux conditions climatiques, les plantes peuvent également en souffrir. En
horticulture, ce sont principalement les gelées hivernales ou printanières qui peuvent provoquer
des dégâts à la végétation. Le respect des exigences climatiques et la protection des plantes
sensibles constitue la base d'une prévention efficace. La grêle troue la végétation et provoque
des blessures par lesquelles peuvent s'introduire des champignons.
L'excès de chaleur engendre des dessèchements, des brûlures du feuillage et peut favoriser la
prolifération de certains ravageurs. L'ombrage, l'irrigation et l'aspersion diminueront la
température au niveau du végétal et lui permettront de pousser de manière régulière.
Les accidents dus à l'homme
L'homme peut être responsable de dégâts sur les végétaux. Pour les arbres, un élagage trop brutal, des plaies de
taille non protégées, des blessures au tronc provoquées par une tondeuse, un tracteur ou un coupe-bordure
facilitent l'introduction d'insectes et de champignons parasites.
Des engrais ou des produits phytosanitaires utilisés de manière inappropriée ou inadéquate peuvent se révéler
phytotoxiques et provoquer arrêts de croissance, déformations et même mort du végétal.
Les problèmes phytosanitaires
Chercher la cause des dégâts
Lorsque toutes les possibilités évoquées dans les pages précédentes ont été écartées, il
est fort probable que la plante malade soit victime des attaques d'un ravageur (insecte,
acarien…) ou soit contaminée par une maladie causée par un champignon, une bactérie
ou un virus.
Pour identifier avec certitude la cause des dégâts, il est nécessaire d'observer la plante
de manière méthodique tout en sachant que la cause de la dépréciation ne se situe pas
toujours au niveau du symptôme visible.
Idéalement, ces observations doivent être réalisées régulièrement. Chaque fois que vous
travaillez autour d'une plante, quand vous lui apportez de l'engrais, quand vous la taillez,
pensez à jeter un coup d'oeil attentif. Tout est-il normal ? N'y a-t'il pas une morsure, une
nécrose ou une tache qui ne s'y trouvait pas la dernière fois ? Au plus tôt vous
constaterez le problème phytosanitaire, au mieux vous parviendrez à le résoudre. N'oubliez pas que nous travaillons
avec des moyens de lutte biologique qui n'ont pas l'agressivité des produits chimiques. Ces produits biologiques
seront d'autant plus efficaces s'ils sont appliqués au début de l'attaque avant que les dégâts ne soient trop importants.
Comment faut-il chercher ?
L'observation la plus efficace se fait de haut en bas :
1. partir du symptôme observé (ou de l'extrémité de la plante en cas de dépérissement généralisé) ;
2. observer attentivement la partie malade en n'hésitant pas à retourner les feuilles pour regarder leur face
inférieure ;
3. redescendre progressivement en étudiant les tiges, les rameaux, le tronc et le collet de la plante ;
4. analyser, quand c'est possible, le sol et le système racinaire.
Que faut-il chercher ?
● La manifestation de la présence d'un "ennemi" de la plante :
- des taches anormales, de malformations, des décolorations, des nécroses ou des pourritures sont provoquées
par une maladie ;
- des morsures, des piqûres, des galles, des trous, des cicatrices, des toiles, du miellat (substance sucrée)
signalent la présence d'insectes ou d'acariens (araignées minuscules) ;
- des parties de plantes rongées, la présence de bave indiquent la responsabilité d'un autre animal (rongeur,
mollusques…). Les animaux qui s'attaquent aux plantes sont repris sous le terme général de "ravageurs".
● Le responsable lui-même :
- les champignons peuvent être présents sur la plante sous la forme de feutrage, de duvet, de pustules…
- les insectes ou les acariens peuvent être bien visibles (pucerons, cochenilles, chenilles, asticots…).
Dossier technique n°1 – avril 2004
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Les maladies des plantes
Les maladies des plantes résultent de l’invasion des tissus
végétaux par des organismes microscopiques, des champignons,
des bactéries ou des virus. Parasitant les tissus, ces organismes
pathogènes endommagent les cellules, les font mourir et
provoquent parfois des déformations pendant la croissance.
Curieusement, certains organismes très proches des microbes
pathogènes ont des effets bénéfiques sur les plantes. C’est
notamment le cas des champignons mycorhiziens, véritables
filaments qui prolongent le système radiculaire, ou encore de la
bactérie
Rhizobium
qui forme des nodules fixant l’azote sur les
racines des légumineuses.
Les maladies cryptogamiques
Les champignons sont des plantes sans chlorophylle, incapables
de produire leur propre énergie par photosynthèse. La plupart
sont donc saprophytes, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent des
tissus morts ou en décomposition. Certains ont toutefois
développé l’aptitude à maîtriser les défenses de la plante et à se
nourrir de ses tissus vivants.
Le mildiou de la pomme de terre, la hernie du chou, la fonte des
semis chez les jeunes plants, les autres mildious et rouilles
figurent parmi les maladies cryptogamiques les plus courantes.
Certains organismes, tel celui qui est à l’origine de la hernie du chou, ont des spores protégées, en dormance, qui
restent viables dans le sol pendant au moins 40 années. L’organisme responsable du mildiou de la pomme de
terre se transmet d’une année à l’autre sur les semences de pomme de terre, mais se répand d’une plante à l’autre
sous forme de spores.
Les champignons responsables de maladies sont difficilement observables; seuls les symptômes qu’ils provoquent
chez la plante permettent de les détecter. Les maladies cryptogamiques prédominent lorsque le climat est chaud et
humide ; ces conditions facilitent en effet le déplacement des spores de champignons dans l’air et à la surface des
feuilles. Transportées par le sol ou le vent, les spores arrivent à la surface de la plante où elles peuvent envahir les
cellules végétales.
Les
maladies
cryptogamiques
sont
très
diverses et sont classées selon le type de
symptôme qu’elles produisent. Au sein de ces
groupes,
les
microorganismes
pathogènes
peuvent être spécifiques à leur hôte. Ainsi,
l’organisme responsable de l’oïdium chez le
pommier diffère des champignons de l’oïdium,
apparemment identique chez le prunier ou
encore
le
rosier.
D’un
autre
côté,
le
champignon de la pourriture grise,
Botrytis
cinerea
, peut affecter différentes plantes et
parties de plantes.
Pour lutter contre ces maladies, essayez tout
d’abord
d’intervenir
sur
les
facteurs
qui
favorisent leur développement, leur propagation
ou leur conservation dans le jardin.
Par exemple : plantez une variété de groseilliers à maquereaux résistante à l'oïdium, éliminez les fanes de pommes
de terre atteintes par le mildiou pour éviter de contaminer les plants de tomates, évacuez les feuilles de pommier sur
lesquelles ont hiverné les spores de tavelure…
Dossier technique n°1 – avril 2004
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Les maladies bactériennes
Les bactéries sont des organismes unicellulaires qui se reproduisent vite,
en se divisant tout simplement en deux. Chez les plantes, elles provoquent
de
nombreuses
affections
comme
la
pourriture
bactérienne,
le
flétrissement, le chancre, le feu bactérien et la galle. À la différence des
champignons, les bactéries ne pénètrent dans les tissus végétaux qu’à
travers les blessures, causées par exemple par les tailles ou les nuisibles.
Le traitement se limite à la suppression des parties atteintes; la lutte
préventive consiste en un simple entretien.
Parmi les maladies bactériennes les plus fréquentes, citons la gale
commune de la pomme de terre, le feu bactérien chez le pommier, le poirier
et d’autres membres de la famille des Rosacées, ainsi que les divers
chancres des arbres fruitiers.
Les maladies virales
Les particules virales sont des gènes
entourés d’une protéine, qui envahissent les cellules des organismes
supérieurs, notamment des plantes, et "piratent" le code génétique pour se
répliquer en une myriade de particules virales qui contaminent les cellules
voisines. Elles freinent sérieusement le développement de la plante hôte,
entraînent des malformations ou encore un fonctionnement défectueux de
certaines parties de la plante. Des insectes ou d’autres animaux servent
généralement de "vecteurs", en transportant les particules virales des
plantes malades aux plantes indemnes. Les insectes suceurs, tels les
pucerons, les aleurodes et les cicadelles, comptent parmi les vecteurs
viraux les plus importants. Les maladies virales peuvent aussi se propager
par la reproduction végétative de plantes contaminées. Dans de nombreux
pays, des législations garantissent des plants indemnes de tout virus pour
les plantes très sensibles comme les framboisiers, les fraisiers ou les
pommes de terre.
Pour lutter au mieux contre de telles maladies, cantonnez-vous aux plantes
certifiées indemnes de virus, sélectionnez des variétés résistantes et
essayez de maîtriser les insectes vecteurs de virus.
Les ravageurs des plantes
Les ravageurs sont des animaux, grands, petits, voire microscopiques, qui provoquent des dégâts considérables
sur les plantes du jardin. Toutefois, la plupart des créatures du jardin ne sont pas des nuisibles. Beaucoup ont un
effet bénéfique, par leur rôle de pollinisateurs ou de "recycleurs" de nutriments pour les plantes. Certains se
nourrissent des ravageurs dont ils assurent ainsi un contrôle naturel : ce sont les auxiliaires du jardinier.
Certains animaux sont à la fois nuisibles et bénéfiques,
car leur comportement varie selon les saisons, mais
également au cours de leur vie. La vulnérabilité de
certaines plantes à leurs attaques peut aussi varier.
Les perce-oreilles, connus notamment pour les dégâts
qu’ils causent aux fleurs de dahlia, deviennent, dans
d’autres circonstances et à d’autres moments de
l’année, d’importants prédateurs de ravageurs tels les
pucerons et les oeufs de charançon. Même les limaces
et les escargots, qui comptent parmi les plus fameux
ravageurs du jardin, jouent un rôle majeur dans la
décomposition de la végétation. Ils sont en fait très
nuisibles pour les plantes jeunes et tendres ou pour
des plantes particulièrement sensibles, comme l’hosta
et le delphinium.
Dossier technique n°1 – avril 2004
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Par ailleurs, de nombreux animaux qui se nourrissent de plantes sans
causer de dégâts significatifs ne peuvent être considérés comme des
ravageurs. Un bon exemple est celui du cercope, qui se répand sur les
rosiers de mai à août. Cet insecte suceur de sève produit une bave, le
crachat de coucou qui est généralement le fait d’un ou deux cercopes,
alors que les pucerons agissent souvent en colonies de plusieurs milliers.
D’autres animaux s’attaquent seulement aux plantes jeunes et grêles, et
lorsque celles-ci vieillissent, se déplacent à la recherche de nourritures
plus fraîches.
La plupart des ravageurs acquièrent ce statut car ils se nourrissent
directement des plantes, mais d’autres animaux, comme le chat, pourraient
être qualifiés aussi de ravageurs parce qu’ils endommagent incidemment
les plantes ou qu’ils souillent le sol de leurs excréments.
On classe les ravageurs en fonction de la partie de la plante dont ils sont friands et selon leur mode d’alimentation.
Cette distinction, pratique pour les plus petites espèces, reste artificielle. De nombreux consommateurs de feuilles
se nourrissent également de tiges, certains pucerons suceurs de sève se délectent parfois de racines et de fleurs.
Les ravageurs suceurs de sève
Dotés de pièces buccales en forme de double aiguille, les pucerons,
aleurodes et araignées rouges percent l’épiderme de la plante et sucent
sa sève, réduisant sa vigueur et déformant sa végétation. Ils peuvent
aussi transmettre des virus. Leurs excréments (miellat) souillent la plante,
la terrasse, le mobilier de jardin et fournissent une matière nutritive, riche
en sucres, sur laquelle prospèrent un champignon noir microscopique, la
fumagine. Des maladies bactériennes pénètrent aussi dans la plante par
les blessures qu’engendrent les minuscules pièces buccales.
L
Dossier technique n°1 – avril 2004
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es ravageurs des racines
s se nourrissent de racines. C’est le cas
es ravageurs des feuilles
Les insectes qui s'attaquent au feuillage sont principalement des chenilles de
De nombreuses larves d’insecte
des chenilles de certains lépidoptères (vers gris), des larves de coléoptères
- taupin, charançon, hanneton - mais aussi des larves de la mouche des
racines du chou, de la mouche de la carotte et de nombreuses espèces de
nématodes microscopiques. Certaines larves se déplacent entre les
plantes, d’autres envahissent les racines, s’attaquant à la racine pivotante
et à la tige. Les dégâts nuisent à l’absorption des nutriments et de l’eau,
affectent la croissance et causent le flétrissement.
L
lépidoptères (papillons), des coléoptères adultes et leurs larves. Selon les
espèces,
ils
dévorent
totalement les feuilles, en
font disparaître de grandes
plages ou minent les feuilles,
laissant
des
motifs
caractéristiques
seul
l’épiderme transparent reste
intact. Les oiseaux et les
mammifères
apprécient
aussi le feuillage. Les dégâts
réduisent le tissu foliaire où
s’opère la photosynthèse, ce
qui affecte la croissance et la
formation des fruits, et gâte
l’apparence des plantes.
Dossier technique n°1 – avril 2004
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es
ptères forent le coeur des tiges, tandis que
es ravageurs des fleurs
oirier, le thrips, l’anthonome du pommier et le
Les ravageurs des fruits
lépidoptères
(papillons)
et
es ravageurs galligènes
causent la formation de galles. C’est le cas de
insi, le phytopte crée des boursouflures sur les arbustes à
méligèthe se nourrissent des fleurs et
Les ravageurs des tig
Certaines chenilles de lépido
des mammifères exfolient l’écorce, causant le dépérissement des arbres.
Maints ravageurs des feuilles consomment les tiges. Comme celles-ci
supportent les feuilles, les dégâts occasionnés par les ravageurs des tiges
sont les mêmes que ceux des ravageurs des feuilles.
L
Le perce-oreille, le psylle du p
des boutons floraux, causant des dégâts esthétiques et compromettant la fructification.
Les
chenilles
de
certains
hoplocampes, ainsi que les larves de coléoptères et de
mouches, se nourrissent du fruit en plein développement. Les
oiseaux et les guêpes picorent les fruits mûrs ou avant
maturité. Les dégâts directs sont limités mais la souillure du
fruit rend celui-ci impropre à la consommation. De plus, les
blessures favorisent la propagation d’agents de pourritures
bactériennes et cryptogamiques, souvent sérieuses.
L
Ils
nombreuses larves de mouches et de guêpes, ainsi que des
acariens. Ces galles ne perturbent pas le fonctionnement
des plantes, car les ravageurs se nourrissent de leurs tissus,
mais ils peuvent transmettre des virus.
A
baies ; il provoque aussi le virus de la réversion du
cassissier qui abîme l’arbuste et compromet les récoltes à
venir. Les galles peuvent également apparaître à la suite de
maladies cryptogamiques, bactériennes ou virales.
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