Comment trouver et déterminer des orchidées sans les fleurs

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Comment trouver et d?terminer des orchid?es sans les fleursII – Les esp?ces de lumi?repar Gil SCAPPATICCIPour l?orchidophile, le cartographe, occuper la morte saison ? classer les diapos, faire les fiches de cartographie, mettre ? jour les stations, les localisations et faire des projets de voyage n?emp?che pas le d?sir de couvrir du terrain sur ses sites favoris. Nous avons vu dans le pr?c?dent article comment on peut tenter, avec plus ou moins de r?ussite sur les exciccata et/ou les rosettes, la d?termination des esp?ces d?ombre et de lisi?re. Voici quelques observations sur les esp?ces h?liophiles.Les rosettes pr?coces (ao?t-septembre)Par ordre chronologique, Spiranthes spiralis est la premi?re esp?ce ? montrer ses feuilles, imm?diatement apr?s l??mergence de la hampe florale, soit d?s le mois d?ao?t quand le temps est suffisamment pluvieux. C?est la rosette de la saison suivante qui s?installe. Les petites feuilles brillantes, d?un vert sombre et soutenu, sont d?abord un peu dress?es, puis se plaquent au sol apr?s la disparition habituelle de la hampe s?ch?e et l?arriv?e du froid. Les petites rosettes, d?un diam?tre rarement sup?rieur ? 4 cm (parfois 1 cm !) sont assez faciles ? d?couvrir dans les p?turages ? moutons, o? le sol est presque ? nu, et sur les pelouses entretenues, m?me en pleine ville. La hampe, qui persiste parfois, ne peut ?tre confondue avec aucune autre ; on distingue nettement la spirale par la disposition des capsules ?clat ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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par Gil SCAPPATICCI
Pour l’orchidophile, le cartographe, occuper la morte saison  classer les diapos, faire les fiches de cartographie, mettre  jour les stations, les localisations et faire des projets de voyage n’empche pas le dsir de couvrir du terrain sur ses sites favoris. Nous avons vu dans le prcdent article comment on peut tenter, avec plus ou moins de russite sur les exciccata et/ou les rosettes, la dtermination des espces d’ombre et de lisire. Voici quelques observations sur les espces hliophiles.
Les rosettes prcoces (aot-septembre) Par ordre chronologique,Spiranthes spiralisest la premire espce  montrer ses feuilles, immdiatement aprs l’mergence de la hampe florale, soit ds le mois d’aot quand le temps est suffisamment pluvieux. C’est la rosette de la saison suivante qui s’installe. Les petites feuilles brillantes, d’un vert sombre et soutenu, sont d’abord un peu dresses, puis se plaquent au sol aprs la disparition habituelle de la hampe sche et l’arrive du froid. Les petites rosettes, d’un diamtre rarement suprieur  4 cm (parfois 1 cm !) sont assez faciles  dcouvrir dans les pturages  moutons, o le sol est presque  nu, et sur les pelouses entretenues, mme en pleine ville. La hampe, qui persiste parfois, ne peut tre confondue avec aucune autre ; on distingue nettement la spirale par la disposition des capsules clates.
Apparaissent ensuite, au cours du mois de septembre, les rosettes d’Himantoglossum hircinumet, environ deux semaines plus tard, celles d’H. robertianum.Chez ces plantes, les rosettes sont de belle taille, atteignant et mme dpassant parfois 40 cm d’envergure1. Les feuilles sont trs nervures sur la face externe et d’un vert assez clair chezH. hircinum; elles se ncrosent assez vite, au moins pour les premires, au cours de lhiver. Beaucoup plus unies et du n pvleurst  Spiranthes spiralis: petite lpolnusg tesmoputs,e ndue  scohretze  qHu’.i lreosbtefratciialneudmsr essete ntr vfsreaonc hcenstssopsi d, lseteilu rsfid slnei.tsrpeiruagaeunq  slee es dnd leux naeta aylp espces poussent ensemble, ce qui n’est pas rare (photo p 25). Quand les plantes sont isoles, la dtermination est un peu plus de 6 cm difficile, pourtant un dtail ne trompe pas : si l’extrmit des feuilles est torsade, il s’agit d’H. hircinum.La hampe sche d’H. hircinumest assez haute et avec des fruits de taille moyenne ; celle d’H. robertianumet les fruits sont normes, presqueest plus trapue aussi gros que chezLimodorum abortivum.
Vers la fin du mois de septembre, plusieurs autres rosettes apparaissent, dont celles d’Ophrys apifera, qui a des feuilles diffrentes de celles des autresOphrysen moyenne plus grandes, plus vertes (le gris, est trs attnu) et un peu moins plaques sur le sol. Apparaissent galement celles du genre Anacamptiss.l. qui sont toutes carnes (ou canalicules). Celles du groupe d’O. fuciflorase montrent seulement vers la fin du mois d’octobre. LesOphrysdes groupes d’O. fuscaetO. lutea, O. ciliataetO. bombylifloraont des feuilles basales beaucoup plus courtes et  l’extrmit plus arrondie que les autresOphrys. Errol VELAet Julien
1J’ai mesur une rosette d’Himantoglossum hircinum 60 cm dans le Rhne, une autre  65 cm dans l’Aude, et une rosette d’H. robertianum 95 cm dans le Var !
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Longs fruits (25 mm) espacs d’Ophrys fuciflora (hampe de 15 cm)
VIGLIONEont signal que leurs nervures (message sur Apifera.fr du 28-03-2003) ne sont pas toutes identiques,une sur deux tant nettement moins apparente, surtout sur la face infrieure, ce qui les spare de celles des autres Ophrys. O. tenthrediniferaserait galement dans ce cas. Bien entendu, comme pour les espces d’ombre, le milieu et la rgion sont des indices prcieux pour la dtermination. Si vous croyez avoir trouv une rosette d’O. lupercalisen Alsace, il vaut mieux attendre la floraison pour confirmer ! Dans cet ensemble,O. lupercalisest d’ailleurs le seul a prsenter des rosettes d’assez grande taille. O. insectiferaa galement des feuilles plus vertes, plus longues et plus lancoles que les autresOphrys.La hampe sche, grle et donc fragile, ne se maintient que rarement en place, mais son port lanc la rend facile  dterminer. O. arachnitiformisa des feuilles longues et une grande rosette pour le groupe. La subsp.occidentalisa une rosette nettement plus petite. Les rosettes d’O. araniferaetO. litigiosasont trs difficiles  sparer de celles du groupe d’O. fuciflora.
Les rosettes appartenant aux espces des genresAnacamptiss.l. (A. pyramidalis,morio,coriophora,papilionacea, etc.) etSerapiassont trs semblables. Ce dtail de morphologie est en accord avec les possibilits d’hybridation et les conclusions de l’analyse gntique indiquant la proximit de ces genres. La hampe sche d’Anacamptis pyramidalis, avec son pi compact compos de nombreux petits fruits, est trs caractristique et se maintient tard en saison. L’hypochile desSerapiassche sans se dformer, de sorte qu’on reconnat assez bien la fleur. Pour identifier l’espce, c’est plus alatoire.
Les rosettes « tardives » LesGymnadenia,qui sortent au cours de l’hiver, ont galement des feuilles canalicules, mais finalement assez variables, parfois plus larges que celles d’Anacamptis pyramidalis,et  l’extrmit souvent arrondie. Elles sont nettement plus larges (jusqu’ 6 cm) pour la sous-espcedensiflora. La hampe trs allonge et compose de nombreuses petites capsules permet une identification quasi certaine. Les rosettes desOrchisau sens propre,O. simia,O. militarisetO. purpurea, n’apparaissent qu’au dbut ou au cœur de l’hiver. Leurs feuilles sont bien dresses. Celles d’O. simiaest d’un vert moins soutenu, plus gristre que celles d’O. militaris, qui sont galement moins vertes que celles d’O. purpurea. Les deux premires feuilles  sortir sont sensiblement de la mme taille chezO. simia, alors que chezO. militaris, il y a une grande et une petite feuille.O. purpurea montre une rosette volumineuse,  grandes feuilles brillantes. La hampe florale fane, plus ou moins longue suivant l’espce, aide  la dtermination. Un hybrideO. purpureaxO. militarispossde en gnral peu ou pas de fruits, car il est peu pollinis.
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Hampe sche deSerapias vomeracea.L’pichile caractristique est bien visible (fruit long de 18 mm)
Orchis anthropophoraa une rosette  feuilles moins dresses et moins larges que les autresOrchisdu groupemilitaris. Elle n’est pas trs caractristique : attention  ne pas la confondre avec certainsOphrys(apifera, insectifera), qui ont galement une teinte vert gristre. Les rosettes d’O. masculane posent pas de problme quand les feuilles sont tachetes. On ne peut les confondre ni avec les Dactylorhiza, aux feuilles dresses, ni avecO. provincialis, qui a une petite rosette et des grosses taches rgulires. Il existe des populations d’O. mascula feuilles non tachetes ; la confusion avecO. militarisest alors possible. Par Orchis simia les fruits schs sont plus contre,: la hampe est courte (10 cm), fruits de 20 mm.gpreotiutsp e qdue O.chmeizl itlaersi s.or3 sihc ud Neotinea intacta, aux feuilles galement tachetes, et qui ne pousse pas dans le mme milieu quO. masculafeuilles vert gris bleut et des petites taches, a des alignes.N. tridentata, et dans une moindre mesureN. ustulata, ont des feuilles non macules, mais plus ou moins bordes de violet. LesPlatantheraforment leurs rosettes en fin d’hiver. Elles sont composes le plus souvent de deux grandes feuilles d’un vertOrchi glauque, bien nervures etris lita spim:uprepuu rdeea  elfxOur.s ornes de taches ou de reflets pollinises ; la plante avait  blanchtres ; les bords sont un t repre  la floraison.  peu onduls. Sur l’pi floral sec, m de 17 cm le long peron est nettement (ha pe ) visible. Parfois, on peut mme distinguer la position des loges des pollinies et dterminer l’espce !
Orchis mascula: hampe longue de 15 cm, fruits de 18 mm.
Les rosettes des milieux humides. Dans les marais et prairies humides, il est difficile de distinguer les feuilles naissantes. Celles d’Anacamptis palustrisetA. laxiflora sont quasiment introuvables. Pour lesDactylorhiza, qui sortent en fin d’hiver, on ne peut distinguer que les grands groupes :D. majalis,  larges feuilles vert sombre tachetes,D. maculataetD. fuchsii,  feuilles gnralement plus troites, plus claires et tachetes,D. incarnata,  feuilles bien dresses, plutt claires et non tachetes. Le milieu, sec et toujours un peu en altitude, est d’une aide apprciable pourD. sambucina. Les feuilles sont d’un vert assez ple.
LesEpipactishéliophiles Au printemps, apparaissent les rosettes des quelques rares espces d’Epipactisqui poussent dans les milieux bien clairs.E. palustrisest
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identifiable grce  ses larges feuilles nervures poussant dans un milieu humide. QuelquesEpipactisde lisires, qui avaient t traits dans le prcdent article, poussent parfois en pleine lumire :E. atrorubens, facile  reconnatre grce  ses feuilles nettement soulignes de violet,E. rhodanensis(rypisylve) etE. provincialis (garrigue), pour lesquels le milieu est dterminant.
En altitude L’orchidophile frquente rarement les pelouses d’altitude avant ou aprs la floraison des orchides. Avant les premires neiges d’automne, trois genres au moins sont encore bien reconnaissables, une fois les plantes sches. Les Nigritelles, qui conservent leur pi floral globuleux trs compact,Traunsteinera globosa, qui a un pi sch proche de celui d’Anacamptis pyramidalis, etPseudorchis albida, petite plante aux fruits minuscules. Conclusion On ne saurait trop conseiller d’observer, photographier,Epipactis palustris: hampe reprer les plantes avant et longue de 12 cm, fruits de 11 pendant la floraison, de prendre mm.  des mesures et des notes pour apprendre  identifier les rosettes et les plantes sches. Pourtant, mme avec une bonne pratique, on reste tributaire de la variabilit des rosettes, qui n’a d’gale que celle des fleurs d’orchides. Mfiance donc pour la cartographie : la dtermination devra toujours tre confirme devant la plante fleurie. Ces connaissances acquises, on pourra quand mme faire en hiver une bonne partie du  travail , et prendre un certain plaisir  ce petit jeu en forme d’enqute naturaliste.
Pseudorchis albida: tout petits fruits (6 mm), hampe de 5,5 cm.
Légende des photos page 23 1 –Dactylorhiza sambucina. Yssingeaux (43). Ph. Patrick PRESSON(voir p. 13) 2 –Ophrys litigiosaf.flavescens. Entremont (73) - 12-VI-2004. Ph. Jean INGLES. (voir p. 10) 3 –Anacamptis pyramidalis(16 cm). 4 –A. coriophorasubsp. fragrans(16 cm). 5 –Serapias vomeracea(22 cm). 6 –Orchis provincialis(9 cm).
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Bibliographie BUTZINF., 1980.- Bestimmungsschlssel fr deutsche Orchideen im Fruchtzustand. Friedhelm.Die Orchidee31(5) : 186-195. DMARESM., 1997.-Atlas des Orchides de Haute-Normandie. Soc. fran. d’Orchidophilie, Paris : 52-55. DMARESM., 2001.- Les Orchides indignes en hiver.L’Orchidophile 145(32) : 20-21. DUSAKF. & PERNOTP., 2002.-Les Orchides sauvages d’Ile-de-France. Collection Parthnope, Biotope : 50, 54. REINHARDH.R., GLZP., PETERR. & WRMUTILDEH H., 1991.-Die Orchideen der Schweiz und angrenzender Gebiete.Photororar AG, Egg : 60.
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Légende des photos page 25 1 –Ophrys litigiosa(9 cm) 2 –O. arachnitiformissubsp occidentalis(6 cm) 3 –O. apifera(12 cm) 4 –O. pseudoscolopax(6 cm) 5 –Spiranthes spiralis(4 cm) 6 –Neotinea ustulata(7 cm) 7 –Orchis anthropophora(9 cm) 8 –H. hircinum( g. et en bas) etH. robertianum,  d.).(en h. Ph. Jean RICHARD.
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