Journal du Nautisme Juin 2013

Publié par

24 juin 2013 DONA BERTARELLI skippeuse N.F. : CommaNdaNte de bord d'uN voilier de Course Dossier Tour de France à la voile 2013 > Supplément gratuit à L’Équipe N°21 519 du dimanche 16 juin 2013. édito une vraie femme d’extérieur • E t plus de 30 autres manifestations Même s’il n’est pas low-cost, le nouveau vaisseau amiral de Spindrift, tout de noir vêtu - ce nautiques dans le Pays de Brest, qui peut paraître chelou - promet d’être choupinet. Reste maintenant à convaincre la voile française que l’armateur peut être une armatrice… et l’Académie qu’un skipper peut être programme complet sur Brest.fr une skippeuse. Il n’y a plus qu’à agender l’analyse par les Immortels de ce néologisme que nous assumons sur la Une de ce numéro 24 de Journal du Nautisme. Il conviendra aussi, au passage, de tenter de faire valider le fait qu’une commandante n’est pas que la femme du commandant, au même titre que la sous-préfète, qui n’est pas que la femme du sous-préfet. Même « accompagnée de son mari et de Michaël, son petit dernier ». L’ex Banque-Populaire V a une nouvelle écurie, un nouveau port d’attache, un nouveau skipper, une nouvelle skippeuse, une nouvelle livrée et un nouveau programme. Donc une nouvelle vie, sous l’étiquette de Spindrift, en baie du Morbihan, avec quelques records à échéance, entre les mains de Yann Guichard et de Dona Bertarelli, la sœur d’Ernesto, le double vainqueur de la Coupe de l’América.
Publié le : dimanche 30 juin 2013
Lecture(s) : 675
Nombre de pages : 21
Voir plus Voir moins

24 juin 2013
DONA BERTARELLI
skippeuse
N.F. : CommaNdaNte
de bord d'uN voilier de Course
Dossier Tour de France
à la voile 2013
> Supplément gratuit à L’Équipe N°21 519 du dimanche 16 juin 2013.édito
une vraie femme d’extérieur
• E t plus de 30 autres manifestations
Même s’il n’est pas low-cost, le nouveau vaisseau amiral de Spindrift, tout de noir vêtu - ce
nautiques dans le Pays de Brest,
qui peut paraître chelou - promet d’être choupinet. Reste maintenant à convaincre la voile
française que l’armateur peut être une armatrice… et l’Académie qu’un skipper peut être programme complet sur Brest.fr
une skippeuse. Il n’y a plus qu’à agender l’analyse par les Immortels de ce néologisme que
nous assumons sur la Une de ce numéro 24 de Journal du Nautisme. Il conviendra aussi, au
passage, de tenter de faire valider le fait qu’une commandante n’est pas que la femme du
commandant, au même titre que la sous-préfète, qui n’est pas que la femme du sous-préfet.
Même « accompagnée de son mari et de Michaël, son petit dernier ».
L’ex Banque-Populaire V a une nouvelle écurie, un nouveau port d’attache, un nouveau skipper,
une nouvelle skippeuse, une nouvelle livrée et un nouveau programme. Donc une nouvelle
vie, sous l’étiquette de Spindrift, en baie du Morbihan, avec quelques records à échéance, entre
les mains de Yann Guichard et de Dona Bertarelli, la sœur d’Ernesto, le double vainqueur
de la Coupe de l’América. Dona Bertarelli est également l’amoureuse-tout-ce-qu’il-y-a-
d’officiel de Yann Guichard. Elle est également navigatrice, ancienne vainqueur du Bol d’Or Brest 29 / 30 juin National Ocean Racing • Kayaks de mer
Mirabaud, femme d’affaires, passionnée de voile. Et passionnante. Dans l’entretien qu’elle
nous a accordé, la nouvelle propriétaire du bateau détenteur du Trophée Jules-Verne manie
ambition – apprendre à dompter la bête – et raison : la découverte de l’offshore reste un
01 / 07 juillet Championnat d’ Europe RSX • Planche à voile olympique Brest préalable nécessaire.
À la Dona Bertarelli par Pauce Le Tour de France à la voile (TFV) n’échappe ni à la crise ni au resserrement des élites. Avec une
Franck Cammas, qui a plus gagné qu’échoué ces dernières années, les habitués Daniel Souben 11 / 12 juillet Étape Tour de France à la voile Brest
ou Nicolas Troussel et l’arrivée de Thomas Coville, le TFV gagne en excellence sportive et
en visibilité. Il faut juste espérer qu’un jour, peut-être, les équipages amateurs et les projets
étudiants retrouvent une place dans la caravane. Treize bateaux, c’est peu, mais c’est bon.
13 / 20 juillet Coupe nationale de Classe Optimist Crozon-Morgat
Bonne lecture,
Frédéric Pelatan 16 / 26 juillet Championnat d’Europe de Classe Europe • Dériveur léger Brest
27 / 30 juillet Coupe des 2 Phares • Croiseurs Brest
02 / 06 sept. Championnat du monde de robotic nautic • Modélisme robotisé Brest
diffusion : rédacteur graphiste directeur de la publication délégué : 03 / 05 sept. Tour de Bretagne à la voile • Croiseurs Brest Supplément gratuit à L’Équipe N°21 519 responsable fabrication : Frédéric Schmitt - Tél. : 01 40 93 25 11
du dimanche 16 juin 2013. Jean-Louis Guimar - Tél. : 01 40 93 25 30 fschmitt@journaldugolf.fr
Ne peut être vendu séparément. jlguimar@journaldugolf.fr
rédacteur en chef :
Édité par : Frédéric Pelatan - Tél. : 01 40 93 25 32 publiCitÉJOURNAL DU GOLF SAS Conception et fpelatan@gmail.com
Président fondateur : Frédéric Schmitt direction artistique : Sophie Joffo / 01 41 04 97 84fpelatan@journaldugolf.fr
4, cours de l’île Seguin, Franck@Valadier.fr sjoffo@amaurymedias.fr
92102 Boulogne Billancourt rédaction : Camille El Beze, Servane Jean-François Chenut / 01 41 04 97 81
maquette : Tél. : 01 40 93 23 92 Dorléans, Stéphanie Stoll, Dominic Bourgeois, jfchenut@amaurymedias.fr
Karin Prissertinfos@journaldugolf.fr Pierre-François Bonneau, Raphaël Godet. Sophie Perez / 01 41 04 97 86
sperez@amaurymedias.frimpression :Journal du Nautisme secrétariat de rédaction :
Roularta Printing SA, Roeselare, Belgique. François Hoffet / 01 41 04 97 51est une publication psi : Julie Lévy-Marchal
fhoffet@amaurymedias.frDirecteur général : Louis Gillet
responsable de la diffusion lgillet@lequipe.presse.fr Eva Lomnicka / 01 41 04 97 85
et de la communication : elomnicka@amaurymedias.fr
directeur de la publication : Catherine Tisseron - Tél. : 01 40 93 25 31
François Morinière ctisseron@journaldugolf.fr
JOURNAL DU GOLF SAS
est une filiale du groupe

© Julien OgorSolitaire du Figaro
Propos recueillis par Frédéric Pelatan - Photo A. Courcoux / La Solitaire
Naviguez en toute sécurité !
La Matmut, elle assure aussi les bateaux
PAS SI SIMPLE
l a dernière fois que Michel desjoyeaux a couru la Solitaire du Figaro, c’était en 2009,
pour l’édition anniversaire. engagé sous les couleurs de tBS, son partenaire historique,
le triple vainqueur évoque ce qui fait les victoires.
c ombien de temps faut-il pour reprendre en main son Figaro ? en temps. Il y a des concurrents sur qui ça joue et d’autres sur qui ça ne joue
Michel Desjoyeaux : Il faut le temps qu’il faut. Ça peut être le temps que pas du tout et c’est eux qui ont raison. La course à la voile n’est pas une science
tu as à disposition. On peut aussi partir de l’idée qu’on n’aura jamais assez de exacte, rien n’arrive exactement tel que c’est prévu. Il y a une part de réussite, de
temps. Je n’ai pas eu le choix : j’ai pris le temps que j’avais. Et je suis là. chance, de talent, appelle ça comme tu veux, c’est un peu la même nébuleuse…
Il ne faut pas être seulement compétent, il faut aussi être inspiré ce jour là.
et ça revient ? l es automatismes se remettent en place ?
M. D. : Il y a un truc tout bête : j’ai remis tous les cordages tels que j’avais c ’est ce qui fait la différence ?
l’habitude de les avoir, histoire de ne pas avoir à réinventer la poudre. Comme M. D. : Celui qui a le plus faim gagnera. Il suffit de regarder les trois derniers
ça, la main se tend et c’est le bon bout qui est dessous, tu n’as pas à réfléchir. Sur vainqueurs : Yann Eliès a voulu rebondir après sa blessure ; l’année d’avant,
(1)cette partie là, c’est revenu assez vite; après, il y a tout un pan qui revient peu à Jérémie Beyou voulait faire le Vendée Globe ; Armel Le Cléac’h l’année d’avant, • Remboursement au prix d’achat pour votre bateau et son moteur
peu, les sensations de barre, les réglages, les automatismes. Et puis, depuis 2009, n’avait plus de sponsor. Dans l’histoire du Figaro, il y a plein de trucs comme
les gars ont continué à travailler, à progresser, à trouver des choses qu’on ne ça : quand Kito de Pavant gagne, il n’a pas de sponsor, il est dos au mur. L’année
faisait pas à l’époque. Pas des trucs « sorcier », juste du bon sens qui nous avait où je gagne ma première Solitaire (en 1992), je sors du Tour de France à la voile, • Protection corporelle pour le pilote et ses passagers
échappé à l’époque. En les regardant naviguer à l’entraînement, j’ai vu comment où je suis allé gagner deux sous, et je suis soutenu par un sponsor qui n’avait
ça fonctionne et j’ai appris à les faire. pas forcément tout compris et qui me donne les moyens au compte-goutte. Et j’y (2)• Assistance 24 h/24 , monde entier et sur tous les plans d’eauvais avec les tripes.
Vous parlez de réglages ? Mais ce n’est pas systématique. Quand je gagne en 2007, j’avais une patate de
M. D. : Oui, des petites subtilités de réglages. folie parce que j’étais dans une dynamique constructive avec deux journées par
jour, un nouveau sponsor et le Vendée Globe dans le viseur. Il n’y a pas une
dans l’enfer de la Solitaire, des repères très sûrs peuvent sauver seule méthode pour gagner le Figaro. Le petit plus, c’est la motivation, pas les CONTACTEZ-NOUS
la mise ? compétences. Ça peut être étonnant dans un sport mécanique, où la machine
M. D. : C’est à ça que sert le fait de s’entraîner beaucoup. Maintenant, arriver prend beaucoup de place, mais c’est l’humain qui décide. 570 Agences Conseil à votre disposition
comme ça, avec peu d’entraînement, te permet d’apporter parfois des réponses
nourries par la réflexion. Tu sors de la spontanéité née de la répétition et tu Vous posez-vous des questions pour cette Solitaire ? 02 35 03 68 68
trouves des choses innovantes, à force de te demander comment faire avancer M. D. : Oui et non. Oui, parce que je me demande si je vais savoir faire ;
ton bateau plus vite. Et, parfois, tu y arrives. Donc ce n’est pas forcément non, parce que les dés sont jetés. Advienne que pourra. J’ai pu remarquer à matmut.fr
contreproductif quand tu as de l’expérience. Enfin, je l’espère (il rit) ! l’entraînement que je suis encore capable de faire des choses bien, peut-être pas
assez souvent.
Pour vous qui revenez en Figaro, d’être membre du centre
d’entraînement de Port-la-Forêt… Une solitaire réussie ?
M. D. : C’est indispensable. Je n’aurais eu aucune chance d’être au niveau auquel M. D. : Je n’ai pas réfléchi comme ça et ça ne m’intéresse pas. J’ai mes ambitions
je suis en ce moment s’il n’y avait pas le centre d’entraînement. J’ai pu aller voir et ça, c’est mon problème, mais je vais faire ce que je peux.
les autres naviguer, j’ai fait les briefings, j’ai navigué avec eux. Il y en a qui s’en
sortent sans, mais ça va mieux avec quand même.
Quatre ans d’absence sur la Solitaire, ça pousse à l’humilité ?
e La Matmut, elle assure !M. D. : Tu n’as pas le choix. L’aura, ce n’est pas ce qui fait le résultat, ça n’a Après deux étapes, Michel Desjoyeaux (TBS) était 16 au général, à 2h45’04’’
aucun impact sur ce qui nous attend, à savoir trois semaines de compétition du leader, Yann Eliès (Groupe Queguiner – Leucémie Espoir), vainqueur de
parmi les plus dures. L’aura, ça peut te rassurer quand tu as des coups de mou ou la première étape Pauillac-Porto. La deuxième a été remportée par Armel Le
DOCUMENT NON CONTRACTUEL. L’ENSEMBLE DES GARANTIES ÉVOQUÉES DANS CE DOCUMENT S’APPLIQUE DANS LES LIMITES ET CONDITIONS DÉFINIES AU CONTRAT.
e que tu commences à te dire que tu ne sais plus rien faire, ce qui arrive de temps (1) (2)Cleac’h, 6 au général. Bateau et moteur de moins de 36 mois suivant leur date de première commercialisation en cas de vol ou de dommage. Prestations d’assistance réalisées par IMA GIE.
* Minimum de 15 � par prélèvement.
Matmut - Mutuelle assurance des travailleurs mutualistes. Société d’assurance mutuelle à cotisations variables.
AMF Assurances - Société anonyme à directoire et conseil de surveillance au capital de 69 416 644 � entièrement libéré - N° 487 597 510 RCS Rouen.
Entreprises régies par le Code des Assurances. Sièges sociaux : 66 rue de Sotteville 76100 Rouen. Studio Matmut - Crédit photo : © petunyia - fotolia.com
4
```
EXT 3331 Journal du Nautisme 260x360.indd 1 30/05/13 09:07Coupe de l’America
Les dix éQuiPes de LA r ed buLL
You Th Americ A’s c uP
Energy Team (FRA)
Emirates Team New Zealand (NZL)
Artemis Racing (SUE)
Oracle Team (USA)
Oracle Team (USA)
STG/NRV Youth Team (GER)*
GBR Youth Challenge (GBR)*
Full Metal Jacket Racing (NZL)*
ROFF/Cascais Sailing Team (POR)*
Team Tilt (SUI)*
*Après les sélections entre douze équipages
fin février à San Francisco
ANTOINE LAur IOT-Prév Os T
Né le 19 mars 1990 - u niversité de s outhampton
Architecte naval chez ADH-Innotech (Diams…)
e4 aux championnats du monde 2007 en Hobbie Cat 16
Champion d’Europe jeunes et champion de France 2008
La LLe vAgue
Propos recueillis par dominic bourgeois - Photos D. B. et Gilles Martin-Raget / ACEA
sous l’impulsion de r ussell c outts, les organisateurs de la prochaine c oupe de l’America ont ouvert la
erpratique des Ac -45 aux jeunes entre 19 et 24 ans. dix équipages vont s’affronter du 1 au 4 septembre à
san Francisco. Antoine Lauriot Prévost a intégré l’équipe d’energy Team pour représenter la France.
Valentin, qui viennent de la filière catamaran, pour les manœuvres et les réglages. depuis quand vous préparez-vous à la r ed bull Youth America’s
Enfin Paul Dagot qui vient du monocoque sera notre numéro un. c up ?
A. L.-P. : Jusqu’au mois de mars, nous ne savions pas si le projet de participer à la
er Quel programme d’entraînement avez-vous prévu ?Red Bull Youth America’s Cup qui va se dérouler du 1 au 4 septembre, entre la
A. L.-P. : Nous n’avons jamais navigué sur un AC-45 et le bateau est actuellement en Louis Vuitton Cup et l’America’s Cup allait se concrétiser. Faute de financements,
container sur le cargo qui l’amène à San Francisco pour le rendez-vous de septembre. nous n’avons pas pu naviguer très tôt en saison, mais les nouvelles récentes sont
Nous avons tout de même pu effectuer des navigations sur les Sailing One, ces plutôt bonnes… Nous allons pouvoir naviguer sur des supports qui se rapprochent
catamarans qui servent au Trophée Clairefontaine à la Grande Motte. Nous étions de l’AC-45.
quatre à bord (au lieu de trois normalement) sur quatre bateaux, mais ces bateaux
ne sont pas encore intégrés à la structure méditerranéenne… c omment sont sélectionnés les équipages de ce rendez-vous ?
A. L.-P. : En fait, les teams qui possèdent un AC-45 pour le circuit pouvaient
mais il n’y a pas d’aile rigide à bord de ces catamarans !présenter un équipage jeune et d’autres ont pu effectuer des sélections en envoyant
A. L.-P. : Il n’y a pas beaucoup de voiliers dans le monde qui ont une aile… Mais un dossier aux organisateurs de la Coupe de l’America : 12 équipes se sont affrontées
nous avons pas mal discuté avec l’équipage d’Energy Team sur le sujet : en fait, après à San Francisco en février dernier et seulement cinq ont été retenues. Et il y aura
quelques essais, c’est plutôt assez simple, assez intuitif. Notre plus grosse lacune cinq autres teams jeune issus des équipes qui ont navigué en avril à Naples, dernier
pour l’instant ne concerne pas les réglages, mais plutôt le format à six équipiers. rendez-vous cette saison avant l’America’s Cup.
Il y a nécessité de se coordonner et donc toute navigation en équipage est bonne à
prendre. Nous avons ainsi des opportunités en Extrem-40 qui est le support idéal il y a une participation financière ?
pour se mettre en place. A. L.-P. : Il y a 35 000 $ de droits d’inscription et 25 000 $ de caution ! Plus les frais
de déplacement à San Francisco… Cela fait un gros budget.
à l’occasion des régates du circuit ?
A. L.-P. : Dans un premier temps, non. Mais s’entraîner à six sur ce catamaran et comment avez-vous intégré le team energy ?
de 40 pieds est déjà un facteur de progression. Ce sont aussi des bateaux qui vont A. L.-P. : En fait, nous avions déjà monté un projet entre amis du Formule 18, et
vite et qui sont un peu « chaud » à mener dans la brise… Mais on analyse toutes les Energy Team avait aussi sa propre équipe jeune. Rapidement, nous avons fusionné
régates en AC-45 avec Antoine Mermod, le team manager d’Energy Team et Yves les deux projets parce que d’expérience, les frères Peyron savaient qu’il valait mieux
Loday sera notre coach.regrouper les forces plutôt que de se disperser…
c omment se présente le programme de la r ed bull Youth et depuis ?
America’s c up ?A. L.-P. : Fin novembre, il y a eu des sélections internes pour garder un noyau de
A. L.-P. : Il n’y aura que des régates en flotte, pas de match-racing. Mais les parcours sept navigants : six équipiers à bord et un remplaçant. Ainsi, il y a un équipier de
sont exactement les mêmes que pour le circuit AC-45. Les organisateurs ont prévu plus que pour les seniors à bord, ce qui change un peu les paramètres et les fonctions
de nous faire naviguer le matin quand la brise thermique n’est pas encore levée sur un AC-45 avec un poids maximum de 480 kg, soit 80 kg moyen par équipier
pour avoir moins de 20 nœuds de vent. Et nous n’avons qu’un petit foc et un Code tout de même !
0 fournis par l’organisateur pour limiter les « figures libres » ! Et ce sera donc moins
dur physiquement… Nous aurons le droit de naviguer à partir de début août à et les sept équipiers français sont choisis et les postes répartis ?
San Francisco. A. L.-P. : C’est encore en cours pour le choix des postes car il y a plusieurs
configurations possibles. Soit il y aura un tacticien dédié, soit la stratégie sera faite
en collaboration entre le régleur de l’aile, le barreur et le régleur de voile d’avant.
dernière minute : L’équipage français est composé d’Arthur Ponroy, Antoine Hubert Savatier (spécialiste du catamaran de sport) au poste de tacticien ou aux
Lauriot-Prévost, Hubert s avatier, r omain Bellet, v alentin Bellet, Paul Dagault réglages, Arthur Ponroy qui vient du Tour de France à la voile, pour s’occuper
et Edouard-Marie Alikiagaléléi.des réglages de voile d’avant (foc, gennaker) et les deux frères Bellet, Romain et
6
nouveCoupe de l’America
DANS LE FLou
Texte de Pierre-Franois Bonneau - Photo Justin Sullivan/Guetty/AFP
Bond en avant ou fiasco ? Coup de pied dans la fourmilière ou poudre aux yeux ?
La nouvelle formule de l’america’s Cup fait, en tous les cas, couler beaucoup d’encre. L’accident
tragique survenu à l’équipage d’artemis et qui a coûté la vie à andrew simpson n’a pas vraiment
contribué à éclairer les débats…
a Coupe vit de drôles d’heures. Il y eut tout d’abord Valence, théâtre de la première alerte quand le premier AC72 américain chavira, mais l’incident fut
dernière édition. Face à face, deux milliardaires à l’ego fort dimensionné avant tout considéré sur le plan financier et technique : la remise en état d’un Lqui s’affrontent sur des multicoques géants. à bord d’Oracle, Larry Ellison AC72 après un chavirage risquait de coûter très cher et n’encourageait guère
a sorti son arme fatale : son trimaran ultraléger, doté d’une aile gigantesque va d’autres syndicats à se lancer dans l’aventure. L’accident d’Artemis fut tout
ridiculiser le catamaran d’Ernesto Bertarelli, à l’occasion de régates totalement autre. La violence du choc, associé au décès d’Andrew Simpson, coincé sous la
déséquilibrées. La performance technologique est là, mais l’intérêt sportif de structure démantibulée du catamaran a marqué les esprits. Un comité d’experts
l’épreuve est nul. Qu’à cela ne tienne, Oracle, devenu defender de la Cup, a immédiatement été mis en place pour analyser les causes du chavirage et
promet une ère nouvelle. Et propose une jauge à double détente pour permettre proposer quelques échappatoires : première décision, la limitation de la force
au plus grand nombre de challengers de se préparer. Dans un premier temps, les du vent maximum pour courir les régates a été rabaissée de 30 à 20 nœuds en
représentants des différentes équipes vont s’affronter à bord de catamarans de juillet, 21 en août et 23 en septembre lors de la finale de la Cup. De même, en cas
45 pieds fournis par l’organisation. Les épreuves se déroulent aux quatre coins de chavirage d’un des concurrents, la course sera automatiquement arrêtée et le
de la planète suivant des procédures point de la victoire accordé à l’autre
plutôt complexe avec une alternance équipe. Enfin, le nombre de « round
de régates en flotte et de duels. Les robins » devrait être fortement réduit
courses sont brèves, rythmées, les pour accorder plus de temps à la éviter un nouveau drame
parcours sont sophistiqués, avec en maintenance des catamarans. Enfin,
toile de fond une obsession : faire le aucun observateur ou journaliste ne
spectacle. Qu’importe si le système devra être présent à bord lors des
de notation des manches est d’une complexité extrême, si les régates se jouent régates. Quelques mesures en vue d’assurer la protection des équipiers viennent
parfois sur le seul départ, les images sont souvent somptueuses et les moyens compléter le dispositif.
engagés pour les diffuser semblent presque sans limite.
deux challengers et puis c’est tout ?
Fi ni les duels de dinosaures Reste à savoir si la Coupe de l’America survivra dans sa formule actuelle.
Est venue ensuite l’heure des AC72. D’emblée, les premières images ont montré Aujourd’hui deux challengers sont en capacité d’aller chercher le trophée. Le
à quel point la Coupe avait changé d’ère. Finis les duels de dinosaures entre team Artemis a repris ses entrainements en AC45, mais laisse encore planer
deux monocoques atteignant péniblement les 15 nœuds aux allures portantes. le doute sur son intention et la faculté de reconstruire un AC72 pour les
Place maintenant à l’exploit technologique sur des catamarans géants munis de premières régates qui auront lieu en juillet. Plusieurs syndicats ont d’ores et
foils. Alain Thébault, le concepteur de l’Hydroptère en rêvait, les AC72 l’ont fait. déjà manifesté leur souhait de revenir à un schéma moins extrême, permettant
Grâce à leurs plans porteurs, à leur aile surdimensionnée, les machines n’ont plus de concurrence sportive. La Coupe de l’America, épreuve d’exception s’il
pas tardé à voler sur l’eau dépassant allègrement les 40 nœuds. Seul revers de la en est, a résisté par le passé à de nombreux avatars de par le caractère universel
médaille : le nombre de challengers s’est réduit comme peau de chagrin, compte du duel… Le sort de la prochaine édition va dépendre du succès de celle qui
tenu des budgets extravagants que demandait la construction d’un AC72. Au arrive : que le spectacle soit au rendez-vous et que l’intérêt sportif soit confirmé
final, sont restés en lice les Néo-Zélandais d’Emirates Team New-Zealand, les et la formule sera reconduite avec peut-être quelques aménagements. Que le
Suédois d’Artemis et les Italiens de Luna Rossa. Oracle, defender de la fameuse combat s’étiole, faute d’une concurrence sportive établie et les organisateurs
aiguière, construisait quant à lui deux bateaux de manière à bénéficier d’un devront faire leur aggiornamento. Affaire à suivre.
sparring-partner avant les matchs décisifs du mois de septembre. Il y eut une
8
çTour de France à la voile
Propos recueillis par Frédéric Pelatan - Photo Sodebo Pierre
l’America, en adoptant les multicoques, a mis à mal leur plan de carrière. Pour eux,
ce projet tombe bien. Ils sont animés d’une envie de gagner assez magnifique, car
rare à ce niveau. Ils connaissent le mot exigence et ils sont si pros… Il fallait les sortir
de leur niche, c’est pour eux l’occasion de prouver leurs compétences.
à quels moments leur compétence de match racing est-elle un
avantage ? Les tch
T. C. : Dans les temps forts d’une régate monotype, le départ est décisif. Ils sont
capables de monter l’exigence au top. Dans le premier bord, c’est pareil, il y a un
ascendant à prendre sur la première lay line. Ils ont toujours travaillé là dessus. Ils
sont forts aussi quand c’est viril, dans le règlement ou le positionnement. LLsont ement os…
du coup, votre organisation à bord n’est pas très verticale, avec
Pour son premier tour de France à la voile, pour son premier rôle de patron d’équipage, tant de talents…
thomas c oville a fait le pari de réunir trois grands noms du match racing français : Sébastien c ol, T. C. : à bord, ce n’est pas très vertical en effet, puisque le but du jeu est qu’ils se
complètent mais, à terre, c’est moi le patron. D’ailleurs, ils me demandent de trancher, damien iehl et Mathieu r ichard, l’actuel leader de la c oupe du monde. l e défi : rendre complémentaires
de prendre les décisions et j’assume les choix. Sur le bateau, en revanche, ils sont en trois rivaux et leurs équipages respectifs.
autonomie : il est normal de leur laisser de l’autorité sur les choses dans lesquelles ils
sont les meilleurs au monde.
L’
l es trois leaders vont vraiment jouer le jeu ? Thomas Coville (skipper, grand voile, réglage voiles d’avant, t homas c oville, vous voici patron d’une équipe navigante pour l e jeu est facile à mettre en place ?
T. C. : Ils se challengent positivement. La combinaison la plus travaillée, celle où barreur) ; Thierry Briend (co-skipper, réglage voiles d’avant) ; la première fois de votre carrière ! T. C. : Il y a des changements d’attitude fabuleux ! Sébastien Col, qu’on présente
Seb et Damien se complètent, marche super bien. Intelligemment, ils ont tout de suite Seb Col (tactique, grand voile), Paul Dagault (plage avant) ; T. C. : Oui ! Ça correspond à ce que je voulais apporter de nouveau dans mon comme individualiste, fait un vrai boulot collectif, de coaching, il apporte tout
adhéré au fait qu’ils ne sont pas là pour faire la compétition entre eux. Et puis, j’ai Frédéric Denis (régleur GV et voile d’avant) ; Thierry Douillard projet avec Sodebo. Je ne voulais pas m’enfermer dans la culture du solitaire. Ça ce qu’il sait au groupe. Damien Iehl, réputé pour être très impulsif, très direct
deux anciens de la Volvo Ocean Race, Laurent Pagès et Jean-Luc Nélias, qui sont (régleur de voiles d’avant) ; Greg Evrad (tactique, grand voile) ; m’a sans doute été soufflé par mon aventure Volvo Ocean Race, remportée avec dans ses jugements, devient un très bon leader quand il est à la barre dans un
capables de poser des règles de groupe, et qui apportent leur maturité. Antoine Frickey (régleur voile d’avant) ; Morgane Gautier (plage Groupama : j’ai appris à me nourrir d’un groupe. Et j’avais envie de manager cadre très organisé. Il a le talent rare de savoir transmettre son ressenti. Mathieu
avant) ; Martin Gaveriaux (plage avant) ; Fred Guilmin (tactique, un projet d’équipe. Richard est un personnage à grande sensibilité, à la barre et humainement. Son
Quel rôle à bord vous donnerez-vous ? Vous y serez en permanence ? grand voile) ; Olivier Herdelant (réglage voiles d’avant) ; Damien entrée dans le projet après sa victoire en Corée du Sud en match racing – une
T. C. : Je ne serai pas tout le temps à bord et je vais même avoir plusieurs positions Iehl (barreur) ; Martin Krite (plage avant) ; Jean-Luc Nelias c omment avez-vous constitué votre équipe pour votre premier des plus belles étapes de l’année – va nous apporter de la fraîcheur, mais aussi sa
quand j’y serai. Je prends la grand-voile et la barre, mais aussi le réglage de spi et, si (navigateur) ; Laurent Pagès (tactique, grand voile) ; Mathieu tour de France à la voile ? capacité à garder la tête froide sous la pression.
c’est nécessaire, je peux aussi être à l’avant. Sur les étapes inport, par exemple, je ne Richard (barreur) ; Yannick Simon (plage avant) ; François Verdier T. C. : J’ai pris une option assez radicale et ambitieuse avec Thierry Brient ;
toucherai jamais la barre, parce qu’il y a forcément meilleur que moi. Ça me paraît (plage avant). créer une équipe très originale, avec trois équipages français de match racing c omment se font les rotations à bord ? Se succèderont-ils ?
évident de montrer que je me mets au service du groupe, puisque je demande cet
parmi les plus performants de la planète ces cinq dernières années : ceux de T. C. : Justement pas ! Chacun vient avec son équipage et, mon objectif, c’est
effort à tout le monde.
Sébastien Col, Mathieu Richard et Damien Iehl. bien de les faire naviguer ensemble. Sur le planning, on va se trouver avec Seb
Col qui navigue avec Damien Iehl et ainsi de suite. Je veux qu’ils se mélangent :
c es trois navigateurs ont l’habitude de s’affronter plus que de c’est de ça que peut naître la plus-value.
collaborer !
T.C. : Oui et c’est la première fois qu’ils font les choses en commun, qu’ils parlent c e n’est pas la méthode la plus simple pour créer
et fonctionnent ensemble. Ils ont un vrai savoir-faire du monotype, du réglage un équipage…
hyper fin de ces bateaux. Ça les surprend un peu, mais je les mets en position T. C. : Clairement, mais je veux profiter du vivier du match racing français,
de devoir faire ce qu’ils n’auraient jamais imaginé avoir à faire il y a quelques de très haut niveau. Ces garçons se situent entre l’olympisme et la Coupe de
semaines : devenir complémentaires. l’America, en termes de compétence. Ils sont frustrés par le fait que la Coupe de
10
uéieq
pag
pr te
ramacersTour de France à la voile
l e bateau :
Monocoque monotype M34.
Chantier Archambault.
Architectes : Joubert, Nivelt, Mercier.
Longueur HT : 10,34 mannée par le TFV, preuve une nouvelle fois de la volonté des organisateurs
Largeur max : 2,98 md’internationaliser encore un peu plus l’épreuve.
Tirant d’eau : 2,50 / 1,80 mLes chiffres : 11 villes, neuf étapes, 120 milles de régates (soit 2 160 km), en 28
Déplacement : 2 700 kgjours de course. L’étape la plus longue s’étirera entre Deauville et Brest (250
Lest : 1 050 kgmilles, soit 465 km). La plus courte sera le ralliement de La Seyne-sur-Mer à
2Surface gv : 42 mMarseille (35 milles, soit 65 km).
2Surface foc : 29 m
2 Surface spi : 130 m25 ans après le dernier passage aux Pays-Bas, le Tour fait son retour dans la ville
de Breskens. Comme l’an dernier, le Tour fera à nouveau escale en Espagne, à
l eS étapeS :Roses, au cœur de la Catalogne.
Etape 1. Dunkerque – les 28, 29 et 30 juinEnsuite, les fidèles, les incontournables conservent leurs privilèges. C’est le
er
e Etape 2. Breskens (Pays-Bas) - les 1 et 2 juilletcas de Dunkerque qui accueillera pour la 27 année consécutive (!) le départ
Etape 3. Dieppe – les 4, 5, 6 juilletde la course. Dieppe, Gruissan et la Seyne-sur-Mer sont toujours hôtes de la
Etape 4. Deauville – les 7 et 8 juilletcaravane. En revanche, ce sera une nouveauté pour Deauville, Brest, Lorient,
Etape 5. Brest - les 11 et 12 juilletSaint-Gilles-Croix-de Vie et Marseille, absentes de l’édition 2012. Marseille, ville
Etape 6. Lorient – les 13 et 14 juilletde l’arrivée, promet de faire les choses en grand pour le retour des bateaux dans
Etape 7. Saint-Gilles-Croix-de-Vie – les 15, 16 et 17 juilletle tout petit port du Roucas Blanc, quinze ans après son dernier passage. C’est
Etape 8. Roses (Espagne) – les 19 et 20 juilletdans ce minuscule bassin que s’était entassée en 1998 la flotte d’une trentaine de
Etape 9. Gruissan – les 22 et 23 juilletbateaux, dont celui tout noir du Néo-Zélandais Russell Coutts…
Etape 10. La Seyne-sur-Mer – les 24 et 25 juilletSitué au cœur de la rade sud, le port minuscule a été totalement réhabilité.
Etape 11. Marseille – les 26, 27 et 28 juilletIl a aussi changé de nom, il s’appelle aujourd’hui Stade nautique. La Ville de
Marseille a bien l’intention d’en faire un point de rendez-vous régulier des
l eS éQuipaGeS :régates. Pour preuve, le lieu a déjà accueilli le MOD70 - European Tour et le
Bienne – Voile – SRS, avec Luzius Peter et François Kunzchampionnat du monde de Match Racing en septembre dernier, il recevra le
Bretagne – Crédit Mutuel Elite, avec Nicolas Trousselchampionnat du monde de J80 début juillet, et donc le Tour de France à la voile
Courrier-Dunkerque, avec Daniel Soubendu 26 au 28 juillet.
Groupama, avec Franck Cammas
Iskareen, avec Christiane Dittmers et Sönke Bruhnsla C aRaVaNe paSSe
Martinique – Be.Brussels, avec Mathieu Mourès et Delphine WoltersPas de saucisson Justin B… ou de main qui « joue comme on aime », comme
Nantes – Saint-Nazaire – E.Leclerc, avec Corentin Douguetpour son grand frère du vélo, mais quand même ! Les organisateurs du Tour
Normandie, avec Baptiste Choquenetde France à la voile vont mettre en place pour la première fois une caravane
Sodebo, avec Thomas Covillepromotionnelle. Des véhicules sonorisés et décorés aux couleurs des partenaires
Team Omansail, avec Cédric Poulignyde l’épreuve déambuleront dans les villes-étapes et distribueront des cadeaux et
Toulon – Provence – Méditerranée – Coych, avec Jean-Baptiste Bernazdes goodies aux spectateurs. Sans oublier tout un tas d’animations organisées
Ville de Genève – Carrefour Addictions, avec Elodie-Jane Mettraux et sur les plages des villes hôtes.
Nicolas GrouxPLUS D’INFOS. www.tourvoile.fr Texte de Rapal Godet - Photo DR
pouR Qui le t ?
el e départ de la 36 édition du tour de France à la voile sera donné le 28 juin à dunkerque.
treize bateaux vont régater le long des côtes françaises jusqu’à Marseille. Franck Cammas (Groupama)
est le grand favori. Quoique. l e tour en un clin d’œil !
France, accompagné de deux autres barreurs : Mathieu Frei (également membre de leS éQuipaGeS
l’équipe de France en 49er) et Cédric Boeri (jeune marin issu du Coych).
Les Favoris Nicolas Troussel (Bretagne - Crédit Mutuel Elite) et Cédric Pouligny (Omansail) ont le talent
S’il fallait mettre une pièce sur le vainqueur du Tour de France à la voile 2013, pour créer des surprises également. Il est bon de rappeler que Nicolas Troussel avait
notre porte-monnaie irait naturellement vers trois noms : Daniel Souben (Courrier- e eterminé 3 du Tour de France l’an passé, et Cédric Pouligny 4 . Un ton en dessous, mais
Dunkerque), Franck Cammas (Groupama) et Thomas Coville (Sodebo). Vous avez là etoujours pressé d’apprendre, Corentin Douguet (Nantes - Saint-Nazaire - E. Leclerc), 7 l’an
eles trois super favoris de cette 36 édition. passé, a bien envie de jouer les trouble-fête.
L’arrivée des poids lourds Franck Cammas et Thomas Coville sur le circuit des M34 Autre trublion possible, Elodie-Jane Mettraux et son bateau Ville de Genève - Carrefour
est un événement. « Cela va forcément donner un intérêt sportif supplémentaire à la Addictions. Jusque-là habitué à squatter le classement amateur (qu’il a d’ailleurs remporté
course, et donc un intérêt médiatique », imagine Daniel Souben, double vainqueur l’an passé), l’équipage suisse s’attaque cette fois au podium du classement général.
de l’épreuve en 2008 et 2009. Courir aux côtés de ces deux monstres de la course
au large donne quelques idées à Daniel Souben : « Tous les deux sont des références
Et les Autresdans leur domaine. Ils vont tirer le challenge vers le haut et c’est très bien ! Je suis très NESOYEZJAMAISPLUSSÉPARÉDUSPORT. Les équipages amateurs, s’ils ne peuvent prétendre raisonnablement à la victoire heureux de les avoir avec nous, et je leur souhaite la bienvenue ! »
au classement général, postulent pour des victoires d’étape. Le bateau belge de Voilà pour le discours amical. Mais sur l’eau, Daniel Souben n’a aucune envie de
l’incontournable Mady Fobert sera une fois encore de la partie, et ça fait vingt ans jouer le bon copain. « Je n’ai pas prévu de cadeau de bienvenue, non. On l’a vu sur
que ça dure ! Cette année, le bateau s’appellera Martinique – Be.Brussels. Il faudra les dernières courses, les écarts sont très minces entre nous, ça s’annonce chaud
aussi compter sur le Normandie, skippé comme l’an passé par le jeune espoir Baptiste sur le Tour. » Le skipper nordiste, qui a terminé deuxième lors des trois dernières
Choquenet. Pour être tout à fait complet, deux équipages étrangers composent éditions, espère bien enfin renouer avec la victoire. « Avec mon équipage, on arrive
aussi la liste des amateurs : les Suisses de Bienne Voile, des fidèles de l’épreuve ; et extrêmement bien préparé sur l’épreuve. On se connaît tous, on a les automatismes,
les Allemands d’« Iskareen » menés par Sönke Brunhs et sa compagne Christiane c’est un atout important. » Preuve que tout va bien pour Courrier-Dunkerque, le bateau
Dittmers. En revanche, Ile-de-France (skippé par Jimmy Pahun) et le Team 85 s’est imposé en M34 sur le Spi Ouest-France, début avril, devant… Franck Cammas
composé de jeunes et prometteurs Vendéens ont dû renoncer à leur participation, et Thomas Coville.
faute de budget.
Les Outsiders
Cammas, Coville et Souben n’auront que peu droit à l’erreur face aux outsiders le paRCou RS
pressés de contrarier le podium théorique. Même avec un équipage rajeuni, le
Revoilà Breskens ! bateau vainqueur de l’an passé, Toulon-Provence-Méditerranée Coych reste un sérieux
Trois pays (la France, la Hollande, l’Espagne) vont voir leurs côtes caressées cette prétendant. L’équipage sera mené par Jean-Baptiste Bernaz, le lasériste de l’équipe de LASEULECHAÎNE100%SPORT.100%GRATUITE.
L'Équipe21estdisponiblegratuitementsurlecanal21delaTNT.
AccessibleégalementsurlesbouquetsADSL,câbleetsatellite:Free,Bouygues,SFRetOrange:
canal21,Numéricable:canal155,Canalsat:canal145etFransat:canal21.
12
ëh
L’ÉQUIPE24/24-414804476 R.C.S.Nanterre-DDB
jaunemailloInterview
DONA BERTARELLI :
“C’est vous, le nouveau
skipper du gros bateau ?”
Propos recueillis par FRéDéRIc P ELATAN - Photo PAuc E (www.pauce.com)
Il est sans doute plus facile d’embrasser des projets quand on s’appelle Bertarelli et qu’on a hérité d’un empire.
Rien, pourtant, n’obligeait Ernesto, le grand frère, à tenter de rapporter la Coupe de l’America en Europe. Rien
n’obligeait non plus sa sœur, Dona, à racheter Banque-populaire V. Rien, sinon l’envie de nouveaux défis,
de grand large et de partage. Entretien avec une armatrice suisse prête à s’aventurer sur un bateau de 40 mètres.
Qu’est-ce qui vous a poussé à traverser nos montagnes sur un bateau qui est abouti. Il est extraordinaire, le travail qui a été fait par
communes pour aborder l’océan ? toute l’équipe de Banque Pop’ est formidable également.
Dona Bertarelli : Le fait que je vive en couple avec Yann (Guichard)
a évidemment contribué à mon envie de voir un peu plus loin que le lac Avec Yann, vous avez projeté de le modifier ?
Léman et les montagnes suisses. Je n’envisageais pas ça quand j’ai commencé D. B. : Pour le moment, on va l’apprivoiser en le prenant tel quel. Puis on va
le bateau. créer notre équipe, parce que je tiens à une cohésion de groupe, et je vais me
mettre à apprendre le large.
c ’est naturel de faire de la voile, chez les Bertarelli ?
D. B. : On a été élevés avec une éthique sportive et de vie saine, l’idée du Vers quels records allez-vous vous tourner ?
sport en plein air. Avant la voile, c’était la montagne. Je suis née à Rome et je D. B. : On va y aller par étape afin de voir ce qu’on peut faire. Dans cette
passais tous mes weekends au bord de la mer, avant qu’on déménage vers la année d’entraînement, si on est prêts, si les conditions se conjuguent, on ira
Suisse. Mon père nous a initiés à la voile, puis j’ai suivi les aventures de mon essayer le record de la Manche, ou le record des 24 heures, des records de
frère. Mais mon aventure en tant que compétitrice a commencé en 2007. J’ai courte durée. L’Atlantique, et les plus gros records, ça viendra par la suite.
commencé tout doucement, en assumant le fait que je n’y connaissais rien.
Avez-vous l’intention d’être à bord ?
S’éloigner des côtes est un nouveau monde pour vous… D. B. : Oui. Ce qui m’intéresse quand je crée un nouveau projet, c’est la mise
D. B. : Débuter l’aventure du offshore, c’est un tournant important pour moi, en place dudit projet. Ensuite, Je m’attache à ne pas en être spectatrice, j’ai
oui. Pas pour Yann, pour qui c’est la continuité d’un chemin. envie d’en faire partie. Il faut que j’aie un rôle et que je sois bonne, utile, dans
ce rôle. Il faut donc que je sache barrer ce bateau. Clairement, je n’ai jamais
Pourquoi avoir racheté Banque-Populaire V ? barré un bateau de 40 mètres à travers les océans. Il est hors de question
D. B. : Le fait que j’aie acheté que je sois juste une pièce rapportée
ce bateau vient de notre envie, : je veux conquérir le respect de
à Yann et moi, d’un projet en l’équipage.
commun qui nous permettrait de
LEs poupéEs, j E LEuR EnLEVAIs réunir nos expériences. Quand, Vous êtes-vous fixé des limites au
il y a un an et demi, Banque- regard de vos compétences ? LA têtE pou R jou ER Au foot
Populaire V a été mis en vente, D. B. : Je ne ferai pas d’offshore sur le
on a réfléchi. Yann a sa carrière, MOD 70, par exemple. Le bateau est, AVEC mon f RèRE
moi j’ai mon projet Ladycat dans d’une certaine manière, plus extrême
lequel Yann est venu intervenir, que le maxi de 40 mètres : il passe
mais on avait envie de plus. beaucoup moins bien la mer. Pour
lancer le projet Ladycat, par exemple, j’ai attendu qu’il y ait ce catamaran
c ommencer par le plus grand et plus puissant trimaran monotype qu’un équipage féminin était capable de gérer. Je ne suis pas casse-
offshore, c’est raisonnable ? cou, je sais jauger le risque et, quand j’en prends, ils sont calculés. Mais j’ai
D. B. : Au regard de nos disponibilités et, il faut le dire, de mes compétences, toujours vécu entourée d’hommes qui font du sport extrême. Ça ne m’effraie
ce choix s’est imposé. Une campagne de records est pratique : je peux choisir pas, au contraire, c’est excitant !
quand, comment, à quel rythme et quel record je veux ou peux faire. Les
calendriers obligés ne sont pas pour moi et, comme je n’ai jamais fait de Vous passez votre temps à vous fixer des défis ?
offshore, je dois y aller par étape. D. B. : Je ne supporte pas de stagner, j’ai toujours le sentiment que j’ai la
capacité de faire plus. J’aime aller dans des univers où je n’ai pas pris mes aises
c omment avez-vous organisé le team ? et où les gens ne m’attendent pas. Ladycat, dont l’équipage a d’abord été 100 %
D. B. : La structure a trois bateaux, dont Ladycat. Tous nos projets voile sont féminin, en fait partie.
dans la même écurie, Spindrift, avec une même équipe technique. Certains
navigants iront aussi sans doute d’un événement à l’autre. L’année 2013 va c e projet était porté par une revendication ?
être très chargée mais, en ce qui concerne le maxi-trimaran, ça sera une année D. B. : Il y a plein de filles au top dans leur univers et qui n’ont pas la possibilité
d’entraînement, de prise en main. On va quand même faire le Fastnet… de faire leurs preuves ailleurs. Alors elles sont cinq, six, sept fois championnes
du monde de match race, mais après ? Elles vont faire quoi ? Elles pourraient
Mais c’est costaud, le Fastnet ! continuer, ou reprendre de zéro, faire du multi, ou tout autre chose, mais les
D. B. : Oui, mais il faut bien se lancer des objectifs, hein ! On aura juste possibilités pour une femme de naviguer dans un circuit de très haut niveau
l’été pour s’entraîner. Le Fastnet servira aussi pour la prise en main et la mais extrêmement masculin, c’est rare ! Une excellente numéro un n’aura
construction de l’équipe. On part avec une nouvelle équipe navigante, mais jamais ce poste dans un équipage masculin. C’est la même chose pour une
>>>
14 15
‘‘
”Interview
tacticienne : les hommes ne la laisseraient jamais faire de la tactique, soit Le fait que vous vous lanciez tous les deux dans le offshore
parce qu’elle est légère, soit parce que... Tant que les femmes n’auront pas en même temps (Ernesto Bertarelli armerait un bateau pour
eu la possibilité d’être dans un circuit très élevé, ça n’avancera pas. Alors la Volvo Ocean Race), c’est un défi entre vous ?
j’ai pris les meilleures, j’ai formé un équipage et elles se sont battues à armes D. B. : Non, ce n’est pas un challenge, on s’est toujours soutenus dans nos
égales contre d’autres équipages d’hommes. objectifs. Quand on est rivaux sur l’eau, par exemple en D35, on ne se fait
aucune fleur. En revanche, une fois à terre, on se soutient. On est contents
Quels ont été les résultats ? l’un pour l’autre pour ce qu’il fait.
D. B. : Je pense que c’était concluant ! Toutes, parmi la trentaine qui est
venue naviguer avec nous, n’ont pas été retenues, mais certaines, comme Quel est le sens de la transmission, dans votre famille ?
Marie Riou, naviguent avec nous depuis six ans, en inshore ou en offshore. D. B. : Il y a des valeurs qui se transmettent de génération en génération
Pour certaines, ça a créé un débouché. Justine Métrot, par exemple, a trouvé dans la famille, et de femmes à femmes, dans une structure matriarcale.
un sponsor pour faire la mini-Transat. Ma grand-mère maternelle a été une des trois premières femmes à intégrer
l’université de Rome, dans un pays très machiste… J’ai une mère très forte,
Comment s’est passée votre accession au statut de élevée parmi des hommes. Les rares fois où j’ai reçu des poupées en cadeau,
skipper du D35 ? je leur enlevais la tête pour jouer au foot avec mon frère. Ma fille a un
D. B. : Quand j’ai pris la barre du bateau, j’ai embarqué un homme à bord. caractère hyper fort, elle est tout aussi garçon manqué que moi. Mais elle ne ce projet, je L e mène Les cinq filles avaient mûri, on était toutes presque au même niveau et elles s’intéresse pas du tout à la voile. Je pense que ça viendra sur le tard. La cause
étaient capables de gérer leur poste, sans qu’il y ait un chef, un ange gardien est sans doute l’appréhension ou l’envie de ne pas se mettre en compétition avec yann. je ne vais pas
ou un coach. Mais, parce que c’était moi le problème, j’avais besoin d’un truc avec sa mère, parce qu’on a une relation hyper forte.
m’inventer skipper d’un en plus pour pouvoir progresser et pour être en confiance à la barre de ce
bateau. Quand il se renverse, ce bateau, c’est un problème ; ce n’est pas un Et les hommes, dans tout ça ? Quelle est la place de votre bateau de 40 mètres
Nacra. Et puis il fallait que j’assume la responsabilité de la blessure… fils, par exemple ?
D. B. : Au début, mon fils aîné ne comprenait pas l’équation maman +
En embarquant dans les mois à venir au milieu d’un équipage bateau + flotteur hors de l’eau, parce qu’il trouvait que je me mettais en
masculin, vous allez provoquer un choc culturel ! Il n’a pas danger. Puis on est allé faire du Nacra ensemble, lui au trapèze et moi à la
dû y avoir tant de femmes embarquées depuis Sylvie Viant barre, ou l’inverse, et c’est venu. Maintenant, il est passionné, il est doué et
ou Florent Arthaud, depuis un port de Bretagne… a hâte d’avoir 16 ans, l’âge à partir duquel il pourra naviguer avec moi en
D. B. : Oui. Je comprends que cela puisse ne pas être compris, mais je n’ai D35. Je n’attends que ça ! Mais tout ceci est compliqué à gérer : je ne veux
jamais aimé être dans la norme. Il faut faire les choses par cœur, par envie, pas écraser mes enfants, je ne veux pas leur donner l’image d’une hyper
par passion et par détermination. Et pour de vrai. Ce n’est pas un coup de dominante. Mes enfants feront mieux que moi, je souhaite qu’ils fassent
cœur, ce n’est pas un coup de pub, ce n’est pas un caprice non plus. J’ai envie mieux que moi.
que ça se passe bien, pour l’équipe, pour moi, qu’on parvienne à battre des
records, qu’on fasse des choses. Commençons par le commencement et on Vous avez toujours cherché les sensations fortes : vous êtes
verra ce qu’on est capable de faire. motarde, vous avez fait du ski à bon niveau…
D. B. : Oui ! J’ai des motos depuis l’âge de 16 ans, contre l’avis de mon père,
Vous paraissez sur la défensive alors que, pourtant, vous mais je ne vais pas dans l’extrême, je n’ai jamais conduit de Ducati sur les
donnez une nouvelle vie à un bateau déjà légendaire… routes. C’est une dangerosité qui ne m’intéresse pas. En revanche, traverser DONA BERTARELLI
D. B. : Le jour où on a mis le bateau les USA à moto, je
hors d’eau, il était cinq heures du l’ai fait. J’ai fait du ski
Ses dades clésmatin, l’équipe gérait ça comme des extrême avec mon ami
• Née en 1968 à Rome horlogers et, moi, j’étais là, toute petite, Dominique Paret, un
L’engagement des coureurs dans mes bottes. Un grand bonhomme peu de slalom aussi, • Italienne naturalisée Suisse
m’a regardé et dit : « C’est vous, le pour moi, pour me dire • Présidente de la Fondation Bertarelli au L arge est admirab Le
nouveau skipper du bateau ? » J’étais que j’avais réussi à le • Voile : skipper de Ladycat (D35)
toute petite à côté de ce monsieur, faire ; j’ai été coachée
et du maxi-trimaran Spindrift 2
toute petite à côté de ce bateau de par Michael Von
• Vainqueur du Bol d’Or 2010quarante mètres dont on ne distinguait Gruningen, champion
pas la pointe du mât dans la nuit et, d’une toute petite voix, j’ai dit « oui » (elle du monde et médaillé olympique pour la Suisse... Puis, une fois que j’ai été
en rit). Mais la réalité, c’est que le projet, je le mène avec Yann. Sur le Fastnet, satisfaite de mon niveau, j’ai arrêté.
nous serons co-skippers. Je ne vais pas m’inventer skipper d’un bateau de
40 mètres, avec 14 bonshommes à qui je vais donner des ordres, en mode « Qu’attendez-vous de vous-même dans le projet actuel ?
Je sais tout, j’ai tout vu » ! D. B. : Ce que je veux pouvoir me dire, c’est que j’ai réussi à gérer, barrer,
dompter ce géant des mers. C’est ça qui m’intéresse.
SPINDRIFT 2Savez-vous les conditions que vous pouvez rencontrer,
en mer ? Avez-vous envisagé l’échec ? Ex Banque-Populaire V
D. B. : Intellectuellement, je sais. Mais est-ce qu’on peut vraiment s’y D. B. : Oui. Si on ne l’envisage pas, on ne peut pas se rendre compte de ce
préparer sans l’avoir vécu ? Je n’ai pas peur de souffrir, je n’ai pas peur de qu’il faut faire pour réussir. C’est dans la succession des petits échecs qu’on
Maxi Spindrift 2
l’environnement dans lequel je vais être. On me parle d’appréhension ? Je arrive à comprendre et à maîtriser ce qu’on a envie de faire.
Longueur de la coque centrale : 40 mètresréponds cohésion d’équipe. Il ne faut pas se leurrer, il y a des conditions de
Longueur des fotteurs : 37 mètresvent dans lesquelles je n’aurai pas les compétences pour mener ce bateau. Quelle vision aviez-vous des marins du large, avant de
Largeur : 23 mètresDu moins pas tout de suite. Je suis impliquée dans le choix des équipiers, rencontrer Yann ?
parce que je dois me sentir en confiance avec eux. Le CV maritime compte, D. B. : Pour moi, c’était des fous, qui n’avaient pas le sens du danger. Des Déplacement : 23 tonnes
certes, mais j’ai besoin de savoir ce que le marin vit, comment il le vit, s’il casse-cou. Je les comprends mieux maintenant que je les fréquente. La prise Tirant d’eau : 5,80 mètres
est marié, s’il a des enfants… Il y a des choses de la vie sur lesquelles on doit de risques est réelle, mais ils l’abordent de manière hyper professionnelle.
Tirant d’air : 47 mètres
être d’accord, comme l’hygiène… Et puis, j’ai envie de savoir quel humain Rien n’est laissé au hasard parce que rien ne peut être laissé au hasard. Le
80 tonnes de pression au pied du mâtva ressortir quand on sera dans des conditions difficiles. Le milieu est petit, milieu est hyper pointu, les hommes sont hyper pointus. Et on est loin des
Foils courbes : 300 kilosYann connaît tout le monde, mais personne ne me connaît. aventuriers d’avant, tels que je les imaginais.
2Grand voile : 450 m
2Avez-vous été proche de votre frère, Ernesto, dans ses Ces gens vous épatent ? Gennaker : 610 m
projets de Coupe de l’America ? D. B. : Un jour (en 2006-2007) Alain Gautier m’a emmenée naviguer sur 2Solent : 270 m
D. B. : Rapporter la Cup dans un petit pays qui n’a pas la mer, en Europe son Orma, à Valence. J’avais pris la barre sur une mer plate, à vent constant.
surtout, où on ne l’avait plus revue depuis 152 ans. J’ai été très proche de tout Et j’ai appelé Karine Fauconnier, que je venais de rencontrer, pour lui dire :
ça, c’était tellement intense, il y a eu tellement d’investissement… J’ai accouché « Toi, toute seule sur ce bateau ? Mais tu es malade ! » Pour moi, c’était des
de ma fille à Auckland entre la Louis-Vuitton Cup et la Coupe de l’America surhommes et des surfemmes, des gens avec des capacités différentes de ces
(en 2003), c’est vous dire ! J’étais sur le tender, enceinte jusque là, j’ai accouché marins que je côtoyais et qui rentrent le soir chez eux, qui boivent un verre
et, deux jours après, j’étais à nouveau sur le bateau pour le début de la Cup. Si de vin, tranquilles… Maintenant que je me frotte à leur réalité, je comprends
mon frère n’avait pas été le premier à lancer un projet d’une telle importance, tout le travail qu’il y a derrière. Leur engagement est admirable.
est-ce que je me serais lancée à mon tour ? Je ne sais pas. L’approche aurait
peut-être été différente. Peut-être aurais-je mis plus de temps.
16 17
‘‘

‘‘
”Oman Sail
Chaussures et vêtements
Sponsor de Michel Desjoyeaux
l’esprit d’origine
oman, la oile et le
r ien ne prédestinait de jeunes o manaises à se tourner vers la voile. et pourtant,
o man Sail, créé en 2008, a donné un nouveau tournant à la vie d’une vingtaine de jeunes femmes,
qui se sont tournées récemment vers la compétition.
Texte de Servane Dorléan S
lles s’appellent Raya, Tahira ou Intisar et elles ont participé à l’EFG elles sont en mer. Difficile en effet de respecter le rythme des prières en pleine
Bank Sailing Arabia – The Tour (SAAT), une compétition de voile à compétition. « Elles ne prient pas en mer car il faut être pure pour prier », précise e bord de Farr 30 en février dernier aux côtés d’équipages masculins. Pour Dee Caffari. Malgré ces différences culturelles et religieuses, la voile a été bien
cs jeunes femmes inscrites au « Women’s Sailing Programme » d’Oman Sail, acceptée par les familles des filles, qui les soutiennent dans leur aventure. « Dee
qui vise notamment à développer la pratique de la voile chez les femmes, à est très patiente et pédagogue. Elle se met à leur niveau, leur parle de fitness, de
contribuer à l’émancipation de la gente féminine et à renforcer les futures nutrition », précise Salma Al-Hasmi. Une pédagogie nécessaire pour permettre
chances de médailles du pays aux Jeux olympiques, la compétition ne faisait aux filles de progresser. « J’ai moi-même été professeur pendant cinq ans avant
pas partie de leurs rêves d’enfant. Loin de là. Il y a deux ans, ces Omanaises de devenir marin. J’ai commencé la voile sur le tard, donc je sais ce que sais »,
qui ont fait des études supérieures n’avaient jamais mis le pied sur un bateau. rappelle Dee Caffari. Mais, si les jeunes Omanaises progressent et sont fières de
« Nous avons cherché à rendre l’environnement favorable à la pratique de la représenter leur pays, il faudra plusieurs générations, deux ou trois, avant de voir
voile au féminin en tenant compte de la culture », explique Salma Al-Hashmi, des compétitrices capables de rivaliser sur le plan international, le temps que la
directrice du marketing d’Oman Sail. C’est dans ce sens qu’Oman Sail a formé voile au féminin rentre réellement dans les mœurs. D’ici là, Oman Sail espère
des instructrices pour assurer l’initiation de ces jeunes filles. « C’est difficile qu’elles inspireront une nouvelle génération de navigatrices, qui pourraient bien
de motiver les filles. Elles s’ennuient rapidement, avance de son côté Marina représenter Oman aux Jeux olympiques en 2020.
Psichoghou, responsable du programme « jeune ». Nous avons mise en place des
cours uniquement pour les filles, donnés par des femmes. » Dee Caffari, qui a Un pe dn ce n
skippé pour la deuxième année consécutive le bateau 100% féminin sur le SATT, Au menu cette année, de nombreux entraînements entre mars et juillet à bord
où les bateaux font escale dans plusieurs pays du Golfe Arabo-Persique, est l’une d’un J80 et plusieurs compétitions, dont le Spi Ouest-France Intermarché, le Grand
des coachs des jeunes femmes. Si elle endosse le rôle de skipper lors des courses, Prix Guyader, le Grand Prix de l’Ecole Navale et la Normandy Sailing week.
la Britannique est également l’entraîneur, le professeur, la « mère » et le chaperon L’occasion pour les filles de voyager, et de se mesurer à l’élite de la régate française
des filles. « Il faut veiller sur elles en permanence, avance-t-elle. J’ai vécu une et internationale. « Les filles progressent bien. L’an dernier, sur le SATT, il n’y avait
expérience incroyable quand j’ai commencé en décembre 2011. J’ai découvert que deux Omanaises dans l’équipage, cette année, il y en avait quatre, poursuit
leurs traditions, on a appris à se connaître. La plupart des filles portent le voile Salma Al-Hashmi. On peut voir leur détermination. On espère qu’elles inspireront
sur le bateau. Ce n’était pas évident pour wincher. Il a fallu changer certaines d’autres filles, à Oman et dans les autres pays du Golfe et qu’un jour, on aura
pratiques et apporter des modifications à leurs tenues. » un équipage féminin 100 % omanais. Cela serait une belle réussite. Le Sultanat
d’Oman pousse les femmes dans tous les domaines. » Malgré tout, il existe une
Une clé : s’adapter réelle différence de niveau avec les pays qui forment depuis des générations les
Ainsi, Marine Pool, partenaire d’Oman Sail a créé des hauts à capuche spéciaux navigateurs dès leur plus jeune âge. Clin d’œil : le sultanat d’Oman est précurseur
pour elles, afin que le port du voile ne vienne pas entraver le bon déroulement au niveau de l’égalité hommes-femmes. C’est le premier pays du Golfe à avoir
des manœuvres. Les filles doivent également adapter leur mode de vie quand nommé des femmes au sein de son gouvernement.
18
grvéghroaivtraogiavmma
Journal du natusime.indd 1 06/06/13 10:37
Mark Lloyd
Photo: Franck Socha
www.tbs.fr
oile

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.