Journal du Rugby - Février 2014

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5 février 2014 > GRATUIT PASCAL PAPÉ AU FEU ! SPÉCIAL TOURNOI DES 6 NATIONS Fofana ou Fickou ? Les crunches de Szarzewski Six stars devant la Police du style Supplément gratuit à L’équipe n°21748, du vendredi 31 janvier 2014. #.8 3SJCV? ? DUPPL DPN CNXTQPSUVHCSZWXXXU CNXW GSEF '-F FQMBJTJS3 BUJPOT FTEF SDPOEVJSF FO VO 1FW'S*)BBSJT U 1BSJT 4U BJSVS DPOTVMU5DF -"UJUSFDRVFG&BOUBOUJO 1 DPOTJTUL & Q6U3D4 BV 4U%BODF QMBDF UJDF QMBDF $POT?HPSJF QSST EF KVTSBJOH IVJTTJFS 3PVSUS$VS&55 DPNQMFi ,.41 & - 'FNBJTYQFUS?HMFNFOUF BES5BUVJU ?FF QFO MB EFNBOEF QBSUFTTFF HBJO BUUBTIBRVF HBHOBOU1UBBDFD7*1 E?QPT? ? M s?UVEF EF %BSSJDBV 1BMBCMF QPVSTF?HMFNFOU BTTJTFFS BV NBU I 'FBVY 3BODF *SMBOEF MF NBST PO 1VUBEF VUS ?BODF *SMBOEF RVBJ EF %JPO #P DBUFFTDBUJPO EJOF1 FS TIVUUMF BMMF 'SFUV #.8 1 BEF EF 'BT 4QPSUT & m +FBODF E sVOF $POTPNNBUJPOT EF MB /PVWBMFFMMF #.8 VOJU F EF ? 9 TFMPO NPU$ PSJTBUJPOT FO DZ?HMFNFOUDMUF NJYUBCMF TVSF BDFC ? M LN F $0SJFO F S EFT PQ?S ? H LN U FTT? ? 5JSF HSBHF BV TPSU QFPVUSNFSTPOOF RVJ FO UUBJUBOU DPVSSJF EF E?TJHOF ? M sBESSF TVJW HBHOBOUT -F STPOOFT QPVS BMW Rugby 520x360 JournalRugby 01-14.indd 1-2 22/01/14 16:34 SF DJFM 0G?? BSU FOBJS BW BV NBU DI ' SBODF m *SMBOEF DL 7 *1 QPVS BT JTU [ EF HBHOFS VO 6 97 % & ' "/ &3 4 % & 1 "3 (&3 - 4 7 "- édito Où sont passés les tuyaux ? Eh, les Bleus, c’est l’heure, là. Debout, hop, hop, hop !
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5 février 2014 > GRATUIT
PASCAL PAPÉ
AU FEU !
SPÉCIAL TOURNOI DES 6 NATIONS
Fofana ou Fickou ?
Les crunches de Szarzewski
Six stars devant la Police du style
Supplément gratuit à L’équipe n°21748, du vendredi 31 janvier 2014.#.83SJCV??DUPPLDPNCNXTQPSUVHCSZWXXXUCNXWGSEF'-FFQMBJTJS3BUJPOTFTEFSDPOEVJSFFOVO1FW'S*)BBSJTU1BSJT4UBJSVSDPOTVMU5DF-"UJUSFDRVFG&BOUBOUJO1DPOTJTUL&Q6U3D4BV4U%BODFQMBDFUJDFQMBDF$POT?HPSJFQSSTEFKVTSBJOHIVJTTJFS3PVSUS$VS&55DPNQMFi,.41&-'FNBJTYQFUS?HMFNFOUFBES5BUVJU?FFQFOMBEFNBOEFQBSUFTTFFHBJOBUUBTIBRVFHBHOBOU1UBBDFD7*1E?QPT??Ms?UVEFEF%BSSJDBV1BMBCMFQPVSTF?HMFNFOUBTTJTFFSBVNBUI'FBVY3BODF*SMBOEFMFNBSTPO1VUBEFVUS?BODF*SMBOEFRVBJEF%JPO#PDBUFFTDBUJPOEJOF1FSTIVUUMFBMMF'SFUV#.81BEFEF'BT4QPSUT&m+FBODFEsVOF$POTPNNBUJPOTEFMB/PVWBMFFMMF#.8VOJUFEF?9TFMPONPU$PSJTBUJPOTFODZ?HMFNFOUDMUFNJYUBCMFTVSFBDFC?MLNF$0SJFOFSEFTPQ?S?HLNUFTT??5JSFHSBHFBVTPSUQFPVUSNFSTPOOFRVJFOUUBJUBOUDPVSSJFEFE?TJHOF?MsBESSFTVJWHBHOBOUT-FSTPOOFTQPVS
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Où sont passés les tuyaux ?
Eh, les Bleus, c’est l’heure, là. Debout, hop, hop, hop ! Vos supporters ont passé
l’année 2013 dans la nuit, on entend la sirène, l’appel au feu à tous les pompiers et
tout Millau qui se réveille voit brûler l’usine à gagner tout ça, tout ça. Nous - toi, plus
moi, plus eux, plus tous ceux qui le veulent - ne sommes plus qu’à dix-huit mois de la
Coupe-du-monde-qu’on-doit-gagner-parce-que-c’est-notre-tour-à-la-fin-ça-va-bien et à
deux mois du décès par ridicule. Deux victoires l’an dernier, contre l’Écosse et les Îles
Tonga, c’est bien sérieux ? Filez et retrouvez-nous fissa les tuyaux et la grande échelle,
vous savez et pouvez le faire !
On veut croire que l’histoire se répète plus qu’elle ne bafouille. À compulser les
archives des Tournois, à 5 puis 6 nations, il apparaît qu’une seule fois, les Bleus ont
fait le grand écart d’une saison à l’autre – dans le bon sens. En 1980, au bout du bout
du Tournoi, les Bleus évitent la cuillère de bois en battant l’Irlande 19-18 au Parc
des Princes grâce à deux essais de Jeff Gourdon et au chausson d’Aguirre. L’année
d’après, c’était le Grand Chelem de Jean-Pierre Rives arraché aux Anglais (12-16)
dans les frimas de Twickenham.
À condition de considérer que l’Italie était encore en apprentissage à cette époque-là
et que la dernière place ne pouvait leur échapper, les Bleus ont réalisé cette bascule
plus récemment. 2001, annus horribilis : une chiche victoire contre l’Écosse (16-6), une
À la Pascal Papé par Mamedy Doucara autre en Italie (16-30) mais, surtout, une fessée déculottée chez les futurs champions une
pour PresseSports du monde (48-19). L’année suivante, les Bleus de Fabien Galthié signaient le Grand
Chelem. L’heure est venue, pour Papé et les siens, d’embrasser le dicton qui veut
qu’après la pluie vient le beau temps… de jeu. Rien ne serait meilleur qu’une victoire
face à l’Angleterre pour lancer la conquête de la Coupe du monde 2015. En plus, ça
ferait plaisir à tout le monde.
Bon Tournoi !
La rédaction
Diffusion : Conception et Rédacteur en chef :
Supplément gratuit à L’Équipe N°21748 direction artistique :Frédéric Pelatan - Tél. : 01 40 93 25 32
du vendredi 31 janvier 2014. Franck@Valadier.fr
Ne peut être vendu séparément. Rédaction :
Impression :Servane Dorléans, Julie Lévy-Marchal, Maxime
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Texte de Maxi Me Raulin - Photo Lionel Bonaventure/AFP
FoF ana / Fickou,
duo ou duel ?
l’équipe de France a fait le plein des trois-quarts centres et l’embarras lié à l’absence de Florian Fritz
laisse place à un autre : celui du choix. Face aux anglais, l’impact de Mathieu Bastareaud paraît
indispensable. Wesley Fofana l’est également, mais Gaël Fickou, étincelant, pourrait bien profiter du
Tournoi pour redistribuer les cartes. Que faire, alors, de tous ces joyaux ?
ès les premières heures de l’ère Saint-André, Florian Fritz est devenu « Fickou es T plus c RéaTiF »
quasiment indéboulonnable au poste de second centre. Quinze sélections, Place donc à l’expérience pour pallier l’absence de Florian Fritz. Mais à terme, d treize titularisations, le Toulousain est l’un des hommes de base du quand le Toulousain aura retrouvé sa place de second centre, Gaël Fickou pourra-t-il
sélectionneur. À ses côtés, Wesley Fofana semble enfin s’être imposé après un exil à bousculer la hiérarchie ? Thomas Lombard répond par l’affirmative. Il s’explique :
l’aile. Le Clermontois a été associé à six reprises à Fritz en 2013. Ancien international « Aujourd’hui, la donne a changé. On est dans l’adaptation à un style de jeu. Si on
(12 sélections, dont la moitié à ce poste), Thomas Lombard tarde à trancher à moyen veut un premier centre franchisseur, qui crée des points d’appui dans la défense
terme : « Fritz et Fofana sont tous deux incontournables, mais Gaël Fickou pourrait adverse, il faut mettre Fofana. Si on veut un premier centre distributeur, dans ce
bousculer la hiérarchie. » Après une première saison pleine au Stade Toulousain, ce cas, Fickou sera plus à l’aise. Les deux ont des qualités individuelles hors norme :
dernier, jeune (19 ans), a connu sa première titularisation à l’automne face aux Îles vitesse, puissance, explosivité. Fickou est plus créatif. C’est la seule différence. Voilà
Tonga après avoir été retardé par des blessures. Cette fois, le Toulousain est en pleine pourquoi on ne peut pas faire abstraction de Fickou. » Gaël Fickou pourrait profiter
possession de ses moyens, à l’inverse de son coéquipier Florian Fritz qui va manquer de ses automatismes avec son partenaire de club Florian Fritz. « Ça ne fait plus la
l’intégralité du Tournoi après un accident de scooter (fractures du bras et d’un doigt, différence, objecte Lombard. En club, les postes sont doublés, voir triplés. Les deux
luxation d’une épaule). Alors Fickou ? Fofana ? Ou les deux ? Quelle est la meilleure ne jouent pas forcément ensemble, car le choix se fait en fonction de l’adversaire.
stratégie face aux Anglais pour l’ouverture du Tournoi, le 1er février au Stade de C’est pareil en équipe de France. Il faut avoir des possibilités de construction de jeu
France ? « Je ne vois pas comment enlever Fofana, poursuit Thomas Lombard, les plus vastes possible. » Reste la dernière option : associer les talents de Fofana
désormais consultant sur Canal +. Je pense que c’est aussi le moment d’essayer Gaël et Fickou. « Si tu affrontes l’Afrique du Sud, non. Mais s’il n’y a pas de dimension
Fickou, mais pas face à l’Angleterre pour débuter le Tournoi, même si le dynamisme physique en jeu, tu mets les deux sans réfléchir !, analyse l’ancien centre. Au poste
d’une paire Bastareaud-Fickou peut être intéressante. Pour cela, il faudrait trouver de premier ou de second centre, ils ont cette qualité d’appui et le talent pour faire la
rapidement le moyen de les rendre complémentaires. Face à la meilleure équipe du différence. En leur donnant des rôles et des tâches précises, on peut avoir un duo
Tournoi, et sous la pression du résultat après une année 2013 difficile, ce n’est pas performant. Ils ont cette possibilité d’alternance, car ils sont très proches et différents
évident de se lancer dans un dispositif qu’on ne maîtrise pas. Il y aurait une grosse à la fois. Mais, surtout, ils savent tout faire. Par exemple, s’il faut franchir, on utilise
prise de risque. Il faudra plutôt d’abord se rassurer sur des choses simples avec un Fofana et, s’il faut distribuer, on opte pour Fickou. Et vice versa. La lecture du jeu
premier centre qui franchit très vite pour créer un point d’ancrage. Les Anglais sont sera compliquée pour la défense adverse, elle ne saura pas ce qu’il va se passer.
très en place défensivement, il faudra les mettre sous pression et multiplier les temps Ça crée l’incertitude. » Et l’incertitude demeure sur le choix. Fickou, Fofana ou les
de jeu. Pour ce travail, la paire Fofana-Bastareaud est plus cohérente. » deux ? Saint-André devra trancher. Ou essayer.
6Interview
pascal papé
on a suFFisamment ramassé
en 2013, sur le terrain et
utour, pour ne as oir
envie de revivre ça
Une crainte tenace : celle de ne pas être capable d’extirper l’équipe de France de l’affreuse spirale dans
laquelle elle a été aspirée l’an dernier. Une mission essentielle : aider la jeune garde à lâcher les chevaux-
vapeur. Une idée fixe : battre les Anglais ce 1er février en ouverture du Tournoi des 6 Nations pour remettre
du bleu dans le ciel français et préparer au mieux ces 18 mois qui vont mener à la Coupe du monde 2015.
Capitaine en l’absence de Thierry Dusautoir, Pascal Papé compte balayer le doute par l’envie, l’agressivité
et l’orgueil. Ce n’est pas l’heure des artistes, les coups de pinceaux attendront.
Propos recueillis par FRédéRic pelaTan – Photos PresseSports / AFP
8 9avapInterview
Comment jugez-vous la tournée d’automne ?
P. P. : On n’était pas si loin de la victoire lors de la tournée de novembre, mais on
n’était pas tout près non plus. On a progressé de match en match et il nous reste
une marche à gravir face à une des quatre ou cinq meilleures équipes du monde.
Il faut qu’on arrive tous à se lâcher, c’est ce qui nous manque ces derniers temps.
On se met trop de pression alors qu’avec beaucoup de plaisir et de choses simples,
on pourrait faire beaucoup mieux. On fait de bonnes choses. Défensivement, on a
fait de gros progrès mais, maintenant, offensivement, il faut qu’on se lâche. On fait
bien le plus dur et mal le plus facile. C’est fou, le nombre d’occasions immanquables
qu’on a loupées l’an dernier… Faire de belles choses face aux Blacks, c’est bien,
mais si c’est pour perdre… Il ne faut pas se cacher derrière le fait qu’on a joué
les meilleurs : c’est face à eux qu’on doit s’évaluer. Et on n’est pas invité, pour le
moment.
Qu’est-ce qu’il y a comme jeunes joueurs autour de vous !
P. P. : (il rit) Tant qu’il y aura Nicolas Mas, ça va, je ne serai pas le plus vieux ! En
fait, ça fait plaisir de voir tous ces jeunes, cela signifie qu’une nouvelle génération
arrive à maturité. Quand tu regardes ça avec le recul, c’est assez marrant : quand
j’ai attaqué (sa carrière internationale, ndlr), il y avait Pelous, Magne, Crenca, Ibanez et
consorts et, là, c’est moi qui suis un des plus vieux. Ça va super vite, une carrière,
ça va tellement vite… On ne voit pas le temps passer et c’est pour ça que j’ai raison
quand je dis aux jeunes de profiter du moindre match disputé sous le maillot
tricolore, parce que c’est peut-être la dernière fois que ça leur arrive. Il faut tout
donner, pour le maillot, et ne jamais sortir d’un match en ayant des regrets.
à titre personnel, vous bouclez la boucle, puisque vous vous étiez
blessé contre l’Italie en 2013…
P. P. : Avec Thierry, on est dans un chassé-croisé. à chaque fois, on prend le
relais l’un de l’autre. Ce qu’il vit là, c’est ce que j’ai vécu l’an dernier. C’est la plus
grosse frustration pour un joueur de rugby. Mais c’était différent : on sortait d’une
saison 2012 réussie. Je pense aussi à Sofiane (Guitoune) qui s’est blessé juste avant Que les jeunes se le Tournoi.
libèrent ! C’est à eux de En l’absence de Thierry Dusautoir, vous avez finalement peu de
relais d’anciens… tailler leur C ostume
P. P. : J’ai des joueurs d’expérience sur qui m’appuyer : Dimitri (Szarzewski),
Nicolas Mas, Benjamin Kayser qui a aussi une certaine expérience. On est quelques
uns à avoir connu la génération d’avant, mais c’est sûr que l’absence de Thierry
laisse un vide en termes d’expérience. J’ai juste plus de responsabilités, parce que je
récupère le brassard de capitaine.
Vous n’avez pas l’habitude de préparer vos discours mais, en
Canet-en-Roussillon, le 22 janvier dernier. Lionel Rossigneux, l’attaché de presse Le discours s’est durci ? cette période cruciale, vous savez comment vous allez orienter
de l’équipe de France a décidé d’ouvrir les baies vitrées de la salle de réception P. P. : Il ne s’est pas durci et n’a pas changé. Les échéances qui arrivent, on est les vos mots ?
où ont lieu les interviews, parce qu’il a trop chaud. Vrai, le soleil cogne, mais ça premiers à vouloir les gagner. On ne va pas refaire une saison à deux victoires, si on P. P. : Sur ce temps qui passe, justement. Il faut leur faire comprendre que c’est
réchauffe les carcasses. Et les cœurs, aussi. Les bleus apprécient cette escapade loin veut préparer la Coupe du monde avec un peu de confiance. Il faut gagner. Est–ce une chance de pouvoir porter le maillot de l’équipe de France. Et c’est à eux de
du Centre national du rugby de Marcoussis, alias Marcatraz. « Marcoussis, c’est qu’on arrive à avancer ou est-ce qu’on a un problème dans la tronche ? Le stage tailler leur costume. Disputer un Tournoi, c’est une chance et il faut que les jeunes
très bien, mais il n’y a pas grand-chose à y faire après l’entraînement et, la mer, vient de commencer, mais je sens qu’il se passe quelque chose. Tout le monde est très saisissent cette opportunité. Il ne faut pas hésiter, il ne faut pas être discret, pour
c’est bon pour la fraîcheur mentale », sourit Pascal Papé. Le deuxième ligne n’a pas concerné et met le disque dur en mode équipe de France. jouer libéré. En tout cas, le soir, on va bien s’amuser. Il y a plein de nouveaux,
eu le temps de passer à la douche. En short, les genoux verdis par les galipettes du plein de jeunes à mettre à l’aise, c’est le rôle des anciens aussi d’intégrer les plus
matin, il apprécie la relativement faible densité de journalistes au mètre carré. Les Les hauts et les bas jonchent l’histoire de l’équipe de France… jeunes. Qu’ils trouvent une place. Les trente sont importants pour l’équipe. Ça va
télés en arc de cercle autour de la table et du mur à sponsors, les scribes en paquets P. P. : On n’échappe pas à la règle et, pourtant, on était prévenu. C’est notre étiquette passer par pas mal de choses entre nous. Et puis la concurrence, l’émulation, sont
épars, les radios sur la terrasse, au soleil et dans le vent catalan. Vivement les de Latins, ça. à chaque fois, on tombe dans le piège. importants.
radios. En attendant, le capitaine s’installe sur un canapé, pas loin de Doussain
et ses points de suture sur l’arcade sourcilière droite, en face de Plisson et sa gueule Comment remonte-t-on la pente ? Vous avez la charge de vous occuper de l’intégration des jeunes,
d’ange, pour remplir son devoir de capitaine et masquer, tant bien que mal, cette P. P. : Il faudra pas mal d’orgueil pour faire un grand Tournoi. Je ne vais pas vous et ça paraît très naturel, pour vous…
peur qu’il a de voir ces joueurs de l’équipe de France pas tout à fait à la hauteur de laisser imaginer des choses, mais mettez-vous à notre place : on a suffisamment P. P. : Je n’ai pas l’impression de me forcer, je ne prépare rien avant. Il faut que ça
leurs prédécesseurs. ramassé en 2013, sur le terrain et autour de nous, pour ne pas avoir envie de revivre soit fait dans l’instant, sinon c’est pas marrant. Maintenant que ça se sait, chaque
ça. On veut redonner une bonne image de l’équipe de France et, cette bonne image, nouveau a un peu la trouille de passer devant tout le monde mais, une fois c’est fait,
L’équipe de France sort d’une saison 2013 plutôt apocalyptique, elle est dans la victoire. Pardon de ne pas être très original, mais on est complètement il a sa place entière parmi nous.
avec seulement deux victoires au compteur. Sentez-vous Philippe obnubilé par l’obligation de gagner.
Saint-André sous pression ? Racontez-nous ce qu’il se passe !
Pascal Papé : « Pour lui et pour nous, ce match est important : nous, les joueurs, Humainement, l’année 2013 a été brutale ? P. P. : Ça date de la tournée en Argentine en 2012 au cours de laquelle beaucoup
avons participé très largement aux échecs de la saison 2013. On a l’habitude de P. P. : C’est compliqué, oui. Quand tu joues en bleu et que tu ne gagnes que de jeunes avaient rejoint les Bleus et on en avait eu une idée avec Dimitri. On s’était
taper sur le staff, mais les joueurs sont les premiers responsables. Prenons nos deux matches dans la saison, cela peut signifier que tu fais partie de la mauvaise dit, entre vieux, qu’on allait se marrer un peu. Les jeunes ont l’obligation de se
responsabilités ! On sort d’une des pires saisons de l’histoire du rugby français. génération. Donc ça blesse. Ça arrive, c’est comme ça mais, pour toutes les équipes mettre un peu à nu devant le groupe. Je ne peux pas tout dévoiler mais, le principe,
Faisons preuve d’orgueil et faisons de 2014 une grande année. Mais bien sûr, on de France qui se sont succédé, il y a eu de mauvais passages. Toutes ont réussi à s’en c’est de se désinhiber devant les partenaires qu’on ne connaît pas forcément bien
ressent de la pression, le staff la ressent aussi. sortir. Ça doit être encore le cas sur ce Tournoi, on n’a pas le choix. pour, ensuite, se lâcher sur le terrain et à l’entraînement. L’idée, c’est de faire sauter PASCAL PAPé le verrou de la timidité. Et le stage s’était hyper bien passé.
Né le 5 octobre 1980 à Lyon. Justement, commencer par l’Angleterre…
P. P. : C’est salutaire pour le groupe, mais ce match est crucial. C’est même, sans Il est perceptible, ce verrou ? Deuxième ligne du Stade français.
doute, le plus important avant le coup d’envoi de la Coupe du monde 2015. Ce P. P. : Il y a un fond de trouille, oui, avec beaucoup de pression, d’émotion. Alors, 49 matches en équipe de France depuis 2004, 8 fois capitaine,
match va conditionner toute la saison. Soit on gagne et on entre dans une spirale Ce mat Ch est sans doute ces cinq minutes passées à faire des bêtises devant le groupe, ça fait du bien. On 15 points (3 essais).
positive, celle de la victoire, soit on perd et, du coup, on devra attendre pour sortir de réalise alors qu’on est l’égal des autres. Et ça a plutôt bien marché avec Machenaud,
Grand Chelem : 2004, 2010. le plus important avant celle de l’échec. Peu importe qui est en face, il faut gagner, gagner, gagner. De toute Fofana et les autres, alors la tradition s’installe.
Victoires dans le Tournoi : 2006, 2007. façon, qu’il s’agisse de l’Angleterre ou d’une autre équipe, ça ne change plus grand-le C oup d’envoi de la
chose : plus ça va, plus les équipes du Tournoi sont homogènes en termes de qualité Finaliste de la Coupe du monde 2011.Comment leur expliquer en quelques mots ce que représente le
Coupe du monde 2015 de jeu. On a cette obligation de gagner pour pouvoir travailler dans la sérénité, et fait de porter le maillot de l’équipe de France ?
plus dans l’urgence. P. P. : C’est tellement énorme qu’il n’y a pas trop de définition. C’est la concrétisation
dans le réel du rêve de tout petit rugbyman. C’est un moment de vie à part.
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stgideTop 50
Texte de KRySTEL Ro CHE - Photo Franck Fife/AFP
HAbEmuS
PP
Pascal Papé célèbrera sa 50e sélection face aux Anglais, le 1er février. Avec, donc, le brassard
de capitaine. Papé, ce sont les autres qui en parlent le mieux.
’art d’être père n’est pas lié au nombre des années. En sport, tout du moins. coéquipier, Julien Bonnaire, qui l’a vu grandir dans les rangs du CSBJ et de l’équipe
Chez certains, assumer les responsabilités et même les revendiquer, c’est inné. de France. Mais c’est dans la difficulté qu’il s’est construit, qu’on a vu son caractère. » L Leur tête a toujours dépassé du groupe. Pascal Papé est de ceux-là. Et pas Même son de cloche chez Michel Couturas : « Pascal ne cherche pas la gloire. Avec
seulement parce qu’il a, très tôt, eu du mal à se glisser sous la toise. La grandeur lui, pas de “m’as-tu-vu” ! C’est un modèle de constance, exemplaire. Et les jeunes se
d’âme, l’art de manager et d’incarner le possible ne se mesure pas plus en centimètres. greffent sur l’exemple, pas sur le discours. »
à son époque, Jacques Fouroux aurait pu le confirmer. Très tôt, Michel Couturas
(entraîneur berjallien de l’époque) a compris que Pascal Papé, dans un registre Certains maux bleus ont pourtant laissé plus de traces que d’autres. Sa non sélection
différent, serait de cette trempe-là. De ceux avec qui on va la guerre avec la volonté pour la Coupe du monde 2007 l’a marqué au fer rouge. Bernard Laporte lui a préféré
et l’espoir comme armes principales : « Dès ses débuts, on sentait qu’il faisait partie Sébastien Chabal. Un mystère, puis la colère. Avant de voir le monde s’ouvrir enfin
de ces garçons qui allaient prendre la relève. Il avait ça en lui ! » à lui, quatre ans plus tard en Nouvelle-Zélande…
Les prédispositions étaient là. Fallait-il encore les affiner pour les exploiter. Pascal
Papé s’y est employé avec justesse, selon l’ancien mentor berjallien, qui détecta le Marc Lièvremont l’invite dans le camion et lui en file même les clés. Le même jeu
seconde ligne à Givors quand il n’avait que 17 ans avant de le guider au moment de que celui de Thierry Dusautoir. Ils ont auront l’intelligence et la finesse de cohabiter
son plongeon dans le bain professionnel (en 2001, au CSBJ) : « Tout ne s’est fait tout pour le bien du collectif, sans se perdre dans des querelles de pouvoir. Une étape
seul, Pascal s’est beaucoup investi. » déterminante, que Pascal Papé gère avec
maestria. Le parcours est sinueux, le gadin
Le charisme et le leadership innés du est proche après les Tonga mais le résultat
bonhomme ont également sauté spontanément dépassera toutes les espérances. « C’est à ce pasCal ne C herChe pas
aux yeux de Lionel Nallet, que Papé rejoignit à moment-là qu’il a réellement pris son envol,
Castres (2006-2007). L’un était l’icône du C.O., la gloire. a veC lui, pas raconte Dimitri Szarzewski. Par ses prestations,
l’autre s’est échappé de cette ombre sans jamais son rôle sur et en dehors du terrain. Il a pris de « m’as-tu-vu »s’exposer aux rayons de la suffisance : « Je l’ai confiance en lui. Une confiance qui s’est
vu s’affirmer dès son arrivée au club, ce qui répercutée sur l’ensemble du groupe. » Pascal
est très rare. Au-delà du terrain, Pascal est un Papé change de dimension. On s’appuie sur
“papa” par sa capacité à prendre position et à lui. On loue sa fiabilité. « C’est un mec qui
s’intégrer très vite au sein d’un groupe. » En liant les actes à la parole pour gagner en fait avancer l’équipe, appuie Philippe Saint-André. Sur le terrain, il est toujours
crédibilité. Et même en légitimité. irréprochable. Et avec son recul et son vécu, il est tout simplement indispensable. »
Tout s’est donc très vite enchaîné. En club comme en sélection. Trente-trois printemps Alors qu’il s’apprête à honorer sa 50e cape, le seconde-ligne parisien, pleinement
au compteur, désormais capitaine du Stade Français, Pascal Papé s’impose, depuis conscient du rôle qu’il aura à jouer ces prochaines semaines auprès de jeunes
quelques saisons, comme un meneur du XV de France. Il a connu sa toute première coéquipiers, prend les choses avec sérénité. Presque de la distance : « Si j’endosse ce
sélection face à l’Irlande, le 14 février 2004. Des premiers pas qu’il n’oubliera jamais : costume, c’est de manière très naturelle, très douce. Au final, c’est une responsabilité
« Il y avait beaucoup de joueurs très expérimentés, des mecs à fort caractère. Nous, qui n’en est pas une, dans le sens où c’est un plaisir que de pouvoir conseiller les
les jeunes, avions énormément de respect pour eux. On les voyait à la télé depuis jeunes du groupe. Être papa, ça fait un peu partie des gènes. Tu l’as ou tu ne l’as
qu’on était tout gamins, et on avait une envie terrible de leur prouver que l’on pas. » à celui de papa, il préfère d’ailleurs le terme d’aiguilleur. « Quelqu’un qui
méritait d’évoluer à leurs côtés ! L’objectif était de se fondre dans le moule tout en connaît la maison », sourit l’intéressé. Conseiller, montrer l’exemple ? Oui. Sans
apportant notre touche, pour qu’ils nous regardent avec des yeux de coéquipiers. » jamais couver. « L’expérience, ils (les jeunes) doivent se la faire tous seuls. à eux d’être
L’admiration qu’il voue alors à ses aînés ne l’empêche pas d’être ambitieux. Bien au à l’écoute tout en sachant prendre des initiatives. On a besoin de joueurs leaders, pas
contraire. La concurrence au poste est rude (Fabien Pelous, David Auradou, Jérôme suiveurs. »
Thion, Olivier Brouzet), il s’en délecte. Elle le sublime.
Protecteur, mais pas papa-poule. « Il a déjà 3 gosses, je pense que ça suffit ! »,
Les années passent, les sélections s’enchaînent, Pascal Papé se bonifie. « à ses débuts, ironise Julien Bonnaire. « Un papa chambreur » aussi, comme s’amuse à le qualifier
il dégoupillait un peu plus facilement, se souvient Philippe Saint-André. Mais il a Szarzewski. « Pascal aime bien se confronter aux jeunes, se chamailler gentiment
grandi, sur le terrain comme dans la vie. » Avec davantage de discipline et de self- avec eux. Ils l’apprécient pour ça, savent qu’il est là pour les protéger tout en les
control, il fait son trou. Malgré quelques embûches qui le rendront plus fort. Un roc. martyrisant... et ils en redemandent ! (rires). Avec lui, les jeunes savent qu’il y a
Comme en mêlée. un temps pour tout. Ça se ressent sur le terrain. » Et dans le vestiaire, comme le
confirme Jules Plisson, qui pourrait connaître sa première cape contre les Anglais :
Car son parcours au plus haut niveau ne fut pas linéaire. Bientôt quinze saisons en « Quand Pascal parle, tout le monde la ferme. Cela résume assez bien la place qu’il
élite, ça laisse forcément des traces. Genou en 2008, cheville en 2010, dos en 2013... a parmi nous. On sait qu’on peut compter sur lui. » Voilà pourquoi PSA voit en lui
« Sans les blessures, il aurait aujourd’hui peut-être 80 sélections, raconte son ancien « un papa de combat ».
12 13éaSifflet
Texte de MAi Me MAMeT - Photo Sandra Mu Getty/AFP
Rugbystique, militant, cathodique. nigel Owens
est sur tous les fronts. À commencer par celui
du stade de France samedi 1er février, où ce
drôle de Gallois sera au sifflet. Owens,
u-delà des confins gallois, deux choses ont rendu célèbre l’arbitre Nigel
Owens : son coming out en 2007 et sa réplique cinglante au demi de mêlée la loi pour A de Trévise Tobias Bote en 2012. Owens n’est en effet pas un « sifflet »
comme les autres. Sur le terrain, il est bon, voire l’un des meilleurs. À la ville, le natif
de Mynyddcerrig, entre Llangyndeyrn et Porthyrhyd, près de Bancffosfelen (bref,
à quelques sauts de moutons de Llanelli), est homosexuel et désormais fier de l’être.
À 42 ans, l’homme s’assume et soutient la cause LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels
et trans). Mais comme il l’explique dans un livre collectif avec plein de voyelles
dedans, It’s OK To Be Gay, sorti cet automne au Royaume-Uni, tout n’a pas été rose
avant de faire partie de la Pink List 2013, la liste des 100 personnes les plus utiles à
la cause gay.
Elevé dans une bourgade de 150 habitants dans le Camarthenshire, le « potager du
pays de Galles », le jeune Nigel a d’abord tenté de nier sa différence, masquant sa
préférence en s’affichant avec une copine. « Je travaillais dans une ferme, se souvient-
il. Et l’agriculture n’est pas le genre d’industrie associée aux homosexuels. » Ce déni,
puis ce jeu de faux-semblant l’a mené à la boulimie, à l’addiction aux stéroïdes et
même au pire... « À ce moment-là, j’étais agent technique dans une école du coin
et j’avais commencé à arbitrer des matches locaux mais, à l’intérieur, je me battais
contre mes sentiments. ê tre gay est complètement étranger à la manière dont j’ai été
élevé, c’est-à-dire avoir une femme, des enfants... Je ne voulais pas être gay. »
LA secOnde ch Ance
Alors, un soir de sa jeune vingtaine, Owens a
pris un fusil et des somnifères, puis est allé dans
la montagne avec la ferme intention d’en finir.
Heureusement, il est tombé dans le coma avant de
pouvoir se servir de son arme. Heureusement encore,
il avait laissé un mot à ses parents et les secours ont pu le
retrouver, là-haut entre Crwbin et Ceifnethin. « Il m’a été donné une
seconde chance », explique le désormais arbitre international. Certes, il
a fallu ensuite assumer devant ses parents, sa famille, puis sortir du placard
aux yeux de tous. Mais quelle renaissance !
Le Gallois avance désormais serein et enjoué, humour en bandoulière, dans la vie
comme sur les terrains. « Je ne suis pas nerveux du tout, confie-t-il. J’ai arbitré 43 test-
matches et je suis très habitué à la pression. » Pour ce qui est de l’humour, Owens
n’en manque pas. Cet accro à Twitter, qui a réalisé une vidéo de l’IRB pour joueurs et
dirigeants sur le bon usage des médias sociaux (#finalwhistle), en a même fait une
marque de fabrique : « L’humour fait partie du jeu. Et c’est quelque chose qui m’a
aidé à faire face au coming out. » Un trait de personnalité qui l’a aussi propulsé sur
le petit écran. Quand il ne juge par les hors jeux et les en-avants, le Celte
co-anime en effet un talk-show de sport et une émission d’entertainment
sur la chaîne S4C. La rédaction du Journal du rugby ne vous dira pas s’il y nigel Owens
est drôle, la chaîne est en cymraeg, la langue galloise. En revanche, entre Pays de Galles
les lignes d’en-but, le président de la branche galloise de la Fédération Né le 18 juin 1971 à Mynyddcerrig
des Young Farmers Clubs (un genre d’association de patronage laïque Arbitre international
autour des activités rurales) fait usage de ses talents en anglais. Pour le 2 Coupes du monde (2007, 2011)
plus grand plaisir de tous.
« This is n OT sOcce R »
Lors d’un match des Ospreys, il morigène ce qui constitue alors la première ligne
du XV du Poireau, Adam Jones et Gethin Jenkins, un brin tricheurs : « Vous êtes
supposés être les deux meilleurs piliers du monde, commencez à vous comporter
comme tels ! » Cinglant. Mais son plus célèbre commentaire reste sans doute celui
adressé à Tobias Bote, et donc un peu trop bruyant et plaintif à son goût lors d’un
match de Ligue celtique. À la 46e minute, Owens stoppe la rencontre et s’approche
du Sud-Africain de naissance devenu Italien : « Je ne crois pas que nous nous soyons
déjà rencontrés, mais je suis l’arbitre de ce match. Pas vous. Contentez-vous de faire
votre boulot et je ferai le mien. Si je vous entends crier encore une fois, je vous
pénalise. Ce n’est pas du football. » La vidéo est sur YouTube et il paraît même qu’on
en a entendu parler jusqu’à Cwmffrwd...
14
xt
ousTournoi 2014
Texte de sébAsTien PARRAud - Photo Jared Wickerham Getty/AFP FRAnce iTALie
MISSION : INVERSER LA SPIRALE – Deux semaines de préparation peuvent- LE RO BLE-FÊ E – Le XV transalpin semble tirer d’année en année les bénéfices
elles vraiment tout changer, et donner à cette équipe de France balbutiante les moyens de l’expérience de ses joueurs évoluant dans le Top 14. Dans la lignée du travail accompli
de s’affirmer ? Philippe Saint-André a réuni ses troupes depuis le 19 janvier à Canet-en- jusqu’alors par Pierre Berbizier, le XV de Jacques Brunel récidive pour la deuxième fois
Roussillon, sans doute pour casser les habitudes du CNR de Marcoussis. Et casser cette de son histoire en remportant deux matches dans le Tournoi (face à la France, puis
horrible spirale que fut l’année 2013, qui restera comme une des pires de l’histoire du l’Irlande). Ces Italiens semblent bien en place, forts physiquement, avec une confiance
XV de France (8 défaites, 1 nul et 2 victoires). Les hommes de PSA ont beaucoup à se en eux à la hausse. Une recette payante visiblement. Suffisant pour contrarier les Gallois
faire pardonner et ce match d’ouverture face au XV de la Rose ( 1er février) constituerait lors du match d’ouverture ?
une belle occasion.
uN RE O R E EL ES CON RARIE S – Surprise lorsque le Qui pour succéder
DO SSAIN, MIE q’ NE AL ERNA IVE – Tombée comme un couperet sélectionneur Jacques Brunel a annoncé les 30 joueurs figurants sur la liste : Mirco
le 22 janvier, depuis Canet-en-Roussillon, où les Bleus s’offraient un bol d’air avant de Bergamasco (Rovigo), l’ex-Parisien et Racingman, est de retour, guéri de sa fracture à
rejoindre Marcoussis, la liste des 23 a éliminé une partie des mômes qui s’énervent sur le la rotule la gauche. Par ailleurs, les Azzuri seront privés de plusieurs joueurs blessés :
heurtoir de la porte de l’équipe de France. Out Jules Plisson et ses promesses en pagaille, l’arrière des Wasps Andrea Masi, le deuxième- ligne de Trévise, Marco Fuser, le centre
dehors Hugo Bonneval et son irrésistible crochet droite-gauche-droite-gauche tête levée ; ux Gallois ? rochalien Gonzalo Canale et Giovanbattista Venditti, l’ailier de Parme.
bye bye Palis, Buttin, Mermoz, Vahaamahina. Si la marche avant de Plisson a pris un temps Autre tête connues du Top 14, celle du demi d’ouverture de l’Usap Tommaso Allan
de retard, c’est à la fois parce ce que Rémi Talès mérite encore sa chance à l’ouverture et (20 ans) testé lors de la tournée de novembre et de nouveau convoqué. Brunel laissera
que Jean-Marc Doussain, impeccable depuis le début de l’année avec Toulouse, au pied également leurs chances à deux débutants : le trois-quarts aile de Trévise Angelo Esposito
comme à la main, devient tout à la fois une alternative à Morgan Parra, encore un peu et Guglielmo Palazzani, l’arrière des Zèbres.
c omme chaque année, le Tournoi est de retour. c omme chaque année, la crème du rugby européen joue court physiquement pour briguer le poste de 9, et à l’ouvreur castrais. Sa polyvalence
risque bien de faire de Doussain une doublure de luxe. On peut aussi parier que PSA des coudes sur le pré pendant cinq journées pour conquérir le Grand c helem ou fuir l’humiliation de la
n’aurait rien contre le fait de le cloner pour le poster en 9 et 10 à la fois… On pourra
cuillère de bois. À l’aube du cru 2014, où en sont les équipes ? Les bleus sont-ils capables de renouer avec AnGLeTeRRecompter sur le retour du n°8 Louis Picamoles, absent lors des tests-matches de l’automne
le succès ou s’enfonceront-ils dans la crise ? Les Gallois sont-ils encore cette année au-dessus de la mêlée ? PL S RALIS ES ’EN 2013 ? – Victimes d’un excès de confiance, l’an passé ? mais pas sur Sofiane Guitoune, meilleur marqueur d’essais du Top 14 (tendon d’Achille),
Ces Anglais à qui on promettait le Tournoi, avaient débuté fort en prenant le dessus Frédéric Michalak, qui pâtit d’un manque de temps de jeu à Toulon, et de Fritz, blessé L’italie confirmera-t-elle ses progrès ? Journal du rugby vous propose une revue d’effectifs.
sur l’Écosse, l’Irlande et la France, avant de se faire piéger par l’Italie, puis de se faire dans un accident de scooter.
surclasser par le pays de Galles. Petit rappel : le compteur d’essais du XV de la Rose
était resté vierge face à l’Irlande, l’Italie et le pays de Galles. Ce qui ne manqua pas de
faire tousser Stuart Lancaster. Le crunch en ouverture au Stade de France, le 1er février, PAys de GALLes
s’annonce déjà bouillant.
VERS N RIPLé IS ORI E ? – Victorieux pour la quatrième fois en huit
ans (Grand chelem en 2005, 2008, 2012 et vainqueur l’an passé) les Gallois, avec vingt- SANS FLOOD, ILAGI E FODEN. – Si Manu Tuilagi (poitrine) et Ben Foden
sept Tournois à leur palmarès, passent devant les Anglais. Des Anglais qui conservent (genou) sont blessés, l’absence de Toby Flood, demi d’ouverture de Toulouse, n’est due
toujours une tête d’avance au nombre de Grand Chelem (12 contre 11 pour le XV du qu’au choix de Lancaster de se passer de tout joueur évoluant hors du royaume. Il sera
Poireau). L’équipe galloise tentera de remporter une troisième fois de suite le Tournoi, remplacé par l’ouvreur de Bath, George Ford.
une performance jusqu’ici jamais réalisée. Il débutera le 1er février prochain au Millenium Par ailleurs, seront absents pour cause de blessures : Les piliers David Wilson (mollet) et
Stadium, face à l’Italie. Alex Corbisiero (genou), le deuxième-ligne Geoff Parling (épaule), le troisième-ligne Tom
Croft (genou), les ailiers Christian Wade (pied) et Marland Yarde (hanche).
ON PREND LES MÊMES E ON RECOMMENCE. – Sur la liste des 32 Le staff anglais reste cependant confiant pour certains d’entre eux qui pourraient
joueurs annoncés par Warren Gatland, 28 étaient déjà présents et champions l’an passé. réintégrer le groupe des 35 joueurs anglais d’ici la fin du Tournoi.
Gatland mise sur un groupe expérimenté, mais devra se passer de Ian Evans, suspendu
pour 12 semaines.
A DE FORME – C’était l’une des grosses craintes côté gallois, mais Jonathan
Davis, victime d’une déchirure pectorale en novembre, jouera bien le Tournoi. Il devrait
être enfin opérationnel dès mars pour le choc face à l’Angleterre, le 9 à Twickenham, puis
pour jouer l’Écosse, le 15 à domicile. Jamie Roberts effectue également son retour dans le our ne groupe après sa blessure à la cheville qui l’avait privé de tournée d’automne.
louper un :
écOsse re1 jre :
PI AN S CES C ARDONS ? – Avec son nouvel entraîneur, Scott Johnson,
• samedi 1er février 2014 - 15h30 : Pays de Galles - Italie
à sa tête, le XV du chardon a réalisé, l’an passé, son meilleur tournoi depuis 2006 en
• samedi 1er février 2014 - 18h00 : France - Angleterreterminant troisième, en signant deux victoires (contre l’Italie et l’Irlande), contre trois
• dimanche 2 février 2014 - 16h00 : Irlande - Écossedéfaites (au Stade de France, puis à Twickenham et contre les Gallois). Difficile de savoir
si cette équipe d’Écosse sera capable de confirmer cette année, d’autant qu’elle souffre
e de quelques absences. Elle devra notamment se passer de l’ailier Tim Visser, du pilier 2 re :
Euan Murray, du deuxième-ligne Alastair Kellock, ainsi que du trois-quart Peter Horne.
• samedi 8 février 2014 - 15h30 : Irlande - Pays de Galles
Du côté écossais on attend beaucoup du centre de Glasgow Stuart Hogg et du buteur
• samedi 8 février 2014 - 18h00 : Écosse - Angleterred’Édimbourg Greig Laidlaw. Par ailleurs, deux petits nouveaux font leur apparition en
• dimanche 9 février 2014 - 16h00 : France - Italiesélection : le troisième-ligne Chris Fusaro et l’ailier Dougie Fife (23 ans). Ce dernier
figure d’ailleurs parmi les meilleurs marqueurs de Ligue celtique.
e 3 re :CINq Ê ES CONN ES Du OP 14 – Parmi les 36 joueurs retenus par le
• vendredi 21 février 2014 - 21h00 : Pays de Galles - Francesélectionneur Scott Johnson, cinq joueurs évoluent en France. Il s’agit d’Alasdair
Strokosch (Usap), des Castrais Richie Gray et Max Evans et des Montpelliérains John • samedi 22 février 2014 - 14h30 : Italie - Écosse
Beattie et Jim Hamilton. • samedi 22 février 2014 - 17h00 : Angleterre - Irlande
e 4 re :iRLAnde
• samedi 8 mars 2014 - 15h30 : Irlande - Italie
DES ADIE DIGNES PO R O’DRISCOLL ? – L’an passé le XV irlandais
• samedi 8 mars 2014 - 18h00 : Écosse - France
s’était imposé au Millenium Stadium lors de son premier match face au pays de Galles,
• dimanche 9 mars 2014 - 16h00 : Angleterre - Pays de Gallesavant de sombrer pour le reste du Tournoi. On craignait d’ailleurs que légendaire Brian
O’Driscoll fasse ses adieux au XV du Trèfle sur cette calamiteuse série. Mais le voici
e figurant dans la liste des 44 annoncée par Joe Schmidt. Un groupe qui a été en effet 5 re :
élargi dans le cadre de la préparation du Tournoi où figurent sept petits nouveaux : • samedi 15 mars 2014 - 13h30 : Italie - Angleterre
le talonneur Rob Herring, les piliers Rodney Ah You et Martin Moore, le troisième-
• samedi 15 mars 2014 - 15h45 : Pays de Galles - Écosse
ligne Jordi Murphy, les n°8 Robin Copeland et Robbie Diack et le demi de mêlée Kieran
• samedi 15 mars 2014 - 18h00 : France - IrlandeMarmion. L’Irlande débutera à domicile, à Lansdowne Road face à l’Écosse (2 février).
LA ILE O’BRIEN. – Le troisième-ligne aile de Leinster (il vient de résigner pour
deux saisons), Sean O’Brien, blessé à une épaule, manquera le Tournoi, a annoncé le
sélectionneur de l’équipe nationale irlandaise, Joe Schmidt. Keith Earls, touché au genou
est aussi forfait pour l'intégralité du Tournoi.
16 17
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match
asTous contre un
Texte de Mai Me MaMet - Photo Chris Jackson Getty/AFP
en 1990, L’Écosse ne chante Unis God Save the Queen
entonne pour L a première fois
son Flower o F Scotland, en CONtre La FOrCe tant qu’hymne officie L
L’angleterre, c’est un peu l’abominable empire galactique qui fait régner la terreur dans l’hémisphère
Nord. Un empire qui serait dirigé par Will Carling, dont le maître du côté sombre de la Force serait
Owen Farrell et dont twickenham serait l’Étoile Noire. Que tout le monde veuille absolument ÉCOsse - La batai LLe de Murrayfie Ld
les battre, on le sait, mais pourquoi ? Médiévale, la rivalité entre les Auld Enemies s’est cristallisée un après-midi
de mars 1990. Invaincues, les deux équipes s’affrontent lors de la dernière Pays de GaLLes - La peur de L ’autre
journée du Tournoi. Le fond de l’air est frais, mais l’ambiance brûlante : le
Le pays de Galles a été indépendant jusqu’à l’invasion anglaise de 1282. Depuis,
peuple écossais est à cran alors que Margaret Thatcher impose son Poll Tax
c’est compliqué. Certains ont tendance à considérer les Gallois comme un sous-
(impôt forfaitaire) aux Celtes. L’Écosse ne chante pas God Save the Queen mais
peuple, à l’image de A. A. Gill, qui les décrit, en 1998 dans le Sunday Times, comme
entonne pour la première fois son Flower of Scotland, en tant qu’hymne officiel.
des « menteurs immoraux », « pugnaces petits trolls, rabougris, fanatiques, sombres,
Inspirées des exploits du roi Robert Bruce à la Bataille de Bannockburn (1314),
laids ». Ce sentiment a un nom : la cymrophobie (de Cymru, Galles en celte). Plus
lors de la première guerre d’indépendance écossaise, les paroles sont brutales.
récemment, le présentateur de la BBC Jeremy Clarkson, cymrophobe récidiviste,
Et l’ambiance passe en surchauffe. L’hymne en appelle aux valeureux qui
a expliqué que la vie était parfois tragique : « Il est entièrement injuste que des
« se sont dressés contre lui, l’armée du fier Edouard » (certains glissent alors
gens naissent gros ou moches ou dyslexiques ou handicapés ou roux ou petits ou
un « Bastard ! » bien bileux) et qui « l’ont renvoyé chez lui » afin « qu’il y
Gallois. » Un climat qui a bien sûr des résonances particulières sur les terrains.
réfléchisse à deux fois » avant de revenir chatouiller le Chardon. Médiéval
Capitaine légendaire du XV du Poireau, Phil Bennett a eu ce petit discours
donc. Les Écossais, « fou furieux » selon Will Carling, gagnent 13 à 7. Le
mythique en 1977 : « Regardez ce que ces bastards ont fait au pays de Galles. Ils
capitaine anglais en souffre encore.
nous ont pris notre charbon, notre eau, notre acier. Ils achètent nos maisons pour
y vivre une quinzaine de jours par an. Que nous ont-ils donné ? Absolument
rien. Nous avons été exploités, violés, contrôlés et punis par les Anglais... Et nous
jouons contre eux cet après-midi. » Aimable victoire galloise 14 à 9. ita Lie - pax ro Mana
L’Italie est encore un peu jeune dans le concert galactique pour avoir vraiment des
ennemis dans l’Empire. En 19 rencontres internationales, le XV italien n’a encore ir LaNde - reLations troub Les
jamais gagné. Mais les écarts se réduisent à Rome et le Stade olympique se remplit La colonisation anglaise du XVIe siècle, l’indépendance de la république d’Irlande
désormais pour les venues du XV de la Rose. La rivalité bourgeonne, mais n’atteint en 1922, le conflit nord-irlandais des années 1960 aux années 2000... La rivalité
pas encore l’intensité des affrontements latins contre l’Argentine ou la France (voir entre les deux équipes a été copieusement nourrie par l’histoire sanglante entre les
plus bas). Mais, à Rome, le 15 mars, ils prendraient quand même bien une tranche de deux îles. « Cela fait partie de nous en tant que peuple irlandais, explique l’arrière
roastbeef. Sportivement, ça vaudrait un triple saut de Jonathan Edwards.du XV du Trèfle Rob Kearney. Avant le match, nous ne parlons pas de la rivalité,
certaines choses n’ont pas besoin d’être dites. » Cette relation a connu son apogée
en 2007. Alors que Lansdowne Road est en reconstruction, l’Irlande accueille son Fra NCe - CrunCh t iMeAuld Enemy à Croke Park, symbole du nationalisme irlandais. L’antre des sports
Il faut vraiment vous faire un dessin ? Ou une liste ? Si vous y tenez : Jeanne d’Arc, gaéliques avait été le théâtre du massacre de 13 personnes par des auxiliaires de
Will Carling, les batailles de Crécy, Waterloo, Mers el-Kébir, Trafalgar, Azincourt l’armée britannique en novembre 1920. Toute l’équipe d’Irlande est en pleurs au
ou des plaines d’Abraham, quand la France a perdu le Québec. Vous en voulez moment des hymnes. Elle inflige une déculottée (43-13) aux Anglais, qui avaient
encore ? « Sorry, good game », les cartons rouges de Moscato et Lascubé en 1992, laissé leur arrogance à Londres.
Paris 2012, Margaret Thatcher, la Coupe du monde 2003, celle de 1991, pire : celle
de 2007. Peut-être que l’évocation de ces simples mots vous fera frémir ou vibrer en
réclamant que le sang soit versé, c’est selon. Mais si ça peut vous rassurez, la haine
du Français, ou « french bashing » (voir page 23), obsède beaucoup plus les sujets de
sa Majesté que vous. Ah, nous allions oublier la mauvaise foi...
aLLÉ , mais pas que
Ce n’est pas parce que chacun se réjouit naturellement de la victoire d’un allié sur l’Empire qu’il n’existe pas
de bonnes occasions d’échanger quelques chipirons en famille...
GaLLes - Irlande Fra NCe - ItalIe
Historiquement, pas d’animosité. Origines celtes et mépris de l’Anglais auraient
Le syndrome m aterazzimême eu tendance à rapprocher les publics. Mais depuis quelques années, les
Ce n’est pas comme avec les Anglais. Non, c’est plus chaleureux, plus « sympa ». relations ont pris un aigre tournant. Le limogeage de l’entraîneur Warren Gatland,
Plus grandes tapes dans le dos que grosses claques dans la tronche. Sauf que ça, viré du XV du Trèfle en 2001 malgré quelques succès notables, au profit de
c’était avant Marco Materazzi. Depuis 2006, il semblerait que les Italiens aient son adjoint Eddie O’Sullivan, a amorcé une décennie d’amabilités. Les deux
appris à appuyer là où ça fait mal. En 2011, la France sort d’une défaite contre sélectionneurs se sont envoyé de nombreuses flèches, d’autant plus empoisonnées
l’Angleterre (17-9), mais peut espérer gagner le Tournoi. Pan ! Elle s’incline d’un après la nomination de Gatland à la tête du XV du Poireau en 2007. Mais c’est
point en Italie (22-21). L’an passé, la France se prend les pieds dans le tapis d’entrée sûrement la montée en puissance des deux formations, faisant jeu égal, qui a
(23-18) à Rome et termine dernière du Tournoi et donc derrière l’Italie, ce qui vraiment lancé la rivalité. Il y a eu le « Ballgate » de 2011, quand les Gallois l’ont
n’était pas arrivé depuis le Big Bang. Si le XV tricolore ne voit pas la rencontre emporté à Cardiff (19-13) grâce à un essai de Mike Phillips suite à une touche
annuelle comme une grande rivalité latine, la joie des Italiens après ces deux jouée avec le mauvais ballon. Il y a eu aussi la victoire sur le fil des Gallois en 2012
victoires tenterait à prouver que les Transalpins, si. (23-21) grâce à une pénalité de dernière minute. Comme le résume Rob Howley,
adjoint de Gatland : « Petits écarts, grosses conséquences. »
Et donc, grandes tensions.
18 19
sissx
PresseSports
mai pa

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