L'empire sumatranais de Crivijaya

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•^L'EMPIRE SUMATRANAISDE ÇRÎVIJAYAPARGABRIEL FERRANDMINISTRE PLÉNIPOTENTIAIREPARISLIBRAIRIE ORIENTALISTEPAVL GEVTHNERi3, Rue Jacob-VPMDCCCCXXll'i.OV%«'-F^L'EMPIRE SUMATRANAISDE CRÎVIJAYA,PARGABRIEL FERRAND,MINISTRE PLENIPOTENTIAIRE..1 la mémoire de Hendrik KERN.On chercherait vainement le nom de l'ancien empire dedans les dictionnaires manuels géographie(irivijaya et de oud'histoire : il est encore inconnu. Des textes orientaux qu'ontrouvera plus loin, permettent, cependant, d'en reconstituerd'histoire.huit siècles Colonisé par l'Inde à haute époque,comme le Camhodge et le Campa, l'empire, le premier em-pire de l'Indonésie, est en plein développement culturel dèsle vil'' siècle de notre ère : nous en avons pour témoignage lelécit d'un étranger, le grand pèlerin Yi-tsing.La bibliographie du sujet peut tenir en (pielques lignes :kilâb 'ajàïb al-Hind, Livre des Merveilles de l'Inde, par le capitaineBozoRfi BiN Saiiriyâr (Ic llâmiiormoz , ti-ad. par Marcel Devic, texte arabeet noies par P. A. van der Lith, Leyde, i883-i886, in-/i°, 2/17-p.avec une note ae Beal.253,Les religieux éminenls qui alliirent chercher la loi dans les pays d'Occi-dent, Mémoire composé à l'époque de la grande dynastie T'ang par I-tsing,Irad. Ed. Chavannes, Paris, iSy^i, iii-8",M. (.. i'i;r,r,.\.M). i,,,religion as practised in IndiaA Record the BuddhistJ. Takakusu , ofOxford,Archipelago {A. D. 6'ji-6g5) by I-tsing, 1896,and the Malayin-A".pet.du vm' siècle ...
Publié le : vendredi 23 novembre 2012
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L'EMPIRE SUMATRANAIS
DE ÇRÎVIJAYA
PAR
GABRIEL FERRAND
MINISTRE PLÉNIPOTENTIAIRE
PARIS
LIBRAIRIE ORIENTALISTE
PAVL GEVTHNER
i3, Rue Jacob-VP
MDCCCCXXll'i
.OV
%«'-
F^L'EMPIRE SUMATRANAIS
DE CRÎVIJAYA,
PAR
GABRIEL FERRAND,
MINISTRE PLENIPOTENTIAIRE.
.1 la mémoire de Hendrik KERN.
On chercherait vainement le nom de l'ancien empire de
dans les dictionnaires manuels géographie(irivijaya et de ou
d'histoire : il est encore inconnu. Des textes orientaux qu'on
trouvera plus loin, permettent, cependant, d'en reconstituer
d'histoire.huit siècles Colonisé par l'Inde à haute époque,
comme le Camhodge et le Campa, l'empire, le premier em-
pire de l'Indonésie, est en plein développement culturel dès
le vil'' siècle de notre ère : nous en avons pour témoignage le
lécit d'un étranger, le grand pèlerin Yi-tsing.
La bibliographie du sujet peut tenir en (pielques lignes :
kilâb 'ajàïb al-Hind, Livre des Merveilles de l'Inde, par le capitaine
BozoRfi BiN Saiiriyâr (Ic llâmiiormoz , ti-ad. par Marcel Devic, texte arabe
et noies par P. A. van der Lith, Leyde, i883-i886, in-/i°, 2/17-p.
avec une note ae Beal.253,
Les religieux éminenls qui alliirent chercher la loi dans les pays d'Occi-
dent, Mémoire composé à l'époque de la grande dynastie T'ang par I-tsing,
Irad. Ed. Chavannes, Paris, iSy^i, iii-8",
M. (.. i'i;r,r,.\.M). i,,,
religion as practised in IndiaA Record the BuddhistJ. Takakusu , of
Oxford,Archipelago {A. D. 6'ji-6g5) by I-tsing, 1896,and the Malay
in-A".pet.
du vm' siècle,Deux itinéraires de Chine en Inde à laPaul Pelhot, foi
igoi.dans B.É.F.E.-O., t. IV,
textes géographiques arabes,Ferrand, Relations de voyages etGabriel
t.à l'Extrême-Orient, Paris, in-8°, 1, 1918;persans et turks relatifs
t. II, 1914.
Koning Krtanagara,Sumatraansche Inscriptie vanN. J. Krom, Een
AfdeelingAkademie v. Wetenschapen,dans Verslagen en Med. der K.
Letterkunde, 5e Reeks, Deel II, Soô-SSg, 1916.p.
r
XVIIlroyaume de Çrivijaija, dans B.E.F.E.-O. , t.Georges Coedès Le,
36 pages avec 3 planches.1918, n" 6,
dans As.du mémoire précédent /.Gabriel Ferrand , Compte-rendu
149-200.juillet-août p.1919,
geschiedenisSumatraansche période der JavaanscheN. J. Krom, De
français dans le B.E.F.E.-O.,33 pages in-8°; traduit enLeyde, 1919,
127-135.t. XIX, n° 5, p.1919,
Taal,Çnvijai/a, dans Bijdragen tôt dePh. VoGEL, Het koninkrijkJ.
626-Volkenkunde van Nederlandsch-Indië, deel 78, 1919, p.Land- en
CœdÈs, Le royaume deanalyse le mémoire précité de(l'auteur687
l'entrée, lapeu connus sur àCrivijuya, et donne des renseignements
rr charte de Leyden vide infra,bibliothèque de l'Université, de la grande ,
XXXIl,p. 46).
MountainsMaharaja, King oj the0. Blagden, The Empire theG. of
Branch R. A. S., n° 81,the Isles, dans Journ. Straitsand Lord oJof
1920.
indo-les textes chinoisdans les pages suivantes , ,On a réuni
persans, cambod-tamouls, arabes,nésiens, sanskrits, pâlis,
mentionnent l'em-qui , sous des noms divers ,giens et siamois
s'éclairent lesdépendances. Ces textespire de Çrivijaya et ses
desd'arriver àautres et permettent heureusementuns par les
enquête nou-la suite d'uneprécisions. Les résultats obtenus à
modi-documents,sur un plus grand nombre develle portant
quelquefois telleinfirmentfient dans une certaine mesure,.
opinion exprimée dans mon compte rendu du mémoire de
CoEDÈs {^supra, Mais il ne s'agit pas icip. 2). de simples
rectifications personnelles qui auraient pu tenir en quelques
pages; la question est plus haute et vaut qu'on revienne.y
C'est presque une opinion courante que Java a été le foyer et
le centre d'expansion de la civilisation indienne dans l'Insu-
linde. Il semble, au contraire, qu'il faille en faire honneur à
l'empire sumatranais de Çrivijaya, dont les textes et l'épigra-
phie nous montrent la haute culture et l'incontestable supré-
matie politique, militaire et navale pendant le premier millé-
naire de notre ère. Maître encore d'un immense territoire
au xnf siècle, l'empire s'effondre sous les défaites que lui
infligent les Javanais dans la métropole, les Thaïs de Sukho-
daya dans ses possessions de la péninsule malaise, et à la suite
des revers éprouvés dans les deux expéditions contre Ceylan.
TEXTES CHI^OIS.
^^\Yi-TSiNG Ta t'ang siyu k'ieou kao seng tchouan, Les Reli-fa
gieux énnnents qui allèrent chercher la Loi dans les paijs d'Occident,
Mémoire composé a l'époque de la grande dynastie T'ang, trad.
Ed. Chavannes, Paris, i8f)/i, in-S".
I. (P. Ydn-k'i originaire63-64.) Maître est de la province de ^
Kiao autrement dit du Kiao-lche, le Tonkin]. . . Il est revenu
I ^lîjf:
[de Chine] dans les 1:1ers du sud depuis plus de dix ans. Il s'enlond
parfaitement au parler k'ouen-loucn^'^^; il connaît bien la langue^^
(') Dans quelques cas où lu prtisenle version française diffère dos traduc-
tions de textes cliinois que j'ai utilisées, les corrections dont il s'agit m'ont été
indiquées par Pki.liot,M. qui a bien voulu lire une épreuve de ce mémoire.
Il s'en faut cepeudaiil que toutes les erreurs aient été rocliiiées; il n'eutiait
pas dans le cadre de ce travail de le faire. 11 serait désirable qu'un sinologue
voulût bien se charger de cette néctîssaire revision des textes en question.
'-' «L'appellation k'ouen-lnuen, dit en note Chavannes, peut être prisn pour
synonyme de Malais, n Dans un mémoire postérieur à la traduction du présent
1.
ilsanskrite. Dans la suite, jugea convenable de rentrer dans le monde
et se fixa dans le pays de ^Ij Che-li-fo-yeou [graphie fautivej^^ f^
pour Ghe-li-fo-chc]. C'est là qu'il vit encore aujourd'hui111^
[vers ,692].
II. (P.
. . . Les ouvrages chinois qu'ils (les Maîtres de la76-77.)
Loi Pei-ngan et Tche-ngan) avaient pris, le Yôga-çâstra (tdias Yôgàca-
rijûhhmni-çàslra) et d'autres sûlras et çdstfas se trouvent tous dans le
pays de Ghe-li-fo-che.
III. (P. . . . Avant que119.) vingt jours se fussent écoulés [depuis
notre départ de Canton], nous arrivâmes au pays de Fo-che*''; je m'y
arrêtai pendant six mois en j'y étudiai par degrés la science[, 671];
des sons [çabda vidyà). Le roi me donna des secours grâce auxquels
je parvins au pays de Mo-io-yu [=Malâyu]; j'y séjournaiJ^^^
derechef pendant deux mois. Je changeai de direction pour aller dans
le pays de kie-tch'a [=Këdah, sur la côte occidentale de la^|||
péninsule malaise]. Lorsque arriva la douzième l'annéelune [de ôy'j],
on hissa la voile; je remontai sur un bateau du roi et je me dirigeai
petit à petit vers l'Inde orientale destination de Tâmralipti, l'actuelle[à
Tamluk, en faisant escale au pays des Hommes nus ou îles Nicobar] . . .
IV. (P. . . . [Après un séjorn* dans l'Inde, Yi-tsing revient125.)
ouvrage de \i-tsing (Sylvaia Lévi et Edouard Chavannes, Les seize Arhat pro-
tecteurs de la Loi, J. As., XI" série, t. VIII, /ig), Chavannes a inter-1916, p.
prété le texte : «Amoghavajra partit de (janlon sur un bateau k'ouen-loueni;
par «... sur un bateau malais??. L'équivalence k'ouen-iouen= malais n'est
dans le premier cas où il s'agit du Che-li-fo-che= Çrivijaya= em-sûre que
pire Palembaii. Pour la seconde citation, la même interprétation est dou-de
qu'il s'agit d'un bateau mêmeeuse, car le lexte ne dit pas expressément du
Chinois indiqué commepays. On sait, en effet, que les ont |1|^ -^ 1 ^ •^
'g' koti-loueii,k'ouen louen, variantes hiue-louen, des indigènes^ ^^
de l'Indonésie et de i'Inde transgangétique voisine. Cf. G. Ferrand , Le K'ouen-
iouen et les anciennes navigations inlerocéaniq^tes dans les mers du Sud, J. As.,
XI" série, t. XIII, et suiv. , en rectifiant ainsi favant-dernière phrase :p. 319
ff . . .Par langue k'ouen-Iouen à Java, au vii° siècle, il faut entendre le kawi
vieux-javanais; c'est le vieui-malais qu'on parlait à Palerabaii à la mêmeou
témoigne l'inscription de Banka. .11. Pour cette inscrip-épo ue, ainsi qu'eu ,
vide inj'ra, XXVII.tion,
(-) abrégée de emploie tantôt l'un, tantôtForme Che-li-fo-che. Yi-tsing
Iculre.

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