Visite de Vienne : 2013

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Présentation de la capitale autrichienne : Vienne

Publié le : jeudi 15 mai 2014
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Soliste du Wiener Staatsballett sur la scène de l’Opéra national de Vienne
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2013
Chères lectrices, chers lecteurs,
Vienne qui, depuis belle lurette, a érigé le plaisir en art, sait aussi com-ment renforcer le plaisir : d’abord, en le partageant avec autrui. C’est la raison pour laquelle les Viennois ont un sens de l’hospitalité si déve-loppé. Mais on peut aussi décupler le plaisir. D’où la devise, empruntée à Cervantès, à laquelle répondra 2013 : « Ce qui est bon n’est jamais de trop ». Quand Vienne élargit la palette des plaisirs, tous les sens sont à la fête – jugez par vous-même...
Du nouveau à voir : à la Kunstkammer du Kunsthistorisches Museum, qui rouvre après dix ans de fermeture. Ce Cabinet d’Art et de Curiosités, l’un des plus importants au monde, recèle bijoux uniques, objets d’art exotiques, trouvailles étranges et insolites – collectionnés par les empe-reurs Habsbourg et considérés comme des trésors, voire des prodiges, du Moyen-Âge à l’époque baroque.
Du nouveau à entendre : au Musikzentrum Augarten des Petits Chan-teurs de Vienne, qui vient juste d’être construit et accueillera ses pre-miers concerts et opéras pour enfants en 2013. Les «ambassadeurs musicaux de Vienne » ne seront pas les seuls à s’y produire, mais seront rejoints par d’autres artistes de renom, juvéniles ou adultes.
Du shopping comme jamais à partir de 2013 dans le « quartier doré » du centre-ville : une nouvelle zone piétonne attire les marques interna-tionales qui y créent, réimplantent ou agrandissent leurs flagship stores 2 viennois – du lèche-vitrines haut de gamme sur plus de 11 000 mdans un cadre historique préservé, entre palais baroques et immeubles Art nouveau.
Les saveurs et senteurs de Vienne, à redécouvrir à chaque visite : les res-taurants ne cessent de fleurir, invitation permanente à la dégustation ; et les marchés viennois déploient des arômes qui varient au rythme des saisons. Primés internationalement, les vins de Vienne livrent un bou-quet aux nuances chaque année changeantes– ilsméritent qu’on les savoure. D’ailleurs, cela vaut pour toute la capitale qui, en perpétuel renouvellement, sait pourtant garder son caractère unique.
Peut-être, chers lectrices et lecteurs, vous demandez-vous : « Et le si-xième sens ? ». La réponse est toute simple : c’est vous qui allez le déve-lopper en feuilletant ce journal. Il vous guidera pour que, parmi tous les plaisirs ici décrits, vous trouviez exactement ceux qui sont faits pour vous. Tout art, même celui des plaisirs, demande de l’inspiration et cette lecture a vocation à vous en fournir.
Envoussouhaitantdepasserunagréablemoment...
Norbert Kettner DirecteurgénéraldelOfcedeTourismedeVienne
Responsable de la publication :WienTourismus, A-1020 Wien, Obere Augartenstrasse 40, www.wien.info ·Concept & rédaction :WienTourismus, Andrea Kostner ·Coordination :Paul Daniel ·Textes :Susanna Burger, Paul Daniel, Stefan M. Gergely, Susanne Kapeller, Andrea Krems, Robert Seydel, Susanne Sommer ·Traduction :Francoise Guiguet ·Secrétaire de rédaction :Renate Hofbauer ·Rédactrice photo :Anna-Elisabeth Menz ·Recherches photographiques :Elisabeth Freundlinger · Maquette :Kreativ Mag. Evelyne Sacher ·Direction artistique :Jung von Matt / Donau ·Printed in Austria2636/12/30by Druckerei Berger
Informations données sans garantie et sous réserve d’erreurs et modifications.
Crédits photos Couverture :WienTourismus / Peter Rigaud ·Page 2 :portrait de Norbert Kettner : WienTourismus / Peter Rigaud ·Page 3 :détails des illustrations, cf. pages correspondantes ·Page 4 :visualisation de la Kunstkammer de Vienne : Kunsthistorisches Museum Wien / HG Merz ; Saliera, Benvenuto Cellini : Kunstkammer Wien /Kunsthistorisches Museum Wien ; vase en forme de dragon, Gasparo Miseroni : Kunstkammer Wien / Kunsthistorisches Museum Wien ·Page 5 :Corbaci : Rupert Steiner ; MuseumsQuartier : Wolfgang Simlinger ; Lena Hoschek : Lupi Spuma Fine Photography ; Burggarten : WienTourismus / Lois Lammerhuber ·Page 6 :Petits Chanteurs de Vienne : www.lukasbeck.com ; Donald Duck : Disney ·Page 7 :palais d’Augarten : www.augarten.at ; décor : décor ; Kaas am Markt : kaasammarkt ; Pinocchio by Philipp Bruni : WPA ·Page 8 :Kohlmarkt : WienTourismus / Lois Lammerhuber ; carnet d’échantillons : Alexander Schleissing, Wien ; « quartier doré » :SIGNA ·Page 9 :Diglas : Andrea Diglas, photographer, Zürich, Suisse ; Loos Bar : WienTourismus / Peter Rigaud ; hôtel particulier Liechtenstein : LIECHTENSTEIN. The Princely Collections, Vaduz–Vienna ; Café Korb : Café Korb ; restaurant Plachutta & Wiener Schnitzel : Plachuttas Gasthaus zur Oper ·Page 10 :A Dangerous Method : Everett Collection / picturedesk.com ; Before Sunrise : Interfoto / picturedesk.com ·Page 11 :Jude Law : Dor Film / photo d’Ingo Pertramer ; Le Troisième homme : Lu Wortig / Interfoto / picturedesk.com ; La pianiste : Everett Collection / picturedesk.com ; DVD Sissi : STUDIOCANAL GmbH ·Page 12 :boule à neige : Schneekugelmanufaktur ; chaise pour la Stadthalle : harald bichler-rauminhalt ; gants en cuir : www.ninapater.com ; And_I : And-I Irina Gavrich ; verres de Heuriger décoré à l’or fin : DAS GOLDENE WIENER HERZ® ·Page 13 :« Gemischter Satz » : WienTourismus / Popp & Hackner ; « Imperialtorte » : Hotel Imperial Wien ; modèle de Bisovsky : Atelier Olschinsky ; photo de Johann Strauss : Wien Museum ; pichet de Haerdtl : craig dillon ·Page 14 :Salle dorée du Musikverein : WienTourismus / Peter Rigaud ; Konzerthaus : WienTourismus / Daniel Zupanc ; Thomas Hampson : Dario Acosta ; Patricia Petibon : Felix Broede / DG ·Page 15 :Theater an der Wien : TAW Armin Bardel ; affiche d’Elisabeth : VBW ; Elisabeth dans la comédie musicale : Rolf Bock ; Concert d’une nuit d’été de l’Orchestre Philharmonique de Vienne : Wiener Philharmoniker, photo : Richard Schuster ; Popfest sur la Karlsplatz : They Shoot Music Dont They ; Donauinselfest : WienTourismus / Karl Thomas ·Page 16 :Volkstheater : WienTourismus / Peter Rigaud ; Volksgarten : Thomas Lerch, eventalbum.at ; Albertina Passage : söhne & partner / Severin Wurnig ·Page 17 :ambiance de bal : HOFBURG Vienna, LE GRAND BAL ; Life Ball : Life Ball / Robert Tober ; Pratersauna : claudio farkasch / lichtschalter.tv ; Wiener Staatsballett : WienTourismus / Peter Rigaud ·Page 18 :jeunes femmes au café : WienTourismus / Peter Rigaud ; Délices du Midi : Stefan M. Gergely ; Motto : motto ; Silberwirt : Hubert Dimko ·Page 19 :marché fermier sur l’Yppenplatz : Stefan M. Gergely ; Kent : Kent ; Brunnenmarkt : Stefan M. Gergely ·Page 20 :Île du Danube de nuit : WienTourismus / Christian Stemper ; Waluliso avec son porte-voix : Ludwig Weinberger ; « Filmteich », parc d’Oberlaa : Karl Thomas / allOver / picturedesk.com ·Page 21 :Prater : WienTourismus / Karl Thomas ; taverne de vignerons de la Fort viennoise : WienTourismus / Peter Rigaud ; orchidée : Norbert Novak ; pot de miel : Wald & Wiese, IBZ Bienen- und Naturprodukte Handelsges.m.b.H. ·Page 22 :motif de l’École d’Équitation espagnole : WienTourismus / Lois Lammerhuber ; panorama viennois : WienTourismus / Lois Lammerhuber ; chaises : WienTourismus / Peter Rigaud ·Page 23 :Natürlich Blond : VBW ; Mozarthaus :Mozarthaus Vienna / David Peters ; Marché de Pâques : WienTourismus / Karl Thomas ; École d’Équitation espagnole : WienTourismus / Lois Lammerhuber ; Vienna City Marathon : WienTourismus / Wolfgang Simlinger ; Festival du Goût : KKEÖ / Rita Newman ; Festival de Vienne : Mike Ranz ; MuseumsQuartier : Lisi Specht ;ImpulsTanz / Rosas Drumming Live : Hermann Sorgeloos ; Albertina, Soravia Wing : WienTourismus / Lois Lammerhuber ; Wiener Wiesn-Fest : Peter_Ziech, WiesnGmbH. ; Vienna Design Week : kollektiv fischka / VIENNA DESIGN WEEK ; ambiance de Heuriger : WienTourismus / Peter Rigaud ; Viennale au Künstlerhaus : Alexander Tuma ; romantisme de l’Avent : WienTourismus / Peter Rigaud ; Saint-Sylvestre de Vienne : WienTourismus / Karl Thomas
Dans leur extraordinaire cabinet de curiosités, les empereurs Habsbourg ont rassemblé art et raretés en tout genre. En mars 2013, cette collection unique au monde, la Kunstkammer, rouvrira ses portes au Kunsthistori-sches Museum. L’heure est à la curio-sité... Tout comme au MuseumsQuar-tier voisin – qui vous réserve aussi de nombreuses surprises culinaires. Ou au Spittelberg et dans le Burggarten. CURIEUXCABINET 4 Page
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300 ANS DE TEMPS ETDE SONS À Vienne, on a toujours une raison de faire la fête. Par exemple quand c’est l’anniversaire de deux institutions musicales, le Wiener Konzerthaus et le Musikverein. Et que des chanteurs d’exception comme Patricia Petibon et Thomas Hampson viennent les fé-liciter – sur scène et dans notre Jour-nal. Les scènes lyriques de Vienne célèbrent Wagner et Verdi. Et des millions de mélomanes savourent festivals et concerts à ciel ouvert.
Les Petits Chanteurs de Vienne sont sans doute le « groupe de garçons » le plus ancien du monde. À côté du palais qui leur sert de domicile, ils disposent désormais d’une salle de concert toute neuve. Un plus pour le plaisir auditif... Mais la vue et le goût trouvent aussi leur compte dans le superbe parc d’Augarten et dans le quartier tout proche, le « Kameliter-viertel » : Manufacture de Porcelaine, marché animé... AUGARTEN : JEU À DOMICILE 6 Page
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HUMEUR FESTIVE À Vienne, la vie nocturne bouge tous azimuts. En tête des tendances: la musique électronique avec ses clubs et ses festivals. La nuit est faite pour danser ! Le Life Ball aussi. Mais il y a moins déjanté : côté danse, les bals classiques cultivent la tradition. Et que dire du ballet national de Vienne, ou «Wiener Staatsballett», dirigé par le charismatique Manuel Legris...
Dans le centre historique de Vienne, les créateurs autrichiens côtoient boutiques de tradition et grandes marques internationales de luxe. Pour l’après-shopping, le «quartier doré »offre une quantité époustou-flante de cafés, restaurants, bars et vinothèques. Et pourquoi ne pas faire un petit crochet par le nouvel hôtel particulier Liechtenstein ? LE SHOPPING SENSATION 8 Page
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JEUNE ET TENDANCE Découvrez pourquoi la zone entre Freihaus et Margaretenplatz a le vent en poupe. Et quels bistros viennois ou «Beiseln »ont actuellement la cote. Partez avec nous en expédition dans la scène gastronomique de l’Yp-penplatz et testez tout un éventail de types de restauration. Petit guide de l’aventure-plaisir en passant...
« J’appréciela célèbre hospitalité viennoise », nous a confié la grande star d’Hollywood Jude Law dans une interview exclusive. Des légendes du cinéma, d’Orson Welles à Timo-thy Dalton, en passant par Clint Eas-twood, ont également adoré tourner à Vienne. Et nos jalons cinématogra-phiques font défiler la capitale pour vous, toile de fond de nombreux films. VIENNE, VILLE DE CINÉMA 10 Page
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VIENNE DANS LE FLUX ÉTERNEL Les Viennois sont très fiers de leur eau. D’abord de l’eau potable qui des-cend tout droit des Alpes pour ali-menter la ville. Mais aussi du Danube qui traverse la capitale. Venez savou-rer toutes les facettes de l’eau qui contribuent à la qualité de vie vien-noise. Avec, en sus, les Légendes de la Fort viennoise et des bons plans pour une journée verte à Vienne.
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Plus besoin de chercher le petit cadeau original à mettre dans vos valises : nous avons sélectionné pour vous dix souvenirs de Vienne, du grand classique à la création design, du must incontournable à la trou-vaille confidentielle. Et tous sont typiquement viennois ! 10 OBJETS VIENNOIS À REMPORTER 12 Page
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POUR VOTRE SÉJOUR VIENNOIS Bagages, voyage, naufrage? Sûre-ment pas ! Maintenant que vous voilà à Vienne, nous ne vous laissons pas tomber ! Ici, nous vous donnons des infos sur tout ce qui peut être utile et important pour que votre séjour soit placé sous le signe des plaisirs – des adresses de guichets d’information aux hotspots Wi-Fi, de la Vienna Card aux horaires des magasins.
CURIEUX CABINET
En mars 2013, la légendaire Kunstkammer, le Cabinet d’Art et de Curiosités des Habsbourg, va rouvrir ses portes au Kunsthis-torisches Museum (KHM) après 10 ans d’interruption.
L’empereur Rodolphe II n’était pas du genre facile à vivre. Piètre politique, le Habsbourgeois s’intéressait plus à l’alchimie et aux beaux-arts qu’aux intrigues diplomatiques de la cour de Vienne. Les affaires d’État lui faisaient horreur. Il préférait de loin col-lectionner les œuvres d’art – comme nombre de ses prédéces-seurs et successeurs. Une passion dont nous allons profiter dès le printemps 2013 : car les objets précieux rassemblés par les Habsbourg au fil des siècles forment le noyau de la Kunstkam-mer inaugurée de frais au KHM.
On pourra y admirer les objets artistiques et les bizarreries d’ici ou d’ailleurs que les Habsbourg ont réunis depuis le Moyen-Âge :travaux de joaillerie, bois sculptés, horloges, tableaux, statues, tapisseries murales, monnaies, armes et aberrations de la nature. Les «chambres des merveilles» qui virent ainsi le jour étaient à la fois musée et inventaire du savoir universel de l’époque. Un témoignage historique d’une valeur inestimable proposé à la fascination des visiteurs.
Et ce résultat du collectionnisme aristocratique ne laisse pas aujourd’hui encore d’éblouir: la Kunstkammer de Vienne est l’un des cabinets d’art les plus riches et les plus spectaculaires au monde. 2162 objetsy sont exposés dans 300 vitrines. La e pièce la plus ancienne est une tablette d’ivoire du IX siècle, la plus récente un plafond peint datant de 1891. Ce sont donc plus de 1 000 ans d’histoire que l’on pourra approcher sur les 2 717 mètres carrés de la Kunstkammer.
Saliera & dragon er er, Les empereurs FrédéricIII, MaximilienI ,Ferdinand IMaximilien II et surtout Rodolphe II furent les collectionneurs assidus du trésor conservé au KHM. Car ce sont de vrai trésors que le public va pouvoir redécouvrir. Notamment la précieuse salière en or de Benvenuto Cellini, la Saliera : réalisée au milieu e du XVIsiècle, elle a fait la une des journaux en 2003 après avoir été dérobée au Kunsthistorisches Museum ; elle ne sera retrou-vée qu’en 2006. Dans la nouvelle Kunstkammer, elle sera évi-demment à l’honneur – et en sécurité !
La Kunstkammer recèle aussi de nombreux objets étranges : le moulage d’un vrai crapaud ; un languier (vers 1450) avec ses dents de requins fossilisées dont on croyait à l’époque qu’il s’agissait de vestiges de dinosaures. Les « langues de serpent» servaient à détecter le poison – sansgrand succès, évidem-ment. À ne pas manquer non plus, un vase en forme de dragon en lapis-la-zuli et un automate à boire constitué d’un groupe figuré roulant avec Diane sur un centaure. Le centaure décochait ses flèches aux convives qui devaient alors vider leur gobelet.
La nouvelle Kunstkammer sera à la pointe des techniques modernes. Et ses précieux objets pleinement mis en valeur dans 300 vitrines.
« Monde de l’imagination » Cette réouverture n’est pas centrée seulement sur le quoi, mais aussi sur le comment. C’est ce qu’explique Sabine Haag, direc-trice générale du KMH dans une interview : « Nous souhaitons présenter ces œuvres exceptionnelles aux visiteurs de façon à ce qu’ils puissent appréhender ce monde de l’imagination et de l’émerveillement d’un seul coup d’œil. »
Pour ce faire, le nouveau concept repose sur un « cheminement à travers les époques ». Haag : « Il part des trésors du Moyen-Âge, évoque ensuite les débuts du collectionnisme pendant la e e Renaissance italienne, puis, au XVIet à l’orée du XVIIsiècle, les cabinets de curiosités, ancêtres des musées. Il poursuit avec l’époque baroque et va jusqu’au néoclassicisme, période dont sera présenté, pour la première fois dans l’histoire de la collec-tion, un aperçu très représentatif. » Bref, 20 salles de pur plaisir artistique.
Le vase en forme de dragon en lapis-lazuli est un chef-d’œuvre de la glyptique,exécuté à Milan (vers 1565/70).
LE QUARTIER PLAISIR
Situé à deux pas de la Kunstkammer, le MuseumsQuartier est l’un des complexes muséaux les plus vastes au monde.
Jadis, les chevaux des Habsbourg résidaient ici. Aujourd’hui, le MuseumsQuartier (MQ), inauguré en 2001, héberge de presti-gieuses institutions dédiées à l’art : Leopold Museum (princi-pale collection de Schiele au monde !), mumok – Musée d’Art moderne, Kunsthalle, Tanzquartier et Architekturzentrum Wien (qui ftera ses 20 ans en 2013). Mais le MQ est également un superbe chill out : à la belle saison, des canapés de créateurs invitent à se relaxer en plein air. D’ailleurs, chaque année, « l’Été du MQ » est une vraie fête : jeux de boules, sets de D.J. et cafés-terrasses branchés vous donnent une sensation de vacances.
De nombreux restaurateurs ont compris le potentiel de cet es-pace culturel de 60 000 mètres carrés. Aucafé-restaurant Cor-baci, le plafond de mosaïques dû à l’artiste turque Asiye Kol-bai-Kafalier forme un très beau contraste avec le minimalisme architectural des lieux. AuCafé Leopold, la nuit se fait jour : les rythmes des D.J. et les projections vidéo garantissent des soirées pointues. Quand l’été frôle la canicule, le jardin idyllique du Glacis Beislpermet de savourer coins d’ombre et cuisine vien-noise.Halle,MQdailyetKantineviennent compléter l’offre gas-tronomique. Deux bons plans pour les familles : leZoom(musée pour enfants) et leDschungel Wien(théâtre pour jeune public).
Le MuseumsQuartier, l’un des complexes muséaux les plus vastes au monde, attire bon an mal an quelque 3,8 millions de visiteurs.
Le plafond en mosaïque du café-restaurant Corbaci aimante le regard.
Parc de style anglais, le Burggarten était le jardin privé de l’empereur François-Joseph. C’est là que se trouve le seul monument à la gloire de l’empereur.
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Dans le quartier du Spittelberg, riche en bonnes tables, la créatrice Lena Hoschek a désormais pignon sur rue.
LE QUARTIER CRÉATIF
Le Spittelberg est un lieu de charme avec ses ruelles pitto-resques où se côtoient restaurants et boutiques.
Jouxtant l’arrière du MuseumsQuartier, le Spittelberg fait partie de l’arrondissement design de Vienne, Neubau. Ce quartier revi-talisé de l’époque Biedermeier a de quoi séduire : restaurants, cafés et bars aux terrasses généreuses (souvent nichées dans des arrière-cours romantiques) alternent avec des boutiques de sty-listes.das möbel, c’est les deux à la fois : son mobilier, sur lequel on dégustera café et pâtisseries, s’achète ! Chez la créatrice autri-chienneLena Hoschek, on craque sur une mode féminine pure-ment années 50 et des tenues folkloriques branchées.
La particularité du Spittelberg: sa concentration de bonnes tables ! Ici, la cuisine viennoise domine. Avec son bar, son res-taurant et son bel atrium couvert, leLux possèdedes atouts irréfutables. L’Amerling Beislun des grands classiques du est Spittelberg avec sa charmante cour intérieure.Witwe Bolte et Zu ebener Erde und erster Stock offrenttous deux un cadre convivial et une carte savoureuse. Mais le plus chic de tous est certainement leKulinarium 7, avec ses caves superposées et ses vins ou produits fins proposés à la vente. Coup de cœur garanti, lemarché de Noël annueldu Spittelberg permet de dénicher de jolis cadeaux faits main, mais aussi de déguster punch et vin chaud.
PALMIERS & PALAIS
Si,quittantleKunsthistorischesMuseum,ontraversele Ring, on découvre bientôt un petit paradis au cœur delaville:leBurggartenavecsaSerreauxPalmiersArtnouveau.Lesamateursdebainsdesoleilchoi-sirontsansdoutelapelouse,lesamisdelanaturelaSerreàPapillonsetlesgourmetslacuisinerafnéedurestaurantPalmenhaus,àsavourersurlamagniqueterrasse ou sous la verdure de la serre.
AUGARTEN : JEU À DOMICILE
Avec leurs 515 ans de tradition, les Petits Chanteurs de Vienne sont le plus vieux « groupe de garçons » du monde. Leur nou-velle salle de concerts d’Augarten est un signe fort.
Quand on passe devant le n° 1c de l’Obere Augartenstrasse, on entend parfois résonner jusque dans la rue les gammes des Petits Chanteurs de Vienne. Désormais, on peut enfin aller écouter les jeunes choristes émérites de Vienne dans une salle de concerts bien à eux. Au cœur de Vienne (et curieusement, à quelques mètres du vrai centre géographique de la ville), leur fief vient de se voir doté d’un nouveau centre musical. Celui-ci sera un lieu de répétition et de représentation pour les Petits Chanteurs de Vienne qui y donneront leurs concerts et leurs opéras pour enfants. Mais il accueillera aussi divers projets musicaux et fes-tivals pour jeune public. Augarten, la culture en marche...
La nouvelle salle de concerts est un joyau technique : c’est un plaisir acoustique d’une rare intensité qui attend les 380 spec-tateurs. Sur le plan optique, cet édifice hypermoderne se veut délibérément en retrait : il s’insère comme un second plan dans l’ensemble baroque constitué par le mur d’enceinte et les an-ciens communs.
Les 100 voix d’Augarten Répartis en quatre formations de 25 choristes, les enfants âgés de 9 à 14 ans vivent dans l’ancien palais impérial d’Augarten, y chantent et y suivent leurs cours. La maternelle, l’école primaire et le lycée affiliés reçoivent aussi des filles, dispensant bien sûr un enseignement spécialisé de la musique. Les garçons donnent quelque 300 concerts par an pour un demi-million de specta-teurs. Chacun des chœurs (baptisés Schubert, Mozart, Haydn et Bruckner) part en tournée environ deux mois et demi par an, si bien que chaque garçon se produit environ 80 fois. C’est plus que certaines pop stars. En 2013, ils iront en Australie, en Asie et aux USA. Et, après dix ans d’interruption, également en Grande-Bretagne.
De Bach à la pop Le répertoire des Petits Chanteurs va du Moyen-Âge à la création contemporaine, avec une priorité donnée aux motets, lieder, valses et polkas de Johann Strauss & Cie. Les choristes sont ini-tiés à une multitude de styles musicaux. C’est ainsi qu’ont lieu
Fu-pa, dromadaire de l’opéra pour enfantsZwischen Weltenet mascotte des Petits Chanteurs de Vienne, inspecte le chantier de la nouvelle salle de concerts en juin 2011.
Depuis 1924, les Petits Chanteurs portent le costume marin. Car c’était jadis la tenue de l’homme du monde – comme Donald Duck...
Pleins d’entrain, les 100 Petits Chanteurs de Vienne sont chez eux dans le parc d’Augarten.
Moby Dick, opéra pour enfants deRaoul Gehringer (musique) et Tina Breckwoldt (livret)
des projets inter-genres, comme « La Route de la Soie », alliant voyage dans des contrées lointaines et production cinématogra-phique (un must : le DVDSilk Road – Songs along the Road and Time).
De grands noms de la musique se produisent aux côtés des Petits Chanteurs de Vienne: l’Orchestre Philharmonique de Vienne ou la Staatskapelle Berlin pour les ensembles, Pierre Boulez,Nikolaus Harnoncourt, Mariss Jansons ou Riccardo Muti pour les chefs d’orchestre. Et de grands artistes sont issus de cette pépinière musicale : il y eut Franz Schubert et les frères Haydn,Joseph et Michael, et plus récemment le chef d’orchestreFriedrich Haider, le compositeur hk gruber, le ténor HerbertLippert et le comédien Fritz Karl. Pour la suite de la liste, faisons confiance à l’avenir...
La musique de Mozart La pratique musicale jouit d’une longue tradition sur le site d’Au-garten – le 5 mai 1782, Wolfgang Amadeus Mozart écrit à son père : « Cet été, il y aura désormais musique tous les dimanches dans l’Augarten ». Le cycle évoqué ici va connaître un temps fort : le concert donné par Mozart le matin du 26 mai 1782, avec notamment la Symphonie dite « de Paris ». Ignorant le politi-quement correct, c’est exprès qu’on programmait ces concerts le matin, pour que le bas peuple, alors au travail, ne vienne pas déranger la haute société. Aujourd’hui, les Petits Chanteurs de Vienne dédient à tous les plaisirs musicaux du parc d’Augarten.
UN PARC POUR TOUS LES SENS
Augarten est le plus vieux parc baroque de Vienne, il abrite des lieux culturels de renom – des Petits Chanteurs de Vienne à l’illustre Manufacture de Porcelaine Augarten.
Difficile de trouver plus coloré que le parc d’Augarten dans le e 2arrondissement. Ses jardins baroques, les plus anciens de la capitale, couvrent une surface de près de 52 hectares. En flânant le long des grandes allées bordées de parterres fleuris, peut-tre aurez-vous la chance d’apercevoir les Petits Chanteurs qui ré-sident dans le palais d’Augarten. À côté de cet édifice baroque se trouve la plus ancienne manufacture de porcelaine d’Europe : voilà près de 300 ans qu’Augarten Wien fabrique à la main la plus fine des porcelaines. Il suffit, pour s’en persuader, de visi-ter la Manufacture et le tout récent Musée de la Porcelaine. La Manufacture d’Augarten a toujours cherché à collaborer avec les artistes contemporains. Et continue de le faire, comme le prouvent les modèles de créa-teurs modernes tels que Thomas Feichtner ou Philipp Bruni. Le palais d’Augarten plaît égale-ment aux fines bouches : le café-restaurant «décor »,qui porte fort bien son nom, réinterprète la cuisine locale et la sert, cela va de soi, dans de la porcelaine Au-garten ; ses deux terrasses offrent une vue magnifique sur le parc.
Augarten est le plus vieux parc baroque de Vienne. Le palais abrite la Manufacture de Porcelaine et le Musée de la Porcelaine Augarten.
La célèbre mécène Francesca Habsbourg a trouvé pour sa collec-tion d’art contemporain «Thyssen-Bornemisza Art Contempo-rary » un cadre à sa mesure dans le parc d’Augarten. En outre, chaque été, un festival de cinéma à ciel ouvert rassemble les ciné-philes qui viennent savourer dans le parc films rares et plaisirs gourmands. Contrastant avec l’univers baroque d’Augarten, les deux tours de D.C.A. datent de la Seconde Guerre mondiale. Des-tinées autrefois à la défense anti-aérienne, elles ont aujourd’hui vocation de mémorial et de témoignage historique.
La terrasse du café-restaurant « décor » est un endroit idéal pour savourer la sérénité du parc.
Porcelaine contemporaine :le designer Philipp Bruni a créé pour Augarten ce vase moderne baptisé « Pinocchio ».
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KARMELITERVIERTEL, QUARTIER GOURMAND
e Le Karmeliterviertel, quartier du 2arrondissement, vibre au rythme de son ravissant Karmelitermarkt et de ses nombreux restaurants.
Le marché dit Karmelitermarkt ne se trouve qu’à quelques minutes du parc d’Augarten. De taille restreinte, il est néan-moins réputé pour la qualité de ses produits bio et pour ses stands slow food, mais aussi pour son marché paysan. Depuis ces dernières années, on y trouve de nombreuses petites tables branchées. LeTewaet leZimmer 37cuisinent exclusivement bio. ChezMadiani, on découvrira la gastronomie géorgienne, et pourquoi pas au petit-déjeuner...Kaas am Marktest un mélange intéressant de traiteur et de restaurant. Ce boom des restaurants fait tache d’huile autour du Karmelitermarkt: le classique Vincentpar sa cuisine jeune et inventive, qui le place étonne en bonne position parmi les grands restaurants de la ville. Le Skopik & Lohnincarne la modernité dans la culture des bistrots viennois. Avec sa cuisine fusion japonaise, leMochin’est plus à proprement parler dans le Karmeliterviertel. Mais il vaut le détour, et pas seulement à cause de ses créations de sushis fort inattendues.
« Kaas am Markt » est un des lieux les plus courus du Karmelitermarkt et une preuve de la vitalité gastronomique des marchés viennois.
LE SENSATION
Ce qui rend le shopping à Vienne si particulier ? Créateurs et entreprises traditionnelles d’ici côtoient les marques de luxe d’ailleurs. Et puis il n’est pas sans intérêt de détacher parfois son regard des vitrines et de leurs tentations pour regarder vers le haut : les façades non plus ne manquent pas de classe...
Le Kohlmarkt brille de mille feux – pas seulement à Noël, où cette rue se fait un look très glamour. Mais une chose est sûre, elle n’est pas faite pour être traversée au pas de course, quand Tiffany, Chopard et Cartier alternent avec de grandes maisons viennoises. Parmi les joyaux qu’elle recèle, certains sont de na-ture architecturale : par exemple l’Artaria-Haus de Max Fabiani, que l’on reconnaîtra à sa façade en retrait. Nettement plus jeune, mais non moins chic, l’entrée de la joaillerie Schullin a été réa-lisée dans les années 1980 par une star de l’architecture, Hans Hollein.
L’harmonie d’ensemble que forment l’ancien et le modernes’affirme encore lorsque l’on prend le prolongement du Kohl-e markt en laissant le Graben à sa droite : au XIIIsiècle se trou-vaient ici les arcades des drapiers et des tailleurs qui donnèrent son nom à cette rue, la Tuchlauben (littéralement : tonnelle aux tissus). Aujourd’hui, de nombreuses marques prestigieuses y ont créé leur flagship store. C’est pourquoi les Viennois ont sur-nommé cette nouvelle zone piétonne le « quartier doré » : plus de 2 11 000 md’élégance qui a nom Prada, Armani, Miu Miu ou LouisVuitton...
Dans le « quartier doré », on peut s’immerger dans le luxe à plaisir.
Le chic viennois Peu connue, mais distinguée : la réputation de la mode vien-noise n’est plus à faire sur la scène internationale. Le duo de sty-listesSchella Kannest une valeur sûre de l’univers fashion. Sise dans un immeuble Art déco de la Spiegelgasse, leur boutique est le reflet architectural de leurs collections : lignes claires et détails raffinés. Résolument puriste, le showroom de la créatrice Michèl Mayerse trouve dans la Maison de l’Ordre Teutonique, dans la Singerstrasse, juste derrière la cathédrale St-Étienne. Une adresse où certaines viennent se vtir pour le Bal de l’Opéra...
Une « toilette en satin duchesse blanc », telle était la commande d’Emmy Ephrussi, encore consignée dans le carnet d’échantillons de Jungmann & Neffe.
Le Kohlmarkt : flâner, jauger, admirer dans un cadre prometteur
Traditions et privilèges Un bon artisan a de l’or dans les mains, dit un adage. En Au-triche, à l’époque impériale, certaines entreprises artisanales se voyaient récompensées d’un privilège, celui d’approvisionner la cour. Elles étaient alors nommées « livreurs de la cour impériale et royale » – titre qu’elles portent aujourd’hui encore.
En entrant dans la très noble boutiqueKnizesur le Graben, on devine d’emblée une fragrance où se mêlent la bergamote, le cèdre, l’orange et une prise de santal: voilà Knize Ten, la première série de parfums pour hommes au monde. Chez cet illustre couturier pour messieurs, on peut se faire faire un cos-tume sur mesure ou en choisir un parmi les modèles de prêt-à-porter.
Depuis 1881 trône sur l’Albertinaplatz la maisonJungmann & Neffe. Des balles de tissu multicolore sont empilées sur des éta-gères en bois, dans des vitrines sont exposées cravates et bre-telles extravagantes. Le carnet d’échantillons est une pièce de musée : il nous renseigne sur les étoffes que choisissait le gratin de l’époque– l’impératriceSisi, la baronne Vetsera ou Emmy Ephrussi, qu’Edmund de Waal a récemment immortalisée dans La Mémoire retrouvée.
Il existe depuis 1720 à Vienne un magasin de linge de maison dont le plus grand souci fut de veiller à ce que l’empereur ne manquât jamais de mouchoirs:Zur Schwäbischen Jungfrau. Aujourd’hui, on peut y commander nappes et draps à son goût, et même faire broder son monogramme à l’ancienne.
Le Café Diglas vous transporte dans le Vienne d’antan.
CUISINE, CAVE & CAFÉ
On dit souvent que les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Mieux vaut donc les savourer que de les analyser. Une chance qu’il y ait à Vienne une telle diversité de cuisines régionales et étrangères. Pas un palais qui n’y trouve son bonheur ! Mo-derne ou classique, café ou restaurant, bar ou cave à vins : le choix est à vous couper le souffle – mais pas l’appétit...
Une sortie shopping sans pause café ? Aussi impensable qu’un grand crème sans mousse de lait. Entrer dans un café viennois, c’est être transporté dans un autre monde. Comme auCafé Diglasoù l’on se croit en plein Biedermeier – musique comprise. Le Café Korbsalon »des écrivains, lui, n’est pas seulement le « modernes, mais aussi un club lounge des plus actuels. Comme chez de vieux amis : sur la Franziskanerplatz, LeKleines Caféa su ne pas changer, demeurant ce lieu chaleureux où bavarder, boire le café et refaire le monde.
Nouveau haut lieu de la gastronomie viennoise : le Gasthaus zur Oper de Plachutta
Toujours l’un des lieux les plus prisés de Vienne : le Loos Bar
Escaliers ornés de sculptures de Giovanni Giuliani(1664-1744), 1704/05
La cuisine viennoise « Les grandes spécialités de la cuisine viennoise, de la Wiener Schnitzel classique au dessert le plus raffiné, sont fabuleuses. C’est grâce à elles que j’ai pu m’imposer dans le paysage gas-tronomique new-yorkais», explique Kurt Gutenbrunner, pro-priétaire du restaurant Blaue Gans à New York. La star des four-neaux peut effectivement tre fier de ses racines culinaires...
C’est peut-être auGasthaus zur Oper dePlachutta quel’on mange l’une des meilleures Wiener Schnitzel – de veau, comme il se doit. Il y a peu, les bec fins se passaient en douce l’adresse de Walter Bauer, mais ce temple gourmand, qui est une pépinière de jeunes talents inventifs, affiche déjà sa première étoile au Mi-chelin. La finesse du goût n’exclut pas l’opulence du cadre :Ein Wiener Salonen est un bon exemple avec sa carte prometteuse. Plaisirs gustatifs très viennois et bar plein de charme attendent les clients deZum Schwarzen Kameel. Et le très élégantAlber-tina Passagesert sa gastronomie haut de gamme accompagnée d’un cocktail subtil de jazz, funk et soul.
Vienne et le vin sont inséparables – comme le Kahlenberg et le Danube. Pour le plus beau choix de vins de Vienne, c’est chez Wienoqu’il faut aller, tout près de l’Hôtel de Ville ; à voir aussila plus vieille cave de Vienne, 5 fois centenaire, qui s’appelle Villon.
e En 2013, Vienne commémore le 80anniversaire de la mort d’Adolf Loos, qui a créé un morceau d’anthologie architecturale avec son emblématiqueAmerican Barlieu tout en bois– un sombre, marbre et miroirs, et bourré d’atmosphère...
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L’HÔTEL PARTICULIER LIECHTENSTEIN
À quelques encablures du Burgtheater, l’hôtel particulier Liech-tenstein est emblématique de la période du haut-baroque et constitue l’un des fleurons du vieux Vienne. Ce joyau archi-tectural qui appartient à la famille princière regorge de chefs-d’œuvre Biedermeier et néoclassiques – qui ne se visitent que sur rendez-vous et en groupe. Grâce à une rénovation de longue haleine, accomplie avec minutie et dévouement, le mobilier d’origine et les somptueux parquets de Michael Thonet ont pu être conservés.
Art Lounge au Café Korb : un rendez-vous d’artistes très en vogue
« Prendre un filet de veau délicat, l’attendrir au marteau de cuisine, le passer dans la farine, l’œuf, puis la chapelure, et le faire dorer dans du beurre clarifié » (tiré d’un vieux livre de cuisine viennois). On dit qu’autrefois, de l’or en feuille était utilisé dans la panure...
C’est devant le Belvédère supérieur que Viggo Mortensen (g.) et Michael Fassbender ont été filmés lors du filmA Dangerous Methoden 2010.
DESSTARSENACTION ÀVIENNE Depuis près d’un siècle, les plus beaux monuments de Viennenombreuses curiosités que les caméras ont le plus souvent étéla Grande Roue du Prater, emblème de Vienne (avec laWelles : servent de décors à des productions cinématographiques in-braquées.cathédrale St-Étienne). Une visite intitulée « Dritte Mann Tour » ternationales.vous plonge aujourd’hui dans l’ambiance de la poursuite finale Vienne, site de tournage, c’est une tradition : dans les années à travers les égouts de Vienne. Et il existe un musée consacré Vienne n’est peut-être pas Hollywood, mais les cinéastes du1920, déjà, deux péplums hollywoodiens sont tournés à Vienne, tout entier au film ! monde entier adorent tourner à Vienne : en 2011, 57 produc-Sodome et Gomorrhe(1922) etL’Esclave reine(1924). Le premier tions internationales ont demandé des autorisations de tournagegrand classique date de 1948 :Le Troisième homme, avec Orson Sissi, Mousquetaires et James Bond à la Vienna Film Commission, le service d’assistance aux profes-Welles dans le rôle du légendaire trafiquant de pénicilline Harry La curiosité la plus visitée de Vienne est l’héroïne principale sionnels du cinéma. C’est sur le premier arrondissement et sesLime, dans la Vienne d’après-guerre. Autre héros aux côtés de de la célèbre trilogie desSissi, tournée dans les années 1950 : Schönbrunn. Romy Schneider, qui incarne la malheureuse im-pératrice Élisabeth, erre dans le château et ses jardins. En 1993, une autre ancienne résidence des Habsbourg, le Palais impé-rial, a servi de double à... Paris ! L’histoire desTrois Mousque-taires, pourtant, se passe dans la capitale française. Mais pour le tournage du film, avec Charlie Sheen et Kiefer Sutherland, la Seine s’est muée en Danube. Quatre mois durant, Vienne a été e une parfaite réplique de la France du XVIIsiècle. Le Burggar-ten, où avaient lieu de nombreuses scènes, a accueilli jusqu’à 1 000 figurants. En 1981, Vienne s’était déjà fait passer pour une autre capitale : Moscou sous le communisme. Dans le film d’actionFirefox, l’arme absolue, avec Clint Eastwood le multi-oscarisé, le Canal du Danube devient Moskova et le métro viennois moscovite. À propos de métro : selon une boutade de l’ancien maire de Vienne Helmut Zilk, les producteurs d’un autre film d’espionnage cé-lèbre pouvaient « le faire sauter si besoin »... En effet, quelle joie lorsqu’en 1986, James Bond est en mission à Vienne dansTuer L’Opéra national a servi de toile n’est pas jouer. Timothy Dalton au Prater, au Volksoper, à Schön-de fond au film romantique Before Sunriseavec Ethan Hawkebrunn, dans un gazomètre : ça met de l’action ! Et le métro dans et Julie Delpy. tout ça ? Il est toujours là...
JUDE LAW : « J’APPRÉCIE LA CÉLÈBRE HOSPITALITÉ VIENNOISE »
Même avec un bonnet sur la tête, il réussit à nous plaire : Jude Law en 2011 lors du tournage du film 360 à Vienne. L’adaptation de La Ronde d’Arthur Schnitzler, qui n’est pas avare en V. I. P. (aux côtés de Jude Law figurent aussi Anthony Hopkins et Rachel Weisz), a été tournée en grande partie à Vienne. Fernando Meirelles en est le réalisa-teur. Le Naschmarkt et le Ring ont servi de décors. Dans une interview exclusive, Jude Law a donné au Journal de Vienne son avis sur la capitale. Quelle a été votre première impression de Vienne, qu’est-ce qui vous a le plus plu ? J’ai apprécié la nourriture et la célèbre hospitalité viennoise. J’ai aussi beaucoup aimé le Naschmarkt avec toutes ses odeurs, ses couleurs et son atmosphère. Ce sont autant de raisons de revenir à Vienne. Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné ? En général, les touristes auront plus de temps que moi pour aller voir les monuments. Nous avons vraiment travaillé très dur sur ce film. Mais Vienne regorge d’endroits qui valent la visite. Était-il important qu’une partie du film soit tournée à Vienne ? Très important, parce que le début et la fin se passent à Vienne. Comme dans la pièce originale d’Arthur Schnitzler dont Peter Morgan s’est inspiré. Vienne est réputée pour la vie intellectuelle et culturelle très féconde qu’elle a connue au e XIX siècle.C’est pour cela qu’il nous fallait l’atmosphère authentique de la ville pour ce film.
LheurefutplutôtauromantismesurletournagedeBefore Sunriseen 1994 : dans le train, entre Buda-pest et Paris, Ethan Hawke rencontre Julie Delpy, lamourdesavie,etpasse14heuresàVienneavecelle.Lesvedettesdulm,outrelesdeuxamants:lAlbertina,lePrater,lePalaisimpérial,leCanalduDanube, le Ring et la Votivkirche.
En2010et2011,Vienneareçuléliteducinémahollywoodien:ledramepsychanalytiqueA Dan-gerous MethodarVgiogmécaalntvadeinuéraMortensen, Keira Knightley et Michael Fassbender avec pour toile de fond, entre autre, le BelvédèreetleMuséeFreud.CestenrevancheauNaschmarktet sur la Ringstrasse que s’est rendu Jude Law pourtournerlelm360 (d’aprèsLa RondedeSchnitzler).
Peter Morgan pressenti pour les Oscars Le scénario de360de Peter Morgan (nominé aux Oscars est pourThe Queen etpourFrost/Nixon, l’heure de vérité), qui vit à Vienne ; dans une interview exclusive, il ne tarit pas d’éloge : « Vienne offre un cadre impérial, mais aussi une urbanité mo-derne, multiculturelle. Si la ‚Gemütlichkeit‘, cette convivialité lé-gendaire, est vraiment présente à chaque coin de rue, la jeunesse l’est encore plus. »Et Morgan de continuer :« Cette ville multiple, assemblage des époques et des peuples, est un excellent terreau pour toute forme de créativité.» Tourner360 àVienne, c’était obligatoire pour Morgan, qui souhaitait faire deLa Ronde deSchnitzler quelque chose de neuf, une histoire moderne :« Vienne était le lieu optimal, parce qu’elle a l’authenticité de la fin-de-siècle tout en étant une métropole moderne ». Morgan n’a gardé de Schnitzler qu’une chose :« L’histoire commence et se termine à Vienne. »Comme beaucoup d’autres histoires avant elle...
Le filmLa Pianistea été réalisé en 2011 par Michael Haneke. Le tournage a eu lieu à Vienne, en particulier au Konzerthaus. Pour ce film, Haneke a obtenu le Grand Prix du Jury du Festival de Cannes. Depuis, le réalisateur a reçu deux fois la Palme d’Or du Festival de Cannes (la dernière en 2012 pourAmour) et un Golden Globe du meilleur film étranger (pourLe Ruban blanc).
Jude Law lors du tournage de360au Naschmarkt
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La Grande Roue du Prater a joué un rôle décisif dans l’illustre filmLe Troisième homme.
VIENNE AU CINÉMA :10 DATES-CLÉ
1. LeTroisième homme: filmnoir sur le trafiquant de pénicilline Harry Lime (Orson Welles) dans la Vienne d’après-guerre encore en ruine sur un air de cithare il-lustrissime (1949). 2. Latrilogie des Sissi :Romy Schneider dans le rôle de la jeune impératrice aux prises avec les intrigues de la cour d’Autriche (1955-57). 3. Portierde nuit: filmsur la relation sadomasochiste entre une survivante d’un camp de concentration (Char-lotte Rampling) et son ancien bourreau SS (1974). 4. Firefox,l’arme absolue :affrontement entre Soviétiques d’un côté et Américains et Britanniques de l’autre au-tour d’un nouvel avion de chasse (avec Clint Eastwood ; 1982). 5. JamesBond – Tuer n’est pas jouer :Timothy Dalton en 007 dans une course poursuite à travers Vienne (1987). 6. LesTrois Mousquetaires :film de cape et d’épée libre-ment adapté du roman d’Alexandre Dumas avec Kiefer Sutherland et Charlie Sheen (1993). 7. BeforeSunrise : EthanHawke et Julie Delpy passent une nuit d’amour à Vienne (1995). 8. Lapianiste :cinéaste deux fois récompensé de la Palme d’Or à Cannes, Michael Haneke a adapté en 2001 le roman éponyme du Prix Nobel Elfriede Jelinek sur les rapports conflictuels entre une mère dominatrice et sa fille (Isabelle Huppert). 9. ADangerous Method :Viggo Mortensen alias Sigmund Freud et Michael Fassbender alias C. G. Jung se déchirent sur fond de psychanalyse (2011). 10. 360:libre adaptation deLa Ronde d’Arthur Schnitzler avec Jude Law, Rachel Weisz et Anthony Hopkins (2012 ; sortie du DVD au printemps 2013)
La trilogie desSissiconnaît un succès mondial depuis les années 1950. Principal partenaire de Romy Schneider : le château de Schönbrunn.
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