Visiter Barcelone à velo

Publié par

Pour se déplacer sans souci à vélo à Barcelone, il est utile de tenir compte de trois paramètres importants : la topographie, le climat, le type du quartier qu’on veut traverser ou parcourir. Il faut ensuite préparer ses itinéraires, car on trouve dans celle ville dédiée à
l’automobile d’excellentes initiatives… cyclables
Publié le : mercredi 7 mai 2014
Lecture(s) : 30
Tags :
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins
 Ailleurs
Barcelone à vélo
Pour se déplacer sans souci à vélo à Barcelone, il est utile de tenir compte de trois paramètres importants : la topographie, le climat, le type du quartier qu’on veut traverser ou parcourir. Il faut ensuite préparer ses itinéraires, car on trouve dans celle ville dédiée à l’automobile d’excellentes initiatives… cyclables.
La topographie Bien que ville côtière, la capitale cata-lane est toute proche de la montagne. Son tissu urbain monte en pente douce du littoral jusqu’aux quartiers populai-res de Gracia, situés à environ 4 km du port. Mais la dénivelée ne pose aucun problème. Ensuite, la pente se durcit en direction du Tibidabo (le grand parc d’attractions) où les rues deviennent le terrain d’échauffement des cyclistes de route, qui tentent la magnifique as-cension. A mesure qu’on se dirige vers l’ouest, on passe du vélo-transport au vélo-sport. Au sud de la ville, le Parc de Montjuïc, colline où se situent de grands musées, est également très escarpée, mais pas inaccessible au cycliste urbain confirmé et convaincu. La route en lacets offre par ailleurs de superbes panoramas sur la ville, pour lesquels une halte salvatri-ce et photographique s’impose ! Pour résumer, les itinéraires est-ouest sont de plus en plus pentus à mesure qu’on se déplace vers l’ouest ; les itiné-raires nord-sud sont globalement plats, sauf pour aller à Montjuïc.
Le climat On pense souvent - à tort - que le grand froid handicape la pratique du vélo ur-bain. C’est vrai à Montréal, où sortir par -30°C avec le vent de face est plutôt désagréable. Il fait trop « frête » comme disent les Québécois… Mais en Europe, un mercure à -10°C ne pose aucun souci, dès lors que les extrémités sont couvertes. De plus, le pédalage, même doux, fait produire par l’organisme une 24
Une rangée de Bicing, vélos en libre service barcelonais
élévation de sa température tout à fait agréable et 100 % écologique. A Barcelone, c’est justement la chaleur qui peut être handicapante. Au-delà de 30°C, certaines manifestations cor-porelles nous rappellent qu’il est préfé-rable de passer sur petite vitesse, voire de prendre les transports collectifs. Or, Barcelone est sous l’influence du cli-mat méditerranéen ; il peut y faire très chaud d’avril à octobre. Si on combine la chaleur et la nécessité d’aller à vélo dans les quartiers escarpés, cela de-vient franchement pénible. L’idéal est de loger en hauteur. Ainsi, on arrive frais à destination et on rentre transpirant pour se doucher.
Les quartiers On peut classer les quartiers de Barce-lone selon leur degré de praticabilité cyclable. Les plus adaptés sont les quartiers ma-ritimes, la Barceloneta et les quartiers situés au nord de l’avenue Diagonal. La Barceloneta est un ancien quartier mi-litaire au plan rigoureux. Reconverti en quartier résidentiel branché, peuplé de classes moyennes, ses rues étroites sont calmes, peu fréquentées par les auto-mobilistes et parsemées de bars et res-taurants tout à fait intéressants. De plus, le quartier est totalement plat. Il dessert les plages (oui, on se baigne à Barcelo-ne !). Le front de mer est très bien amé-nagé pour cyclistes et piétons. Même ambiance pour le quartier de
Gràcia. Il doit être visité à vélo. Rien à y voir de très impressionnant mais une atmosphère très paisible et authenti-que, loin des attraits touristiques ma-jeurs comme les grouillantes Ramblas ou les maisons de Gaudì, au demeu-rant magnifiques. Façades multicolo-res, enfants jouant dans la rue, petites épiceries typiques font le charme de ce vaste quartier. Voies étroites, ralentis-seurs, impossibilité de stationner font fuir les automobilistes et c’est tant mieux ! On trouve ensuite le Barri Gòtic, lové autour de la cathédrale, et la Ciutat Vella. L’étroitesse des innombrables ruelles, leur caractère tortueux et pié-tonnier se prêtent mal à l’utilisation du vélo, à moins de rester sur les rues prin-cipales, mais alors de louper les bars à tapas, ou de supporter stoïquement la cohabitation perpétuelle avec les pié-tons. C’est à pied que se parcourent ces vieux quartiers. Il n’est pas toujours aisé de circuler dans l’Eixample, extension moderne de la ville située à l’ouest. Aménagée à la fin e du XIXsiècle, cette zone est organisée selon un plan orthogonal déroutant. Pour le touriste, elle est incontournable car elle comprend notamment les chefs d’œuvres de Gaudì (maisons, mobilier urbain…) et la Sagrada Familia, la seule cathédrale en construction (depuis 100 ans !)en Europe. Mais, prudence si on s’y déplace à vélo. Il faut préparer son itinéraire. De prime abord, tout y est conçu pour la voiture: larges artères, feux synchronisés, envahissement des Vélocité n° 103 • décembre 2009
espaces de stationnement, alternance de sens uniques, y favorisent une den-sité infernale de voitures et une vitesse élevée. Les intersections sont octogo-nales, ce qui à la fois dégage la visi-bilité vers l’avenue perpendiculaire et incite à prendre les tournants à vitesse élevée. On trouve quelques aména-gements cyclables, bien conçus. Car ils ne concernent que les principales avenues (Diagonal, Passeig de Gracia, Corts Catalanes…) et une minorité des avenues « secondaires », il est important de préparer son itinéraire avant de tra-verser l’Eixample à vélo. Il est enfin très difficile de circuler à vélo sur Las Ramblas. Le large terre-plein est saturé de passants (la balade vers le port est un rituel en fin d’après-midi), de commerçants et d’artistes. La « cour des miracles» de Barcelone en som-me !Ses chaussées sont régulièrement encombrées. Entre la zone portuaire et l’Eixample, mieux vaut éviter Las Ram-blas et emprunter le Parc de la Ciuta-della et la gare nord. Voilà pour le contexte.
Le réseau L’agglomération ne dispose que d’en-viron 150 km de voies, ce qui est peu pour 1,6 million d’habitants. L’existant est toutefois bien conçu. Les bandes cyclables sont revêtues de rouge. Certaines intersections sont trai-tées de manière satisfaisante, notam-ment dans l’Eixample et les quartiers maritimes, avec signalisation au sol. D’autres solutions innovantes ont été relevées, telles que des pistes à gauche de la chaussée (photo), piste aména-gées entre trottoir et stationnement automobile, pas mal d’exceptions cy-clables, des franchissements bidirec-tionnels d’intersection, des by-pass et des feux dédiés. Tous ces trucs géniaux et tellement ergonomiques, que nous, les associations de la FUBicy, deman-dons inlassablement à nos élus locaux ! Mais l’ensemble manque quand même de continuité.
La politique cyclable On perçoit à Barcelone une volonté des autorités de mettre en œuvre une réelle politique cyclable. Le réseau de transports en commun permet l’inter-modalité et constitue un complément parfois judicieux, en cas de disconti-nuité, de forte chaleur et/ou de dénive-lée dissuasives. Cinq lignes de métro et deux lignes ferroviaires desservent toute l’agglomération avec beaucoup d’ef-Vélocité n° 103 • décembre 2009
ficacité. Sont également proposés des vélos en libre-service, le «Bicing »,des vélos-taxis et une semaine de la bicy-clette fin mai.
Les vélos sont bien présents à Barcelo-ne, mais pas autant qu’à Paris ou Lon-dres. Ils sont le plus souvent utilisés par des personnes de moins de 40 ans. Les jeunes enfants ne peuvent hélas pas pédaler en dehors des rares pistes cy-clables séparées et des espaces verts.
Les usagers, leur monture, leur équipement Le cycliste urbain de Barcelone ne ré-pond pas à un standard bien précis. Les vélos sont très souvent des VTT, plus rare-ment des vélos urbains tels que nous les connaissons. Vus également quelques Brompton, mais ni remorques ni vélos couchés. Le port du casque n’est ni obligatoire, ni généralisé loin s’en faut. Le port du gilet fluo est minoritaire. Les cyclistes urbains sont plus lents qu’àBerlin ou Londres. Topographie et cha-leur obligent…
Une piste à gauche de la chaussée
Ailleurs
Une piste entre trottoir et stationnement automobile
nclusion : vélo quand-même ! conclusion, rien d’étonnant à ce que onseille quand-même la bicyclette ur visiter Barcelone, car il est toujours mis d’éviter les artères infernales r les voies cyclables bien fichues, les rcs, les épines dorsales de l’Eixample les quartiers peu fréquentés par la ture. Elle est également le meilleur yen de lézarder dans cette ville aux ltiples visages architecturaux, de ortiquer une façade gaudienne post-moderne et, le soir venu, de se dre dans les rues chaudes pour aller uster des tapas, danser à qui mieux-ux, faire des rencontres cosmopoli-et boire le «Xampanyet »(pronon- «champagnette »),délicieux vin nc mousseux catalan. A consommer tefois avec modération, même si on se déplace à vélo!
ArticleetPhotos: DAviDGeslAND
www.bicing.com donne les emplacements des stations du VLS et le plan détaillé du réseau cyclable
25
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.