Méditations bibliques sur les animaux

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Les textes bibliques peuvent être une source de sagesse précieuse concernant la relation de l'homme aux animaux notamment les phénomènes actuels de surconsommation de viande et d'élevage intensif. L'auteur met en avant le message de la Bible qui affirme que la place centrale de l'homme dans le dessein créateur de Dieu ne lui donne pas pour autant le droit de faire ce qu'il veut du don de la création.
Publié le : dimanche 1 mars 2015
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EAN13 : 9782336371269
Nombre de pages : 146
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Robert Culat
Méditations bibliques sur les animaux
Préface de JeanLuc Daub
Méditations bibliques sur les animaux
Religions et Spiritualité fondée par Richard Moreau, Professeur émérite à l’Université de Paris XII, dirigée par Gilles-Marie Moreau et André Thayse, Professeur émérite à l’Université catholique de Louvain.La collectionReligions et Spiritualitérassemble divers types d’ouvrages : des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue interreligieux. Derniers titres parus:Stanislas Longonga,Saint Paul, un apôtre contre les femmes ?, 2015. Han Hyung-Mo,Déconstruction d’une image de Jésus : l’historicité et la nature, 2015. Philippe Beitia,Pour vivre son couple dans la foi, 2014. Jacques Assanvo Ahiwa,Jésus et la maladie dans l’évangile de Jean. Préface de Michèle Morgen, 2014.Rodolphe de Borchgrave,De veritate : vérité et langages de la foi, 2014. Albert Rey,Henri Reymond (1737-1820), évêque constitutionnel de l’Isère (1793-1802), évêque concordataire de Dijon (1802-1820). Préface de Mgr Guy de Kerimel, postface de Mgr Roland Minnerath, 2014. Gérard Leroy,A la rencontre des Pères de l’Eglise, 2014. Véronique Gay-Crosier,Plongée dans l’enseignement social de l’Eglise. Préface du frère Tanguy-Marie Pouliquen, 2014.Martine Digard,Lettre à tous ceux qui cherchent Dieu. Préface de Marguerite Léna, sfx, 2014. Francis Lapierre,L’Evangile oublié (nouvelle édition), 2014. Don-Jean Belambo,La réception de la théorie de l’évolution dans la théologie catholique du XXe siècle. Préface de François Euvé, 2014.Francis Weill,Le jour où Dieu pleurera, 2014. Stanislas Longonga,Pour lire et comprendre les épîtres de Saint Paul, 2014. Fr. Sameer Maroki (o.p.),trois étapes de la vie spirituelle chez les Pères Les syriaques : Jean le Solitaire, Isaac de Ninive et Joseph Hazzaya. Préface de Mariette Canévet, 2014.François Orfeuil,Approches de la Bible : un orthodoxe lit des textes. Préface de l’archiprêtre Jean Breck, 2014.
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05750-7 EAN : 9782343057507
Robert CULATMéditations bibliques sur les animaux Préface de Jean-Luc Daub
L’Harmattan
« Et vous, baleines et poissons, bénissez le Seigneur ! Vous tous, les oiseaux dans le ciel, bénissez le Seigneur Vous tous, bêtes et bestiaux, bénissez le Seigneur ! » (Daniel 3, 79-81) « En effet, la création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu. Car la création a été livrée au pouvoir du néant, non parce qu'elle l'a voulu, mais à cause de celui qui l'a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l'espérance d'être, elle aussi, libérée de l'esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore. » (Romains 8, 19-22) A mon ami Stéphane Lempérière
Préface
J'ai été enquêteur dans les abattoirs pour le compte de la protection animale pendant une quinzaine d'années. J'ai visité bon nombre d'abattoirs de France, ainsi que des élevages intensifs, mais aussi des élevages plus respectueux des animaux. Mon expérience me conforte dans l'idée qu'il faut protéger et aimer les animaux. J'ai assisté à tant de situations cruelles et d'injustice envers les animaux de boucherie qu'elles ne peuvent qu'éveiller de la révolte et une rage d'agir. J'ai découvert le livre du Père Robert CulatMéditations bibliques sur les animauxavec un certain enthousiasme tant j'en apprenais toujours et encore au fil de la lecture. J'avais des lacunes quant au sort des animaux dans la Bible. Je m'étais toujours interrogé sur la place, le statut des animaux dans l'histoire de notre religion judéo-chrétienne. J'avais fait quelques recherches sans avoir pu approfondir. La Bible contient tellement de choses et il me manquait l'éclairage d'un érudit. Le père Robert Culat nous livre ses méditations ; son analyse pertinente et posée nous convie à la réflexion.A la fin de ce livre, il invite le lecteur à faire sa propre conclusion afin de ne rien imposer.De par ma sensibilité, je me suis demandé pourquoi les animaux étaient considérés comme des êtres inférieurs dans la Bible. Ils le sont parfois, mais c'est complexe, car ils ne le sont pas tout le temps et, par ailleurs, la part d’interprétation destextes est grande. Il est vrai que « les deux Genèses » sont différentes, l'une allant dans une direction végétarienne et l'autre plutôt carnivore. Après le péché des origines que nous relate le Père Robert Culat, les relations entre les hommes et les animaux changent, se dégradent. Après le déluge Dieu donne comme nourriture à l'homme tout ce qui se
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meut, tout ce qui vit sera notre nourriture, comme il nous avait donné l'herbe verte auparavant. Mais les animaux jouent aussi un autre rôle. L'animal est souvent utilisé de manière métaphorique dans la Bible. Les animaux sont parfois des protecteurs comme le chien de Don Bosco ou l'ânesse dans l'histoire de Balaam. Mais si Balaam a été sauvé grâce à son ânesse, qui prenait un autre chemin que celui où se dressait un ange brandissant une épée, évitant le pire à son maître, c'est injustement que son propriétaire la frappait pour s'être détournée du chemin. Le Seigneur intervint et ouvrit les yeux de Balaam, et l'ange parla en faveur de l'ânesse. Nous sommes donc parfois injustes envers les animaux. Saint Roch avait, lui, été reconnaissant envers un chien. Le saint qui avait contracté la peste, s’était réfugié hors du village... C'était un chien qui lui apportait tous les jours du pain pour nourriture ! Ce chien devint son fidèle compagnon. Les hommes et les animaux sont liés dans le dur labeur du travail des champs. Selon les Ecritures, l'homme a le devoir de les nourrir, et le jour de repos des hommes est également prévu pour les animaux que l'on a fait travailler. Pourtant, la Bible penche vers une vision anthropocentrique. Le passage qui suit nous le prouve : "L'homme est le roi et le sommet de toute la création et Dieu lui donne autorité sur les animaux". Mais autorité ne veut pas dire tyrannie et malveillance, nous précise le père Robert Culat. Il n'a jamais été question de les enfermer pour les engraisser et de les faire souffrir comme on le fait si bien pour des intérêts économiques... Dans la Bible les animaux sont eux aussi l'objet de la providence et de la tendresse divine. "Hommes ou bêtes, tu es le Sauveur de ton pays", le verbe "sauver" s'applique aussi aux animaux ! D’autres passages ne sont pas en faveur des animaux. Le père Robert Culat évoque l'usage injurieux du mot bête. Je me suis souvent interrogé sur l'emploi de ce mot porteur de tous les préjugés d'infériorité. Même mes collègues de la protection animale s'égarent en utilisant parfois ce mot. Il existe un passage biblique où l'on trouve cette connotation négative : "Moi, stupide comme une
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bête..." ou bien : "J'étais stupide et ne comprenais pas, j'étais une bête devant toi". Le destin des hommes et des animaux est relié et ce qu'on leur fait subir pour satisfaire notre soi-disant besoin alimentaire en produits carnés soulève bien des problèmes. Ce n'est plus acceptable. Les hommes ont tout à y perdre. "Quand l'homme perd toute sa compassion envers les animaux, il ne peut qu'en souffrir lui-même...", le père Robert a une vision qui s'étend aussi aux hommes. Il ajoute : "La cruauté envers les animaux déshumanise". Oui, l'homme a tout à perdre d'un tel comportement destructeur. Il faut absolument retrouver la Paix entre les hommes, ainsi qu'avec les animaux, comme elle existait sous la forme parfaite, selon la Bible, avant la tentation d'Adam et Eve dans le jardin d'Eden. Il est évident aujourd'hui qu'il faut revenir à autre mode de relation avec les animaux, pour ré-apprendre à respecter ces êtres issus de la création divine. Comment l'homme pourrait-il s'élever spirituellement en continuant à détruire son environnement et à torturer les bêtes pour manger leur chair ? Le renoncement à la viande de certains saints et aujourd'hui de moines du monde entier devrait nous faire réfléchir. Le Père Robert Culat a une vision très juste, globale et écologique. Il ne sépare pas l'homme, les animaux et la nature. Le tout faisant partie de la création divine. "Dieu est un Père nourricier pour les animaux" (Psaume 146). Il va même jusqu'à les sauver (Psaume 35). Mais l'Eglise nous donne-t-elle l'exemple à suivre ? Dans les catéchismes, la question des animaux est peu abordée, même s’il est conseillé de respecter les animaux et de ne pas les faire souffrir ou les tuer inutilement. Le Père Robert Culat pense que notre régime alimentaire peut être remis en cause, car s'il peut être acceptable de tuer avec raison pour se nourrir, il nous précise qu’aucune raison scientifique nous oblige à manger de la viande pour vivre normalement et en bonne santé. Je rappelle ici, qu'en France, on abat par jour plus de trois millions d'animaux... Dans ces questions traitées par le catéchisme, il est mentionné que personne ne doit faire passer l'amour des animaux avant l'amour
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de son prochain. Mais pourquoi opposer les deux, demande le père Robert Culat ? Il va encore plus loin, il nous informe que dans la Bible, nous avons le droit de manger de la viande sans que cela soitun péché, mais que s’en abstenir serait la meilleure attitude car elle nous ferait communier avec la volonté de Dieu. Au cours de mes recherches, j’ai été attiré par l’attitude des Jaïnistes en Inde. Une de leurs règles interdit de tuer un animal. Ils prônent donc un végétarisme strict. L'animal est respecté comme un être à part entière, doté de sensibilité, à protéger. Dans la Genèse, Dieu offre un régime végétarien à l'homme, de fait, on peut penser qu’il est aussi interdit de tuer les animaux. Mais plus tard, il est accordé à Noé de pouvoir manger la chair des animaux. Leverset qui suit aurait eu des conséquences négatives sur le sort des animaux en raison d'une interprétation qu'on lui prête. Dieu aurait dit à Noé et à ses fils : "Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre. Vous serez la crainte et la terreur de tous les animaux...". L'analyse du père Robert est pertinente et remettrait bien des choses à leur place. Il nous explique qu'il n'a pas été dit : "soyez", mais "serez", ce que l'on pourrait prendre sous la forme d'une prédiction, une sorte de constatation de la part de Dieu, d'une projection future de la cruauté des hommes. Ce ne serait donc pas la volonté de Dieu, un tel comportement, mais bien "le fruit de la méchanceté du cœur des hommes", ce que l’on retrouve dans le chapitre 6 de la Genèse. La société dans laquelle nous vivons nous prouve que nous sommes une source d'effroi pour les animaux: la chasse de loisir et sportive, la corrida, les expériences sur les animaux, la maltraitance animale, les élevages concentrationnaires avec leurs lots de mutilations et de séquestrations, les abattoirs de masse, etc. Je terminerai par l’évocation d’un souvenir. Je me suis rendu en fin d'après-midi dans une cathédrale d’une ville de Bretagne avec le chien que j'avais à cette époque. Je suis rentré avec lui dans l'édifice tout en prenant soin de lui demander de rester assis pendant que j'allais effectuer la visite. Cependant une dame au service de l'église est venue toute affolée pour me signifier que je devais faire sortir le chien : "Vous êtes dans la
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maison de Dieu", m'a-t-elle rétorqué violemment. Cela ne se fait pas. Sur ce, je lui dis que mon chien est une créature de Dieu. Nous nous sommes fait chasser ! Il faut dire que mon chien était de couleur noire et que dans cette même région, plus particulièrement dans les Monts d'Arrés, une légende évoque la coutume de les noyer dans les marais, lieu de la porte de l'enfer. Des prêtres exorcistes « enfermaient » dans ces chiens les 1 démons qui hantaient les âmes des possédés . Mon chien évoquait-il des pratiques anciennes ? A l'inverse, en Alsace, quelques années plus tard, je voulais visiter une belle petite église dans un village,avec un autre chien. Je restais cette fois prudemment devant l'entrée à observer, quand une autre dame au service de l'église, m'a invité à rentrer à l'intérieur, et cela même avec mon chien ! "Mais faites le rentrer, vous n'allez pas le laisser dehors tout de même!". Je l'ai remerciée, en lui disant que oui, mon chien était donc aussi une créature de Dieu ! Elle me répondit : "Mais bien entendu" ! Je fus surpris et réconcilié. Pour autant, je ne cherche pas à imposer les chiens dans les églises qui sont des lieux de prières qu'il faut respecter, je ne dis pas qu’il faille procéder comme moi. Les animaux peuvent troubler la quiétude des méditants. Que faut-il penser alors des animaux qui sont présents dans ces lieux de culte, peints sur les tableaux, ou représentés auprès de personnages sur les statuettes ? Notons qu'à l'église sainte Rita à Paris, l'archevêque 2 3 Mgr Dominique Philippe bénit une fois par an des animaux. Il reconnaît qu’ils sont des créatures de Dieu. Mgr Philippe est un fervent défenseur de la cause animale, tout comme saint François d'Assise. Personnellement je trouve ces attitudes émouvantes et exemplaires, à l'image de l'engagement du Père Robert Culat à travers ce livre et dans sa vie de tous les jours. Avec l'exemple de mes chiens qui sont entrés dans ces deux 1 A ce propos voir l’étrange exorcisme pratiqué par Jésus dans l’évangile selon saint Marc (chapitre 5, versets 1-20) : « Les esprits impurs sortirent aussitôt et entrèrent dans les cochons, et voici les bandes de cochons qui se précipitent dans le lac du haut de la falaise: elles s’y noyèrent ». 2 Membre de l’Eglise catholique gallicane.3 A l’occasion de la fête de saint François d’Assise, le 4 octobre.
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