Ne m'interrompez pas

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La partie éponyme du livre, « Ne m’interrompez pas », s’avère le noyau d’un roman familial inachevé. Les quelques 15 pages qu’elle constitue sont portées par une écriture forte et toute en nuances. Les images sont porteuses et le récit, prenant : sur le ton de la confidence ou de la confession, l’auteure replonge dans son passé pour se livrer à ses radotages, écrit-elle. « Je tiens à commencer ma vie là où mes souvenirs commencent. » – le lecteur pense parfois à Gabrielle Roy, dans le lien à la mère, notamment, avec la pauvreté et l’environnement social.
Le deuxième partie, « Des fleurs étranges », constitue pour sa part une suite poétique liée à la maladie qui a emporté Suzanne Biron. La langue y est élégante et les métaphores bien enracinées dans la vie.
Publié le : jeudi 17 septembre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782890189850
Nombre de pages : 57
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NE M’INTERROMPEZ PAS
Ce livre a été rendu possible grâce aux ami-e-s de Suzanne Biron
Photographe : Antonio d’Alfonso Mise en pages : Normand Poiré
ISBN 978-2-89018-985-0
Suzanne Biron
Ne m’interrompez pas
Héorie des marées
Présentation par Paul Bélanger
Suzanne Biron était une survivante. Et elle continuera tant soit peu de vivre dans nos mémoires grâce à ces deux textes uniques qu’elle m’a laissés dans les derniers mois de sa maladie. Certes, la plupart d’entre vous saviez qu’elle écrivait avec une élégance de la pensée précise qui savait accueillir l’autre en tenant compte de son idée. Vous connaissiez son amour des mots et de la littérature, et tout particulièrement sa curiosité pour les romancières, les écrivaines et les penseuses. Elle admirait aussi des femmes d’action comme Maya Angelou, qui est une des grandes poètes américaines de notre temps (allez entendre sur You Tube son poème « Still I rise », par exemple) qu’elle découvre en lisant une biographie. Son amour de Gabrielle Roy…Vous saviez tout cela : sa beauté, son intelligence, son élégance, son accueil et sa convivialité, mais qu’elle eût voulu écrire, très peu d’entre vous étiez au courant. Normal : elle n’en parlait jamais. Depuis vingt ans, nous n’en parlions plus. Nous avions éteint cette antenne parce que ça lui était trop pénible.
Elle voulait écrire un roman, ce qui la replongeait dans ses origines familiales, et c’était trop dur pour qu’elle le poursuive. La tâche lui a simplement semblé impossible et l’aurait rendu malade, estimait-elle. Un certain temps, je l’encourageai et nous parlions de sa mère, qu’elle a aimée plus qu’éperdument. Sa mère a été la vie qui lui permettait d’exister. Aussi, lorsqu’elle est morte, Suzanne a estimé que sa propre vie ne valait plus la peine. La vie a été encore cette fois plus forte et c’est par volonté
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qu’elle a choisi de vivre. Elle a choisi de vivre un engagement politique, mais bien plus largement encore, un engagement à la dignité des êtres, hommes et femmes confondus.
Il nous arrivait parfois d’éprouver un certain désespoir de l’humanité. Nous nous enfermions, nous lisions, si nous pouvions, rideaux clos, nous retirant du monde un instant, avec l’idée d’y remonter, nous n’avions pas le choix. Et dans cette relation complice, nous aFrontions le monde ensemble. La lisant, je réalise que le grand amour de sa vie, de sa vie d’enfance en tout cas, fut sa mère.
Curieusement, un livre de lannery O’Connel, grande romancière américaine, traînait sur la table de lecture depuis des mois et elle ne le touchait plus. Un signet marquait la page 167. On y lit ceci :
Ainsi, ce sera peut-être le Sud pour vous. N’attendez aucune condolèance de ma part. Je me suis trouvée confrontée à ce genre de Retour. Je me sentais alors pieds et poings liés, et je me résignais comme on se résigne à l’inévitable, à la mort. (…) toute chose doit se fondre dans le temps, doit trouver son sens, même cet amour que vous éprouvez et qui doit se poser sur beaucoup d’entre nous, aIn de se poser sur un seul.
L’habitude d’être comme un appel non à la peine mais à la continuité de nos songes. Tant la vie nous semble parfois plus irréelle que nos rêves.
Je peux maintenant lui retourner cette dédicace qu’elle m’avait faite dans un livre de Miguel Asturias qu’elle m’avait donné, dansLe grand diseur:
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