[NOTE] Dire que les énergies renouvelables sont chères est désormais une idée reçue

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Note du pôle énergie Dire que les énergies renouvelables sont chères relève de l’idée reçue 1. LES ENR SONT DEJA UNE REALITE DANS L’ELECTRICITE AU NIVEAU MONDIAL A l'échelle mondiale, 20% de l'électricité produite est déjà d'origine renouvelable (aux trois quarts hydraulique et 10% éolienne). L'hydraulique dispose désormais d'un potentiel de croissance limité, à l’exception de grands ouvrages principalement en Afrique et en Amérique du Sud. Par conséquent, l'augmentation de la part des renouvelables dans le mix électrique – part qui devrait passer de 20% à 33% de l’électricité mondiale d’ici 2040 - reposera essentiellement sur l'éolien et le solaire. L’Europe est en pointe de cette augmentation de la part des énergies renouvelables, avec 46% d’énergies renouvelables prévues dans sa production d’électricité en 2040. Elle s’est fixé des objectifs ambitieux portant sur les mix énergétiques dans leur ensemble, et pas seulement les mix électriques : 20% d’ENR dans le mix énergétique global à horizon 2020, 27% en 2030. La plupart des pays européens sont à fin 2014 en bonne voie pour atteindre les paliers intermédiaires de 2020. 2.
Publié le : lundi 1 juin 2015
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Note du pôle énergie


Dire que les énergies renouvelables
sont chères relève de l’idée reçue

1. LES ENR SONT DEJA UNE REALITE DANS
L’ELECTRICITE AU NIVEAU MONDIAL

A l'échelle mondiale, 20% de l'électricité produite est déjà d'origine renouvelable
(aux trois quarts hydraulique et 10% éolienne). L'hydraulique dispose désormais
d'un potentiel de croissance limité, à l’exception de grands ouvrages
principalement en Afrique et en Amérique du Sud. Par conséquent,
l'augmentation de la part des renouvelables dans le mix électrique – part qui
devrait passer de 20% à 33% de l’électricité mondiale d’ici 2040 - reposera
essentiellement sur l'éolien et le solaire.

L’Europe est en pointe de cette augmentation de la part des énergies
renouvelables, avec 46% d’énergies renouvelables prévues dans sa production
d’électricité en 2040. Elle s’est fixé des objectifs ambitieux portant sur les mix
énergétiques dans leur ensemble, et pas seulement les mix électriques : 20%
d’ENR dans le mix énergétique global à horizon 2020, 27% en 2030. La plupart
des pays européens sont à fin 2014 en bonne voie pour atteindre les paliers
intermédiaires de 2020.

2. LES COÛTS DES ENR ELECTRIQUES NE
SONT PLUS UN SUJET : LE SOLAIRE ET
L’EOLIEN SONT COMPETITIFS

Les coûts de production des principales énergies renouvelables électriques à fin
12014 en France sont compris dans les ordres de grandeur suivants : de 80 à 100
€/MWh pour l'éolien terrestre (selon la localisation géographique) et de 90 à 160
€/MWh pour le photovoltaïque (taille de plus de 100kW, dépendant fortement de
2la localisation ). L'éolien terrestre est d'ores et déjà compétitif face au nouveau
3nucléaire (115€/MWh annoncés par EDF en Grande-Bretagne ).

1
SER, Syndicat des énergies renouvelables "Etat des coûts de production de l'éolien terrestre en
France - Avril 2014".
2 Tarifs d’achat issu des appels d’offres organisés sous l’égide de la CRE.





L’éolien offshore est encore éloigné de la compétitivité, avec des coûts de l’ordre de
190€/MWh, mais la filière est nettement moins mature.

Le photovoltaïque de petite taille peut également trouver sa compétitivité par
comparaison au tarif de l'électricité pour un consommateur résidentiel
(140€/MWh). Il offre une alternative à un consommateur désireux de développer
son autoconsommation renouvelable et de diminuer sa dépendance au réseau.
Outre-Rhin, près d’un million de foyers économisent sur leur facture d’électricité
grâce à l’autoconsommation (le prix de l’électricité est deux fois plus élevé qu’en
France).

4
Principaux prix de production de l’électricité, en €/MWh.


3. LA NOTION DE COUTS COMPLETS POUR LE
SYSTEME ELECTRIQUE SERA À INTEGRER À
MOYEN TERME

Néanmoins, la notion de coût de production doit être élargie pour inclure la
totalité des coûts pour le système électrique. En effet, le caractère intermittent
de la production renouvelable (le solaire produit… avec le soleil) et leur coût de
fonctionnement nul (le « combustible » solaire est par définition gratuit) sont de
nature à perturber le fonctionnement « traditionnel » du système électrique.

Par exemple en Allemagne, la production éolienne est très importante au nord
quand les grandes zones de consommations sont plutôt situées au sud.

3
Tarif d’achat accordé par contrat de différence, inclut partiellement le coût du capital…
4 Les différents prix de production sont issus de sources publiques, plus d’informations disponibles
sur demande.





Cette situation a conduit à investir massivement dans le renforcement du réseau.
En France, le développement des ENR impliquera à moyen terme des
investissements substantiels dans les réseaux voire dans des installations de
stockage.

Cette notion de coûts complets pour le système électrique fait encore l’objet de
débats. Des premiers travaux de référence, il semblerait que le surcoût que les
énergies renouvelables font porter au système électrique est relativement
modéré tant que les ENR sont minoritaires dans le mix.

Pourquoi faut-il quand même continuer à apporter un soutien
public aux ENR ?

Les ENR sont aujourd’hui plutôt compétitives par rapport aux autres nouveaux
moyens de production d’électricité mais elles ne le sont pas par rapport aux
anciens moyens, souvent largement amortis. L’exemple du nucléaire le montre
bien : le nucléaire amorti est encore imbattable économiquement.
Pourtant, il est intéressant de commencer à développer les ENR, pour structurer
les filières, réduire notre dépendance aux importations, préparer les changements
technologiques… Mais pour se développer dans ce contexte, les ENR doivent être
soutenues par l’Etat, au moins à court terme.

Le mécanisme de soutien aux ENR choisi en France est celui des obligations
d'achat, où le producteur renouvelable se voit garantir un tarif d’achat de son
électricité sur une durée prédéfinie, en général 20 ans. L'acheteur obligé, en
général EDF, accuse alors un surcoût puisqu’il achète ces ENR à un tarif bonifié. Ce
surcoût lui sera remboursé via une taxe spécifique pesant sur l’ensemble des
consommateurs : la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE)

Alors que les ENR démontrent progressivement (et plus rapidement
qu’initialement envisagé) leur rentabilité, il va falloir revisiter ces mécanismes
administrés de soutien. Des mécanismes de marché devraient être substitués à
cette obligation d’achat administrée. Dans ce cadre, une régulation plus incitative
pourra être mise en place, coordonnée avec nos partenaires européens.

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