[NOTE] Gaz de schiste : la France doit faire l'inventaire des richesses de son sous-sol mais ne doit pas surestimer l'impact de cette source d'énergie.

Publié par

Note du pôle Energie Gaz de schiste : un choc de compétitivité surestimé mais une nécessité de faire l’inventaire des richesses du sous-sol de la France 1.

Publié le : mardi 12 mai 2015
Lecture(s) : 34
Nombre de pages : 3
Voir plus Voir moins



Note du pôle Energie

Gaz de schiste : un choc de compétitivité
surestimé mais une nécessité de faire
l’inventaire des richesses du sous-sol de la
France

1. L’INDENIABLE SUCCES AMERICAIN S’EST
REALISE A UN COUT ENVIRONNEMENTAL
ELEVE ET CECI, SANS QUE LA PERENNITE DE
SON MODELE NE SOIT ENCORE ASSUREE

Les hydrocarbures non conventionnels ont permis aux Etats-Unis en 2014 de
devenir pour la première fois depuis 1973 exportateurs de pétrole léger (en
2013, la production moyenne d’hydrocarbures non conventionnels était de plus de
3 millions de barils par jour, pour une consommation totale de 18 millions de barils
1 2par jour) et de contribuer à la création de 600 000 emplois directs et indirects .

Cela s’est fait au prix d’atteintes environnementales connues (atteintes aux
nappes phréatiques, paysagères, etc.) mais dont la plupart auraient pu être
évitées. Elles ont été amplifiées par une absence de cadre règlementaire ainsi que
par une attitude parfois peu scrupuleuse des pétroliers indépendants américains.
D’importants progrès ont été depuis réalisés par l’industrie américaine à mesure
du renforcement de la réglementation environnementale : c’est notamment le cas
de l’empreinte au sol, divisée par 10 depuis l’arrivée des forages en étoile et de la
diminution du recours aux additifs chimiques.






1 Agence Internationale de l’Energie (2014)
2
IHS
1





Toutefois, la pérennité des emplois directs ne semble pas garantie : l’épuisement
plus rapide que prévu des puits de gaz de schiste ne permet aucune visibilité de
moyen terme. Le maintien d’un certain nombre d’emplois directs américains
pourrait reposer sur leur capacité à exporter leur avantage technologique dans le
domaine et de facto sur l’exploitation des gaz et pétroles par d’autres pays. Il faut
mettre en perspective les 330 000 emplois directs crées avec les 500 000
forages déjà réalisés.

2. N’EST PAS JOHN WAYNE QUI VEUT : LE
SUCCES ECONOMIQUE AMERICAIN DES
HYDROCARBURES NON CONVENTIONNELS
SERA DIFFICILEMENT REPRODUCTIBLE EN
FRANCE

Les récentes annonces des retraits des projets d’exploitation du gaz de schiste en
3Pologne , ainsi que la remise en cause du gaz de schiste au Royaume-Uni,
constituent autant de signaux qui devraient amener certains observateurs à revoir
à la baisse leurs espérances. L’exemple américain est difficilement transposable en
Europe et en France.

Nos coûts d’exploitation seront plus élevés : les infrastructures pétrolières sont
moins développées, les équipements de forage sont plus rares en Europe et
pourraient constituer un goulot d’étranglement, le sous-sol est mal connu et les
contraintes géologiques sont plus importantes.

La Boîte à idées a évalué dans son rapport un coût complet d’extraction du gaz de
schiste entre 11 et 14$/mmbtu en France. Cette fourchette de coût est à mettre en
parallèle avec le prix actuel sur le marché européen, situé entre 7 et 10$/mmbtu.

Enfin, le prix du gaz n’a qu’un impact mineur sur le prix de notre électricité : notre
électricité est principalement nucléaire et son coût de revient ne serait pas modifié
par une exploitation des gaz de schiste.


3 Exxon Mobil, Total, Talisman et ENI ont abandonnés leurs projets d’exploration-production en
Pologne
2




PISTES DE TRAVAIL
1. Abroger la loi du 13 juillet 2011 afin de permettre l’exploration
nécessaire à une évaluation objective des ressources nationales.
2. Prévoir, le cas échéant, un encadrement strict des conditions
d’exploitation des gisements non conventionnels en révisant le
code minier.
3

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.