[NOTE] Le pétrole, un enjeu majeur de notre mix énergétique.

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Note du pôle Energie Avril 2015 Le pétrole, une source d’énergie appelée à jouer un rôle durable dans notre mix énergétique Le pétrole et les produits pétroliers sont appelés à jouer durablement un rôle clé dans notre mix énergétique. Notre dépendance « réelle » aux hydrocarbures sera principalement fonction de notre capacité à adapter notre outil de raffinage. 1. LE PETROLE, EXCLUSIVEMENT IMPORTE, JOUERA DURABLEMENT UN ROLE MAJEUR DANS NOTRE MIX ENERGETIQUE. La part du pétrole dans le bouquet énergétique français s’est effondrée à la suite des chocs pétroliers de 1973 et 1979. Depuis, cette dernière semble avoir atteint un palier, de l’ordre de 30% de notre consommation d’énergie, autour duquel elle varie en fonction des aléas conjoncturels. Les transports représentent 70% de la consommation de produits pétroliers énergétiques en 2013 devant le bâtiment (chauffage) et l’industrie. Les produits pétroliers sont également largement utilisés à des fins non énergétiques en tant que matières premières dans l’industrie pétrochimique (pour une consommation équivalente à celle du chauffage dans le bâtiment). 1 La France est dépendante de ses importations à hauteur de 99%. Ces dernières n’ont eu de cesse de se diversifier depuis les chocs pétroliers des années 70. En 2013, l’Arabie Saoudite est notre premier fournisseur (18%) suivie par le Kazakhstan (13%) et la Russie (12%).
Publié le : lundi 20 avril 2015
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Note du pôle Energie
Avril 2015

Le pétrole, une source d’énergie appelée
à jouer un rôle durable dans notre mix
énergétique
Le pétrole et les produits pétroliers sont appelés à jouer durablement un
rôle clé dans notre mix énergétique. Notre dépendance « réelle » aux
hydrocarbures sera principalement fonction de notre capacité à adapter
notre outil de raffinage.

1. LE PETROLE, EXCLUSIVEMENT IMPORTE, JOUERA
DURABLEMENT UN ROLE MAJEUR DANS NOTRE
MIX ENERGETIQUE.

La part du pétrole dans le bouquet énergétique français s’est effondrée à la suite
des chocs pétroliers de 1973 et 1979. Depuis, cette dernière semble avoir atteint un
palier, de l’ordre de 30% de notre consommation d’énergie, autour duquel elle
varie en fonction des aléas conjoncturels.
Les transports représentent 70% de la consommation de produits pétroliers
énergétiques en 2013 devant le bâtiment (chauffage) et l’industrie. Les produits
pétroliers sont également largement utilisés à des fins non énergétiques en tant
que matières premières dans l’industrie pétrochimique (pour une consommation
équivalente à celle du chauffage dans le bâtiment).







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La France est dépendante de ses importations à hauteur de 99%. Ces dernières
n’ont eu de cesse de se diversifier depuis les chocs pétroliers des années 70. En
2013, l’Arabie Saoudite est notre premier fournisseur (18%) suivie par le
Kazakhstan (13%) et la Russie (12%). Le pétrole brut est importé dans les ports de
Marseille (44 %), Le Havre (42,5 %) et St Nazaire (13,5 %) avant d’être transporté
par oléoduc vers les huit raffineries françaises en fonctionnement.


2. LE PRINCIPAL ENJEU PETROLIER EST LE
RAFFINAGE ET NON L’ORIGINE DES
APPROVISIONNEMENTS.

L’activité de raffinage connait une crise sans précédent en Europe. On assiste à
une réduction nette des capacités de raffinage en Europe de 8% depuis 2007. A elle
seule, la France a connu 4 fermetures de sites depuis 2009 et l’activité a connu des
pertes record s’établissant à 700 millions d’euros en 2013, la légère embellie récente
n’étant que conjoncturelle. Les origines de cette crise sont multiples :
A) UN OUTIL INDUSTRIEL INADAPTE AUX EVOLUTIONS DE LA
DEMANDE.
Notre outil industriel souffre d’une inadaptation à la demande (elle-même atone,
-1% de demande en produits pétroliers en 2013) en particulier dans le domaine du
raffinage des carburants. Le gazole représente 80% de la demande de carburant
automobile française, mais nos raffineries ont été conçues pour fabriquer de
l’essence.
Le résultat est une dépendance aux importations pour le gazole et la nécessité
de trouver des débouchés pour les surplus d’essence produite dans nos
raffineries. En 2013 la France accusait un déficit commercial de 23,4 Mt de
produits raffinés (42Mt d’importations contre 19Mt d’exportations), dont 21,6Mt au
titre des seules importations de gazole.
B) UNE CONCURRENCE ACCRUE POUR TROIS RAISONS
A l’instar de la pétrochimie, la baisse du coût de l’énergie (électricité et gaz
naturel) a largement bénéficié aux raffineries américaines. Ces dernières
tournent aujourd’hui à plein régime, avec un taux d’utilisation de près de 90%
(contre 75% en moyenne en Europe).
Au Moyen-Orient, les investissements massifs dans des outils modernes de
grandes capacités permettent aux producteurs locaux d’exporter des produits
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finis parfaitement adaptés à la demande des grands marchés de consommation
(Europe de l’Ouest et Asie).
Enfin, la proximité de la ressource pétrolière et l’excellence technologique permet
à ces raffineries géantes de produire des produits finis compétitifs en dépit des
coûts de transport, liés à l’éloignement des marchés de consommation.
C) DES SITES DONT LA PERENNITE NECESSITE DES PROGRAMMES
D’INVESTISSEMENTS MASSIFS.
Deux impératifs s’imposent au secteur du raffinage pour assurer durablement la
poursuite des activités de transformation sur le territoire national : adapter l’outil
industriel à la demande et investir massivement dans l’amélioration des
« process » pour améliorer les marges de raffinage. La situation où seuls les
investissements de conformité réglementaires sont réalisés n’est pas pérenne.
De plus, compte-tenu de la décroissance annoncée de la consommation de
produits pétroliers énergétiques, la pérennité de ces activités sur notre territoire
sera aussi conditionnée par la capacité des exploitants à refonder leur modèle
industriel. Les sites « traditionnels » de taille devront se transformer pour s’adapter
aux nouvelles exigences du marché, voire réinvestir pour mieux cibler leurs
produits.

3. LE PETROLE, GRAND ABSENT DE LA TRANSITION
ENERGETIQUE.

Le maintien des raffineries sur le territoire national constitue l’enjeu majeur de
sécurisation de nos approvisionnements pétroliers. Le marché mondial du pétrole
est suffisamment « liquide » pour bénéficier de leviers de diversification des
approvisionnements. Néanmoins, les étapes de transformation du « brut » en
produit fini constituent un maillon stratégique de notre approvisionnement.
Contrairement aux idées reçues le principal risque ne réside pas tant dans
l’éventualité d’une rupture ponctuelle d’approvisionnement liée à la défaillance
d’un producteur mais bien davantage dans la probabilité (élevée à moyen terme)
de devoir dépendre d’un nombre restreint de producteurs de produits finis pour
nos usages finaux de produits pétroliers.

Outre les usages énergétiques, la sécurisation des approvisionnements en produits
pétroliers revêt aussi un caractère critique pour certains secteurs industriels
grands consommateurs comme l’industrie chimique. L’exemple Kem One est
symptomatique de la fragilité des grands consommateurs de produits finis (ce
chimiste spécialisé dans la fabrication de PVC a reçu en 2013 une aide publique de
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167M€ pour favoriser la reprise de son activité après une mise en redressement
judiciaire).
La position géographique de la France, sa tradition portuaire et la présence sur
son territoire des deux principaux réseaux européens d’oléoducs sont pourtant
des atouts pour l’exploitation d’un outil de transformation pétrolière sur lesquels
notre pays pourrait capitaliser.

Recommandations :
1 Revisiter notre politique de taxation des produits pétroliers à l’aune des
conséquences environnementales ainsi que des coûts indirects liés au
déséquilibre commercial.

2 Organiser des « Assises nationales des produits parapétroliers » afin
d’identifier les opportunités de restructuration de la filière.



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