Pour mieux amarrer l'Afrique noire à l'économie mondiale globalisée

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Ce livre pose un regard sans complaisance sur l'évolution en cours de l'Afrique noire dans l'économie mondiale globalisée. Il incite à une sortie graduelle et programmée des sillons économiques tracés par la colonisation, c'est-à-dire principalement de l'économie des matières premières, de manière à inscrire le continent noir dans une dynamique de production qui capture des pans importants de sa propre consommation intérieure pour en faire un puissant levier de son développement.
Publié le : dimanche 1 mars 2015
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EAN13 : 9782336371931
Nombre de pages : 202
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Etudes africaines
Màmàdou Làmine Sylla
Pour mieux amarrer l’Afrique noire à l’économie mondiale globalisée
Pour mieux amarrer l’Afrique noire à l’économie mondiale globalisée
CollectionÉtudes africainesdirigée par Denis Pryen et son équipeForte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc. PODA Baimanai Angelain,La mise sur le marché et la distribution du médicament en Afrique noire francophone, Réflexions à partir des exemples du Burkina Faso et du Sénégal,2015. MAKALA NZENGU Patrick,Le conseil agricole rural de gestion et développement à la base en RDC,2015. PASCAL Lionel,République CentrAfricaine : Douanes et corruption, causes de la déliquescence du pays,2015. WINTER Philip,Une cause sacrée, Le diaglogue intercongolais, 2000-2003, 2015. KOUNGOU Léon,Culture stratégique et concept de défense au Cameroun, 2015. EBALE (Raymond),La relation ACP (Afrique - Caraïbes - Pacifique) / UE (Union européenne) : la fin de l'illusion ?,Quel avenir à l'échéance 2020 ?,2015.LOADA(Augustin) et WHEATLEY(Jonathan) (dir.),Transitions démocratiques en Afrique de l’Ouest. Processus constitutionnels, société civile et institutions démocratiques, 2014. SIAD(Arnaud),: un consensus en RelationsL’intervention en Libye Internationales ?, 2014.KOUASSI(Yao-Edmond),Colonisations et société civile en Afrique, 2014.YOUGBARÉ(Sébastien), Attachement et délinquance des mineurs : déterminants psychosociaux au Burkina Faso, 2014. ANIGNIKIN(Sylvain Coovi),Les origines du mouvement national au Dahomey. 1900-1939, 2014. BONKENA BOKOMBOLA (Papy),Routes rurales et développement socio-économique de la région de Mayombé (Ouest-RDC), 2014. MAKENGO NKUTU (Alphonse),L’essentiel de droit public. Le cas de la République démocratique du Congo, 2014. VILLASANTE CERVELLO (Mariella),Le passé colonial et les héritages actuels en Mauritanie. État des lieux de recherches nouvelles en histoire et en anthropologie sociale, 2014.
Mamadou Lamine Sylla Pour mieux amarrer l’Afrique noire à l’économie mondiale globalisée
© L'HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-04178-0 EAN : 9782343041780
 Je dédie ce livre à mon épouse et à mes enfants, car il est aussi le leur. Des années durant, sa rédaction, plusieurs fois entrecoupée, n’aurait été possible sans leur indéfectible soutien et sans leur douce pression sur le mode de la plaisanterie. À mes parents et à mes amis, j’adresse ici mes remerciements les plus sincères pour leurs encouragements constants et toujours bien sentis.
Introduction Dans l’économie mondiale globalisée, l’Afrique noireapparaît de plus en plus, dans nombre de ses compartiments, comme un navire qui, sans être en perdition, ne cesse, avec fracas, de tanguer. Sa posture économique difficile, longtemps désavantagée par rapport au reste du monde, semble aujourd’hui exacerbée par la violence des nouvelles contraintes liées à la structure de la mondialisation. Ce livre soupçonne que si l’Afrique noire, de façon globale, subit plus les effets néfastes de la mondialisation qu’elle n’en tire un meilleur parti, c’est que d’une certaine manière, elle s’approprie mal, à défaut d’une reformulation adéquate, cette nouvelle donne.  En effet, cette partie du monde continue, à bien des égards, de s’engager ou de se faire entraîner sur des pistes hasardeuses pour son développement, au détriment de l’essentiel: arrêter de consommer, sans contrepartie, la production mondiale de biens technologiques et de services dans des secteurs où l’importance et la solvabilité du marché domestique africain permettent localement des implantations industrielles correspondantes. L’Afrique noire doit exiger, pour obtenir, dans le cadre des rivalités entre les grands groupes industriels mondiaux, et sur la base d’un moratoire négocié au niveau des instances commerciales internationales, sa part d’implantations industrielles modernes de production de biens technologiques et de services dans le but de satisfaire uniquement sa propre consommation intérieure. D’où le concept de« délocalisation sur mesure » appariée à un marché captif. Nous en définirons les modalités concrètes en nous appuyant sur des exemples de secteurs économiques précis. L’idée en gestation dans ce livre est que le décollage économique de l’Afrique noirese fera pas principalement à ne partir de son coton ou de son cacao, de son cobalt ou de son manganèse, bref de ses matières premières même à prix bonifiés ou même améliorées d’une première transformation, mais plutôt par la mise en place progressive, dans une perspective 7
continentale, d’un dispositif de développement industriel et technologique digne de ce nom. Il faut dire que l’économie des matières premières ne semble pas être, de nos jours, en mesure de combler les espérances de la jeunesse africaine,dès lors que son adéquation avec les aspirations de celle-ci se pose, ni de répondre efficacement aux desiderata et autres quêtes de reconnaissance de son intelligentsia.  Toutefois, la bataille pour une rémunération équitable des matières premières africainesen dépit d’une appréciation notable des prix de certains produits de base depuis au moins une décennieque la cessation des subventions consenties aux ainsi producteurs agricoles du Nord demeurent d’actualité. Au demeurant, la satisfaction entière de ces revendications, qui rétablira certes un sentiment de justice, ne suffira pas, à elle seule, au regard de l’ampleur des problèmes africains et des limites intrinsèques à l’économie des matières premières, à contenir les dynamiques d’implosion en cours età asseoir de façon irréversible une dynamique de progrès.  Et sans loger les ressources naturelles africaines au registre d’une quelconque« malédiction »,car les ressources naturelles ne définissent ni les politiques de leur exploitation ni celles de leur gestion, nous considérons toutefois ce secteur économique, 1 contrairement à la CEAet à l’UA dans leur rapport 2013, comme une seconde béquille dans notre tentative de définition d’une stratégie de développement du continent noir. En somme, l’économie des matières premières, l’une des principales propositions économiques sur le continent, est un creuset d’incertitudes. 1 Commission économique pour l’Afriqueet Union africaine  (CEA) (UA), Rapport économique sur l’Afrique; tirer le plus grand profit des produits 2013 de base africains: l’industrialisation au service de la croissance, de l’emploi et de la transformation économique, Addis-Abeba, Éthiopie, mars 2013. Même si ce rapport accorde une grande importance aux matières premières africaines comme base d’uneéventuelle industrialisation du continent, il souligne toutefois que : «… l’industrialisation fondée sur les produits de base en Afriquene devrait ne saurait ni  constituer pour les pays africains l’unique voie pour l’industrialisation», p. 14.
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 En plus des incertitudes et de la très grande hétérogénéité au plan économique, le continent noir semble aussi se distinguer par un caractère trop inflammable. D’où la nécessité de rassurer et de donner espoir aux populations africaines par la mise en place, dans une perspective continentale, de sanctuaires scientifiques et technologiques à la fine pointe du progrès. Ces îlots modernes de production, sorte de pendants et/ou d’antidotes à la précarité, à l’incertitude, à l’embrasement, à la destruction, bref aux difficultés de toutes sortes, seront ainsi soudés à un puissant dénominateur commun à tous les pays africains : leur consommation intérieure. C’est le cœur de notre stratégie qui mise principalement sur le marché intérieur subsaharien, de plus en plus bedonnant et d’un potentiel important, pour amorcer, autour de certains produits et filières emblématiques, le décollage économique du continent.  Ce nouveau paradigme ou ce changement de perspective découle d’un examen approfondi de la structure de contraintes et d’opportunités de l’économie mondiale d’aujourd’hui. Lese contraintes qui sont celles de l’Afrique noiresiècle ne sontau 21 e pas celles de l’Angleterresiècle.du 18  Nous tenterons de faire la démonstration que, compte tenu des caractéristiques de l’économie mondiale dans sa phase actuelle, et contrairement au contexte et aux facteurs qui ont concouru à l’essor économique relativement récent de certains pays d’Asie du Sud-Estet de l’Est, l’Afrique noirene dispose aujourd’hui que de très rares fenêtres d’opportunités pour son développement, aussi rassurantes et potentiellement opérationnelles que la proposition stratégique de troquer son marché intérieur contre des implantations industrielles et technologiques de pointe pour la production de biens et de services dans des secteurs bien déterminés. Il s’agit là d’une vision stratégique qui tranche nettement avec les politiques économiques passées et/ou en cours ou avec certaines postures quelque peu moralisantes des altermondialistes.  Historiquement, depuis au moins la traite atlantique des esclaves, les rapports économiques entre l’Afrique noireet le reste du monde et l’Occident en particulier se déclinent sur une base 9
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