[RAPPORT] Lire, écrire, compter

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! ! ! ! ! AOÛT 2014 Lire, écrire, compter ! ! PROPOSITIONS ! POUR QUE 100% DES ÉLÈVES 10 MAITRISENT LES SAVOIRS FONDAMENTAUX DU PRIMAIRE Contribution présentée à l’UMP Chaque année, plus de 20% des enfants de France par le pôle sortent de l’école primaire sans savoir lire, écrire ni « Education » de compter. Parce que cette situation n’est pas la Boite à Idée. acceptable, la Boite à Idées présente 10 propositions @BAI_Education concrètes, articulées autour de trois axes : l’évaluation publique et annuelle de l’acquisition • Rapporteurs du des compétences fondamentales par les élèves au groupe de travail : sortir de l’école primaire Louis Margueritte, la modification des programmes •Enguerrand Delannoy. Membres du groupe la valorisation et l’accompagnement des • de travail : professeurs Alexis Benoist, Thomas Khaski, Olivier Poncelet, Lionel Sayag, SC. ! www.la-bai.fr LIRE, ÉCRIRE, COMPTER - RAPPORT #AOÛT 2014 ! ! ! ! ! ! !Sommaire Préambule ...............................................................................................................3 1. .Un objectif national : tous les enfants doivent savoir lire, écrire et compter à la fin du CM2 ..................................................................................5 2. Recentrer l’enseignement du premier degré sur l’acquisition des savoir-faire fondamentaux ..............................................................................8 3.
Publié le : dimanche 19 octobre 2014
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AOÛT
2014
Lire, écrire,
compter
!
! PROPOSITIONS
! POUR QUE 100% DES ÉLÈVES 10
MAITRISENT LES SAVOIRS
FONDAMENTAUX DU PRIMAIRE
Contribution
présentée à l’UMP
Chaque année, plus de 20% des enfants de France par le pôle
sortent de l’école primaire sans savoir lire, écrire ni « Education » de
compter. Parce que cette situation n’est pas la Boite à Idée.
acceptable, la Boite à Idées présente 10 propositions @BAI_Education
concrètes, articulées autour de trois axes :
l’évaluation publique et annuelle de l’acquisition •
Rapporteurs du
des compétences fondamentales par les élèves au
groupe de travail :
sortir de l’école primaire
Louis Margueritte,
la modification des programmes •Enguerrand Delannoy.
Membres du groupe la valorisation et l’accompagnement des •
de travail : professeurs
Alexis Benoist,
Thomas Khaski,
Olivier Poncelet,
Lionel Sayag, SC.
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www.la-bai.frLIRE, ÉCRIRE, COMPTER - RAPPORT #AOÛT 2014
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!Sommaire
Préambule ...............................................................................................................3
1. .Un objectif national : tous les enfants doivent savoir lire, écrire et
compter à la fin du CM2 ..................................................................................5
2. Recentrer l’enseignement du premier degré sur l’acquisition des
savoir-faire fondamentaux ..............................................................................8
3. Faire du temps scolaire hors classe un levier puissant pour l’égalité
des chances ......................................................................................................10
4. Revaloriser le métier de professeurs des écoles .....................................11
5. Vers une clarification pédagogique ...........................................................13
Synthèse des propositions ................................................................................16
Annexe : Détails de la répartition des heures d’enseignement ...............18
2 LIRE, ÉCRIRE, COMPTER - RAPPORT #AOÛT 2014
Préambule
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La relégation de notre pays en 25ème position du classement PISA a confirmé
que notre système éducatif n’était plus à même de tenir sa promesse
originelle : transmettre à l’ensemble de ses enfants les outils indispensables à
leur vie future de citoyens et de travailleurs.
!
Au-delà de la baisse du niveau général, la France est également l’un des pays
où l’école est la plus inégalitaire. Au sein des 65 pays de PISA, la France est le
pays où l'origine socio-économique conditionne le plus les destins scolaires.
Ces mauvais résultats statistiques ont hélas une traduction bien concrète  :
chaque année en France, 150  000 jeunes sortent du système scolaire sans
diplôme ou munis du seul brevet des collèges.
!
L’origine de nombreux problèmes de notre modèle éducatif se situe dans
l’échec de la transmission des outils linguistiques et mathématiques à l’école
primaire, en particulier au CP et au CE1. Il est en effet établi que les mêmes
élèves qui ne savent pas lire, écrire et compter à la sortie du primaire éprouvent
des difficultés au collège. A cet égard, PISA ne fait que confirmer une enquête
conduite cinq ans plus tôt par la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et
de la Performance du Ministère de l’Éducation Nationale (DEPP). Ce document
relatif aux performances des élèves de CM2 à vingt ans d’intervalle
1(1987-2007) montrait qu’en lecture «deux fois plus d’élèves (21 %) se trouvent
en 2007 au niveau de compétence des 10 % d’élèves les plus faibles de 1987. Il
en est de même pour le niveau en orthographe où le nombre d’erreurs (nombre
de mots mal orthographiés ou de ponctuations erronées) pour une même
dictée a augmenté en moyenne de 10,7 en 1987 à 14,7 en 2007.
!
Cette situation ne semble pas en voie de s’améliorer : la DEPP vient d’annoncer
que le niveau des élèves de CE2 en lecture et en mathématiques a encore
2régressé . Nous devons nous rendre à l’évidence  : la mission essentielle de
l’école, l’apprentissage de la langue et du calcul, est de plus en plus
difficilement assurée.
!
Cette série de résultats inquiétants appelle une réaction vigoureuse.
L’enseignement du français et du calcul doit devenir une priorité absolue si l’on
souhaite préparer les conditions de la réussite de tous les élèves quel que soit
leur milieu d’origine. Si le rôle de notre système éducatif n’est pas uniquement
d’instruire mais aussi de transmettre les valeurs essentielles à la vie en société,
une telle ambition serait vaine sans l’exigence première de maîtrise du langage
et des outils mathématiques de base. Comment en effet s’approprier nos
1 DEPP, Lire, écrire, compter : les performances des élèves de CM2 à vingt ans d’intervalle 1987-2007,
Décembre 2008.
2 DEPP, Note d’information sur l’évolution des acquis en début de CE2 entre 1999 et 2013, mai 2014.
3 LIRE, ÉCRIRE, COMPTER - RAPPORT #AOÛT 2014
valeurs communes et comment trouver sa place dans notre monde sans la
médiation de l’écrit et du raisonnement logique ? De même, l’éveil artistique ou
l’initiation au numérique, dont la place pourrait être discutée, ne doivent pas
faire oublier que le langage conditionne leur apprentissage.
!
Ces constats alarmants, qu’il convient de rappeler régulièrement, sont
malheureusement connus de tous. Depuis plusieurs dizaines années, il y a un
quasi-consensus pour dire que tout commence par l’instruction et que la
maîtrise du fameux « lire, écrire, compter » est un objectif prioritaire. Pourtant,
rares sont ceux qui apportent au débat éducatif des solutions concrètes dans
ce domaine.
!
Convaincue que c’est à l’école primaire que se joue la plus grande part de la
réussite de nos enfants, et décidée à enfin se donner des moyens simples pour
atteindre un objectif simple de niveau minimum d’instruction pour tous les
enfants de France, la Boite à idées formule dix propositions concrètes sur
3l’essentiel : la maîtrise des savoir-faire fondamentaux à la sortie du primaire .
!
N’ayons pas peur des mots, il ne s’agit pas à ce stade d’éducation, mais
d’instruction, tant l’acquisition de ces compétences est indispensable et ne
souffre ni la discussion, ni le mélange avec d’autres considérations sociales,
sociétales ou économiques.
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La Boîte à idées
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3 Concernant la définition de ces savoir-faire, nous nous fondons sur les compétences en français et
en mathématiques du socle commun introduit en 2005 dans le Code de l’Education. La redéfinition à
venir du socle par le conseil supérieur des programmes (CSP) ne remet pas en cause, à notre sens, la
priorité qu’il faut accorder à la langue et au calcul.
4 LIRE, ÉCRIRE, COMPTER - RAPPORT #AOÛT 2014
1. UN OBJECTIF NATIONAL : TOUS LES ENFANTS
DOIVENT SAVOIR LIRE, ÉCRIRE ET COMPTER À
LA FIN DU CM2
!
Le minimum attendu pour un élève sortant de l’école primaire est qu’il maîtrise les
fondamentaux en lecture, en écriture et en calcul. Pourtant, la France est loin
d’atteindre cet objectif et s’en éloigne de plus en plus. Les résultats en lecture des
élèves de France à la fin du CM1 se trouvent toujours en deçà de la moyenne des
4pays voisins, depuis plus de 10  ans . Les performances en compréhension des
textes informatifs ont nettement baissé ces vingt dernières années. Les enfants ne
savent pas non plus compter correctement : 72 % des élèves ne maîtrisent pas les
5acquis attendus en mathématiques en fin d’école primaire . Il est urgent de faire
de l’acquisition de ces savoir-faire fondamentaux par 100 % des élèves à la sortie
de l’école élémentaire une priorité nationale.
!
Hélas, aujourd’hui, les missions assignées à notre système éducatif souffrent d’une
absence de hiérarchisation. Si essentielles soient-elles - « contribution à l’égalité
des chances », « transmission des connaissances», « partage des valeurs
républicaines », etc. - leur nombre et leur variété conduit à la dilution des objectifs.
De même, le socle commun de compétences détaillé dans l’article D. 122 du Code
de l’éducation, s’il comprend l’impératif de maîtrise de la langue et du calcul, le
mêle à d’autres aptitudes moins essentielles comme la «  maîtrise d’une langue
étrangère  », ou celle des «  techniques usuelles de l’information et de la
communication ». Sans remettre en cause ces objectifs louables, il faut établir le
« lire, écrire et compter » comme le premier d’entre eux pour l’école primaire et
donner à ces compétences la priorité absolue au sein de l’enseignement.
!
Il conviendrait de compléter l’article L. 111-1 du Code de l’éducation en établissant
l’objectif que 100 % des élèves doivent maîtriser les compétences fondamentales
en mathématiques, en plus de la maîtrise de la langue française, à la fin de l’école
primaire et établir ces compétences comme prioritaires au sein du socle
commun.
!
Vincent Peillon a installé en juillet dernier le CNESCO qui doit notamment
repenser les évaluations des acquis des élèves. Pour notre part, nous proposons
que la priorité donnée au «  Lire, Ecrire, Compter  » fasse l’objet de deux
évaluations distinctes, la première, au niveau de toutes les classes de France, la
seconde au niveau d’un échantillon représentatif national :
Au sein de chaque classe :
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4 Programme international pour le suivi des acquis des élèves, mis en place par l’OCDE, depuis 2000, sur
les performances en lecture des enfants de CM1.
5 Cour des comptes, L’éducation nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves, mai 2010.
5LIRE, ÉCRIRE, COMPTER - RAPPORT #AOÛT 2014
Une évaluation des compétences attendues des élèves en français et en
mathématiques doit être conduite en début et en fin d’année, ainsi qu’à
miparcours par les académies pour mesurer la progression des élèves.
L’inspecteur fixerait, en se fondant sur les résultats de début d’année, des
objectifs de progression pour chaque classe, en tenant compte du niveau des
enfants, ce qui en ferait un référent de proximité sur l’ensemble des questions
pédagogiques.
!
Il ne s’agit pas de surveiller les professeurs, encore moins de les sanctionner, mais
de les accompagner dans leur mission pédagogique. Ainsi, les résultats de ces
évaluations n’auront aucune incidence sur le salaire ou la promotion des
enseignants et ne seraient pas rendus publics. Ils seraient simplement transmis au
recteur d’académie qui, de manière collégiale et en concertation avec le
professeur concerné, pourrait décider de son accompagnement en salle de classe
pour l’aider à mettre en place des méthodes d’apprentissage plus adaptées.
!
Ces tests permettraient également, de repérer les élèves les plus en difficulté et de
mettre en place des parcours renforcés pour les aider au rattraper leur retard
(cf. Proposition 5).
Au niveau national :
!
Il n’est plus possible d’attendre fébrilement les résultats des évaluations de
long terme comme PISA pour connaître le niveau des élèves. Des évaluations
doivent être conduites annuellement à l’échelle du pays pour mesurer les
acquis des élèves de France et l’efficacité des politiques éducatives. En 2009,
Xavier Darcos avait introduit l’évaluation des acquis en français et en calcul à
la fin du CE1 et du CM2 au sein des écoles. Hélas, Vincent Peillon, arguant de
leur manque de la validité scientifique, a décidé qu’elles ne devaient plus faire
l’objet d’aucune remontée nationale.
!
Il est dès lors devenu impossible de mesurer correctement le niveau des élèves
de France. En effet, les nombreuses évaluations dont dispose le ministère de
6l’Education nationale (deux évaluations nationales DEPP et CEDRE et deux
7évaluations internationales PISA, PIRLS ), ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Ainsi, les tests annuels de la DEPP censés mesurer le degré d’acquisition des
compétences fondamentales en français et en mathématiques en fin de CM2 ne
semblent pas suffisants :
!
le nombre d’élèves composant l’échantillon de ces tests est trop restreint ; •
les élèves de CE1 ne participent pas à cette évaluation. Or, il est admis que •
l’acquisition des savoirs fondamentaux commence dès le plus jeune âge ;
les compétences évaluées sont trop nombreuses, notamment en •
mathématiques ;
6 Cycle des Evaluations Disciplinaires Réalisées sur Echantillon.
7 Progress in International Reading Literacy Study.
6 LIRE, ÉCRIRE, COMPTER - RAPPORT #AOÛT 2014
la forme du questionnaire à choix multiples (QCM) choisie pour ces tests •
n’est pas la plus adaptée.
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Il serait donc utile de mettre en place chaque année au niveau national des
évaluations fiables du lire, écrire, compter à la fin de chaque cycle
d’apprentissage (CE1, CM2). Pour éviter les classements entre les écoles de la
République, ces évaluations pourraient être réalisées sur la base d’un
échantillonnage représentatif annuel, à la condition que chaque établissement y
soit soumis tous les cinq ans. Les modalités de ces évaluations pourraient faire
l’objet d’une discussion entre le Conseil National d'Evaluation du Système Scolaire
(CNESCO) et le Conseil Supérieur des Programmes (CSP, cf.  infra), afin de
coordonner objectifs pédagogiques et outils statistiques. Les résultats doivent
faire l’objet d’une communication annuelle du ministre de l’Education au
Parlement. Enfin, la question de l’autonomisation de la DEPP pourrait être posée.
L’objectif est de garantir la totale indépendance de ce service qui fournit des
informations absolument essentielles au pilotage et au suivi de la politique
éducative de notre pays.
!
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NOS PROPOSITIONS
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➡ Proposition 1 : Compléter l’article L. 111-1 du Code de l’éducation en établissant
l’objectif que 100 % des élèves doivent maîtriser les compétences fondamentales
en mathématiques, en plus de la maîtrise de la langue française.
!
➡ Proposition 2 : Mettre en place pour le français et les mathématiques une
évaluation des acquis au sein de chaque classe en début, milieu et fin d’année
scolaire et fixer au professeur des objectifs de progression pour sa classe. Les
résultats seraient transmis au recteur qui pourrait décider d’un accompagnement
temporaire du professeur au sein de sa classe.
!
➡ Proposition 3 : Organiser au niveau national une évaluation fiable en français et
mathématiques à la fin de chaque cycle d’apprentissage (CE1, CM2) auprès d’un
large échantillon d’élèves et en présenter les résultats au Parlement.
!
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7LIRE, ÉCRIRE, COMPTER - RAPPORT #AOÛT 2014
2. RECENTRER L’ENSEIGNEMENT DU PREMIER
DEGRÉ SUR L’ACQUISITION DES SAVOIR-FAIRE
FONDAMENTAUX
!
Langue vivante, sciences expérimentales et technologies, histoire des arts et
pratiques artistiques  : la course au «  toujours plus de matières  » a détourné
l’école élémentaire de sa mission première de transmission des compétences
fondamentales en français et en mathématiques. De nombreux enseignants
8constatent en effet , année après année, un manque de consolidation des acquis
chez de nombreux élèves. La stratégie de zapping, dans laquelle les automatismes
ne sont pas entretenus, empêche une réelle assimilation des notions de base. À
vouloir tout faire dès le plus jeune âge et, dans un temps de plus en plus réduit,
l’essentiel n’est pas approfondi. Il convient donc de recentrer les enseignements
de l’école primaire et de cesser de la penser comme un mini-collège, ce qu’elle
n’a pas vocation à être.
!
Installé en octobre dernier par Vincent Peillon, le Conseil Supérieur des
Programmes (CSP) a pour mission de formuler des recommandations sur le socle
commun de compétences et les programmes de l’Education nationale.
Relativement indépendante, composée de spécialistes reconnus de l’éducation,
cette instance pourrait apporter des réponses aux problèmes de notre système
9éducatif. Dans ses premières recommandations , le CSP insiste sur la nécessité de
développer de manière transversale les acquis des élèves en français et en
mathématiques dans l’ensemble des matières. Gageons que dans la suite de ses
travaux, le CSP ira au bout de cette logique en proposant de recentrer les
enseignements sur les savoir-faire les plus fondamentaux.
!
Afin que l’école élémentaire demeure fidèle à sa mission prioritaire - le lire, écrire,
compter, il faut en effet revenir sur l’enseignement de certaines matières dont
l’apport pour les élèves n’est pas évident. Le temps ainsi libéré serait consacré
pour une part à l’augmentation de la durée hebdomadaire des leçons de français,
notamment lors du cycle des apprentissages fondamentaux. Il permettrait surtout
de dégager du temps « après la classe » pour approfondir les acquis en lecture,
écriture et calcul et lutter contre le décrochage des élèves en difficulté, en
concertation avec les familles (cf. tableau récapitulatif en annexe).
Au sein du cycle des apprentissages fondamentaux (CP, CE1) :
!
Il faut supprimer l’enseignement de la LV1 avant le CE2. Chez les enfants les •
plus jeunes, la langue maternelle est en effet le moyen privilégié de
développement des capacités langagières. Par ailleurs, certains élèves
8 Cf. la consultation des enseignants sur les programmes de l’école primaire : http://
cache.media.education.gouv.fr/file/12_Decembre/10/8/Rapport_de_synthese_nationale_longue_
+_resume_03-12-2013_b_287108.pdf
9 Recommandations pour la mise en œuvre des programmes de l'école élémentaire, CSP, le 15 mai 2014
8LIRE, ÉCRIRE, COMPTER - RAPPORT #AOÛT 2014
grandissent au sein de familles allophones et ce n’est pas les aider que de
leur imposer l’apprentissage d’une langue supplémentaire à un si jeune âge.
!
La durée hebdomadaire de la discipline « pratique artistique et histoire des •
arts  » pourrait être réduite de moitié. De fait, le dessin et le chant, s’ils
permettent de développer les capacités d’expression des élèves, peuvent
être pratiqués en dehors du temps d’enseignement et notamment pendant le
temps dédié aux activités pédagogiques complémentaires.
!
Au sein du cycle des approfondissements (CE2, CM1, CM2) :
!
Les « sciences expérimentales et technologies » pourraient être partiellement •
ou totalement supprimées. Il est en effet illusoire d’enseigner les sciences à
un âge où les capacités d’abstraction des élèves ne sont pas encore
développées. Si cette matière devait être supprimée, rien n’empêche pour
autant de proposer en français ou en géographie des textes et documents
qui permettent de poursuivre la découverte du monde entamée en CP et
CE1.
!
• Pour les mêmes raisons qu’en cycle des apprentissages fondamentaux, la
durée hebdomadaire de la discipline «  pratique artistique et histoire des
arts » pourrait être réduite de moitié.
!
Si de tels changements permettraient d’alléger de deux heures le temps passé en
classe, les familles auront comme aujourd’hui la possibilité de confier pendant une
durée hebdomadaire de 25  heures, activités pédagogiques complémentaires
comprises, leurs enfants à l’institution scolaire (cf. tableaux en annexe).
!
De tels changements devraient en tout état de cause tenir compte de la récente
réforme des rythmes scolaires qui prévoit l’étalement du temps scolaire (sur neuf
demi-journées) et doit s'appliquer dans l’ensemble des communes de France à la
rentrée prochaine, malgré les nombreuses demandes de la reporter d'un an.
!
!
NOTRE PROPOSITION
!
➡ Proposition 4 : Mettre fin ou réduire l’enseignement de certaines matières à l’école
primaire pour se recentrer sur les disciplines fondamentales : français et
mathématiques.
!
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9LIRE, ÉCRIRE, COMPTER - RAPPORT #AOÛT 2014
3. FAIRE DU TEMPS SCOLAIRE HORS CLASSE UN
LEVIER PUISSANT POUR L’ÉGALITÉ DES
CHANCES
!
Vincent Peillon a annoncé qu’au primaire, les devoirs seraient effectués à l’école et
non plus à la maison. La loi pour la refondation de l’école tend ainsi à rendre
effective l’interdiction formelle des devoirs à la maison pour les élèves du premier
degré, qui est officielle depuis une circulaire de 1956.
!
Pour l’immense majorité des élèves, les devoirs à la maison sont cependant utiles
à plus d’un titre. Ils permettent d’une part à l’enfant de reprendre à son rythme les
enseignements suivis en cours, d’éviter le décrochage et donc garder confiance en
ses propres capacités (l’enquête PISA 2012 a souligné combien les élèves français
avaient peu confiance en eux). Ils sont aussi une bonne façon de faire participer
les parents au travail scolaire.
!
Il est cependant indéniable que beaucoup de parents ne sont pas en mesure
d’accompagner le travail de leurs enfants, faute de temps ou tout simplement
parce qu’ils ne maîtrisent pas la langue française.
!
Confier à un enseignant la responsabilité de la surveillance et de l’aide aux devoirs
de l’ensemble d’une classe n’en est pas moins illusoire. Une telle mission est à la
fois ingérable pour les professeurs des écoles et réduit considérablement le profit
que les élèves peuvent tirer de leur travail personnel.
Comment concilier l’impératif d’égalité des chances et la
qualité des devoirs ?
!
En créant les activités pédagogiques complémentaires (APC), Vincent Peillon a
ouvert une piste intéressante, qui n’a hélas pas été exploitée comme il aurait fallu.
Les APC offrent aux élèves, si les parents en sont d’accord, la possibilité de
participer après la classe soit à des activités extra-scolaires, soit à des séances
d’aide aux devoirs ou de soutien. Dans leur principe, elles permettent ainsi une
certaine souplesse dans l’organisation du temps scolaire afin de l’adapter aux
différences de niveau des enfants.
!
Dans les faits, cette bonne idée a été vidée de sa substance. La durée des APC -
une heure par semaine, est d’autant plus dérisoire qu’elle a été accompagnée de la
suppression de l’aide personnalisée hebdomadaire d’une heure et demie.
!
Afin que les APC deviennent un outil efficace de lutte contre le décrochage et
pour l’égalité des chances, il serait utile de tripler leur durée. Une partie du temps
dégagé par la suppression des matières que nous suggérons (cf. supra) pourrait
être consacrée aux APC, afin que leur durée soit portée à trois heures par semaine
10

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