La Sublimation

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La sublimation Jean LAPLANCHE Problématique III 'La théorie de la séduction apporte la vérité de la notion d'étayage'. Quadridge / Presses Universitaires de France 153 LAP Présentation de Jean LAPLANCHE: Enseignant depuis 1962 à l'école normale et à la Sorbonne, depuis 1969 à l'UER des Sciences Humaines Cliniques. Expose une démarche problématique et interprétative le long de certains axes majeurs de la psychanalyse. Le document est une compilation de cours dont les caractéristiques sont le classicisme des notions, le recours fréquent au commentaire critique, les retours et les redites (du fait d'un auditoire en partie nouveau chaque année). La présentation de ces textes peut être critiqué en tant qu'exégèse freudienne. Une question centrale semble se dégager en dehors des démonstrations complexes par la psychologie et la psychanalyse. Après avoir posé la question de 'pourquoi étudier la sublimation?' vient l'interrogation plus précise: - "Y a-t-il un destin non-sexuel de la pulsion sexuelle, mais un destin qui ne soit pas de l'ordre du symptôme?" Je dirais personnellement oui, et ceci avant d'approfondir l'étude de l'unique livre spécialisé trouvé à la bibliothèque PARIS XII. La réponse inverse n'aurait pas motivé ma recherche, dont à germé l'attrait en réfléchissant sur des destins humanitaires.
Publié le : samedi 24 octobre 2015
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La sublimation
Jean LAPLANCHE
Problématique III
'La théorie de la séduction apporte la vérité de la notion d'étayage'.
Quadridge / Presses Universitaires de France
153 LAP
Présentation de Jean LAPLANCHE:
Enseignant depuis 1962 à l'école normale et à la Sorbonne, depuis 1969 à l'UER des Sciences Humaines Cliniques.
Expose une démarche problématique et interprétative le long de certains axes majeurs de la psychanalyse.
Le document est une compilation de cours dont les caractéristiques sont le classicisme des notions, le recours fréquent au commentaire critique, les retours et les redites (du fait d'un auditoire en partie nouveau chaque année).
La présentation de ces textes peut être critiqué en tant qu'exégèse freudienne.
Une question centrale semble se dégager en dehors des démonstrations complexes par la psychologie et la psychanalyse.
Après avoir posé la question de 'pourquoi étudier la sublimation?' vient l'interrogation plus précise:
- "Y a-t-il un destin non-sexuel de la pulsion sexuelle, mais un destin qui ne soit pas de l'ordre du symptôme?"
Je dirais personnellement oui, et ceci avant d'approfondir l'étude de l'unique livre spécialisé trouvé à la bibliothèque PARIS XII. La réponse inverse n'aurait pas motivé ma recherche, dont à germé l'attrait en réfléchissant sur des destins humanitaires. Je vais orienter mon étude du livre en cherchant les aspects effectivement favorables au développement de l'individu plutôt qu'analyser des causes psychanalytiques compliquées. Il serait plus bénéfique pour mes lecteurs que je puisse leur montrer un lien évident entre le concept de sublimation et l'existence de personnalités ayant vécu cette particularité.
CHAPITRE UN
Pour situer la sublimation
INTRODUCTION: symbolisation et sublimation
DEA de "psychopathologie clinique et psychanalyse".
C'est un cours magistral qui s'appelait 'historique et problématique de la pensée freudienne'.
La démarche de présentation est à l'image d'une spirale qui consiste à se reprendre et à dire et redire Freud. La symbolisation est certainement l'une des croix de la psychanalyse (recoupement, croisement). L'étude que fait Freud de la sublimation est très hésitante et non pas conquérante. En fait, on ne peut pas dire que Freud est analysé la sublimation, mais il l'a plutôt érigée en but à atteindre, comme un phénomène a expliquer, un questionnement qu'il faudrait mener à bien, une tache à accomplir.
Freud écrit que la satisfaction sublimée possède "une qualité particulière que nous parviendrons certainement à caractériser un jour du point de vue méta-psychologique. La sublimation est présentée comme l'un des quatre destins à coté du renversement dans le contraire, du retournement vers la personne propre ou le refoulement.
Le but, qui est un des facteurs de décomposition de la pulsion selon Freud, est une action. Il s'exprime par le verbe et est absolument capital pour la théorie de la sublimation. La sublimation suppose une mutation ou une modification du but. Il y a une étape entre satisfaction sexuelle directe et le but dit 'sublimé'. Le but n'est alors pas modifié mais la progression vers lui est freinée. Pour en finir avec l'idée que la pulsion de reproduction et donc la perpétuation des espèces pourrait être d'une origine identifiable, Freud explique que celle-ci a des causes hors de la portée scientifique et humaine.
La transformation de l'énergie sexuelle en action plus spécifiée, plutôt que justifiée par des buts, des objets et des sources répondrait donc à une vision positiviste expliquant que les phénomènes scientifiques ne sont pas observables, n'étant par définition que des constructions, voir des déductions. Le problème abstrait de la libido devient un problème d'abstraction. Une partie du concept de l'abstraction considère qu'elle peut s'abstraire de ce contexte sexuel et échanger ses buts, ses objets et sa source pour d'autres. Je vais épargner à tout le monde les réflexions répètées sur 'l'anal' dans les démonstrations de Freud et de ses admirateurs. Pour le changement de but, qui fait l'essentiel de la sublimation, Freud démontre qu'une pulsion peut abandonner complètement son but érotique: d'abord l'atténuer, l'inhiber pour finalement l'échanger contre des actions toutes différentes. Le coeur de l'interrogation est le fait que je viens de décrire, mais l'auteur explique qu'il veut faire comprendre le problème qu'il définit par la question du 'couteau de jeannot'. Il s'agit d'un couteau dont on change la lame, mais c'est toujours le couteau de jeannot. Puis, on change le manche et ainsi de suite jusqu'à avoir changé toutes les parties, mais le couteau est toujours celui de jeannot.
Par similarité de réflexion, que devient la pulsion sexuelle qui donne origine à la sublimation si la source, le but, et l'objet de celle-ci a changé?
L'énergie de base étant considérée comme source persistante, que signifie cette hypothèse qui tend à démontrer que cette énergie sexuelle est identifiable en dehors de ses manifestations propres?
Est-ce une pure construction?
Freud développe une étude sur Léonard De Vinci et rapproche sa curiosité intellectuelle très vive, sa passion d'investigation scientifique à l'investigation sexuelle infantile. Mettre au jour l'apparente liaison entre la curiosité infantile et la curiosité intellectuelle est possible, mais comment montrer que la première se transforme en la seconde?
La sexualité comme l'exercice de l'intellect commence très tôt à être entravée, et plus encore par la culture, la société et finalement la religion. La faiblesse de l'expression de l'intellect permet le développement d'une névrose acquise pour la vie, c'est l'inhibition névrotique.
Ce refoulement sexuel est ensuite renversé par un intellect fortifié, et la curiosité sexuelle serait donc la source d'une transposition des désirs sexuels vers des activités qui ne sont pas directement liées à la sexualité. L'angoisse et les plaisirs sexuels sont déplacés vers l'activité intellectuelle jusqu'à remplacer totalement la libido. La sublimation serait donc une dé-sexualisation de l'investigation sexuelle par opposition à une 'irruption du fond de l'inconscient' qui est, elle, une compulsion de la pensée. Il y a en fait, un véritable drainage d'un plan vers l'autre, du sexuel vers le non sexuel. Avec un détour par la séduction serions nous loin du problème de la sublimation?
Il s'agit dans les deux cas d'un rapport sexuel et non-sexuel. La séduction peut être interprétée comme une irruption du sexuel dans le non-sexuel de l'enfant et la sublimation serait plutôt un transfert énergétique de la pulsion vers une activité non-sexuelle. La sublimation n'est pas un retour sur le passé où l'individu retrouverait un état non-sexuel. Elle est plutôt liée à l'évolution de la découverte sexuelle et va de pair si elle doit se produire. L'intellectualité peut être très solidement représentée par la sublimation. Il faut tenter de conceptualiser la sublimation comme étant liée à l'apparition de la pulsion sexuelle au temps de la pulsion sexuelle partielle.
Une réflexion mène l'auteur à se demander si la sublimation pourrait se produire tardivement lors d'une cure analytique. On ne peut pas conclure que la sublimation et l'activité liée à cette opération puisse être un facteur de réduction d'activité sexuelle. L'inverse n'est pas vrai non plus car en fait les deux sont liées, elles s'accompagnent. La sublimation peut même être une néo-génèse. Une activité de peinture peut être considérée comme pulsionnelle par Freud comme étant liée au plaisir de vivre. J'ajouterai que le plaisir d'apprendre, de découvrir me semble tout a fait qualifiable de plaisir de vivre.
A l'opposé, la sublimation peut être une recherche théorique exprimée par la peinture. Cette activité peut être une sublimation par opposition à une autre sublimation. Les moyens manquent pour expliquer comment l'activité artistique se laisse ramener aux pulsions psychiques. La création artistique ou littéraire est donc facilement décrite comme participation de la sublimation à la vie psychique du créateur. Freud ne propose pas de solution trop hâtive ou trop globale qui opposeraient l'intellectualité et la création artistique malgré leurs différences. La sublimation peut aussi apparaître comme une déviation de l'auto-conservation. Le terme même de sublimation renvoie au feu et la transformation qui est produite par celui-ci quand le solide se transforme en gazeux. Du fait des nombreuses observations et champs dans lesquels la sublimation peut être reconnue, on devrait parler DES sublimations plutôt que LA sublimation.
Celle-ci est donc également présente dans l'art culinaire dans ce qu'il a de pulsionnel entre le rapport à la faim et à l'autre bout l'oralité du plaisir sexuel.
CHAPITRE DEUX
Faire dériver la sublimation
L'auteur nous amène à nous questionner sur le pourquoi de la sublimation.
Dans une cure, puisque c'est une des préoccupation de l'auteur, on conçoit qu'il y est une part de sublimé et une part de symptômes. Le sublimé existera toujours quand le symptôme sera résolu, ou dissous.
Donc la question se transforme en est-ce qu'il y a un destin non sexuel de la pulsion sexuelle sans qu'il soit de l'ordre du symptôme?
Existe-t'il des manifestations non-sexuelles de la sexualité chez l'individu sans qu'elles soient réduites ou dissoutes au passage par l'analyse?
L'inconscient ne respecte pas des lois ou des règles du jeu, il a plutôt tendance à loger des éléments psychologiques et des causes aux endroits où l'individu penserait naturellement que ce sont des effets ou le destin. L'auteur suggère que le concept de sublimation n'est pas explicitement, et peut être à tort, utilisé dans les travaux nombreux à propos des personnages de la création artistique. A mon grand étonnement, le concept de sublimation est presque une entrave à la réflexion et l'auteur, comme l'exprime aussi Freud insinue que ce concept pourrait être mis de coté. Il ne couvre pas l'essentiel du phénomène quand il sert à la formulation de la pensée freudienne, il est utilisé de façon très limitée. Avec la découverte de la notion "d'inhibition quant-au-but" j'ai ressenti que l'engagement humanitaire serait peut-être une inhibition de l'engagement en politique. L'hypothèse que les actions humanitaires servent à changer le monde pourrait étayer cette affirmation en élargissant des faits concrets et localisés à un changement plus global jusqu'au niveau des valeurs. Freud exprime le concept de sublimation en ces termes: "les mêmes voies par lesquelles les troubles sexuels retentissent sur les autres fonctionnement somatiques doivent servir, chez le normal, à une autre activité importante. C'est par ces voies que devraient se poursuivre l'attraction des pulsions sexuelles vers des buts non-sexuels, c'est à dire la sublimation de la sexualité.". La sublimation peut être observée comme un phénomène évacué par la psychanalyse en tant que problème séparé. La question de la sublimation peut être posée d'une autre façon: existe-t-il des tendances sexuelles ou des rejetons pulsionnels conformes au moi, allant dans le sens du moi et susceptibles de venir renforcer l'action de celui-ci?
Mélanie KLEIN dans son ouvrage "l'analyse des jeunes enfants' définie la sublimation comme étant un investissement à symbolisme sexuel, d'une tendance ou d'une activité appartenant aux pulsions du moi." Toujours d'après Mélanie KLEIN, les transferts favoriseraient la voie de la sublimation. Se pose ensuite la question de savoir si le phénomène de sublimation serait une composante de l'adaptation de l'être humain vers des activités socialement valorisées. C'est à dire que l'environnement social aurait suffisamment d'influence pour faire initier un changement et une dérive des pulsions organiques vers des actions sociales reconnues par des valeurs. Des concepts psychanalytiques d'étayage et de dièdre me semble trop complexes pour aborder simplement cette mystérieuse faculté décrite comme sublimation, chacun peut chercher plus loin dans chacune des voies ouvertes ici. Les notions de représentation, transfert sont peut être suffisamment répandues pour ne pas avoir à les expliquer d'avantage. J'ai également étudié un livre sur ce sujet il y a quelques années et l'auteur abordait l'hypothèse que la sublimation serait peut-être un phénomène ou plutôt une issue pour la sauvegarde psychologique d'un individu dont les pulsions ne voient pas d'accomplissement dans la réalité. Celui-ci déplacerait donc cette tension vers des activités sociales reconnues et palpables afin de préserver sa santé psychique et son équilibre mental. La lecture de ce recueil de cours confirme le lien entre une pression plus ou moins sensible de l'environnement et un
processus enclenché, consciemment ou non, par un individu en transformation. En fait le concept d'étayage revient jusqu'à présent comme un processus plus traditionnel dans le développement de l'individu, il est décrit comme trajet classique, et la sublimation comme trajet inverse. La sublimation est ensuite résumée comme une victoire des pulsions de vie sur les pulsions de mort. Le terme de 'culture' intervient ensuite pour remettre en cause tout ce développement. Sans s'appesantir sur la remise en question culturelle des points évoqués précédemment, l'auteur développe toute une partie de la dérivation de la sublimation. La sublimation lui sert de concept 'chef' par lequel il se permet de parler d'autre chose. Jean LAPLANCHE décrit la dérive de la sublimation sous différents aspects qui jalonnent cette dérivation:
1. Si la description de la sublimation est l'expression d'un processus réel, alors il faut le voir plus comme une construction simultanée et conjointe entre le non-sexuel et le sexuel.
La considérer comme un retour du sexuel vers l'auto-conservation ne serait pas juste.
2. La source permanente pulsionnelle agirait donc comme une néo-création répétée de l'énergie sexuelle, continuant l'ouverture à cette excitation plutôt que canalisant une énergie pré-existante.
3. La néo-création est en fait l'observation que le phénomène agissant est d'ordre sexuel et immédiat, lié à la création de l'oeuvre dans laquelle se cristallise la néo-création.
4. Le cheminement à travers la sublimation est inséparable de la psychanalyse elle-même (mais peut apparaître comme une destruction de la sublimation).
Au-delà de l'utilité et l'utilisation de la psychanalyse dans le changement personnel, la notion de sublimation évolue au sein de la culture en même temps que la culture elle-même.
En conclusion, on pourrait dire que la culture sert à apprécier un concept tel que celui présenté de 'sublimation', et donc le concept agit sur la culture en même temps que la culture sert à comprendre le concept. Pour illustrer le concept de sublimation dans l'intervention humaine et terrestre, je peut considérer que les personnes oeuvrant pour des projets humanitaires sont parmi les 'utilisateurs inconscients' du processus de sublimation. Les personnalités très engagées dans cette voie comme Mère Thérésa, Soeur Emmanuelle sont facilement identifiables comme ayant développé cette transformation, cette sublimation affective qui déplace le besoin d'amour vers l'action au bénéfice des autres. Le lien religieux peut effectivement porter à la critique et disqualifier mes exemples, mais il s'agit peut être d'un facteur facilitateur pour le processus de sublimation. Dans ce cas, si ma réflexion est juste, la croyance religieuse et la dévotion sont des voies facilitant le déplacement que je décris, et dont fait l'objet l'ouvrage étudié. On ne peut pas contredire que l'engagement religieux est un renoncement à l'amour d'un homme, d'une femme ou d'une famille. C'est en quelque sorte un point essentiel pour qualifier mes deux exemples comme 'valables'. Il est possible d'identifier ce processus de sublimation chez des peintres, des artistes en général, chez des savants, des écrivains ou des personnes liées à l'éducation et au lien avec d'autres individus. Celles-ci consacrant leur temps, leur énergie, leur travail au progrès des autres, à l'Amour de l'Art, de la Science ont finalement reporté leur activité libidinale dans une activité que la Société, et probablement la morale, encourage.
C'est un peu comme si la violence des pulsions et leur aspect sauvage avaient trouvé un exutoire, une application et un lieu d'expression tout en accompagnant un progrès social approuvé.
C'est la victoire de la Vie.
Dominique Deschamps 05/11/2006
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