Les centres culturels ont cent ans. Etat des lieux, enjeux et perspectives

De
Publié par

IEV Etat de la question LES CENTRES CULTURELS ONT CENT ANS ETAT DES LIEUX, ENJEUX ET PERSPECTIVES Gilles DOUTRELEPONT Mars 2013 Editrice responsable : Anne Poutrain - 13 Bd de l’Empereur - 1000 Bruxelles Introduction ............................................................................................ 2 A. Historique....................... 2 1. L’origine des centres culturels .................... 2 1. Une fonction éducative et sociale .......................................... 2 2. La démocratisation de la culture ........... 3 3. La démocratie culturelle ....................... 3 2. Le Plan quinquennal de politique culturelle (1968) ........................ 4 3. L’arrêté royal du 5 août 1970 établissant les conditions d'agréation et d'octroi de subventions aux Maisons de la Culture et aux Foyers culturels ........................................................................................... 5 4. Le décret du 28 juillet 1992 fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels ................. 6 5. Le décret du 10 octobre 2008 déterminant les conditions de subventionnement de l'emploi dans les secteurs socioculturels de la Communauté française ...................................................................... 8 B. Etat des lieux ................. 9 1. Centres culturels reconnus ........................................................ 9 2. Financement des centres culturels .............. 9 3.
Publié le : mercredi 19 février 2014
Lecture(s) : 134
Nombre de pages : 18
Voir plus Voir moins
IEV
Etat de la question
LES CENTRES CULTURELS ONT CENT ANS ETAT DES LIEUX, ENJEUX ET PERSPECTIVES
Gilles DOUTRELEPONT
Mars 2013
Editrice responsable : Anne Poutrain - 13 Bd de l’Empereur - 1000 Bruxelles
Introduction ............................................................................................ 2A.Historique....................................................................................... 21.L’origine des.................................................... 2centres culturels1.Une fonction éducative et sociale.......................................... 22.La démocratisation de la culture ...........................................33.3La démocratie culturelle.......................................................2......................... 4Le Plan quinquennal de politique culturelle (1968)3.L’arrêté royal du 5 août 1970 établissant les conditions d'agréation et d'octroi de subventions aux Maisons de la Culture et aux Foyers culturels ...........................................................................................54.Le décret du 28 juillet 1992 fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels .................................................65.Le décret du 10 octobre 2008 déterminant les conditions de subventionnement de l'emploi dans les secteurs socioculturels de la Communauté française ......................................................................8B.Etat des lieux .................................................................................91.9Centres culturels reconnus ........................................................2.Financement des centres culturels.............................................. 93.Répartition géographique ........................................................ 10C.Enjeux .......................................................................................... 121................................... 12Assurer un service universel de la culture2.Remplir une triple mission....................................................... 123.Renforcer le maillage territorial ................................................ 134.Favoriser l’accessibilité économique, intellectuelle et psychologique de tous à la culture.......................................................................... 13D.Perspectives ................................................................................. 141.Contours du futur décret ......................................................... 142.Analyse du futur décret........................................................... 141.Le droit à la culture, synonyme de service universel de la culture ?................................................................................ 142.Un panel de reconnaissances: instrument nécessaire pour permettre de remplir une triple mission ?.................................. 153.reconnaissance, coopération et extension de territoire :Nouvelle pour une meilleure couverture des besoins culturels ?................. 164.Le projet d’action culturelle: garant de l’accessibilité de tous à la culture ?............................................................................ 16Conclusion............................................................................................. 17 1Institut Emile Vanderveldewww.iev.be - iev@iev.be
Introduction Les centres culturels ont cent ans. Apparus peu après la fin de la première guerre mondiale, les premiers centres culturels visaient à l’époque« lesloisirs de l’ouvrier». En un siècle, les fonctions poursuivies par les centres culturels etles actions mises en œuvre par eux afin de rencontrer ces fonctions –bien sûr évolué. ont Elles se sont adaptées aux réalités des territoires et des populations. A la volonté de voir assumer par les centres culturels une mission purement éducative, se sont ajoutées au fil du temps d’autres missions touchant à l’animation culturelle, à la démocratisation de la culture et à la démocratie culturelle. Les centres culturels conservent cette vocation de rencontrer les besoins culturels des populations qui vivent sur leur territoire. Ils demeurent les instruments privilégiés d’un «» cherchant àservice universel de la culture favoriser l’émancipation individuelle ou collective de tout citoyen.Aujourd’hui, de nouvelles missions sont confiées aux centres culturels : assurer l’effectivité, sur le terrain, d’un droità la culture et jouer un rôle moteur du développement territorial dans le domaine culturel en Wallonie et à Bruxelles. La présente analyse propose, à travers un regard historique, un état des lieux et des perspectives pour le développement des centres culturels. A.Historique 1.L’origine descentres culturels 1.Une fonction éducative et sociale Les années qui ont suivi la première guerre mondiale ont connu le développement des premières législations en matière culturelle. A cette époque, la culture n’est pas encore considérée comme un champautonome. Elle relève de l’instruction publique.Quelques mois après la fin de la guerre, deux provinces, celle du Hainaut et celle de Liège, agissent en pionnières d’une future politique culturelle. En avril 1919, la province du Hainaut crée, à l’initiative de Paul Pastur, député permanent socialiste, une Commission provinciale des loisirs de l’ouvrier (CPLO). La création de la CPLO est alors une innovation internationale.de la philanthropie« Née sociale, c’est-à-dire d’une pensée croyant que les progrès sociaux et politiques des travailleurs devaient aussi être intellectuels et physiques, l’initiative joua un rôle de prophylaxie et de contrôle social. Dès 1945, la CPLO va connaître de nombreuses mutations, devenant successivement l’IPEL (Institut provincial d’éducation et de loisirs, 1945-1953), le CCH (le Centres culturel du Hainaut, 1953-1980) et enfin l’actuelle DGAC (Direction générale des affaires culturelles, 1 1980). »A la même époque, en 1921, uneMaison des loisirs de l’ouvrierest 1  LudovicRecchia,Le Hainaut, les politiques culturelles et les arts contemporains. Introduction à une lecture des arts visuels contemporains en Hainaut, inPratiques artistiques actuelles en allonie et  ruelles Perspectives, Presses universitaires de Namur, 2004, p. 27.  2Institut Emile Vanderveldewww.iev.be - iev@iev.be
ouverte à Seraing par la province de Liège afin d’organiser des séances éducatives en faveur de la classe ouvrière et de créer un centre d'émancipation. Les premiers centres culturels s’inscrivent dans la logique politique de l’époque: leur fonction première estavant tout éducative et sociale, à l’instar des autres législations culturelles adoptées dans les années 1920. Ainsi, l’arrêté royal du 5 septembre1921 relatif à la détermination des conditions générales d’octroi de subventions aux œuvres complémentaires de l’école permetle soutien aux initiatives d’éducation populaire ou d’éducation permanente. Il sera suivi, quelques semaines plus tard par la loi du 17 octobre 1921 relative aux bibliothèques publiques. Ces trois dispositifs rencontrent les préoccupations du milieu ouvrier pour l’instruction, portées en particulier par les associations du mouvement socialiste.2.La démocratisation de la culture À côté de cette fonction éducative et sociale, une fonction culturelle publique se développe progressivement. Durant les années 1930-1960, cette fonction culturelle publique se traduira par 2 la volonté affichée d’une démocratisation de la culture.Cette démocratisation de la culture s’entend comme« tousles processus qui favorisent l’accès des citoyens à un environnement favorisant la dignité social, le bien-être individuel et 3 collectif »Outre l’accès (passant par exemple par la décentralisation de. spectacles), la démocratisation de la culture est envisagée comme une véritable initiation à des savoirs, à des langages et à des œuvres.La France, sous l’égide de son Ministre de la Culture, André Malraux, adoptera en 4 1959 un décret portant organisation du ministère chargé des Affaires culturelles qui donne mission au ministère ainsi créé«de rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français ; d’assurer la plus vaste audience  notre patrimoine culturel, et de favoriser la création des œuvres d’art et de l’esprit qui l’enrichissent». Ce décret influencera par la suite le législateur belge. 3.La démocratie culturelle A ces objectifs d’accèsaux biens culturels, s’ajoute à partir de 1969 le« droit 5 d’accès  une citoyenneté active dans tous lesdomaines ». Marcel Hicter, Directeur général de la Jeunesse et des Loisirs du Ministère de l’Education nationale et de la Culture française, est considéré comme l’un des pères fondateurs de ce pan de la politique culturelle :
2 Voy. not. Thérèse Mangot,Les Centres culturels : espaces de démocratie culturelle,Managing an Open and Strategic Approach in Culture(MOSAIC), Conseil de l’Europe, 2000, p. 3.3 Majo Hansotte,Centres culturels et territoires d’actions, cahier 1, p. 6. 4 Décret n° 59-889 du 24 juillet 1959 portant organisation du ministère chargé des Affaires culturelles. 5  HuguesDumont,Le pluralisme idéologique et l’autonomie culturelle en droit public belge, volume 1 : de 1830 à 1970, Publications des facultés universitaires Saint-Louis, 1996, p. 331. 3Institut Emile Vanderveldewww.iev.be - iev@iev.be
« Lapolitique culturelle,même celle qui s’appelle éducation populaire, favorise exclusivementen faitles déj favorisés de l’instruction Nous n’avons pas encore, même dans notre fervente politique de démocratisation de la culture, abordé les vrais handicaps; les crédits populaires ont été dévorés ailleurs C’est pourquoi ne me paraissent pas se tromper ceu qui passent d’une politique de démocratisation culturelle  une politique de démocratie culturelle dont l’objectif est de permettre au milieu populaires 6 de faire advenir leur propre culture. » Marcel Hicter définit avec précision la notion de démocratie culturelle : « Elleconsiste à considérer la culture non plus comme objet de consommation (même intelligente) mais comme terrain social de participation; l’attitude passive, ‘réceptive’ devant des ‘œuvres’ ou devant les créations actuelles, doit faire place à la critique en groupes, à des activités, par quelque côté, opératives et créatrices, ainsi qu’au déclenchement d’epressions personnellespar desactes culturels ou, au moins,à propos desproductions culturelles; c’est ici que la politique se fonde sur l’ ‘animation’, car il s’agit de faire ressurgir les motivations inhibées et refoulées dont la culture élitiste de classe et la consommation 7 passive de la culture, ont bloqué l’élan»2.Le Plan quinquennal de politique culturelle (1968) Le Ministre de la Culture Pierre Wigny publie en 1968 un« Planquinquennal de 8 politique culturelle »qui contient notamment un dispositif général en faveur des centres culturels. Il s’inspire du modèle français instauré par André Malraux qui, à travers les maisons de la culture, entendait« démocratiser »et« décentraliser la culture ».Mais le plan Wigny étend la notion de centre culturel à une signification plus large qu’en France: «Dans ce dernier pays, les ‘Maisons de la Culture’ sont des Palais des Beaux-Arts où des professionnels offrent au public des manifestations de très haute qualité. Les maisons des jeunes et autres institutions d’éducation populaire y sont indépendantes des maisons de la Culture et relèvent d’autres administrations En elgique, tous ces organismes relèvent du Département de la Culture, et on peut croire qu’il y a un grand intérêt à coordonner leur action […] Le réseau des centres culturels doit avoir dans 9 notre pays des mailles assez serrées. »
6 Marcel Hicter,Politiques et dépenses culturelles, Cahiers JEB, 1976/1, p. 8. 7  HenriJanne,L’animation socio-culturelle, espace d’affrontement idéologique, cité par Hugues Dumont,op. cit., p. 333.8  PierreWigny,Plan quinquennal de politique culturelle, Ministère de la Culture française, 1968, Bruxelles. 9 Pierre Wigny,op. cit., p. 11.  4Institut Emile Vanderveldewww.iev.be - iev@iev.be
La première mission des centres culturels est de«favoriser la production culturelle des professionnels et sa diffusion»:centres culturels doivent« les mettre les manifestations artistiques ou scientifiques du niveau le plus élevé à la portée de tous, sans que personne soit arrêté par des barrières financières, sociales ou psychologiques».Il s’agit là d’un objectif de démocratisation de la culture. La seconde mission des centres culturels est dela participation active« faciliter de la population à des manifestations culturelles et développer les talents des amateurs »:«ils doivent favoriser l’initiation et la participation active de la population à la vie culturelle ». La démocratie culturelle apparaît donc. Le plan Wigny retient trois catégories de centres culturels« pourla région 10 wallonne »: -« Sept centres culturels de premier niveau », dénommés« Maisons de la Culture»disposant d’une infrastructure capable d’accueillir des orchestres symphoniques, des pièces de théâtre et, plus généralement, des« grands spectacles »; -« Unevingtaine de centres moins importants, qui recevront l’appellation de ‘Centres Culturels régionau’»orientant leur travail sur la participation active et portés sur la diffusion des créations produites dans les Maisons de la Culture ; -Des« FoyersCulturels »termeaux équipements culturels« réservé locaux réalisés dans les communes importantes ou dans les quartiers des grandes villes et […] centrés sur l’initiation culturelle et la participation active de la population. »Le Plan quinquennal de politique culturelle du Ministre Wigny seraà l’origine de l’arrêté royal du 5 août 1970 établissant les conditions d'agréation et d'octroi de subventions aux Maisons de la Culture et au Foyers culturels. 3.L’arrêté royal du 5 août 1970 établissant les conditions d'agréation et d'octroi de subventions aux Maisons de la Culture et aux Foyers culturels L’arrêté royaldu 5 août 1970 reprend les principes de démocratisation de la culture et de démocratie culturelle : -Le rapport au Roi précise que l’arrêté royal« apour but de mettre à la disposition de tous les instruments adéquats d’unepolitique concertée de développement culturel »;-L’article 3 évoque l’animation culturelle confiée aux Maisons de la Culture et l’article 4 l’animation socio-culturelle relevant des Foyers culturels.L’arrêté royal détermine les principes applicables aux centresculturels dont nombre d’entre eux subsistent encore dans notre ordre juridique actuel: -La concertation: c’est l’essence même des centres culturels, tant au sein des organes du centre culturel qu’avec la population (en vue de l’établissement du projet culturel) et les institutions partenaires (les 10 Le Plan quinquennal datant de 1968,les communautés n’existent pas encore etle Ministre de la Culture française est compétent pour le territoire de ce qui deviendra constitutionnellement la Région wallonne (recouvrant la région de langue française et la région de langue allemande).  5Institut Emile Vanderveldewww.iev.be - iev@iev.be
décisions portant sur l’octroi ou le retrait d’agréation ainsi que le classement doivent être soumises préalablement à la députation permanente de la province concernée et à la Commission consultative des centres culturels) ; -: les centres culturels sont desLe caractère associatif« associationsde personnes » qui,en principe, doivent adopterle statut d’association sans but lucratif ; -:Le pluralismeles tendances philosophiques et politiques de la« toutes région ou de la localité où elles exercent leur activité doivent y être représentées. »; -La parité:représentation paritaire des pouvoirs publics (Etat,« la provinces, communes) et des groupements socio-culturels privés »; -: les maisons de la culture et lesLa catégorisation des centres culturels foyers culturels sont répartis en trois catégories (A, B, C)tenant « en compte notamment de l’importance de l’activité, du nombre des organisations culturelles associées, du nombre des membres, de la popl’organisme et de l’importance de l’infrastructureulation concernée par culturelle existante ». L’arrêté royal prévoit, pour les centres culturels respectant la procédure d’agrément qu’il fixe, l’octroi d’un subventionnement couvrant une part des dépenses de personnel et de fonctionnement. L’entrée en vigueur de l’arrêté royal entraînera un développement rapide du secteur. Le nombre de centres culturels reconnus croît et, concomitamment, la fonction des centres culturels en tant que réseau de diffusion des arts vivants en Communauté française s’intensifie.Après vingt années d’application, l’arrêté royal du 5 août 1970 demande à être revu. D’une part, les missions des centres culturels nécessitent un élargissement, notamment quant au rôle moteur qu’ils peuvent jouer en faveur de la création artistique. D’autre part, l’évolution des territoires et de l’offre culturelle qu’ils proposent impose également de poser un regard nouveau sur le secteur. 4.Le décret du 28 juillet 1992 fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels En 1992, le Gouvernement (alors appelé Exécutif) de la Communauté française entend procéderde la politique culturelle dans ce domaine« à une actualisation 11  partir de l’epérience vécue depuis plus de 20 ans dans ces institutions ». Le décret conserve une série de principes figurantdans l’arrêté royal du 5 août 1970 : -Il prévoit la mise à disposition du plus grand nombre des outils culturels ; -Il intègre la formule associativepermet une véritable coopération« qui des partenaires culturels en présence (pouvoirs publics, associations, personnes), des moyens  mettre en œuvre, des infrastructures 
11  Projetde décret fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels, Conseil de la Communauté française, session 1991-1992, n° 230/1, p. 2.  6Institut Emile Vanderveldewww.iev.be - iev@iev.be
12 gérer »et« permet une forme de cogestion entre le secteur public et le secteur privé, une participation, dans l’action culturelle, des tendances politiques et philosophiques différentes mais également la mise en valeur des différentes facettes de la vie culturelle (artistique, sociale, scientifique, 13 sportive…)». Le décret du 28 juillet 1992 se veut être une législation générique. Elle est dès lors plus précise que l’arrêté royal antérieur à deux égards: -Il identifie les finalités assignées aux centres culturels ; -Il énonce les modes de fonctionnement des centres culturels. Le législateur, en vue de déterminer un cadre de référence, pointe quatre principes généraux qui doivent guider l’action et le fonctionnement des centres culturels : -Le décret confère un mandat« aux forces sociales associées (public/privé) pour mener toute initiative de développement socio-culturel d’un territoire considéré en tenant compte des identités culturelles et des publics les plus défavorisés »:« la perspective de démocratie culturelle souhaitée doit se traduire par la réalisation de projets culturels qui s’intègrent dans une vision globale du développement politique, économique et social de l’entité territoriale concernée»; en d’autres termes, le législateur veut favoriser de cette manière« laparticipation des groupes et des personnes en soutenant le développement de la vie associative »; -la catégorisation de l’arrêté royal du 5 août 1970Le dispositif remplace (distinguant maison de la culture et foyer culturel) par une autre, basée sur les notions de centre culturel régional et centre culturel local, afin de «préciser l’aire de rayonnement de ces différentes institutions mais également leur mode d’intervention spécifique», chacun ayant pour mission d’agir«avec plus de précision sur les missions de création, de communication et de formation »; -Le décret précise lesde fonctionnement des institutions»« modalités et insère le principe spécifique de l’obligation de parité dans le cofinancement entre la Communauté française et les pouvoirs publics associés (les communes, les provinces et la Commission communautaire française) ; -La législation établit« lesconditions des relations entre les Centres culturels et les pouvoirs publics mettant à leur disposition des infrastructures » et«les conditions d’utilisation des infrastructures ayant bénéficié de subventions de la Communauté française » parla conclusion de conventions particulières. En application du décret du 28 juillet 1992, les centres culturels sont répartis entre centres culturels régionaux et locaux, eux-mêmes classés par ordre d’importanceen trois catégories pour les régionauxet en quatre pour les locaux, selon la nature et l’étendue territoriale de leurs missions. Les centres culturels locauxœuvrentsur le territoired’une commune,les centres culturels régionaux sur un territoire d’unarrondissement. En fonction de ce classement, la Communauté française octroie des subventions récurrentes ou exceptionnelles. 12  Projetde décret fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels, ibid. 13  Projetde décret fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels, ibid. 7Institut Emile Vanderveldewww.iev.be - iev@iev.be
Le décret du 10 avril 1995 a introduit dans le décret du 27 juillet 1992 l’obligation d’établir un contrat-programme entre le centre culturel et le Gouvernement, rencontrant« lesnouvelles orientations de la politique culturelle » qui «ont renforcé les relations contractuelles entre les institutions 14 culturelles et les pouvoirs publics»Le Gouvernement poursuit la volonté de. « responsabiliser davantage les pouvoirs organisateurs des centres culturels dans 15 la gestion des subventions accordées par les pouvoirs publics ». Cet instrument offre au centre culturel la stabilité juridique et financière, une plus grande lisibilité des investissements de chacun des partenaires et une meilleure évaluation des résultats des politiques culturelles développées. Progressivement, l’évolution du paysage culturel, tant en termes de populations que de territoires, conduit le Gouvernement à dissocier, au sein de la catégorie la plus élevée des centres culturels locaux, différentes sous-catégories: 1, 1+, 1++ et 1+++. 5.Le décret du 10 octobre 2008 déterminant les conditions de subventionnement de l'emploi dans les secteurs socioculturels de la Communauté française Les centres culturels reconnus dans le cadre du décret du 29 juillet 1992 bénéficient de l’application du décretdu 10 octobre 2008 déterminant les conditions de subventionnement de l'emploi dans les secteurs socioculturels de la Communauté française, dit décret « non marchand ». Ilvise à harmoniser les dispositifs de subventionnement de l’emploi pour tous les secteurs socioculturels, à clarifier le subventionnement de l’emploi par rapport aux décrets sectoriels et à mettre en place des mécanismes clairs concernant l’octroi, la liquidation et la justification des subventions.Sur cette base décrétale, les centres culturels perçoivent une aide pour le poste de premier permanent, affecté à l’animateur-directeur du centre. En outre, les postes des autres travailleurs des centres culturels font également l’objet d’une aideune subvention complémentaire à l’emploi – pourautant que les travailleurs en question figurent dans le cadastre (initialement celui du 31 janvier 2005, actuellement Pour bénéficier des subventions à l’emploi, les centres culturels respecter les barèmes de la sous-commission paritaire du secteur socioculturel. Le décret instaure une valeur de point unique pour tous les types d’emplois. La subvention « permanent »permet de couvrir le traitement d’un travailleur. Le mécanisme de la subvention pour le poste de permanent intègre une prise en compte forfaitaire de l’ancienneté.
14  Projetde décret modifiant le décret de la Communauté française du 28 juillet 1992 fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels, sessions 1994-1995, n° 221/1. 15  Projetde décret modifiant le décret de la Communauté française du 28 juillet 1992 fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels,ibid.  8Institut Emile Vanderveldewww.iev.be - iev@iev.be
Les travailleurs ACS-exFBIE et les APEexFBIE bénéficient d’un point de subventionnement dans le cadre du décret. Les autres travailleurs cadastrés bénéficient d’une subvention complémentaire à l’emploi établie initialement à 1,271 point (en 2008) et s’élevant à présent à 1,3978 (2013).Globalement, pour l’ensemble des centres culturels, les moyens perçus en application du décret du 10 octobre 2008 ont atteint 6.449.000 euros en 2012. B.Etat des lieux 1.Centres culturels reconnus 115 centres culturels sont reconnus dans le cadre du décret du 28juillet 1992 fixant les conditions de reconnaissance et de subvention des centres culturels, répartis comme suit : -un centre culturel local de catégorie 4, -35 centres culturels locaux de catégorie 3, -27 centres culturels locaux de catégorie 2, -18 centres culturels locaux de catégorie 1, -12 centres culturels locaux de catégorie 1+, -4 centres culturels locaux de catégorie 1++, -6 centres culturels locaux de catégorie 1+++, -12 centres culturels régionaux. A l’exception des centres culturels régionaux, la quasi-totalité des centres culturels reconnus couvrele territoire d’une seule commune. La Wallonie et la Région de Bruxelles-Capitale comptant respectivement 262 et 19 communes, un nombre significatif de communes ne bénéfice dès lors pas, aujourd’hui, de l’activité d’un centre culturel.2.Financement des centres culturels Les subventions de fonctionnement accordées en 2012 par la Fédération Wallonie-Bruxelless’élèvent àun montant de 16.892.000 euros, réparti de la manière suivante : -26.111,85 euros pour le centre culturel de catégorie 4, -de 50.551,33 à 71.077,83 euros pour les centres culturels locaux de catégorie 3, -de 76.749,00 à 92.710,15 euros pour les centres culturels locaux de catégorie 2, -de 102.500,00 à 114.250,70 euros pour les centres culturels locaux de catégorie 1, -de 129.101,51 à 169.553,45 euros pour les centres culturels locaux de catégorie 1+, -de 155.136,00 à 168.901,78 euros pour les centres culturels locaux de catégorie 1++, -de 202.933,76 à 210.934,00 euros pour les centres culturels locaux de catégorie 1+++, -de 208.752,69 à 947.436,50 euros pour les centres culturels régionaux.
Institut Emile Vanderveldewww.iev.be - iev@iev.be
 9
En application du décret du 10 octobre 2008 déterminant les conditions de subventionnement de l'emploi dans les secteurs socioculturels de la Communauté française, les centres culturels perçoivent en outre des subventions à l’emploi: subvention pour le poste d’animateur-directeur et subvention complémentaire à l’emploi pour un montant global de 6.449.000 euros (en 2012), comprise entre 19.869,46 euros et 169.908,37 euros en fonction des centres culturels. En complément, diverses autres subventions, relevant des crédits extraordinaires des centres culturels ou de crédits sectoriels, leur sont accordées (soit un montant de 686.000 euros en 2012). Les villes et communes contribuent au financement des centres culturels reconnus (13.691.205,04 euros), comme les provinces (2.624.514,10 euros). L’intervention des pouvoirs publics dans le financement des centres culturels atteint donc, globalement, 40.350.000 euros. L’ampleur de la mission confiée aux centres culturels impose de développer des activités, sur le terrain, qui font appel à l’expertise d’animateurs culturels qualifiés et qui nécessitent des moyens financiers (technique, communication, etc.). Dès lors, les subventions affectées aux centres culturels locaux des catégories 3 et 4 sont insuffisantes si elles poursuivent l’objectif de permettre le respect par les centres culturels des obligations imposées dans le décret. Le financement lié à la catégorisation conduit à une course au subventionnement, pouvant amener certains centres culturels à reléguer au second plan le projet culturel en lui-même. Cette situation est préjudiciable tant pour les citoyens (qui risquent de voir se développer des activités qui ne répondent pas à leurs besoins et aspirations) que pour les porteurs de projet, en l’occurrence le directeur du centre culturel et son équipe (qui peuvent être contraints de construire une programmation peu en phase avec les réalités du territoire sur lequel ils agissent). 3.Répartition géographique La répartition des centres culturels sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles (région de langue française et région bilingue de Bruxelles-Capitale) est la suivante :
Institut Emile Vanderveldewww.iev.be - iev@iev.be
 10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.