Eléments de prévention du crime

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Cet ouvrage montre la diversité des modèles de prévention de la délinquance, leur spécificité mais aussi leur nécessaire complémentarité. Il insiste également sur l'obligation de veiller aux aspects éthiques des politiques de prévention mises en place. En effet, l'utopie d'une société débarrassée de toute forme de criminalité contient la disparition de toute liberté.
Publié le : lundi 1 décembre 2014
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EAN13 : 9782336363240
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ÉLÉMENTS DE PRÉVENTION DU CRIME
La prévention du crime a toujours été au cœur de la politique criminelle à
l’époque moderne en tant que principe ou objectif mais elle remonte aux
origines de l’humanité en tant que pratique.
Si tout le monde peut s’accorder sur son intérêt – la prévention, tout le
monde est pour –, le consensus a tôt fait d’éclater et ne résiste pas au
passage à l’acte préventif.
Cet ouvrage montre la diversité des modèles de prévention de la ÉLÉMENTS DE PRÉVENTION
délinquance, leur spécificité mais aussi leur nécessaire complémentarité.
Il insiste également sur l’obligation de veiller aux aspects éthiques des
politiques de prévention mises en place. En effet, l’utopie d’une société DU CRIME
débarrassée de toute forme de criminalité contient la disparition de toute
liberté.
Prévention – politiques publiques – criminalité – délinquance – crime –
éthique – prédiction – modèles – risque – démocratie.
Docteur en sciences criminologiques, André Lemaître est professeur à
l’Institut des Sciences Humaines et Sociales (ISHS) de l’Université de
Liège. Il enseigne aux Départements de criminologie, de science politique
et de sociologie. Ses préoccupations académiques et scientifiques portent
particulièrement sur les questions liées à la sécurité, aux aspects éthiques
et déontologiques de l’intervention criminologique et aux drogues.
Il est président de l’Association internationale des criminologues de langue
française (AICLF) et membre élu du conseil de direction de la Société
internationale de criminologie.
André Lemaître
Collection Sciences Criminelles
dirigée par Robert Cario
ISBN : 978-2-343-04666-2
15,50 E Controverses
ÉLÉMENTS DE PRÉVENTION DU CRIME André Lemaître ÉLÉMENTS
DE PRÉVENTION
DU CRIME© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-04666-2
EAN : 9782343046662André Lemaître
ÉLÉMENTS
DE PRÉVENTION
DU CRIME
L’Harmattan
Collection Sciences criminelles
dirigée par Robert Cario

La collection Sciences criminelles se destine à la publication de travaux
consacrés à l’analyse complexe du phénomène criminel. Multidisciplinaire par
définition, elle a vocation à promouvoir les réflexions critiques portées par les
disciplines impliquées, dont l’angle d’approche spécifique enrichit la
connaissance globale du crime, tant en ce qui concerne les protagonistes (infracteur,
victime, société) que les stratégies d’intervention sociale (prévention,
répression, traitement). En France comme à l’étranger.
Les contributions, émanant de chercheurs, de praticiens de la justice ou du
travail social, empruntent la forme d’ouvrages de doctrine, de recherches
collectives ou d’actes de rencontres scientifiques.

Deux séries complètent la Collection. Le Traité de sciences criminelles,
multi-auteurs, présente sous la forme de manuels les principales disciplines
qui composent les sciences criminelles : philosophie criminelle, criminologie,
politique criminelle, droit criminel, procédure pénale, criminalistique,
médecine légale et victimologie.

Les Controverses rassemblent de courts essais sur des questions majeures de
la connaissance scientifique dans le champ criminologique. En pointant leurs
contradictions, (re)découvertes et zones d’ombre, les réflexions participent à
une meilleure compréhension de la complexité des conduites humaines.


Y. Le Pennec, Centre fermé, prison ouverte. Luttes sociales et pratiques éducatives spécialisées
R. Cario, L’aîné victime. La fin d’un tabou ?
R. Cario, La prévention précoce des comportements criminels. Stigmatisation ou bientraitance sociale ?
R. Cario, P. Mbanzoulou (Dir.), La victime est-elle coupable ?
P. Mbanzoulou, N. Tercq, La médiation familiale pénale
P. Mbanzoulou, La violence scolaire. Mais où est passé l’adulte ?
P.V. Tournier, Loi pénitentiaire : contexte et enjeux
I. Dréan-Rivette, De la criminologie en Amérique
R. Cario, B. Sayous (Dir.), Tabous et réalités du crime au féminin
R. Cario, P. Mbanzoulou (Dir.), La justice restaurative. Une utopie qui marche ?
R. Cario (Dir.), L’enfant exposé aux violences familiales. Vers un statut spécifique ?
R. Cario (Dir.), Les rencontres détenus-victimes : l’humanité retrouvée.
R. Cario, M. Herzog-Evans, L.M. Villerbu, La criminologie à l’Université. Mythes… et réalités
S. Harrati (Dir.), Et si la victime n’existait pas ?
M. Herzog-Evans, Moderniser la probation française. Un défi à relever !
E. Durand, Violences conjugales. Protéger la mère c’est protéger l’enfant
C.E. Laguerre, Événements traumatiques en Martinique. Les vivre et les surmonter
B. Deymié, F. Rognon (Dir.), Punir, restaurer, guérir







A Simon, Robin, Sacha et Elouan








CChapitre 1

Introduction et définitions

1. Introduction
Que l’on ait un souci académique ou professionnel, il
n’échappe à aucun observateur qu’on assiste ces dernières
années à un grand renouveau dans l’intérêt porté au concept de
prévention de la délinquance. Pourtant, comme on le verra,
aucun criminologue ayant un peu de sens historique ne peut
s’empêcher de questionner la réalité du caractère récent de cet
engouement.
Dans le dictionnaire Le Petit Robert, « prévenir » c’est aller
au devant de quelque chose pour faire obstacle ; empêcher par
ses précautions (une chose fâcheuse ou considérée comme telle)
d’arriver, de nuire. La « prévention » est un ensemble de
mesures préventives contre certains risques.
En suivant Philippe Robert, on dira que « la prévention vise
à réduire la fréquence de certains comportements, par ailleurs
1incriminés par la loi pénale – mais aussi d’incivilités qui elles

1. Selon Sébastian Roché, l’incivilité est une notion sociale et non
juridique. Les incivilités engagent l’ordre social et non pas l’ordre tel qu’il est
défini par la loi ou les acteurs du système pénal. Il précise qu’il s’agit d’actes
humains ou des traces matérielles signifiant une rupture des codes
élémentaires de la vie sociale (politesse, insultes, bruits, odeurs), des actes de
vandalisme et de petite délinquance (tags, voitures abîmées, vitres brisées, …) ou
10 Éléments de prévention du crime
ne sont pas toujours des délits – en recourant à d’autres
solutions que la sanction pénale » (1991, 14).
La prévention est une notion utilisée depuis tellement
longtemps, et à propos de laquelle on a déjà tant écrit, qu’elle
semble tout à fait évidente aux yeux de tous. Bien souvent,
théoriciens et praticiens de la prévention ne se préoccupent que
peu de dégager les contours de cette notion. Ils opèrent comme
s’il existait une sorte de définition en soi tellement évidente
qu’il n’est pas besoin de la formuler de façon spécifique. Ainsi,
Gassin (1994, 585) estime la notion de prévention imprécise et
protéïforme : de nombreuses personnes se contenteront de
répondre à la question « qu’entend-on par prévention ? » qu’il
n’est pas nécessaire d’en chercher une définition tant la notion
est d’une évidence intuitive ; pour ceux là, la prévention,
rappelle Gassin, c’est évidemment ce qui s’oppose à la répression.
Cependant, poursuit-il, « quand on parcourt la littérature déjà
fort importante relative à la prévention, on constate assez vite
que l’idée de prévention n’est pas aussi claire et distincte que le
cartésianisme ne le souhaiterait. Par ailleurs, lorsque l’on
pousse l’analyse du contenu de la notion, on s’aperçoit aussi
que la plus grande diversité règne sur les distinctions que l’on
peut faire à l’intérieur même de la prévention et les typologies
auxquelles on aboutit ».
Souvent donc, dans les discours, le concept de prévention est
placé en opposition avec d’autres approches plus traditionnelles
du contrôle de la criminalité par le système de justice pénale ;
pour faire « court », dès le moment où l’on a opposé le mot
prévention à celui de répression, il semble que tout est dit et
que l’on peut passer aux choses sérieuses. Toutefois, que ce soit
en tant que principe ou en tant qu’objectif, la prévention de la
délinquance a toujours été au cœur de la politique criminelle à
l’époque moderne et en tant que pratique, elle remonte à bien
plus longtemps : on serait tenté de dire, à toujours.

encore des résidus d’illégalismes (carcasses de voitures brûlées) qui
s’affichent aux yeux de tous (1996, a). Voyez aussi du même auteur : La société
incivile, Paris, Seuil, 1996 et aussi, Tolérance zéro ? – Incivilités et insécurité,
Paris, Odile Jacob, 2002. Introduction et définitions 11
Quelle heureuse, quelle formidable expression que celle de
« prévention de la délinquance » – un rêve pour un publicitaire
ou un agent en marketing ! Il est probablement très difficile,
voire impossible, de trouver un autre concept dans le champ de
la justice pénale qui entraîne autant d’approbation, qui
rassemble aussi largement et qui transcende autant les différentes
opinions qu’elles soient politiques ou… publiques : la
prévention, tout le monde est pour, mais ce qui fera la différence, ce
sera le contenu que les uns et les autres donneront au concept,
en définitive assez flou, de la prévention de la délinquance. En
dessinant la situation à très gros traits, d’un côté on verra dans
la prévention du crime une implication dans la protection des
honnêtes citoyens contre les exactions de classes dangereuses,
mais d’un autre, on verra plutôt des mesures pour éviter qu’un
casier judiciaire vienne s’ajouter aux handicaps sociaux
accumulés par une jeunesse défavorisée. Il apparaît ainsi qu’il existe
une volonté de mettre bien des choses dans le panier de la
prévention. Mais comme on peut l’observer, le consensus vis-à-vis
de la prévention examinée abstraitement ne résiste pas au
passage à l’acte préventif : le désaccord apparaît dans les
propositions concrètes et dans la définition et les orientations des
politiques de prévention.
La prévention de la délinquance n’inclut pas seulement les
pratiques de l’ensemble des institutions et agents concourant à
l’administration de la justice et du fonctionnement du système
de justice pénale mais également celles de nombreux autres
intervenants publics ou privés quand ce ne sont pas les citoyens
eux-mêmes. La situation se compliquant d’avantage quand un
de ceux-ci, comme c’est souvent le cas, considère que l’objectif
de prévention de la criminalité n’est pas la première raison
d’être de son action, même si dans les faits elle y contribue.

2. Prédiction, prévention, évaluation et éthique
2.1. Prédire
Prédiction et prévention entretiennent un dialogue, une
relation paradoxale et pleine d’ambiguïté. Pour prévenir, il faut 12 Éléments de prévention du crime
prévoir, mais une prévention efficace annulera la prévision. Le
paradoxe de la prévision est qu’elle se détruit ; une prévision
valable, dont il est tenu compte, va entraîner des mesures de
prévention (évitement de la part de la victime potentielle par
exemple, mise en place de mesures de protection, etc …) qui en
empêcheront sa réalisation ; ainsi, si les mesures prises sont
adéquates, le fait que la prévision ne se réalise pas ne veut pas
nécessairement dire qu’elle était mauvaise : c’est précisément
parce qu’elle était vraie qu’elle ne s’est pas réalisée.
Freeman (1992) décompose le mot « prévention » en deux :
« prédiction » d’une part et « intervention » d’autre part. Ainsi
lorsque la criminologie veut prévoir, elle est déjà dans une
approche préventive puisqu’on cherchera en toute logique à éviter
ce qu’on prévoit comme problèmes futurs. Toute une batterie de
théories causales ou relatives à la prédiction est produite par la
criminologie, parfois centrées sur certains types de
délinquances, parfois sur certaines catégories de délinquants ou
simplement la criminalité en général. Différentes théories vont
amener différents types d’interventions impliquant des acteurs
variés (agents du système pénal, citoyens, secteur privé par
exemple) et mobiliser des méthodes appropriées et mises en
œuvre à différentes étapes et à différents endroits pour
contrecarrer la criminalité.
« Il est difficile de prédire – surtout l’avenir », rappelle
2Georges Kellens à la suite d’un humoriste danois. Cette
boutade devenue proverbiale est exacte – poursuit-il –, chacun sait
qu’il est presque impossible de prédire l’avenir ; pourtant
nombreux sont ceux qui cherchent à le faire ou souhaiteraient y
parvenir, notamment dans le domaine de la délinquance (1970,
Vol.2, 98). Même dans le cas improbable où le pronostic
théorique se révèle exact, il n’est pas certain que ce soit
automatiquement la meilleure forme d’intervention qui soit choisie, et
même si c’est le cas, que cela « marche ». On verra en effet
qu’entre « prédiction » et « intervention », il faut tenir compte

2. Kellens G., Le crime et la criminologie, Verviers, Marabout
Université, 1970, 2 Vol. Introduction et définitions 13
de la phase d’exécution, de « réalisation » : ici, le politique
intervient, joue dans la prise de décision, les effets attendus et
inattendus se heurtent éventuellement et des obstacles imprévus
peuvent se dresser. Les « politiques de prévention » seront le
résultat de cette alchimie, associant, dans un contexte politique
donné, les enseignements de la démarche scientifique à
l’intuition, au pragmatisme et aux réalités budgétaires et de «
terrain ».

2.2. Évaluer
Trop peu souvent hélas, on se basera sur des évaluations
valables des projets de prévention : beaucoup reste à faire pour
« évaluer » les politiques de prévention mises en œuvre.
Pourtant ces dernières décennies, les connaissances accumulées
utiles à la prévention ont fait se développer et avancer une
« science » de la prévention (Cusson, 2003, 191). Ainsi, en
1997, Laurence Sherman et ses complices de l’université du
Maryland transmettent leur rapport destiné au Congrès
améri3
cain ; ils ont examiné plus de 500 programmes de prévention
ayant été évalués avec un minimum de rigueur et identifié des
programmes qui réussissaient à prévenir la délinquance,
d’autres qui n’y parvenaient pas et d’autres enfin qui étaient
prometteurs. Si leurs constatations permettent de dire que
beaucoup de programmes de prévention « marchent » et que d’autres

3. Sherman L.W., Gottfredson D.C., MacKenzie D.L., Eck J., Reuter P.,
Bushway S.D., Preventing Crime : What works, what doesn’t, what’s
promising ?, Washington, National Institute of Justice, US Department of Justice,
1997 ; Sherman L.W., Gottfredson D.C., MacKenzie D.L., Eck J., Reuter P.,
Bushway S.D., « Preventing Crime : What works, what doesn’t, what’s
promising ? », Research in Brief, Washington, National Institute of Justice, US
Department of Justice, July 1998 ; Sherman L.W., Farrington D.P., Welsh
B.C., MacKenzie D.L. (Eds), Evidence-Based Crime Prevention, Routledge,
London, 2002 ; voyez aussi Cusson M., Prévenir la délinquance – Les
méthodes efficaces, Paris, Presses universitaires de France, Coll. Criminalité
internationale, 2002. 14 Éléments de prévention du crime
non, ils établissent également qu’un grand nombre de projets ne
4
font jamais l’objet d’une évaluation scientifique .

2.3. Ethique
Dans toutes les matières enseignées en criminologie, la
déontologie doit être présente : c’est particulièrement vrai en
matière de prévention où une réflexion éthique sur les
interventions ou les politiques publiques mises en place est
primordiale ; à supposer qu’une fin soit considérée comme bonne, tous
les moyens de l’atteindre ne sont pas acceptables. La prévention
doit être équilibrée et, dans la mesure du possible, elle doit
rassembler et ne pas diviser, ni exclure. Les politiques publiques
de prévention de la criminalité doivent apporter des éléments de
qualité de vie aux citoyens.

3. Définitions
Le terme « prévention » peut revêtir différentes
significations et un certain nombre de chercheurs se sont employés à le
définir.
eAu 19 siècle, Von Liszt distinguait « la politique sociale (ou
prévention), qui se situait par définition avant le crime, et la
politique criminelle, conçue comme le combat de première
ligne contre le crime ; G. Kellens, dans sa brève introduction au
cours de « Prophylaxie criminelle sociale » (1992) écrivait que
« ces images guerrières ne sont plus commodément utilisables
depuis que les idées de défense sociale ont introduit des notions
comme la protection, l’aide, ou la réadaptation : la prévention
peut être une prévention de la récidive. Les objectifs de «
prévention » et « répression » sont présents dans le système de
justice pénale sans se confondre ; le système « en crise » (aug-

4. C’est aussi le diagnostic (et le regret) d’autres auteurs ; voyez ainsi
déjà en 1991 Robert P., Les politiques de prévention à l’aune de la recherche,
Paris, L’Harmattan, 1991 ; et plus tard, Robert P., « The evaluation of
prevention policies », European Journal of Crime, Criminal Law and Criminal
Justice, 2003, Vol. 11, N°1, 114-130. Introduction et définitions 15
mentation de certaines formes de délinquance, taux
d’élucidation parfois en chute libre, surpopulation carcérale, …)
amène différents acteurs à réfléchir autrement et à pousser à un
élargissement des rôles, c’est le temps de l’imagination et de
l’émergence « d’alternatives », de « nouvelles stratégies
so5
ciales » se situant tantôt en amont de l’acte criminel
(dépénalisation, décriminalisation), tantôt entre la commission de l’acte
et une décision judiciaire (interruption de la procédure pénale et
orientation vers des circuits non pénaux). Leur action reste
similaire à celle des institutions pénales : sanctionner la
transgression d’une norme même si cette sanction vise souvent
plutôt à « réparer » qu’à « punir » (Robert, 1991, 14).
Définir la prévention reste difficile car la notion a un certain
caractère élastique. « Depuis l’invention de la prévention par les
positivistes, et singulièrement par E. Ferri – rappelle Gassin
(1992) – on a vu se développer des conceptions très différentes
des contours de la prévention. Mais si l’on néglige les
différences individuelles pour s’en tenir aux traits essentiels, on peut
regrouper ces diverses conceptions en deux grandes catégories
que nous appellerons les conceptions totalisatrices de la
prévention et les conceptions limitatives de celle-ci ».
Quand on parle de prévention de la délinquance, «deux
définitions viennent immédiatement à l’esprit. L’une recouvre les
moyens directement destinés à empêcher les actes délictueux
(notamment par la protection, la dissuasion ou la répression) ;
l’autre, l’ensemble des actions qui, par une amélioration globale
de la vie urbaine, réduisent la probabilité d’apparition de ces
actes » (Barbe et al., 1998, 11). Un inconvénient important de la
première définition réside dans l’expression moyens directs qui
fait d’avantage penser à des concepts de protection, de
dissuasion voire encore de répression ; la prévention ne doit pas être
réservée aux professionnels de la police, de la justice ou encore
aux autres professionnels des agences participant au contrôle
social, on ne peut négliger le rôle que chacun peut avoir dans la

5. Voyez « Nouvelles stratégies sociales et système de justice pénale »,
Actes de la 19e Conférence de recherches criminologiques (1990), Strasbourg,

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