Le droit électoral congolais

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D'apparition relativement récente, le droit électoral congolais étudie les élections politiques désignant les représentants du peuple. Il régit également les opérations préparatoires à l'exercice du vote et les modalités de contestation du vote. La discipline a pour vocation à donner des réponses aux questions que pose tout système politique, à savoir : qui doit voter, pour qui voter, pourquoi voter, comment voter et qui contrôle le vote ?
Publié le : mercredi 8 octobre 2014
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EAN13 : 9782806107213
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de droit
africaindroit droit
Collection dirigée par
11africain Évariste Boshab et Matadi Nenga Gamanda africain
11 11
Le droit électoral
’apparition relativement récente, le droit électoral congolais étudie les élec-Dtions politiques desquelles sont désignés les représentants du peuple. Il
régit également les opérations préparatoires à l’exercice du vote et les modalités congolais
de contestation du vote. La discipline a vocation à donner des réponses aux
questions que pose tout système politique : à savoir qui doit voter, pour qui
voter, pourquoi voter, comment voter et qui contrôle le vote ?
Dans la pratique, le droit électoral participe à l’établissement, suivant les règles
et procédures établies d’un régime démocratique. Longtemps enfermé dans les
escarcelles du droit constitutionnel, ce droit renferme des spécificités qui
sollicitent, chaque jour, sa reconnaissance, d’abord, comme un art exigeant
expérience et compétence, ensuite, en tant que science comportant des règles et
procédures propres et, enfin, comme domaine qui emprunte du management,
l’essentiel de ses techniques.
Le besoin de rationalisation des techniques d’organisation et de gestion des
élections dévoile, en même temps, la technicité et la complexité du droit
électoral plus que jamais porté vers le contrôle chiffré de la distribution démocratique
du pouvoir. La discipline que l’on croyait essentiellement normative, convoite de
plus en plus le domaine autrefois occupé par les sciences exactes telles
l’arithmétique, la mathématique et la géométrie.
Jean-Louis Ea Bo Kanash E
Juge constitutionnel et titulaire de la chaire de droit électoral en République
démocratique du Congo, Jean-Louis ESAMBO KANGASHE est Chef de Département
à l’École de Formation Électorale de l’Afrique Centrale et membre du Réseau des
Compétences Électorales Francophones. Ancien membre du Bureau National des
Opérations de la Commission électorale indépendante congolaise, il a participé à
l’observation des élections présidentielles et législatives au Brésil (2010), Cameroun (2011),
Mali (2013) et Zimbabwe (2013).
ISBN 978-2-8061-0187-7
www.editions-academia.be 26 €
BIBLIO_DROIT_AFR_GF_ESAMBO_13,75_DROIT-ELECTORAL-CONGO.indd 1 08/09/14 18:08
sgmms
Jean-Louis Esa Bo Kangah E
Le droit électoral congolaisLE DROIT ÉLECTORAL CONGOLAIS2 LEDROITÉLECTORALCONGOLAIS
Collection«Bibliothèque de droitafricain »
DirigéeparÉvaristeBoshabetMatadiNengaGamanda
Titresparus
1. Ngondankoy Nkoy-ea-LoongyaPaul-Gaspard, Droitcongolaisdes droits de
l’homme,2004.
2.MasambaMakelaRoger, Droit économiquecongolais,2006.
3.MatadiNengaGamanda, Droitjudiciaireprivé,2006.
4. MutoyMubiala, La mise en oeuvredudroit desréfugiésetdes personnes
déplacéesenAfrique,2006.
5.BoshabÉvariste,Pouvoiretdroitcoutumiersàl’épreuvedutemps,2007.
6. Kangulumba Mbambi Vincent, PrécisdeDroit civildes biens. Tome 1.
Théorie générale desbiens et théorie spécialedes droits réelsfoncierset
immobilierscongolais,2007.
7. Esambo Kangashe Jean-Louis, La Constitutioncongolaisedu18 février2006
àl’épreuveduconstitutionnalisme,2010.
8. Boshab Évariste& Matadi NengaGamanda, Le statut de représentants du
peupledanslesassembléespolitiquesdélibérantes,2010.
9. Kamukuny MukinayAmbroise, Contributionà l’étude de la fraude en droit
constitutionnelcongolais,2011.
10. Minaku NdjalandjokoAubinetBokonaWiipa Bondjali François, Lexique
desassembléespolitiquesdélibérantes,2014.
11.EsamboKangasheJean-Louis,Ledroit électoralcongolais,2014.JJeeaann--LLoouuiiss EESSAAMMBBOO KKAANNGGAASSHHEE
LE DROIT ÉLECTORAL CONGOLAIS
BBIBIBLLIIOOTTHHÈÈQQUUEE DDEE DDRROOIITT AAFFRRICICAAIINN 11114 LEDROITÉLECTORALCONGOLAIS
D/2014/4910/47 ISBN13:978-2-8061-0187-7
©Academia-L’Harmattans.a.
Grand’Place,29
B-1348LOUVAIN-LA-NEUVE
Tous droits de reproduction,d’adaptation ou de traduction,par quelque procédé quece
soit,réservéspourtouspayssansl’autorisationdel’éditeuroudesesayantsdroit.
www.editions-academia.beDUMÊMEAUTEUR
La Constitution congolaise du 18février2006à l’épreuveduconstitutionnalisme.
Contraintespratiquesetperspectives,Bibliothèquededroit africain7,
AcademiaBruylant,Louvain-la-Neuve,2010,358p.
Ledroitconstitutionnel,Academia-L’Harmattan,Louvain-la-Neuve,2013,319p.SOMMAIRE
AVANT-PROPOS..................................................................................................... 9
PRÉFACE................................................................................................................13
INTRODUCTION..................................................................19
CHAPITRE I
L’ÉLECTEUR...........................................................................................27
SECTION1.LESCONDITIONSD’INSCRIPTIONSURLESLISTES
ÉLECTORALES......................................................................................................27
SECTION2.L’ÉTABLISSEMENTETL’ENTRETIENDUFICHIER
ÉLECTORAL..........................................................................................................38
CHAPITREII
LECANDIDAT........................................................................................ 43
SECTION1.L’ÉLIGIBILITÉETL’INÉLIGIBILITÉ............................................43
SECTION2.LESINCOMPATIBILITÉS...............................................................65
CHAPITREIII
LA CAMPAGNEÉLECTORALE..............................................................69
SECTION1.NOTIONSDECAMPAGNEÉLECTORALE..................................69
SECTION2.LESPRÉALABLESÀL’ORGANISATION
DELACAMPAGNEÉLECTORALE....................................................................73
SECTION3.LESPRINCIPESQUIFONDENT
LACAMPAGNEÉLECTORALE..........................................................................77
SECTION4.LARÉGLEMENTATIONDELACAMPAGNEÉLECTORALE..81
SECTION5.LEFINANCEMENTDELACAMPAGNEÉLECTORALE..........91
CHAPITREIV
L’ÉLECTION............................................................................................97
SECTION1.LESSYSTÈMESÉLECTORAUX.....................................................98
SECTION2.LEDÉCOUPAGEDESCIRCONSCRIPTIONSÉLECTORALES 113
SECTION3.LESÉTAPESDUPROCESSUSDEVOTATION.........................114
SECTION4.LAFRAUDE ÉLECTORALE.........................................................1478 LEDROITÉLECTORALCONGOLAIS
CHAPITRE V
LECONTENTIEUXÉLECTORAL.........................................................157
SECTION1.LECONTENTIEUXDESACTESPRÉPARATOIRES
ÀL’ÉLECTION.....................................................................................................158
SECTION2.LECONTENTIEUXDESRÉSULTATS.......................................171
SECTION3.LECONTENTIEUXDESRÉSULTATS
ENDROITCOMPARÉAFRICAIN....................................................................197
SECTION4.LAQUESTIONDELAVÉRITÉDESURNES.............................211
CONCLUSION......................................................................................................215
ANNEXES.............................................................................................................223
INDEX..................................................................................233
BIBLIOGRAPHIESÉLECTIONNÉE...................................................................239
POSTFACE...........................................................................................................219
TABLEDESMATIÈRES.....................................................................................245AVANT-PROPOS
Ledroit électoral étudie,ausensclassique,les électionspolitiquesdesquelles
sontdésignéslesreprésentantsdupeuple.Ilrégitlesopérationspréparatoires à
l’exercice du vote et lesmodalitésdecontestation de l’élection. Dans la
pratique, ce droitparticipeà l’établissement, suivantles règles et procédures
d’organisationetdegestiond’une élection,d’unrégimedémocratique.Ducoup,
senoueunerelationentreélection-démocratieetdroitélectoral.
On se gardera de considérer queleseulfaitdedisposer destextesqui
organisentles élections suffise pour accéderà un régimedémocratique. Il faut,
en plus,que parune électionlibre et transparente,lecitoyen quisouhaite
contribuerà la gestiondelachose publique de sonpayssoitaffranchidetoute
entravel’empêchantd’êtreencontactdirectavec les électeurs en vuede
solliciterleursuffrage.
En République démocratiqueduCongo,onnoteque,prise en vertudela
1Constitution,laLoi n°75-009 du 2avril 1975portantorganisation des
élections législatives interdisaitdéjà la tenue, en dehors du Mouvement
2populaire de la révolution,detoute propagande électorale. Celle-ci était,
d’ailleurs,censurée au casoù elle ne comportaitpas desmessages et
déclarationspolitiquesvantantles idéauxduparti et de sonfondateur.On voit
combienl’ordonnancementconstit utionneld’un pays peut influer surla
perceptionquel’onpeutavoirdudroitélectoral.
Longtemps renfermé dans lesescarcelles du droitconstitutionneldontil
dépendait trèslargement, le droit électoral quis’est émancipé,depuislafin du
e20 siècle,parcequeconstruitsurlesautelsdelapratiquedes électionsa,denos
jours, conquiset/ou reconquisses lettres de noblesse. Autour de lui, se
mobilisentbiend’institutions et organismes qui, tout en prétendant en tenirle
secret,seconsidèrent«magiciens des élections» car, se recrutantauseindes
états-majorspolitiquesetlaboratoiresdesnationsditesdevieilledémocratie.
Comment ne pass’intéresserà cette discipline quandonlie le destin des
Nationsà l’organisation,à intervallesréguliers,d’élections et leur rationnelle
gestionpourque soit ordonnancée,à différents niveaux,ladistributiond u
pouvoirpolitique?Etlorsque lesacteurs de la société civileet/ou la presse s’en
1 Auxtermesdel’article 19 de la Loi n°70-001 du 23décembre 1970 modifiant la Constitution du
24juin 1967, le MouvementPopulaire de la Révolution est érigé comme première institution de la
République avantleprésidentdelaRépublique,l’Assembléenationale, le Gouvernement, la Cour
constitutionnelle et lesCours et tribunaux.Ildeviendra,envertu de la modification constitutionnelle
organiséeparla Loin°74-020 du 15août1974,la nation zaïroiseorganiséepolitiquement (art.29) etla
seuleinstitutiondelaRépublique(art.28),lesautresn’étantquesesorganes.
2L’article22de cetteloiindiqueque lapropagande électoraleestfaiteparleMouvementPopulairedela
Révolution.10 LEDROITÉLECTORALCONGOLAIS
mêlent,ilyadequoi éviterdes ubir,unjour,lasentencequ’infligeraitl’histoire
àceuxquirefusentd’entenircompteoudelirelessignesdetemps.
Au même moment,ils’observeque le droit électoral quiplaque auparavant
ses jalons,sedéveloppeets’affirmecomme discipline autonome.Né,eneffet,
de la pratiquedes élections,ilapparaît, en raison de la complexité et de la
technicité de ses règles et procéduresdeplusenplus éloignées de la
compréhensionducitoyen moyenet, plus généralement, descompétiteurs
politiquespourtantintéressésa upremierchef.
Le droit électoral congolaisest d’apparition relativementrécente. Il ne date
d’avantle8décembre 1957, date quicoïncideavec l’organisation,dans
3certainesvillesetcommunes,des premières élections municipales. Cette
électionsera,une annéeaprès, suivied’uneautre tenuedansdeuxnouvelles
4communesdeLéopoldville et quatrechefs-lieux de province de Coquilhatville,
Stanley ville, Bukavu et Luluabourg.Ceprocessus s’est poursuiviavec
l’organisation,endécembre 1959, des élections communaleset, en mai 1960,
des élections législatives nationalesdesquelles serontissusles membresqui
composerontplustardleparlementnationaletlesassembléesprovinciales.
Il importedenoter qu’à sonaccessionà l’indépendance, le 30juin 1960, le
paysnecomptaitquetreizemillionsd’habitantsquin’ontpas,enapplicationde
5la législation électorale en vigueur, tous participé auxdites élections.Cette
discriminationn’anégativementpasinfluésurletauxdeparticipationqui était
6de85,5%àLéopoldville,87,2%àElisabethvilleet74,4%àJadotville .
Plus d’un demi-siècleaprès, la population congolaise asensiblement
7augmenté pour gagner,aujourd’hui et selonles projectionsarrêtées en 1984 ,
77000000 millions d’habitants. Cetaccroissement démographique n’a,
cependant,pas impacté surl’organisation,à intervallesréguliers,d’élections
libres,pluralistesetdémocratiques.
Maintesfoisinterrompu parles crises politiques et/ou militaires quiont
jalonné l’histoire du pays,ledroit électoral renaîtra, en 2006 et 2011,avec la
pratiqued’électionslibresetpluralistesaugurantducouplatrajectoireversune
réelle compétition politique. Ainsi, de 25420199 électeurs inscrits pour
participer aux élections généralesde2006 et 2007, 17931238 ontconstitué le
corps électoral. Cette population électrice a, au bout de cinqans,sensiblement
3 Il s’agit des villesdeLéopoldville (communes de Kintambo, Saint-Jean,Bandalungwa,Kinshasa,
Dendale, Ngiri-Ngiri,Kalamu, Barumbu, Ngaliema et Kalina), d’Elisabethville (communes Albert,
Katuba,Kenya et Rwashi)etdeJadotville (communeblanche et la commune africainedeKikula).Lire
danscesens,NDAYWELèNZIEMI.,NouvellehistoireduCongodesoriginesàlaRépubliquedémocratique
duCongo,Bruxelles,LeCri-BukuHistoire,2012,pp.428-429.
4NotammentdanslescommunesdeMateteetN’djili.
5 erL’article 1 de l’Ordonnance n°12/295 du 29septembre1957 portantmesures particulières
d’exécutionduDécretdu26mars1957précisequelespersonnesconsultéesenvuedelaconstitutiondes
conseils des communescomposantles communesdoivent être belges,desexe masculin, âgées de 25ans
au moment de la clôture du rôle despersonnesà consulteretavoir sixmois de résidence non précaire
dansuneouplusieurscommunesdelavilleaumomentdelaclôturedurôle.
6 MABIALAMANTUBA-NGOMAP., Les électionsdansl’histoirepolitiquedelaRépubliquedémocratique
duCongode1957-2011,Kinshasa,FKA,2013,p.16.
7Annéedudernierrecensementdelapopulation.Avant-propos 11
augmenté pour atteindre, en 2011, 32024640 inscrits contre 18911572
votants;témoignagedelaferveurquientoureladiscipline.
Fortementinfluencéparlajurisprudence,cedroitreflètelavitalitépolitique
et démocratiqued’un pays résolument tourné en direction de la conquête ou
reconquête démocratiquedupouvoir.Saconstructionest,donc,à situer dans
l’histoired’uneNationqui,bienqueconfrontée,pendantplusieursdécennies, à
diverses crises politiques, contrasteavecl’engouementà la démocratieque
caresse un systèmepolitiquedanslequellaredevabilité desgouvernants est,de
plusenplus,exigeante.
Produitdelafragmentationdes textesjuridiqueshérités, soit de la
colonisation,soitdusystème d’organisation et d’exercice autoritaire du
pouvoir, le droit électoral congolaisrenfermedes spécificitésqui sollicitent,
chaque jour,sareconnaissance, d’abord, comme un artexigeant expertiseet
compétence, ensuite, en tant quesciencecomportantdes règles et procédures
propreset,enfin,comme domaine quiempruntedumanagement, l’essentiel de
sestechniques.
En dépitdefaiblesses et apparentescontradictions quel’on peut çà et là,
releverdansl’applicationdesondispositifjuridique,cedroitjoue,commeonle
verra,unrôle capitaldansl’enracinementdes valeursdémocratiques, l’égalité
devantlesuffrageet,partant,ladistributiondupouvoirpolitique.
Lesoucidesimplificationdecedispositifetdespratiquesqui,parmoments,
échappent à l’évidence élémentaire justifie l’élaboration d’un ouvragequi
retrace,dansunstyle simple,clairetméthodiquementagencé,leprocessus
électoral auquel chaque paysest confronté.Ils’efforced’apporter, dans la
mesure du possibleetlàoù l’exercice est nécessaire, un éclairage indispensable
dudroitcomparé.
L’abondancedelajurisprudence analyséecontribue,avec quelques annexes
tiréesdes opérationsdedépouillement, compilation et centralisation des
8résultats proposéesenfin d’ouvrage,à faire du droit électoral unediscipline
quisevitetseconstruitaucontactdelaréalité.
8 Il s’agit notamment des procès-verbauxdedépouillement et de compilation des résultats, des fiches de
délibération et des résultats, du bordereaudetransmission et de réception des plis ou encore de la fiche
dereconstitutiondesrésultatsauniveauduCentrelocaldecompilationdesrésultats.PRÉFACE
L’ouvragedeM.Jean-LouisEsamboKangashevientà pointnommé non
seulement en raison des échéances électoralesdela République démocratique
du Congomaisaussi d’un contexte politique, plus large, au Nord comme au
Sud,faitdedésillusionsvoiredecritiquesradicalessurles élections.
L’enjeuest considérabletantl’électionest au cœ urdelathéorie
démocratique. Mode efficace de régulationdel’altérité,elleest un moyende
prévenirles crises et lesconflits politiques au momentcrucialdeladévolution
du pouvoiretdelaprise desdécisions;onutiliselesressourcesqu’on luiprête
pourcontribuerausuccèsdesprocessusdesortiedecrise.
Sitôt énoncé,leproposappelle cependant desnuances et réserves: si
l’électionest consubstantielle à la démocratieet sa meilleuregarantie, elle ne
suffitpasà elle seuleà l’établir;pourcertains,s’appuyant surl’histoire et
l’actualité,elleserait l’auxiliaire de l’autoritarismeetà ce titreils en arrivent à
condamner le processus électoral dans sonprincipe. En réalité,cequi est en
cause, ce sont d’abordles conditions d’exerciceetles modalitésd’organisation
et de gestiondel’élection; et l’un desdéfislancésaux régimes démocratiques
est de parvenirà cette transparence électorale sanslaquelleiln’ya pointde
salutdémocratique; lesopérations électoralessontenquelque sortel’épreuve
de vérité des élections et de le urfiabilité quiconditionnent leur crédibilité et
leurlégitimité.
Pouryparvenir,ledroit,ledroit électoraljoueà cet égardun rôleessentiel.
C’est un enjeumajeurdelapolitique en Afrique, maispas seulementlà;toute
l’histoire de la démocratieest faite d’effortsperpétuels, jamaisaboutis,pour
faire faceaux fraudesetmanœuvressanscesserenouvelées et pour obtenirla
sincéritédessuffrages.
C’est dire tout l’intérêtdulivre queM.Jean-LouisEsamboKangashe
consacre au droit électoral congolais; il le présente danstoute sa complexité,
exposant l’ensembledes règles quirégissentles opérationstoutaulongd u
chronogramme électoral de l’inscriptionsur leslistes électoralesjusqu’à la
décisiondesjugeslorsqu’ilssontsaisisderecourscommec’estsouventlecas;il
en retrace les évolutionsetles débats,souventvifsauxquelsiladonné lieu;il
procèdeà son évaluationenlecomparant systématiquementaux règles en
usagedansles autres pays;ilnouslivre uneréflexion critique et prospective
surles choixà faire et surles moyens de le rendreopérationnelauregard de
l’objectif démocratiqueà atteindre. On voit comment,pourreprendreune
formuledel’auteur,ledroit électoral se vitetseconstruit au contactdes
réalités; comment aussi il se doit de tenircompted’unesériedecontraintes
tenant parexempleà la taille du pays qui, comme c’estlecas pour le Congo,14 LEDROITÉLECTORALCONGOLAIS
rendparticulièrementdélicate l’organisation matérielleetlogistique des
élections,ouaux aspirationsdela populationpour uneplusgrande
transparence et sincérité,ouencore à l’habileté en éveilpermanentdes
fraudeursetdeceuxqui lesmanipulent, ou enfinaux exigencesdéfinies dans
desstandards internationauxtoujours plus nombreuxycompris de ceux des
organisationsafricaines.
Avertietexpert qu’il est du droitconstitutionnel, le professeur Esambo
n’hésitepas au fildes pagesà donnerdes conseils auxcandidats,aux électeurs
età proposer dessolutions pour donner touteson efficacité démocratiqueaux
élections congolaises. Il analyse lesdéfisauxquelscedroit est confronté,les
résistancesetles contournements dont il faitl’objet, ainsique lesdifficultés
auxquelles doiventfaire faceles acteursdujeu électoral. Uneplaceparticulière
est consacréeaujuge,àjustetitre, carilnesauraityavoird’élections crédibles
sans lui; la tâchedujuge électoral n’est pastoujourscompriseetelleest
souventmalaisée, plus encore lorsqu’il s’agit d’intervenir surdes litiges relatifs
aux élections au plus haut niveau, présidentiel notamment.Lejugesetrouve
ainsiprisdansunesortedechassé-croiséentreledroitetlepolitique.
C’est bien là quesesitue le nœ udgordien du droit électoral, au Congo
comme ailleurs:son effectivité démocratiquedépendnon seulement de son
contenuetdeson esprit mais aussi,c’est presqu’ une évidencedel’affirmer, du
respect quedoiventlui porter les électeurs,les candidats maisaussi lesjuges et
lesautoritéspolitiques. C’està ce prix queles élections deviennent le tempsde
ladémocratieetdumaintiendelapaix.
QueM.Jean-LouisEsamboKangashe dont on connaîtles mérites
scientifiquesetuniversitaires soitremercié d’avoir su présenterune solide
étude quiestà la fois un manuel de droit électoral, un guide électoral et une
réflexionthéorique,appliquéeetconcrètesurlaconstructiondeladémocratie.
JeanduBoisdeGaudusson
AgrégédesFacultésdedroit
Professeur éméritededroitpublic à
l’UniversitédeBordeau xLISTES DESSIGLES
ETPRINCIPALES ABRÉVIATIONS
ABACO:AlliancedesBâtisseurs duCongo
ACO:AvenirduCongo
ADH:AlliancedesDémocratesHumanistes
ADP:Appeldéputationprovinciale
ADT:AlliancedesTravaillistesCongolaispourleDéveloppement
AFDC:AlliancedesForcesDémocratiquesduCongo
Al:Alinéa
Alii:Autres
AMP:AlliancedelaMajoritéPrésidentielle
AN:Assembléenationale
Art:Article
BUR:Bureau
Dir:Sousladirectionde
Éd:Édition
CC:Courconstitutionnelle
CCD:ConventionChrétiennepourlaDémocratie
CC-EL:Courconstitutionnelle-électionlégislative
CC-EP:Courconstitutionnelle-électionprésidentielle
CDR:ConventionpourlaDémocratieetlaRépublique
CE:Conseild’Etat
CEDEAO:CommunautééconomiquedesÉtatsdel’Afriquedel’Ouest
CGD:CentrepourlaGouvernanceDémocratiqueauBurkinaFaso
CEDI:Centreprotestantd’étudesetdediffusion
CEI:Commissionélectoraleindépendante
CLCR:CentreLocaldeCompilationdesRésultats
CENI:Commissionélectoralenationaleindépendante
CES:Courélectoralespéciale
CNS:CongrèsNationalCongolais
Col:Colonne
Coll.:Collection
CRP:ConventionpourlaRenaissanceetleProgrès
CSJ:Coursuprêmedejustice16 LEDROITÉLECTORALCONGOLAIS
DC:Démocratie Chrétienne
DCC:DécisionduConseilconstitutionnel
ECT:EveiletConsciencepourleCongoetleDéveloppement
FKA:FondationKonradAdenauer
FONUS:ForcesNovatricesUniespourlaSolidarité
GSCO:GénérationpourlaSolidaritéetleDéveloppementduCongo
Idem:ouvragedéjàcité
IDH:Institutdesdroitsdel’Homme
LDIC:LiguepourlaDéfensedesIntérêtsdesCongolais
LGDJ:LibrairieGénéraledeDroitetdelaJurisprudence
M17:Mouvementdu17mai
MINUSMA: Missionmultidimensionnelle intégréedes Nations-Uniespourlastabilisation
auMali
MLC:MouvementdeLibérationduCongo
MLP:MouvementLumumbisteProgressiste
MONUC:MissiondesNations-UniesenRépubliqueDémocratiqueduCongo
MONUSCO:MissiondesNations-UniespourlastabilisationdelaRépubliqueDémocratique
duCongo
MSD:MouvementdeSolidaritépourleDéveloppement
MSDD:MouvementdeSolidaritépourlaDémocratie etleDéveloppement
MSR:MouvementSocialpourleRenouvea u
N°:Numéro
OIF:OrganisationInternationaledelaFrancophonie
ONUCI:OpérationdesNations-UniesenCôted’Ivoire
Op.cit:ouvragedéjàcité
P:page
PALU:PartiLumumbisteUnifié
PCBC:PartiCongolaispourlaBonneGouvernance
PCC:PartidesConservateursCongolais
PCDI:PartiChrétienDémocratepourleDéveloppementIntégral
PDC:PartiDémocrateChrétien
PDS:PartiDémocrateSocialiste
PP:plusieurspages
PPPC:PartiduPeuplepourleProgrèsduCongo
PPPD:PartiduPeuplepourlaPaixetlaDémocratie
PPRD:PartiduPeuplepourlaReconstructionetlaDémocratie
PR:présidentdelaRépublique
PSC:PartiSocialisteCongolais
PUF:PressesUniversitairesdeFranceListesdessiglesetprincipalesabréviations 17
PUZ:PressesUniversitairesduZaïre
PNUD:ProgrammedesNations-UniespourleDéveloppement
QE:Quotient électoral
RCA:Républiquecentrafricaine
R.Const/TSR:Rôleducontentieuxconstitutionnel-toutessectionsréunies
RCD-KML: Rassemblement CongolaispourlaDémocratie,Kisangani-Mouvement de
Libération
RCDC/DN:Rôleducontentieuxdecandidaturesàladéputationnationale
RCDC/KN:Rôleducontentieuxdecandidaturesàladéputationnationale-Kinshasa
RCE:Rôleducontentieuxélectoral
REC:RassemblementdesEcologistesCongolais
RSA:RépubliqueSudAfricaine
RUDEC:Rassemblementpourl’Unité,leDéveloppementetl’EnvironnementduCongo
SADC:CommunautédeDéveloppementdel’AfriqueAustrale
SCODE:SolidaritéCongolaisepo urlaDémocratieetleDéveloppement
SF:Siègefictif
SR:Siègeréel
UCOPES:UniondesNationalistespourleBienêtreSocial
UDCO:UnionpourleDéveloppementduCongo
UFC:UniondesForcesduChangement
UJN:UniondesJeunesNationalistes
UMP:UnionpourunMouvementPopulaire
UNADEF:UnionNationaledesDémocratesFédéralistes
UNAFEC:UnionNationaledesFédéralistesCongolais
UNADIC:UnionNationalepourlesIntérêtsdesChômeurs
UNC:UnionpourlaNationCongolaise
UPRDI:UnionduPeuplepourlaRépubliqueetleDéveloppementIntégralINTRODUCTION
Plus qu’unetechnique d’organisation et de gestionduscrutin,ledroit
électoral est uneréalité bien complexe,maisqui aufil de tempss’affirme
comme unedisciplineautonome. Sa définition permet d’en dégagerles
caractéristiques,lessourcesetlecontenu.
1. La définition du droit électoral
Le droit électoral est difficileà percevoir, uneconfusion estfacilement
1décelable dans ses rapportsavec le droitdes élections.Ausensstrict,
cependant,il étudieleprocessus d’organisation et de gestiond’une élection
désignant lespersonnesinvesties d’unefonctionp ublique ou d’un mandat
public.Cedroitneseraitpas, decepointdevue,différentdudroitdesélections,
le votequ’il postuledevantsedérouler dans plusieurs domaines, notamment,
syndical,confessionnel,associatifoupolitique.
Àladifférencedudroitdes électionsquiavocationà êtregénérique,ledroit
électoral convoite unedimension essentiellement politiqueduvotefaisant,d u
2coup,apparaîtreunlienentre l’électionetlacitoyenneté;lameilleure
perception de celle-ci étantcomptabledel’exercice, par chaque citoyen,desa
souveraineté.
Dans le même temps, il s’observeune fortetonalité du droit électoral qui
rendsacompréhensiondifficile, son champ d’action étant devenu, parlaforce
de choses,très étenduetsedéployantauniveaunational, continentalo u
international.
22.. LLeess ccaarraaccttéérriissttiiqquueess dduu ddrrooiitt éélleeccttoorraall
La diversité de domaines d’intervention du droit électoral dévoile,
parallèlement,ses
caractéristiquespolitique,technique,complexeetcontentieuse.
2.1. Ledroit politique
Discipline juridique, le droit électoral remplit unefonctionessentiellement
politique,celledefairerespecterleprincipedémocratiquequetoute électionest
1 Certains auteurscommeTOUVET L. et DOUBLETY.-M.,lesprennentpour synonymes.Liredansce
sens,leurouvragecommunintitulé,Droitdes élections,Paris,Économisa,2007.
2MASCLETJ.-C.,Droitélectoral,Paris,PUF,1989,pp.13-14.20 LEDROITÉLECTORALCONGOLAIS
censéeprocurer.Ilparticipeàladistributiondémocratiquedupouvoiret,donc,
àlarégulation delaviepolitique.
eDepuis la findu20 siècle, la réclamation des élections dans la
restructuration de l’État n’acessé de susciter un réel intérêt, la démocratie
qu’elle fournitdevant refléterune valeur universelle à laquelle toutes les
nationsdemeurentattachées.
Aussi,plusque touteautre activité sociale participantà la démocratie,
l’administration et la gestiond’une électionsont-ellesdevenuesdes opérations
trèscomplexes mobilisant bien d’acteurs(administration électorale, électeurs,
candidats,témoins, observateurs, juges,etc.)aux intérêts souventdivergents et
nepercevantpastoujoursl’importancedel’enjeuqu’ilssontpourtantconviés à
3expliquer.Elles supposentque soit établi un dispositif juridique garantissant
certes, une égale et équitable compétitionpolitique, mais quipermette d’opérer
lepassaged’unordrepolitique versunautre.Selonleslégislations,cedispositif
portelamarquedecodeoudeloi électorale,laRépublique démocratiqued u
Congoayantoptépourcettedernièreformule.
2.2. Ledroit technique
L’exigence de la transparence dansl’administration et la gestiond’une
électionaconduitbonnombredeslégislationsàyintégrerl’informatisationdes
données électorales. Selonleprogramme arrêté,l’informatiquepeutounon
fausser lesrésultats attendus,son usagen’étantpas,detoute évidence, neutre.
Il faut, pour ce faire, disposer, en amont,d’unebonne logistique,que l’on sait
couteuse, pour éviterenaval, d’avoirunsystème que l’on ne saura
véritablementcontrôler,l’homme étantaucentredetout.
Au servicedelacrédibilité du processus électoral, l’informatiquen’invente
rien,elleneretient queceque l’homme luipropose.Qu’il s’agisse,eneffet, de
l’informatisation du fichier électoral, du recours auxnouvelles technologies de
l’information et de la communication pendant la campagne électorale,les
opérationsdevoteetdedépouillementoulacentralisation desrésultats,
l’informatiqueparticipeà la modernisation de l’administration des élections et,
donc,desrèglesquilesrégissent.
Indispensable à la gestionrationnelleduprocessus électoral, cette
technologiequi n’estcertainement pasà la portéedetouset, notamment,des
compétiteurspolitiquesdemeuretoutdemêmecritiquableenraisondunombre
relativement élevé de contentieuxqu’elle crée, surlabaseduconditionnement
du fichier électoral, du favoritisme danslacampagne électorale ou de la
falsificationdesrésultats électoraux.
Le besoin de rationalisation destechniquesd’organisation et de gestiond u
processus électoral dévoile, en même temps, la complexité du droit électoral
plusquejamaisportéverslecontrôlechiffrédeladistributiondémocratiqued u
3 COLLIARDJ.-C.,danslapréface de l’ouvrage Droitdes élections de TOUVET L. et DOUBLETY.,
n°VI.Introduction 21
pouvoir. Pour ce faire, la disciplinen’est pas, ainsiqu’on le verra, que
normative, elle convoite le domaineautrefoisoccupé parles sciencesexactes
tellesl’arithmétique,lamathématiqueetlagéométrie.
L’arithmétique électorale apparaîtdanslaquantification du processusde
votation et notammentà travers lesopérationsdeconsolidation deschiffres
danslafixationducorpsouquotient électoral,lecalculdesrésultats électoraux
ou la détermination dessuffrages exprimés. Réalisées en application des
dispositionslégales,cesopérationsdépassentlesimpleartificejuridique.
Placéedansl’optiquedemaximisation deschiffres électoraux, de la gestion
desopportunitésetrisquespolitiques,ledroit électoralempruntelestechniques
quelui proposelamathématique; il sert de cadre de cristallisation de la
mathématique électorale.
Dans la perspectivedelalégitimation du pouvoir, le droit électoral finitpar
dresser la visibilité de la cartographie politique elle-même comportantune
diversitédefiguresdérivantdelagéométrie électorale.Ilrestequel’absencedu
recensementdelapopulation soit de natureà influer surlapertinence des
dispositionslégalesaupointdelesrendreinadéq uates.
2.3. Ledroit complexe
Le droit électoral est complexe,saconnaissanceimpliquantcelle d’autres
disciplinesjuridiquesqui luiservent, parailleurs, de support. Il s’agit
notamment du droitinternational, constitutionnel, administratif, fiscal, des
financespubliquesoumarchéspublics.
Le droitinternational offreuncadreidéal d’accompagnementetdesoutien,
danslemonde,desprocessus électoraux.Habituellement élaboréesenvertudes
stipulationsconventionnelles, leslégislations électoralessont,à toutes fins
utiles, mises à la dispositiondel’administration électorale,des acteurs
politiques et sociaux ainsique d’autres intervenants au processusdevotation.
L’insertiondansdenombreusesloisfondamentalesnationalesdecertaines
dispositions de la Déclarationdes droits de l’homme et du citoyen du 26août
1789participe,assurément,àl’ancragenationaldudroitélectoral.
4Au contactdudroit électoral, le droitconstitutionneldécrit lesprincipes
surlestatutetladésignation desgouvernants. C’est, également,dansla
Constitution qu’est situéelasourcedupouvoir,l’aménagementdes modalités
de suffrages (direct, indirect,universel,restreint, égalousecret)etles acteurs
quiy concourenthabituellement(lespartisetregroupements politiques).Le
droitconstitutionnelsert,donc, de passerelleà la fondation de la démocratie
électorale.
Lesliens entreledroit administratifetledroit électoral découlentde
l’implication desautoritésadministratives dans l’exécution du dispositif
4 Notammentdanslesdomainesdelacitoyenneté,delasouverainetédémocratiqueoudelaparticipation
politique.22 LEDROITÉLECTORALCONGOLAIS
juridique électoral et la gestion, parlejugeadministratif, d’une partie du
contentieuxélectoral.
L’organisation du financementpublicdelacampagne électorale et,plus
globalement,des activitésdes partis et regroupementspolitiquesrévèle la
densité desrelationsentre le droit électoral et lesfinancespubliques, les
marchéspublicsouledroitfiscal.
Ledroit électoralbénéficie,parailleurs,del’apportd’autresdisciplinesdans
la gestioncontentieuse. On pense ainsià la capacité ouà la tutellejudiciaire
qu’organiseledroitcivil,laresponsabilitépénale,l’individualisationdelapeine,
lacontradictiondesdébatsjudiciaires,ledoubledegrédejuridiction,ledroitde
ladéfenseoulamotivationdesdécisionsdejusticeempruntésdudroitpénalo u
delaprocédurepénale.
2.4. Ledroit contentieux
Une électionperdraittoute sonauthenticité si sa régularité ne pouvaitpas
êtrecontrôléepar le juge.À cette fin, leslégislations électoralesprennent soin
d’organiser le régime desrecours juridictionnels tendantà l’annulationouà la
réformation desrésultats électoraux. Ce contentieuxn’est,cependant, pas
moinsjuridiquement ambigu, lesacteurs qui,habituellement,participentàune
élection(électeur, candidat, autorité administrative),n’exercentpas un droit
subjectif, maisremplissent, pour le compte de la collectivité,une fonction
relevantdeleurcharge.
L’originalité du droit électoral découledeson versant procéduralet
contentieuxindispensableà la légitimation du pouvoiret, donc,del’action des
gouvernants.Ilest,pourainsi dire, un droitauservice de la démocratie
5politique.Lecontentieux électoral a,à ceteffet,pourobjet de vérifier la
6régularitédesactesetlavaliditédesrésultatsdes élections .
L’on note,à ce sujet, quelejugenetranchepas,contrairementà certaines
apparences, un litige entreparticuliers,niunprocèscontreunacte. La
spécificitédudroit électoralluiconfère,d’ailleurs,d’énormespouvoirsquivont
au-delàdeceuxtraditionnellementreconnusaupleincontentieux.C’estdansce
cadreque se situelepouvoir de contrôle de la moralité et de la sincérité des
opérations électorales, mais également de proclamer élu un candidatdifférent
deceluiquil’aétéparl’organeadministratifcompétent.
En démocratie, le contentieuxapparait comme unetechnique quiassure,
autantquepossible,l’équitéetlarégularitédelareprésentationpolitique.Làoù
le système autorise unecompétition politique, le contentieuxcrédibilise la
consultation électorale.Qu’il s’agisse,eneffet, desopérationspré-électorales
(inscription surles listes électorales, enregistrement descandidatures,
campagne électorale), électorales(vote, dépouillementetcentralisation des
5MASCLETJ.-C.,Droitélectoral,op.cit.,pp.18-19.
6MASCLETJ.-C.,Ledroitdes électionspolitiques,Paris,PUF,Coll.Quesais-je?,1992,p.97.Introduction 23
résultats)etpostélectorales(proclamation desrésultats), le contentieux peut
êtreàtoutmomentenclenché.
EnAfriquecommepartoutailleurs,cesopérationsquivisentlaconquêteou
la conservation démocratiquedupouvoir, donnentgénéralement lieuà des
vives contestations. Ultimesetdécisives dans le processus électoral, elles
cristallisenttoute sortederéclamation réelle ou fantaisiste. C’est,rare, affirme
un auteur,detrouver, danslecontinent,des partis politiquesycompris ceux
quiont remporté une élection, quineseplaignent pasdes irrégularités
7constatées dans l’administration et la gestiond’une élection ;cequi donnea u
droitélectoraltoutesavitalité.
3. Les sources du droit électoral
Diverses et variées, lessources de droit électoral sont juridiques,
jurisprudentiellesetdoctrinales.Denature juridique, ellessontinternationales
etnationales.
3.1. Les sources internationales
Au niveauinternational, le cadre juridiquedes élections est constitué
d’accordsettraitésqui garantissent,à chaque citoyen,ses droits politiques et
libertésfondamentales. Dans ce dispositif juridique, on cite, généralement,la
Déclaration universelle desdroitsdel’homme de 1948, le PacteInternational
relatifaux droits civilsetpolitiques de 1966, la Charte africainedes droits de
l’hommeetdespeuples,laCharteafricainedeladémocratie,des électionsetde
lagouvernancedel’Unionafricaine.
8La Déclaration universelledes droits de l’homme souligne la volonté du
peuple comme fondement de l’autorité despouvoirs publics,volonté quidoit
s’exprimer pardes élections honnêtes, libres et périodiquessedéroulant,
suivantuneprocédure équivalente,ausuffrage égaletauvotesecret.
9Le Pacteinternational relatif auxdroitscivilsetpolitiquesde1966 confère
àtoutcitoyen ledroitetlapossibilitédeprendrepartàla directiondesaffaires
publiquesdeson pays,soitdirectement,soitpar l’intermédiaire de
représentantslibrementchoisis.Illuifait, également,bénéficierdudroitdevote
et d’être éligibleaucours d’élections périodiques,honnêtes, au suffrage
universel égaletauscrutin secret,assurant parlà l’expressionlibre de la
volonté des électeurs et d’accéder, dans desconditionsgénéralesd’égalité,aux
fonctionspubliquesdesonpays.
7 MELEDJED.-F.,«Le contentieux électoral en Afrique», La démocratieenAfrique, Pouvoirs,n°129,
Paris,PUF,2009,p.147.
8Art.21(3).
9Art.25.24 LEDROITÉLECTORALCONGOLAIS
10La Charte africaine desdroitsde l’homme et despeuplesengage les États
partiesàconsidérerlaparticipationpopulaire,parlebiaisdusuffrageuniversel,
comme un droitinaliénabledes peuples. Cellerelativeà la démocratie, les
élections et la gouvernance comporte, quantà elle,undispositifjuridique
contraignantàl’égarddesÉtatsparties.
3.2. Les sources nationales
Dansl’ordrejuridiquenational,ledroit électoralpuisesespremièresracines
delaConstitutionqui établitlasourcedupouvoir,lesmodalitésd’exercicedela
souveraineté et de désignation desgouvernants.LaConstitutioncongolaise du
1118février 2006 indiquequela souveraineté nationale appartient aupeuple,
tout pouvoir émane du peuple qui l’exercedirectementparvoiederéférendum
oud’électionsetindirectement parsesreprésentants.
Celle-ci précise, parailleursq ueleprésident de la République est élu au
suffrageuniversel directpourunmandat de cinqans renouvelable uneseule
12fois ;nul ne peut en êtrecandidat s’il ne possède la nationalité congolaise
d’origine,n’est âgédetrenteansaumoins,nejouitdelaplénitudedesesdroits
civiquesetpolitiquesetexempté de touteexclusionprévuepar la loi
13électorale .
14Silesdéputésnationauxsont élusausuffrageuniverseldirectetsecret ,les
15sénateurslesontauseconddegré parles Assembléesprovinciales
,ellesmêmescomposées desdéputésprovinciaux élusausuffrageuniversel directet
secret et coopté parmiles chefs coutumiers, pour unmandat de cinq ans
16renouvelable .D’ellessont, également, éluslegouverneuretlevice-gouverneur
17deprovince .
Le droit électoral a, ensuite, commesupport normatif, la loiet, notamment,
laloiordinaireappeléeàdesadaptationsdictées,soitenfonctiondesvariations
desmajoritésaupouvoir, soità celledes besoinschangeantsdeladite majorité,
queconvoitel’évolutionsocio-politique.
Participe, également, à la création du droit électoral, le pouvoir
réglementaire.Sans êtreinstituéparlaConstitution,cepouvoirest,envertude
sonhabilitation générale,amenéà prendre, parvoied’arrêté ou de décision,
d’actesd’organisation desopérations électorales, tels queladécisionportant
mesuresd’applicationdelaloi électorale,convoquantl’électorat,déterminantle
modèle de la déclarationdecandidature, du bulletindevote, de fichedes
résultats ou de procès-verbaldedépouillement. Édictéssur pied deslois, ces
actesleurempruntentl’essentieldeleurstermes.
10Art.4(2).
11 erArt.5,al.1 .
12 erArt.70,al.1 .
13Art.77.
14 erArt.101,al.1 .
15Art.104,al.4.
16Art.197,al.4.
17Art.198,al.2.

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