Constructivisme communication

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Constructivisme et communication Si tu veux connaître, apprends à agir von Foerster Rappel sur la notion de réalité Pour les positivistes, la réalité était quelque-chose qui s’imposait d’elle-même, par l’observation. Le mouvement constructiviste développe l’idée que la réalité en tant que telle n’existe pas et qu’elle est forcément une construction mentale de l’observateur, qui ne peut être objectif, et qui a forcément une influence déterminante sur ce qu’il observe. Chacun va construire sa réalité à partir des marques de son esprit, de son histoire, de sa culture, de ses croyances. La construction de sa réalité se fait pas l’expérience, d’où la citation ci-dessus de von Foerster. Il existe néanmoins une réalité de premier ordre (voir support de cours sur la notion de réalité) qui correspond à une réalité objective scientifiquement démontrable : par exemple on sait qu’une vache fait partie de la famille des ruminants et il y a fort à parier que tout le monde est d’accord sur cette idée et que personne ne viendrait dire qu’elle fait partie de la famille des poissons, à condition toutefois d’être d’accord sur ce qu’est un ruminant. En revanche, si vous demandez à dix personnes d’écrire un court texte sur les vaches, il est probable qu’aucun des textes n’évoquera la même chose, car chaque personne écrira son texte en fonction de sa réalité de second ordre.
Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Constructivisme et communication
Si tu veux connaître, apprends à agir
von Foerster
Rappel sur la notion de réalité
Pour les positivistes, la réalité était quelque-chose qui s’imposait d’elle-même, par
l’observation.
Le mouvement constructiviste développe l’idée que la réalité en tant que telle n’existe
pas et qu’elle est forcément une construction mentale de l’observateur, qui ne peut être
objectif, et qui a forcément une influence déterminante sur ce qu’il observe. Chacun va
construire sa réalité à partir des marques de son esprit, de son histoire, de sa culture, de ses
croyances. La construction de sa réalité se fait pas l’expérience, d’où la citation ci-dessus de
von Foerster.
Il existe néanmoins une réalité de premier ordre (voir support de cours sur la notion de
réalité) qui correspond à une réalité objective scientifiquement démontrable : par exemple on
sait qu’une vache fait partie de la famille des ruminants et il y a fort à parier que tout le
monde est d’accord sur cette idée et que personne ne viendrait dire qu’elle fait partie de la
famille des poissons, à condition toutefois d’être d’accord sur ce qu’est un ruminant. En
revanche, si vous demandez à dix personnes d’écrire un court texte sur les vaches, il est
probable qu’aucun des textes n’évoquera la même chose, car chaque personne écrira son texte
en fonction de sa réalité de second ordre. La réalité de second ordre est la représentation que
nous nous faisons des choses et des expériences que nous vivons, construction qui
influenceront immanquablement les expériences futures, lesquelles expériences influenceront
également la construction de notre réalité. Il existe donc une causalité circulaire entre les
expériences et la construction de notre réalité.
La réalité de second ordre est celle sur laquelle nous pouvons agir pour évoluer,
apprendre, progresser, se développer et donc également pour communiquer différemment
avec son entourage. Il n’y a pas de lecture de la réalité vraie ou fausse. En revanche, il y en a
qui nous permettent de développer nos possibilités et d’autres qui les limitent.
La recherche du fonctionnel
Pour les constructivistes, ce qui est important dans l’expérience n’est pas l’expérience
en soi, mais la représentation que nous nous en faisons. En effet, ce qui va influencer notre
comportement est la représentation cognitive que nous développons à partir de cette
expérience. C’est également cette représentation que nous pouvons progressivement modifier
pour évoluer. Paul Watzlawick disait que
toute théorie n’est jamais que le résultat d’une
construction mentale
. A partir de ce paradigme, on peut avancer l’idée que, dans le champ de
la communication, ce qui est important n’est pas en soi ce qui est vrai, mais ce qui est efficace
et fonctionnel. Un bon communicant est celui qui atteint ses objectifs. Les objectifs en soi
sont très rarement de bien communiquer et se pose là la question de pourquoi je communique
ici et maintenant ? A quoi cela me sert-il dans cette situation précise ? Voilà des question
fondamentales que toute personne devrait se poser avant un entretien, une réunion, une prise
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de parole ou autres. La question semble aller de soi et pourtant très peu se la posent de
manière précise et il n’est donc pas étonnant que l’issue des interactions qui s’en suivent ne
soit pas celle souhaitée.
Principe de responsabilité
Lorsque je suis en situation de communication, la manière dont je me représente la
situation va influencer l’évolution de la suite interactionnelle. Cette construction mentale peut
ouvrir des perspectives ou au contraire réduire mon champ d’action. Pourquoi alors ne pas
chercher à construire différemment ma réalité afin d’ouvrir les possibilités nécessaires à
l’atteinte de mon objectif ? Il s’agit bien ici d’un apprentissage de nouveaux comportements
dans le cadre de la communication. Je vais apprendre à changer de lunettes et à percevoir la
réalité différemment, afin de pouvoir agir autrement.
La difficulté va résider dans le fait que nous avons toujours tendance a sélectionner les
informations qui sont en accord avec notre réalité et notre vision du monde. Le principe
d’homéostasie et les résistances qui lui incombent agissent ici et il nous est difficile de
percevoir des éléments éloignés de notre construction mentale. Le chemin le plus sûr sera tout
d’abord de commencer à accepter et d’assumer la responsabilité que nous avons dans la
construction subjective de notre réalité. Accepter cette responsabilité me donnera
immanquablement un espace de liberté : puisque je suis responsable de cette construction, je
peux donc aussi la modifier.
Une perception sélective
Comme je le disais plus haut, dans une expérience donnée, on tend à sélectionner les
détails qui valident nos croyances et nos expériences passées. Par exemple, quelqu’un qui est
persuadé de ne pas être à la hauteur d’une situation va avant tout être sensible aux signaux
internes et externes qui vont lui prouver qu’effectivement il n’est pas à la hauteur. Il va
remarquer le haussement de sourcil de son interlocuteur, il va sentir son cœur s’accélérer… en
revanche, il ne percevra pas le signe d’approbation qui lui est fait ou le contenu très pertinent
de son raisonnement. A la fin, il se sentira déprimé et persuadé de n’avoir à nouveau pas été à
la hauteur. On a tous fait l’expérience de ce genre de situation et lorsqu’il s’avère que nous
avons tout à fait été à la hauteur et que nous avons des retours positifs, alors nous pensons que
nous avons eu de la chance ou que notre interlocuteur a été bien indulgent. On va peut-être
même se demander ce que cela cache !
Nous percevons la réalité davantage avec notre mémoire que dans l’expérience
présente. Nous recherchons sans cesse des éléments que notre mémoire a déjà enregistrées et
nous nommons ce que nous voyons à l’éclairage des apprentissages passés. Nous sommes
alors dans une projection de notre construction sur l’expérience et en cela, nous l’influençons.
De même, nous projetons notre état interne sur cette expérience, ainsi que nos attentes de la
situation. Nous percevons ce que nous voulons percevoir.
Apprendre à recueillir de nouvelles informations
Nos expériences passées, notre culture, nos peurs… génèrent des préjugés relatifs aux
expériences que nous vivons, aux personnes que nous croisons. Plus ces préjugés sont
bruyants en nous, moins nous sommes en mesure de recueillir de nouvelles informations.
L’apprentissage commencera donc par la capacité de faire taire ses préjugés et celle de
s’ouvrir à de nouvelles perceptions. Milton Erickson conseillait à ses clients de s’entraîner à
percevoir des différences. C’est là une bonne manière de commencer à recueillir de nouvelles
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informations et à ainsi modifier notre réalité et donc nos expériences. Plus on développe nos
capacités sensorielles à recueillir des informations précises et variées, plus on peut adapter
notre réalité à la situation vécue. Il ne s’agit en rien de tenter des explications sans fin et une
rationalisation sclérosante, mais simplement d’apprendre à observer, à écouter, à ressentir.
Bien souvent, on cherche à comprendre tout et tout de suite : lorsqu’un interlocuteur nous
parle, on passe tellement de temps à analyser son discours, qu’on oublie d’écouter et de voir.
On ne sait voir que ce que l’on sait analyser. Pourtant, bien souvent, si on fait taire l’analyse,
on percevra de nouvelles choses qui, intuitivement, nous permettrons d’orienter différemment
nos interactions.
Devenir un communicant stratégique
Lorsque nous avons appris à écouter, voir et sentir différemment, alors nous pouvons
développer nos capacités intuitives qui sont celles qui nous permettrons de réorienter nos
interactions. L’intuition ne peut émerger que dans le silence. J’entends pas là qu’il est
nécessaire de faire taire ses discours internes et ses analyses incessantes. Nous allons alors
pourvoir faire des hypothèses d’interprétation de la situation et de la réalité qui en découle.
Nous voyons bien là que nous ouvrons déjà plusieurs possibilités. Il nous restera ensuite à
choisir l’hypothèse qui sera la plus pertinente pour faire évoluer les interactions vers la
réalisation de nos objectifs.
Faire le choix de devenir un communicant stratégiques c’est faire le choix de se lancer
vers un inconnu, dans le sens où cela demande d’abandonner une manière de voir déterministe
et analytique au profit d’une approche constructiviste et davantage intuitive. Attention,
intuitive ne veut pas dire hasardeuse, illogique ou non réfléchie. Il s’agit là d’une autre
manière d’appréhender la relation, la communication qui n’est pas nécessairement orientée
vers la compréhension à tout prix (celle-ci étant justement hasardeuse puisqu’une construction
de notre esprit) au profit d’une ouverture de possibilités permettant d’élaborer une stratégie au
service de l’efficacité et du fonctionnel.
J’aimerais conclure par trois exemples qui montrent bien en quoi notre réalité
influence notre expérience et notre perception et en quoi une modification dans cette réalité va
permettre une évolution différente de l’expérience.
Dans le premier exemple, un des protagonistes emploiera une fiction, c’est à dire
ajoutera à la réalité un élément provisoire qui permettra de résoudre un problème de manière
stratégique.
Dans le second, on verra comment une modification de la réalité peut permettre à une
personne de se sortir d’une situation inextricable mais fabriquée par son esprit.
Dans le troisième, extrait des Aventures de Tom Sawyer, on verra comment celui-ci
effectuera un recadrage lui permettant d’obtenir de ses amis ce qu’il souhaite.
1)
Un père a décidé que la moitié de son héritage reviendrait à son fils aîné, le tiers à
son second fils et un neuvième à son troisième fils. Or, l’héritage comporte dix-
sept chameaux. Ainsi, après la mort de leur père, les fils ont beau retourner le
problème du partage dans tous les sens, ils ne voient d’autres solutions que de
dépecer quelques animaux. Mais un Mollah arrive à cheval et ils lui demandent
conseil. Il leur répond ceci : « Voilà, je vous donne mon chameau, votre troupeau
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compte maintenant dix-huit bêtes. Toi, le frère aîné, tu reçois la moitié, soit neuf
chameaux. Toi, le frère cadet, tu reçois le tiers, soit six chameaux. Quant à toi, le
plus jeune, tu reçois un neuvième du troupeau, c’est-à-dire deux chameaux. Cela
fait dix-sept chameaux, il en reste donc un, le mien. » Cela dit, le mollah monte
dessus et s’en va.
2)
Dans un hôpital de province autrichien, un homme est gravement malade ; il est en
train de mourir. L’équipe médical lui a franchement dit qu’elle ne pouvait
diagnostiquer sa maladie, mais que, si elle y parvenait, elle pourrait probablement
le soigner. Les médecins ont ajouté qu’un célèbre diagnostiqueur allait bientôt
venir à l’hôpital et qu’il serait peut-être en mesure d’identifier sa maladie.
Quelques jours plus tard, le diagnostiqueur arrive à l’hôpital
et visite les
malades. Au chevet de l’homme en question, il le regarde à peine, murmure
«
moribundus » et s’en va.
Quelques années plus tard, le patient se présente au diagnostiqueur et lui dit : « Je
voulais depuis longtemps vous remercier pour votre diagnostic. Les médecins
m’avaient dit que je ne pourrais m’en tirer que si vous parveniez à identifier ma
maladie. Et dès que vous avez dit ‘’ moribundus ‘’, j’ai su que je guérirais. »
3)
Tom Sawyer, puni, doit peindre une clôture un samedi après-midi, pendant que
tous ses amis peuvent s’amuser et aller se baigner. Comment échapper à la honte
qu’il subit ainsi et sauver la face ? Il y parvient en réinterprétant complètement la
situation et en disant à ses amis qui le taquinent qu’il considère le fait de peindre
la clôture comme un privilège extraordinaire. Il ne récolte d’abord qu’un certain
scepticisme : « Tu ne vas pas tout de même me faire croire que tu fais ça par
plaisir ? » Mais Tom continue à peindre et réplique finalement avec nonchalance :
« Par plaisir ? Et pourquoi pas ?Ce n’est pas tous les jours qu’on peut peindre
une clôture ! » Là-dessus, tout le monde se tait, puis un garçon lui dit : « Tom,
laisse-moi peindre un peu ! » Au bout du compte, la clôture finit par avoir trois
couches de peinture et Tom par nager dans l’opulence. Ses copains lui ont en effet
l’un après l’autre acheté le privilège de pouvoir en peindre une partie.
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kzitavanessa

rara c le devoir

dimanche 8 avril 2012 - 18:04