L'approche du royaume uni contexte l'approche des licenciements

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L’approche du Royaume-Uni Exemple de pays, Royaume-Uni Tony Wilson Départment de l’Emploi et des Pensions Contexte ƒLe 8 avril 2005, MG Rover annonçait que la firme était placée sous administration. Une semaine plus tard, l’usine de Longbridge arrêtait sa production, entraînant la perte immédiate de 5,300 emplois. 800 emplois supplémentaires allaient être perdus dans les mois qui suivirent quand l’usine fut abandonnée et la firme démantelée. Onze sociétés faisant partie de la chaîne d’approvisionnement de Rover allaient finalement fermer. ƒLa fermeture de Rover mettait ainsi fin à 100 ans de production automobile à Longbridge. Ce fut aussi le plus important licenciement collectif sur un seul site au Royaume Uni depuis une génération. Et potentiellement, il risquait de dévaster toute une collectivité locale ainsi que tout le sud-est des Midlands. ƒCette présentation expose l’approche du gouvernement en vue d’aider les personnes licenciées par Rover à se réinsérer dans un emploi durable, ce qui a été réalisé et, enfin, quelques-unes des leçons que nous en avons tiré. Ce document n’entrera pas dans les détails d’autres aspects du cas Rover (par exemple la procédure d’insolvabilité ou le redressement économique dans les West Midlands). ƒMG Rover était très atypique – à la fois par l’ampleur et par les circonstances de l’événement – et la réaction du gouvernement était taillée sur mesure pour y faire face. Cet article débute donc par une explication de l’approche générale de la réinsertion sur le marché de l’emploi de victimes de licenciements collectifs au Royaume Uni. L’approche des licenciements collectifs au Royaume Uni Le contexte du marché de l’emploi ƒChaque année, entre 6 et 7 millions de personnes (quelque 20% de la main d’oeuvre) trouvent un nouvel emploi au Royaume Uni et environ le même nombre de gens quitte un emploi. Bon an mal an, l’emploi tend à croître – il y a plus de gens qui commencent à travailler que de gens qui s’arrêtent. Mais l’évolution de l’emploi est difficile à mettre en exergue vu les entrées et sorties du marché de l’emploi. Ainsi, par exemple, alors que l’emploi total a augmenté de quelque 220.000 emplois l’année dernière, cela ne fait pas apparaître qu’environ 6,7 millions de personnes ont trouvé un nouvel emploi au cours de cette même période. ƒLes licenciements ne constituent d’ailleurs qu’une infime partie des départs. Depuis la moitié des années 90: 27 Septembre 2006Séminaire de réflexion thématique de la Stratégie européenne pour l’emploi45
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-Au moins deux tiers de toutes les personnes qui quittent leur emploi (quelque 4 millions par an) le font volontairement ; alors que -10 % environ (jusqu’à 750.000 personnes) sont victimes de licenciement. Au cours de ces dernières années, les niveaux de réduction d’emploi ont été les plus faibles jamais enregistrés – moins de 600.000 par an. ƒLe type de personnes qui quittent leur emploi involontairement – que ce soit par fermeture d’entreprise, licenciement ou fin de contrat – est très variable et leurs caractéristiques peuvent surprendre: -Les emplois dans l’industrie manufacturière sont davantage susceptibles de prendre fin de manière involontaire que dans d’autres secteurs d’activité -Les jeunes ayant peu d’ancienneté sont plus susceptibles de quitter leur emploi que des travailleurs plus âgés à l’ancienneté plus longue -Les femmes sont aussi plus susceptibles de quitter leur emploi involontairement que les hommes -Les blancs et les asiatiques sont aussi beaucoup moins susceptibles de quitter leur emploi que les personnes de couleur et autres groupes de minorités ethniques (bien que cela soit dû en partie au fait qu’ils soient plus jeunes) Licenciements collectifs ƒUne très faible proportion de tous les licenciements sont « collectifs » - ce qui signifie qu’un grand nombre de personnes, par rapport à la taille du marché de l’emploi local, sont licenciés en peu de temps. Sur la base du travail du « Rapid Response Service », créé en 2002 en vue d’aider les victimes de licenciements collectifs, nous estimons que moins de 10% de toutes les 13 pertes d’emplois interviennent dans le cadre de licenciements collectifs.ƒEn général, le nombre de pertes d’emplois annoncées dans le cadre de licenciements collectifs tend à dépasser de loin le nombre de personnes qui auront finalement perdu leur emploi. Cela s’explique par trois raisons: -La marge de sécurité – les entreprises sont légalement tenues de déclarer les pertes d’emplois et, par conséquent, les employeurs déclarent le nombre maximum de personnes risquant de perdre leur emploi -Rotation – les employeurs doivent signifier un délai de préavis de 12 semaines (ou payer une indemnité équivalente) et dans le secteur de l’intérim, beaucoup de personnes quittent leur emploi, que ce soit pour un autre emploi ou pour prendre leur retraite -Travail et/ou plans d’aide – Les grosses pertes d’emplois sont souvent atténuées (si pas évitées) par des plans d’aide des entreprises, ou bien sûr en cas d’événement inattendu – par exemple une grosse commande
13  Les “licenciements collectifs” ne sont pas définis en termes de nombre de licenciements absolus, mais plutôt sur la base de leur impact probable sur un marché de l’emploi local. Cette décision est prise au sein de la région par le Jobcentre Plus et confirmée par Jobcentre Plus au plan national. 27 Septembre 2006Séminaire de réflexion thématique de la Stratégie européenne pour l’emploi46
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ƒA vue de nez, on admet en général qu’environ la moitié des pertes d’emplois annoncées seront réellement appliquées. Jobcentre Plus et le Rapid Response Service ƒNéanmoins, des impératifs sociaux et économiques évidents forcent à intervenir en cas de licenciement. Même si les licenciements ne représentent qu’une faible proportion des départs, et ont un impact encore plus faible sur le chômage total, pour la personne qui perd son emploi, l’impact est de 100%. Et si des centaines, voire des milliers, d’emplois sont perdus, l’impact sur les personnes concernées, leur famille et leur communauté, peut s’avérer désastreux. Notre objectif est de réduire la probabilité des « cicatrices » sociales: -Pour l’individu – que leur licenciement conduise à une séparation à long terme du marché de l’emploi et, finalement, à la pauvreté et à une dépendance vis-à-vis des allocations -Pour la collectivité – qu’une concentration de licenciements conduise à une récession économique localisée ƒPour cette raison, le gouvernement britannique utilise une combinaison de coordinateurs de pertes d’emplois, d’assistance spécialisée et de partenariats venant en aide aux personnes victimes de licenciements collectifs. Cette aide est organisée sous l’égide du « Rapid Response Service » (RRS). Ses objectifs sont: -Assurer une réaction rapide, cohérente et efficace aux pertes d’emplois -Insérer rapidement les gens dans de nouveaux emplois, en évitant qu’ils perdent tout contact avec le marché de l’emploi -Etudier l’effet sur l’économie locale et les possibilités de réinsertion ƒLe RRS agit comme un réseau de spécialistes dans les régions. Pour chaque licenciement collectif, un Coordinateur visite les lieux et évalue le niveau d’assistance requis par les travailleurs et par l’entreprise. La priorité consiste à aider les gens à effectuer la transition vers un nouvel emploi le plus rapidement et le plus aisément possible. ƒNous pensons qu’avec une économie qui comporte à tout moment quelque 600.000 emplois vacants, si on continue à chercher du travail, dans la plupart des cas et pour la plupart des gens, on en trouve. Par conséquent, l’activité principale de Jobcentre Plus consiste à offrir un service de « courtage », ou placements, spécialisé et adapté à la personne – souvent même en mettant en place un Jobcentre dans l’usine. Cela signifie que Jobcentre Plus se concentre sur l’aide aux individus, sur la collaboration avec des partenaires et sur le travail avec des employeurs. Leur travail consiste à: -Entamer le processus d’information, de conseil et d’orientation pour les travailleurs licenciés – en donnant des informations sur les allocations sociales et le marché de l’emploi local, en aidant les personnes concernées à rédiger leur CV et à chercher un emploi -Travailler avec des partenaires en vue de coordonner leur activité et de soutenir l’économie locale – en collaborant avec le « Learning and Skills Council » (Conseil de l’apprentissage et des qualifications), les autorités locales, les syndicats et les organisations représentatives des employeurs. 27 Septembre 2006Séminaire de réflexion thématique de la Stratégie européenne pour l’emploi47
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-Travailler avec des employeurs en vue d’identifier des possibilités d’emploi pour les travailleurs licenciés, d’organiser des Bourses d’emploi, etc. ƒune offreDans certains cas, relativement rares, une aide supplémentaire s’avère nécessaire et d’aide centrale complémentaire est possible. Ce financement “national” couvre quatre activités: -Analyses de transferts de compétences – en vue d’identifier les compétences transférables et les besoins de formations éventuels (généralement, environ 10% des travailleurs auront besoin d’une formation) -Les formations axées sur un emploi – en vue de couvrir le coût des formations dispensées (généralement un recyclage permettant de répondre à un besoin local ou de certifier une qualification existante) -D’autres frais du programme – en soutenant financièrement Jobcentre Plus dans ses activités principales si ces frais ne peuvent être couverts au plan local -Financement d’actions – en vue de couvrir des obstacles spécifiques bloquant l’accès à l’emploi ƒGlobalement, plus de 60% des personnes licenciées au Royaume Uni retrouvent un emploi dans les trois mois qui suivent. L’approche britannique se concentre dès lors sur « un emploi avant toute chose ». Les formations axées sur un emploi suivent cette approche et ne la précèdent pas. Soutenir les marchés de l’emploi locaux ƒAlors que l’aide de Jobcentre Plus dans le cadre de licenciements collectifs vise principalement les victimes directs de l’événement, l’agence ouvre évidemment aussi ses portes à toute personne demandeuse d’emploi dans la région. Cela se justifie notamment par le fait qu’en cas de pertes d’emplois d’une telle ampleur qu’elles sont de nature à détériorer le marché de l’emploi local (par exemple à la suite d’une récession économique locale), les personnes qui risquent d’en souffrir le plus ne sont pas les travailleurs licenciés mais plutôt les personnes qui sont déjà à la recherche d’un emploi. ƒC’est particulièrement vrai pour les gens qui sont au chômage depuis longtemps. C’est ce groupe qui voit sa durée de chômage s’allonger le plus.
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Le cas de MG Rover ƒChaque perte d’emplois d’une certaine ampleur est différente. A présent que nous avons exposé l’approche générale du gouvernement britannique par rapport aux licenciements collectifs, il est intéressant de mettre en exergue en quoi le cas de MG Rover était différent. -Tout d’abord, par son ampleur justement – le taux de chômage dans le district le plus touché de Jobcentre Plus (Birmingham et Solihull) a augmenté de près de 50% -Ensuite, par la rapidité de l’événement – contrairement à la plupart des licenciements d’une certaine ampleur, plus 80% des emplois perdus le furent dans la semaine qui a suivi leur annonce et les acteurs concernés n’ont virtuellement pas eu le temps de se mobiliser pour réagir. -Troisièmement, par son impact – la plupart des travailleurs de Rover n’ont pas reçu d’indemnité de licenciement ou de préavis de l’entreprise, ce qui est très inhabituel, et ils ont donc tout de suite émargé aux aides de l’Etat. ƒLe profil des âges des travailleurs de MG Rover était aussi significativement différent de celui de la population inactive de la région de Birmingham – comme le montre le graphique ci-dessous. La grande majorité des demandeurs d’emplois de la région de Birmingham étaient âgés de moins de 35 ans, alors que chez MG Rover la moyenne d’âge était de 38 ans. Pour eux, les obstacles (et les attentes) par rapport à un emploi étaient très différentes.
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L’impact de la rapidité de l’effondrement de MG Rover sur les services publics d’emploi fut quelque peu modéré par une planification efficace des contingences. Le Département du Commerce et de l’Industrie (DTI) avait gardé des relations avec MG Rover et connaissait depuis quelque temps déjà les difficultés commerciales auxquelles était confrontée l’entreprise. Par conséquent, en décembre 2004, le DTI constitua un groupe de planification conjoint en vue de réaliser une analyse économique de l’impact d’une fermeture potentielle de l’usine de
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Longbridge et entama une planification détaillée des contingences. Le Groupe incluait des représentants du Trésor, du Conseil régional des West Midlands, du Département de l’Emploi et des Pensions et du « Learning and Skills Council ». ƒLa décision du DTI d’entamer une telle planification des contingences n’était pas dénuée de risques. L’une des grandes préoccupations était que si l’existence même d’une telle planification venait à être connue du public, cela donnerait immanquablement lieu à des spéculations sur l’avenir de MG Rover dans les médias, alors que les négociations avec un partenaire potentiel étaient dans une phase délicate, risquant ainsi de compromettre davantage encore la position de l’entreprise. Ce risque a finalement pu être géré et la planification des contingences est effectivement restée confidentielle. ƒSur la base de cette planification, l’ensemble du gouvernement, des partenaires sociaux et des acteurs concernés ont dû être mobilisés. Les circonstances ont aussi fait en sorte qu’une série de démarches généralement entreprises à un stade ultérieur ont été menées de front (rencontres des acteurs concernés, information et conseil aux victimes ; job shops et activités de placement; travail avec les employeurs; analyses des besoins de formation; etc.). Toutes ces activités ont aussi dû être menées sous les feux des projecteurs de tous les médias locaux, nationaux et internationaux. La Task Force MG Rover ƒLe jour où MG Rover annonça qu’elle était mise sous administration (le 8 avril), la Task Force MG Rover fut constituée en vue de conseiller le gouvernement sur “la mise en œuvre des mesures d’urgence destinées à venir en aide aux fournisseurs de MG Rover, aux travailleurs de Longbridge et à la collectivité local ”. ƒCette Task Force était une réponse régionale, dirigée par “Advantage West Midlands” (l’agence de développement régionale des West Midlands) et incluait le Conseil de Birmingham City, les gouvernement régional des West Midlands, Jobcentre Plus, le « Learning and Skills Council », les membres locaux du parlement britannique, les syndicats, la Confédération de l’Industrie britannique et d’autres encore. ƒElle définit la direction stratégique globale de la réponse à Rover ainsi qu’un mécanisme garantissant une aide appropriée, en temps utile et peu coûteuse. Au total, £175 millions (approx €260m) furent mis à disposition pour l’aide des employeurs, des travailleurs et de la collectivité. Cette somme comprenait: -Une aide ciblée, limitée dans le temps, pour les fournisseurs -Des mesures pour les personnes licenciées -Une aide à la collectivité -Des mesures contribuant à conserver des qualifications industrielles dans la région -Le développement de la technologie -La réaction du gouvernement
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ƒLes premiers licenciements sont intervenus avec effet au 18 avril. Comme l’entreprise ne versait pas d’indemnité de licenciement, la priorité immédiate a consisté à traiter les demandes 14 d’allocations des 5,300 personnes licenciées avec la première vague . Des Jobcentres furent ouverts durant treize heures par jour (samedis et dimanches inclus) et un centre d’accueil fut mis en place sur le site. ƒCeci fut complété au cours de la première semaine par des informations et des conseils sur la manière de retrouver du travail. Cet accent sur l’emploi avant toute chose a fait en sorte que plus de 20% des victimes de Rover ont pu se passer d’allocations de chômage dans le mois et 40 % dans les deux mois qui ont suivi. ƒL’engagement des partenaires sociaux fut aussi essentiel pour permettre au gouvernement de mettre les emplois et les gens en parfaite adéquation. Une ligne téléphonique (hotline) de l’employeur (mise en fonction spécifiquement pour MG Rover) reçut quelque 5.000 offres d’emploi et, dans la foulée, une Bourse d’emploi fut soutenue par 140 employeurs. Cette Bourse d’emploi constitua un événement régional important, ouvert à la fois aux victimes de MG Rover et à l’ensemble de la collectivité – plus de 7.000 personnes y participèrent. ƒAu moins 1.600 personnes trouvèrent un emploi par suite directe de la « hotline » de l’employeur et de la Bourse d’emploi. Plaque tournante de l’industrie manufacturière ƒL’une des priorités, à la fois au sein du gouvernement et pour les partenaires sociaux, consistait manifestement à contribuer au recrutement et à la rétention de compétences dans les secteurs de l’ingénierie et de la manufacture dans les Midlands. Par conséquent, le « Manufacturing and Engineering Hub » (Plaque tournante de l’industrie manufacturière et de l’ingénierie), qui avait précédé Rover, procura une aide spécialisée et une expertise aux employeurs des secteurs industriels. ƒGrâce à cette plaque tournante, le gouvernement a pu constituer des équipes de recrutement et de rétention des compétences, avec l’aide du « Learning and Skills Council », des organisations d’employeurs dans l’ingénierie et l’industrie et d’un fournisseur de formations spécialisé. L’aide incluait une formation liée à l’emploi et la couverture de certain frais (comme par exemple les frais de déplacement). ƒA ce jour, 960 travailleurs de Rover ont entamé leurs activités dans leur nouvel emploi grâce à cette plaque tournante, dans de grandes entreprises, notamment BMW, Honda, Toyota et Aston Martin. Recyclage et perfectionnement ƒIl y aura cependant toujours des victimes de licenciement qui ne pourront pas retrouver tout de suite un emploi et qui auront besoin d’une formation complémentaire et de cours de perfectionnement. Cela inclut donc un accès précoce à une formation en « centre programme » 14  En l’absence d’indemnité de licenciement de la part de l’entreprise, les travailleurs ont eu accès à un programme gouvernemental statutaire administré par l’Office de paiement des allocations de chômage du Service “Insolvabilité”. 27 Septembre 2006Séminaire de réflexion thématique de la Stratégie européenne pour l’emploi51
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– il s’agit d’une formation liée à l’emploi à laquelle ont accès les chômeurs de longue durée. L’aide inclut aussi un partenariat très important avec le « Learning and Skills Council » en vue de dispenser une formation très étendue dans certains domaines où des lacunes sont identifiées (conducteurs de poids lourds; clarckistes, construction, plomberie, etc.). Travaux en cours ƒLe problème clé que la Task Force de MG a identifié est la redressement à long terme de la collectivité locale dans les abords immédiats de l’usine de Longbridge. C’est là que se concentrent les chômeurs restants. Jobcentre Plus et le « Learning and Skills Council » déploient dès lors des mesures d’aide intensives au sein de la collectivité en vue d’aider ces chômeurs à surmonter les barrières à l’emploi auxquelles sont confrontés les ex-travailleurs de MG ainsi que d’autres chômeurs de longue durée de la région. Cet effort complète un plan de redressement plus vaste, qui inclut la réaffectation du site de Longbridge, géré par les autorités locales et « Advantage West Midlands ». MG Rover – les résultats ƒLa Task Force de MG a été constituée pour une durée déterminée de neuf mois et s’est réunie pour la dernière fois le 21 février 2006. ƒD’après les données les plus récentes (juillet 2006), le tableau général est clairement positif: -Plus de 4,400 travailleurs (environ 70%) ont retrouvé un emploi -750 ont été assistés pour rester dans l’industrie manufacturière -Près de 3.000, dont 2.400 étaient demandeurs d’emploi, ont reçu une formation par le biais du « Learning and Skills Council » -Quelque 860 personnes suivent actuellement une formation et les deux tiers d’entre elles la suivent sur le terrain (formation “on the job”) -Les pertes pour la chaîne d’approvisionnement ont été minimisées -Et des projets existent en vue de redéployer le site de Longbridge et de régénérer la collectivité au sens large ƒNous avons aussi suivi les travailleurs de Rover par l’entremise de nos services de paiement des allocations de chômage au cours des huit derniers mois de 2005 et le graphique qui suit en montre le résultat:
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Ce graphique est complété par une recherche “longitudinale” complémentaire basée sur des interviews avec plus de 500 ex-travailleurs Rover. Celle-ci a révélé que quelque 90% de tous ceux qui avaient retrouvé un emploi travaillaient à temps plein ou comme indépendants. Toutefois, alors que 23% d’entre eux affirmaient gagner plus que chez Rover, environ 50% des personnes interrogées gagnaient beaucoup moins. Cela correspond à ce que l’on constate dans les autres cas de licenciements collectifs au Royaume Uni et au plan international.
Si l’on compare l’expérience des chômeurs ayant perdu leur emploi chez Rover et de la collectivité au sens plus large, les taux de sortie sont favorables – ce qui suggère que les marchés de l’emploi locaux sont capables d’absorber des chocs relativement importants (moyennant une aide appropriée) mais aussi que cela ne doit pas se faire au détriment d’autres groupes de demandeurs d’emploi. C’est ce qu’illustre le graphique suivant, qui montre les « taux de survie » pour ceux qui dépendent des allocations de chômage, pour Rover, les West Midlands et au plan national (c’est-à-dire la proportion de chaque groupe qui continue à bénéficier d’allocations de chômage à la fin de chaque mois).
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1 0.9National 0.8 Rover Wes t m idlands 0.7 0.6 0.5 0.4 0.3 0.2 0.1 0 0 1 2 3 4 5 6 7 8 Months ƒL’excellente performance des travailleurs de Rover est particulièrement frappante (ils font en effet mieux que la région) mais il faut également noter le fait que la performance de la région et du pays présentent aussi une différence significative. Nous avons effectué des analyses semblables d’avril 2005 avec avril 2004, et avec d’autres districts. Selon toute évidence, MG Rover n’a eu que peu ou prou d’effet sur les autres demandeurs d’emploi. Il convient toutefois de poursuivre ces recherches – en particulier en vue d’étudier l’impact éventuel sur les chômeurs de longue durée. Leçons apprises ƒLes épisodes entraînant des pertes d’emplois aussi massives et soudaines que celles qu’a entraîné la fermeture de MG Rover sont heureusement fort rares. Néanmoins, MG Rover nous donne l’occasion de réfléchir à ce qui a été réalisé et aux leçons que l’on en a tiré, et à ce que cela représente pour l’approche britannique de ces licenciements collectifs. ƒL’une des choses les plus importantes qui a pu être réalisée durant l’épisode MG Rover fut la mobilisation et puis le maintien d’une large coalition réunissant le gouvernement, ses partenaires sociaux et d’autres acteurs. Cela a permis de collaborer et de résoudre les problèmes et a fourni un mécanisme adapté au marché de l’emploi, permettant à tous de s’unir dans l’action et de se concentrer sur l’emploi. ƒL’autre grande réalisation significative fut la capacité des agences publiques de se mobiliser rapidement et de manière professionnelle. En particulier, la planification au préalable par le DTI, Advantage West Midlands, Jobcentre Plus, le « Learning and Skills Council » et d’autres a permis d’exécuter ces plans dans les heures et les jours qui ont suivi la fermeture. Cela incluait le traitement de toutes les demandes, la gestion de deux lignes téléphoniques et les conseils à toutes les personnes touchées ainsi que les premiers pas de l’organisation d’une Bourse d’emploi régionale.
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ƒIl reste toutefois encore des domaines dans lesquels le gouvernement a admis que des améliorations étaient souhaitables. Il n’existe par exemple pas de cadre unique pour la gestion d’épisodes de licenciements collectifs. Dans le cas de MG Rover, tous les objectifs avaient été définis par le gouvernement et il appartenait à la Task Force de les réaliser, mais on pourrait définir plus précisément les relations et responsabilités, garantir que les objectifs soient compatibles et améliorer l’action conjointe. ƒDans ce cadre, une préoccupation partagée par tous était que la bureaucratie des allocations et autres primes empêchait les gens de suivre une formation. C’était (et c’est toujours) un domaine très complexe – le gouvernement a clairement indiqué que les allocations de chômage ne pouvaient être versées à des personnes qui s’inscrivaient dans des programmes d’enseignement ou de formation à temps plein. Pourtant, il est évident pour les quelques personnes qui auraient besoin d’une formation à temps plein pour retrouver un emploi, qu’il conviendrait de réfléchir aux problèmes que posent les conditions qui prévalent au versement des allocations. Cet aspect sera examiné dans le cadre de futures modifications du régime du chômage. ƒIndépendamment de cet aspect, le gouvernement britannique a commandé l’année dernière une étude indépendante (la “Leitch Review”), en vue de connaître les besoins de compétences nécessaires au Royaume Uni en 2020 et de faire des propositions concernant une fusion éventuelle des services locaux en matière d’emploi et de formation. Il est probable que cela aura un impact important sur les futures politiques en matière d’emploi et de formation, notamment en cas de licenciements collectifs. Cette étude est attendue pour l’automne. ƒEnfin, toujours dans le cadre du nouveau régime du chômage, le gouvernement examinera comment nous aidons les membres des collectivités touchées par un licenciement collectif qui sont déjà à la recherche d’un emploi. Comme je l’indiquais par ailleurs, ce sont généralement eux qui sont le plus touché dans ce cas. Le cas de MG Rover ne semble pas fournir d’élément concluant à cet égard, ce qui reflète peut-être le fait qu’une grande partie de l’assistance procurée en vue de rechercher un emploi (mais pas toute la formation) était aussi accessible à tous les chômeurs de la région. Conclusion ƒIl n’existe pas de cas typique en cas de licenciement collectif et les caractéristiques de personnes licenciées peuvent varier fortement. Les départs volontaires constituent en effet une part relativement faible des 6 ou 7 millions de changements d’emplois qui interviennent chaque année. Toutefois, au plan social et économique, il est impératif d’intervenir en cas de licenciement collectif – à la fois pour aider les individus à se réinsérer sur le marché de l’emploi et pour minimiser l’impact sur les collectivités. ƒMG Rover ne fut manifestement pas typique du tout, en termes d’échelle, de rapidité et d’impact. Et, alors que la réaction fut conforme à l’approche générale adoptée par le Royaume Uni dans la plupart des épisodes (aider les personnes à chercher du travail, collaborer avec les employeurs locaux et dispenser une formation axée sur l’emploi aux groupes les plus difficiles à placer), son ampleur dépassa aussi ce qui était habituel. L’effort consenti par toute une série d’acteurs fut gigantesque. 27 Septembre 2006Séminaire de réflexion thématique de la Stratégie européenne pour l’emploi55
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