Voix orateur

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La voix de l’orateur La voix projetée ou sonorisée : Le voix projetée se définit par un changement d’attitude et de posture (entre autres par une verticalisation), par une modification du débit (ralentissement) et de l’intensité (sonorisation et utilisation des résonateurs), par une modification du mode respiratoire (respiration diaphragmatique) et enfin par la mise en place d’une gestuelle adaptée au discours. Le tout étant accompagné d’une libération énergétique beaucoup plus importante qu’en voix conversationnelle. Lorsqu’on entre dans la dynamique de voix projetée, notre soucis premier est de se faire entendre, mais encore écouter, comprendre, de convaincre, d’exercer un impact et d’influencer notre auditoire. Cela sous-entend un changement d’attitude corporel et physiologique, mais également psychologique et cognitif, les deux s’influençant et se complétant. La posture : Il n’est pas de posture type mais une attitude générale qui tend vers la verticalisation et l’ancrage dans le sol, qu’on soit en position debout ou assise. La posture doit être stable mais souple, sans tension musculaire et sans verrouillage articulatoire. Une impression de poids dans le sol sera recherchée mais sans jamais figer l’attitude. Il est bon de ne pas oublier que l’équilibre est une notion en rapport direct avec le mouvement. Le juste équilibre est un mouvement permanent de déséquilibre, corrigé en temps réel par le système nerveux central.
Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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La voix de l’orateur
La voix projetée ou sonorisée :
Le voix projetée se définit par un changement d’attitude et de posture (entre autres par
une verticalisation), par une modification du débit
(ralentissement)
et
de l’intensité
(sonorisation et utilisation des résonateurs), par une modification du mode respiratoire
(respiration diaphragmatique) et enfin par la mise en place d’une gestuelle adaptée au
discours. Le tout étant accompagné d’une libération énergétique beaucoup plus importante
qu’en voix conversationnelle.
Lorsqu’on entre dans la dynamique de voix projetée, notre soucis premier est de se
faire entendre, mais encore écouter, comprendre, de convaincre, d’exercer un impact et
d’influencer notre auditoire. Cela sous-entend
un
changement
d’attitude corporel et
physiologique, mais également psychologique et cognitif, les deux s’influençant et se
complétant.
La posture :
Il n’est pas de posture type mais une attitude générale qui tend vers la verticalisation et
l’ancrage dans le sol, qu’on soit en position debout ou assise. La posture doit être stable mais
souple, sans tension musculaire et sans verrouillage articulatoire. Une impression de poids
dans le sol sera recherchée mais sans jamais figer l’attitude. Il est bon de ne pas oublier que
l’équilibre est une notion en rapport direct avec le mouvement. Le juste équilibre est un
mouvement permanent de déséquilibre, corrigé en temps réel par le système nerveux central.
Il n’est donc pas d’équilibre sans déséquilibre et il ne sert donc à rien de contrôler un éventuel
déséquilibre. Mieux vaut laisser notre système nerveux s’en servir comme d’un feed-back
intéressant permettant de corriger le geste.
En position debout, deux postures sont possibles : soit les pieds parallèles et espacés
selon la largeur du bassin, soit un pied en avant et l’autre légèrement en retrait vers l’arrière.
Quelle que soit la posture choisie, l’ancrage doit toujours se faire en léger déséquilibre avant.
Pour cela, se laisser basculer jusqu’à ce que l’on sente ses orteils se recourber et
« s’agripper » dans le sol. On sait alors qu’on est dans une posture stable et dynamique, portée
vers son auditoire et libérant une voix et une gestuelle également portées vers l’auditoire.
En position assis, se positionner sur l’avant de la chaise (jamais dans le dossier et si
possible, éviter les fauteuils avec accoudoirs) et trouver son ancrage par les iskions,
les deux
pieds bien à plat dans le sol afin de favoriser la stabilité et d’éviter une bascule du bassin
susceptible d’entraver une bonne respiration.
Le corps doit rester libre afin que le geste vocal dans son ensemble puisse émerger
sans contrainte. La gestuelle pourra elle aussi émerger. Enfin, la posture de l’un ne sera pas
forcément celle de l’autre. En effet, notre histoire parle au travers de notre corps et celui-ci
évolue avec elle, sans oublier que tous les corps ne sont pas identiques et que notre rapport à
celui-ci n’est également pas le même pour tous. Il est donc important de respecter le langage
de notre propre corps, d’apprendre à l’écouter et à le respecter. Il deviendra alors facile de
s’adapter à des situations variées.
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La respiration diaphragmatique :
Le diaphragme
Le diaphragme est un muscle en forme de coupole qui sépare la cage thoracique et
l’abdomen. Au-dessus du diaphragme se situent les poumons et le cœur, en dessous
l’estomac, les intestins et le foie.
La contraction du diaphragme tend à aplatir celui-ci, repoussant vers le bas le contenu
de l’abdomen et augmentant ainsi le volume de la cage thoracique.
La respiration diaphragmatique est une respiration adaptée au geste vocal et différente
de la respiration vitale. Elle ne peut s’obtenir qu’en relâchant le musculature abdominale à
l’inspire et donc en gonflant le ventre. A l’expire, le ventre va progressivement rentrer. En
cela, elle semble pour beaucoup d’entre nous inversée par rapport à la respiration vitale.
Les muscles abdominaux et diaphragmatiques sont des muscles antagonistes. Il est
donc nécessaire de relâcher les abdominaux pour abaisser le diaphragme et la contraction des
abdominaux entraînera un retour du diaphragme à sa position de repos qui est la position
haute.
La respiration diaphragmatique permet un soutien optimal du débit de souffle sans
tensions thoraciques et laryngées. En fonction du type de voix que l’on va utiliser
(conversationnelle, projetée à faible ou forte intensité, chantée…), le diaphragme travaillera
plus ou moins, ainsi que les abdominaux et les intercostaux. L’important est de savoir adapter
sa respiration et l’utilisation du souffle expiratoire en fonction de ses besoins, sans efforts
superflus. Une éducation adéquate peut être nécessaire dans certains cas. Bien souvent,
quelques exercices de base suffiront à faire de vous un orateur efficace.
Exercice :
Pour s’entraîner à mobiliser le diaphragme, commencer par expirer lentement tout l’air
que l’on a dans les poumons en contractant complètement son ventre en en le creusant.
Maintenir cette position en apnée pendant trois secondes puis relâcher d’un seul coup le
ventre en inspirant. Le ventre doit alors paraître gonflé et sorti vers l’avant. Maintenir à
nouveau une apnée de trois seconde, puis expirer lentement en contractant le ventre.
Recommencer ce cycle une dizaine de fois.
Recommencer cet exercice mais en ajoutant une phase intermédiaire : lorsqu’on a
inspiré, maintenir l’apnée tout en rentrant le ventre, ce qui nous amènera à exercer une
poussée vers l’intérieur et vers le haut. La cage thoracique va alors s’ouvrir sous l’effet de la
pression. Ressortir le ventre pendant que la cage thoracique s’abaisse à nouveau et
recommencer une seconde fois. Reprendre alors l’exercice précédent à la phase d’expire.
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La phonation, la résonance et l’articulation :
L’emplacement du larynx
Le son prend naissance au niveau du larynx et plus particulièrement des cordes
vocales qui sont deux muscles recouverts d’une membrane. Lors de la phonation, ces deux
muscles s’accolent et, sous l’effet de la pression d’air expiratoire, vibrent l’un contre l’autre,
produisant le son fondamental. Celui-ci va alors s’enrichir en venant vibrer et résonner au
niveau du pharynx, de la face mais également de la cage thoracique.
Une bonne phonation ne peut s’obtenir que dans un équilibre détente/dynamique qui
favorisera l’ouverture de la gorge et une résonance optimum. Certains exercices permettront
de mettre en place cet équilibre et aidera à développer la résonance et la sonorisation naturelle
de la voix.
Le Larynx
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L’articulation se fait elle au niveau du pharynx et de la bouche, par des mouvements
adaptés de la langue, du voile du palais, des lèvres, de la mâchoire ou encore par des
frottements au niveau de la gorge pour l’émission de certaines consonnes.
L’équilibre existant entre résonance et articulation est majeur. La résonance met en jeu
la voyelle et l’articulation met en jeu particulièrement la consonne. Plus on fait de voyelle et
moins on fait de consonne (exemple de la chanteuse d’opéra dont on ne comprend pas le
texte) et plus on fait de consonne, moins on fait de voyelle (exemple du comédien qui abuse
de la diction et qui n’est pas entendu au fond de la salle). Les deux sont indispensables pour
un orateur : la voyelle sonorise et la consonne structure et assure une partie de la projection
(ce qu’on appelle le mordant de la voix). C’est également la consonne qui entraînera
l’accentuation (voir support « L’impact de l’orateur »). En séance individuelle, de nombreux
exercices peuvent être proposés sur le développement de la voyelle et sur la diction si
nécessaire. Il faut savoir que bon nombre de problèmes de dictions se règlent uniquement en
travaillant sur le débit vocal (ralentissement) et ce sans rajouter la moindre tension
articulatoire. Attention aux exercices de diction qui sur-corrigent et qui entraîne de très fortes
tensions ! Un bon équilibre est toujours préférable à un excès qui en remplace un autre.
Il est important de voir le geste vocal comme un geste global incluant un engagement
corporel complet : posture, dynamique, détente, respiration, phonation, résonance. L’équilibre
détente/dynamique doit se retrouver à tous les niveaux interférents dans le geste vocal. Le
geste vocal met en action des zones qui sont chez beaucoup d’entre nous des zones de
tensions importantes : ventre, cage thoracique, cou, épaules, cervicales, gorge, mâchoire… et
il est donc important de repérer les zones de tensions qui nous occupent afin d’apprendre à les
libérer. Libérer le geste vocal revient en grande partie à libérer les tensions.
Enfin, je voudrais insister sur le fait que le geste vocal n’est pas non plus dissociable
de la situation et de l’aspect cognitif lié à celle-ci. Un geste vocal ne sera libre que dans la
mesure où la situation de prise de parole sera abordée dans la détente et la confiance en soi. Il
est donc important de se préparer au mieux afin d’éviter le piège des émotions qui entraînent
un blocage du geste entraînant à son tour un renforcement des émotions. Travailler sa voix est
une chose, se préparer à sa prise de parole en est une autre, les deux étant intimement liés et
indissociables.
L’Energie Vocale :
La bonne santé et l’efficacité vocales ne peuvent s’obtenir qu’avec une voix émise
dans une énergie optimum et adaptée au geste vocal. Ce que l’on appelle l’équilibre pneumo-
phono-résonanciel (soutien de souffle + émission vocale + résonance) n’est possible que dans
l’harmonisation de l’ensemble des muscles participant à la production sonore et ce dans la
souplesse et l’énergie nécessaires.
Pour comprendre ce qu’est l’énergie vocale, je propose l’exercice du recto-tono (ton
rectiligne) qui consiste à dire une phrase sur un son (une note) unique, à la manière des prêtres
qui psalmodient. Dans cet exercice, chaque son doit être lié au précédent avec une articulation
molle et sans tension. L’exercice doit être fait dans la recherche de la meilleure résonance
possible de la voyelle et avec une énergie constante. Si la production sonore n’est pas assez
forte, on peut imaginer qu’on le fait pour être entendu par des personnes se trouvant dans une
pièce à côté, ou à distance dans une grande pièce. Une fois le bon équilibre trouvé, prendre
conscience de l’énergie déployée pour obtenir ce résultat et maintenir ensuite cette énergie en
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répétant la phrase sur une émission vocale habituelle. Reprendre ensuite des simulations de
prises de parole en maintenant constamment cette énergie.
On peut ensuite apprendre à maintenir une bonne énergie en parlant moins fort. En
effet, si l’on veut impacter son auditoire, il n’est pas nécessaire de toujours parler très fort,
mais en revanche, il est indispensable de parler avec énergie. Penser à démarrer chaque prise
de parole avec énergie est important pour les orateurs qui on tendance à parler avec une légère
hypotonie. L’énergie doit également être soutenue jusqu’à la fin de chaque phrase. Une fin de
phrase ne doit en effet jamais retomber, sinon à des fins stratégiques, par exemple pour
donner l’impression de la confidentialité. Mais là encore, c’est la sonorisation qui diminue
plutôt que l’énergie.
Un bon moyen de travailler sur l’énergie est de travailler sur l’accentuation. Voir à ce
sujet le support de cours sur l’impact de l’orateur.
Lorsqu’on utilise un micro, il est indispensable de conserver l’énergie vocale : le
micro va en effet amplifier le son mais ne compensera en rien le manque d’énergie. Il est donc
préférable de tenir le micro à distance de sa bouche et de maintenir l’énergie comme si l’on
voulait impacter l’auditeur qui se trouve le plus loin de nous.
En tant qu’orateur, on à la responsabilité de porter sa voix aux oreilles des
auditeurs, jusqu’aux plus éloignés. On ne doit pas demander aux auditeurs de porter leurs
oreilles à notre voix, sous peine de perdre leur attention.
Hygiène vocale :
Une des premières règles d’hygiène vocale est de ne pas se focaliser sur l’hygiène
vocale : là encore, l’équilibre est de rigueur. Il est ensuite important de boire régulièrement
lorsqu’on utilise sa voix : des muqueuses desséchées sont en effet plus rapidement fatigables.
Respecter sa voix me semble important : ne pas lui demander l’impossible, ne pas la changer
de manière artificielle, respecter des temps de repos, éviter de parler fort dans des lieux
bruyants, ne pas crier démesurément… et savoir se taire si nécessaire !
Il est également important de ne pas forcer en cas d’infections ORL ou de fatigues (vocales ou
générales). En cas de chat dans la gorge, ne pas se racler en permanence, cela entraîne une
irritation qui peut devenir chronique.
Enfin, il faut savoir que le tabac et l’alcool sont des facteurs déclenchant de troubles vocaux
en cas d’abus. En petite quantité, je laisse le soin à chacun de gérer ce qui lui semble
tolérable ! Il est bon également de savoir que certains médicaments dessèchent les muqueuses
où encore inhibent la tonicité et qu’il faut en tenir compte lors de prises de paroles.
En cas de difficultés vocales, ne pas attendre que le geste se dégrade mais consulter
rapidement un phoniatre qui fera un bilan et vous dirigera, si nécessaire, vers un orthophoniste
un professeur de voix ou de chant, ou encore un thérapeute ou un coach de la voix.
Pour ceux qui souhaitent approfondir l’aspect vocal de la prise de parole, je conseille
le livre « Le guide de la voix » du Docteur Yves Ormezzano aux Editions Odile Jacob, ou
encore « La voix dévoilée » de Richard Cross aux Editions Romillat.
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