Les résiliences, types et définitions

De
Publié par

FORMATEUR : La résilience ou l’art de rebondir Les définitions de la résilience sont multiples et bon nombre de transpositions ont été réalisées. Le langage peut cacher des réalités distinctes et constituer le berceau de bien des malentendus et des incompréhensions. Il peut s'avérer utile de se mettre à l'écoute de la physique car c'est à elle que la définition a été empruntée; par la suite des analogies ont vu le jour. Le Petit Robert, édition 2000, définit la résilience comme étant le rapport de l’énergie cinétique absorbée nécessaire pour provoquer la rupture d’un métal, à la surface de la section brisée. La résilience, qui s’exprime en joules par cm², caractérise la résistance au choc. Capacité à vivre, à se développer, en surmontant les chocs traumatiques, l’adversité. (Le Petit Robert, édition 2002). En physique, la résilience est une propriété mécanique d'un matériau inerte qui consiste à garder sa propriété après un "choc" subi. Ce choc peut être de nature différente : étirement, pression, torsion du matériau etc. Le matériau a besoin d'un temps (t) pour retrouver sa propriété. Un protocole de mesure est déterminé et les limites de tolérance sont définies, statistiques à l'appui. Cette propriété a pu être construite, testée et vérifiée en laboratoire. En quelque sorte, nous disposons ainsi d'une propriété "programmée".
Publié le : samedi 23 août 2014
Lecture(s) : 20
Nombre de pages : 9
Voir plus Voir moins
FORMATEUR :
La résilience ou l’art de rebondirLes définitions de la résilience sont multiples et bon nombre de transpositions ont été réalisées. Le langage peut cacher des réalités distinctes et constituer le berceau de bien des malentendus et des incompréhensions. Il peut s'avérer utile de se mettre à l'écoute de la physique car c'est à elle que la définition a été empruntée; par la suite des analogies ont vu le jour. Le Petit Robert, édition 2000, définit la résilience comme étant le rapport de l’énergie cinétique absorbée nécessaire pour provoquer la rupture d’un métal, à la surface de la section brisée. La résilience, qui s’exprime en joules par cm², caractérise la résistance au choc. Capacité à vivre, à se développer, en surmontant les chocs traumatiques, l’adversité. (Le Petit Robert, édition 2002). En physique, la résilience est une propriété mécanique d'unmatériau inerte qui consiste à garder sa propriété après un "choc" subi. Ce choc peut être de nature différente : étirement, pression, torsion du matériau etc. Le matériau a besoin d'un temps (t) pour retrouver sa propriété. Un protocole de mesure est déterminé et les limites de tolérance sont définies, statistiques à l'appui. Cette propriété a pu être construite, testée et vérifiée en laboratoire. En quelque sorte, nous disposons ainsi d'une propriété "programmée". Les conséquences peuvent être : la stabilité, la brisure ou la rupture du matériau. Les limites de l'effort de plasticité ainsi que le point de rupture peuvent être identifiées. Alors que ce matériau subit l'action d'un agent externe il conserve sa propriété dans certaines limites.C'est ainsi qu’est née l'idée de la résistance aux chocs. De cette définition, retenons comme élément clé: l’énergie absorbéeEn psychologie, il s’agit de la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité. C’est unecombinaison deintérieure, d'appui de l'extérieur et force d'apprentissage à partir de l'expérience acquise. En s'exprimant à propos de la résilience individuelle, les psychologues parlent de"résistance à la destruction"et de"capacité de reconstruction"et reconstruire s'apparentent. Résister aux mécanismes de régulation qu'on retrouve dans les processus d'homéostasie. Il s'agit bien de ramener l'ensemble à son état initial, d'assurer sa survie ou de retrouver l'équilibre. Il se pourrait pourtant que le choc interne ou externe soit l'opportunité pour l'émergence d'un nouvel ensemble, une transformation totale en quelque sorte, une rupture.
Page1sur9
Avant même de proposer une définition de la résilience en psychologie, il convient d’abord d’étudier la naissance et les fondements de ce concept. Les différents troubles du comportement et autres psychopathologies trouvent, pour la plupart, leur (s) origine (s) dans les blessures de l’enfance. D’où l’importance accordée à l’étude de l’enfant (et de l’enfance) afin d’en comprendre les « mécanismes ».La question qui a donné naissance aux prémisses de la résilience fut de savoir en quoi les particularités d’un individu, sonenvironnement relationnelet psychoaffectif, ainsi que son histoire de viepouvant participer à l’état de moindre résistance aux nuisances et agressions. On est passé dés lors de l’étude de lavulnérabilitéà celle de la résilience. L’utilisation du concept de résilience en psychologie et psychopathologie demeure assez récente en France. Les premiers travaux viennent des pays anglo-saxons et nord-américains. Le concept de résilience est né au début des années quatre-vingt, il était à cette époque complètement enseveli par le concept inverse celui de la vulnérabilité. Dans un contexte psycho-médico-social, deux idées, qui se sont scindées en une, ont donné naissance à ce concept de résilience : tout d’abord la notion de « coping » ou « cope with » qui correspond à l’idée de faire face et de s’ajuster ; puis la notion d’invulnérabilité. Le concept de coping, toujours utilisé en sciences sociales, mais sans père fondateur est resté totalement oublié. L’invulnérabilité, par contre, apparue il y a plus de quarante ans, a été largement développée par deux psychiatres de renom : Koupernik en France et Anthony aux Etats-Unis. Pour ces auteurs, le désastre résulte de la rencontre de la personnalité (plus ou moins vulnérable) du sujet et de l’agression dont il est victime. Koupernik et Anthony ont illustré leurs propos par une métaphore : Le sujet est représenté par une poupée qui peut être en verre, en laine ou en acier ; l’agression est représentée par la chute, caractérisée par son intensité (la hauteur) et par la qualité du sol (béton, sable, etc.). La poupée de verre se casse, celle en laine ou en caoutchouc se déforme, celle en acier (invulnérabilité) résiste, même si elle tombe sur du béton, à condition que la hauteur ne soit pas trop élevée. Mais ce concept n’a pas percé non plus, cela pourrait s’expliquer par l’idée que sous-entend ce concept à savoir que l’individu serait doté de la caractéristique « invulnérabilité » de façon intrinsèque voire génétique et permanente, ce qui va à l’encontre de l’analyse faite par Boris Cyrulnik à propos de la résilience qui s’acquiert et qui n’est en aucun cas innée.Apparaît à la suite de cela, la notion de résilience. Géographiquement elle est née à Hawaii et elle a été mise en évidence par Emmy werner, psychologue américaine qui a mené une recherche sur 700 enfants nés des bas-fonds de Hawaii, délinquants et maltraités issus de familles alcooliques, psychiatrisées et qui semblaient condamnés dans leur développement futur à devenir totalement asociaux. Cette étude a été menée pendant 20 ans, il en est
Page2sur9
ressorti que 30 % de ces enfants sans avoir bénéficié de soins spécialisés ont réussi à réaliser une vie pleine de sens (meaningful life), ce sont eux qu’elle a jugés résilients.Dès les années quatre-vingt, le concept a connu un essor phénoménal outre atlantique, les publications se sont multipliées et les premiers travaux se sont attachés à affiner la définition et à définir les caractéristiques des enfants à qui il peut s’appliquer.Michael Rutter, pédopsychiatre en Grande Bretagne s’est attelé à deux tâches en particulier : La première consistait à faire une différence entre invulnérabilité et résilience et il l’a illustrée à propos d’Auschwitz : « Si Auschwitz avait duré six mois de plus, il n’y aurait eu plus aucun survivant (résilient) … ».La seconde tâche était d’affirmer que l’origine de la résilience n’était pas uniquement intrinsèque, malgré ce qui était dit dans les publications américaines de l’époque.Rutter a donc codifié la résilience ainsi : jamais absolue, variables selon les risques, variable dans le temps et toujours à la fois intrinsèque et génétique. Même si l’émergence du concept date du début des années 1980, certains chercheurs considèrent que les racines de ce concept sont plus anciennes. En psychologie et psychopathologie, Garmezy et Rutter ont posé les bases théoriques et les principes méthodologiques avec leur ouvrage : Stress Coping and Development in Children, (1983). Garmezy et al (1996) ont ensuite travaillé avec d’autres chercheurs et ont participé aux développements théoriques de l’approche de la résilience chez l’enfant. Il est à noter que la littérature québécoise utilise souvent l’expression de ressort psychologique pour traduire le terme de résilience ou resiliency. D’autres recherches se sont développées sur les réponses adaptatives face aux stress cumulés. Les premières recherches sur la résilience ont mis l’accent sur les éléments ou facteurs de résilience. Ainsi, le travail a été fait à partir de définitions de la résilience reposant surtout sur une approche en terme de résultats comportementaux supposés positifs ou adaptés en face d’un contexte difficile.La résilience, un phénomène complexeOr la résilience est « un phénomène » plus complexe. B. Cyrulnik (un des premiers à travailler sur le sujet en France) définit la résilience comme «la capacité à réussir à vivre et à se développer demanière acceptableen dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négativeOn peut dès à présent noter » l’importance de cetteinteraction de l’individu et de l’environnement qui l’entoure. Par la suite, une définition transversale sera adoptée (Vanistaendel, Lecomte et Cyrulnik entre autres) : La résilience est la capacitéd’une personneou d’un groupe à se projeterdans l’avenir en dépit d’événements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes parfois sévères. C’est cette définition que nous prendrons comme référence, elle passe de l’individu isolé à la notion de groupe, de collectivité.
Page3sur9
Ethologue de formation, Boris Cyrulnik a ouvert en France le champ de la recherche à l’éthologie humaine dans une approche résolument pluridisciplinaire, bouleversant de nombreuses idées reçues sur l’être humain*. Ses deux derniersouvrages,Un merveilleux malheuretLes Vilains Petits Canards,qui ont connu un immense succès en France, relatent ses travaux sur le concept de résilience, cette capacité à pouvoir surmonter les traumatismes psychiques et les blessures émotionnelles les plus graves : maladie, deuil, viol, torture, attentat, déportation, guerre... Autant de violences physiques et morales auxquelles des millions d’enfants, de femmes et d’hommes sont exposés dans le monde aujourd’hui. S’appuyant sur de nombreux exemples observés sur le terrain, dans son cabinet de psychothérapeute comme lors de ses missions à l’étranger- de la Bosnie au Cambodge, en passant par le Brésil ou la Russie -, il nous explique comment, même dans les cas les plus terribles, les personnes peuvent s’en sortir et reprendre le cours de leur vie, grâce à quelles facultés acquises dans l’enfance et à quels soutiens après l’expérience traumatisante.Lectures conseilléesCyrulnick B.,Un merveilleux malheur,Paris, Odile Jacob, 2002 «À quelque chose malheur est bon» énonce le proverbe, que nous avons toujours du mal à croire. Et pourtant, Boris Cyrulnik nous montre ici, études de cas, consultations et documentations à l’appui, que c’est bien dans la difficulté que se construisent les êtres humains. Nous avons en effet une capacité étonnante, la résilience, à nous remettre des traumatismes psychiques les plus violents et à nous sortir des situations les plus désespérées grâce à l’élaboration d’un récit intérieur. Loin de conduire à l’apologie du management par le stress ou par la peur, ce livre peut inciter les chefs d’entreprise à voir les crises, concurrents et autres difficultés comme autant d’occasions de faire avancer et de consolider la construction de leur entreprise. Business Digest Vanistendael S. & Lecomte J.,Le bonheur est toujours possible : construire la résilience.Préface de Michel Manciaux, Paris, Bayard, 2000 "Nous connaissons tous des enfants qui, en dépit de conditions difficiles, surmontent les obstacles, tiennent le coup et deviennent des personnes bien insérées socialement. Mais nous sommes ainsi déformés que nous avons tendance à voir ce qui ne va pas, ceux qui tournent mal, et à ignorer ceux qui s'en sortent bien. Il est temps de reconnaître la valeur et les compétences de ceux qui nous entourent, de les aider à faire émerger ces qualités souvent latentes, de positiver notre regard sur eux " (Michel Manciaux). C'est à cette tâche ambitieuse que se sont attelés ici Stefan Vanistendael et Jacques Lecomte
La résilience est une porte ouverte à lareconstruction de l’identité. Dans le langage courant, la résilience se définit comme «l’art de rebondir». Nous décrivons la résilience en tant queprocessuset rassemblons les conditions favorables à l’émergence de la résilience au sein de l’organisation. Il existe des liens entre lagestion du changement et la résilience.Partant de lasurvenance d’un chocou d’un bouleversement au sein de l’organisation, nous allons examiner ce qui se produit. Nous allons identifier : les phases derupture Observer lecycle de vie de la crise
Page4sur9
Apprécier les processus destructure, de stratégie et de management Etudier lesrésistancesface à un choc La crise peut adopter des formes différentes : lechoc, latensionou lasurprise. En situation de crise les individus sont aux prises avecle sens, sa déconstruction et sa re-construction. Plusieurs formes de rebond sont possibles en situation de crise:l’effondrement et la résilience.
Le milieu interne, regroupant l’ensemble des forces internes à l’entreprise et qui contraignent les actions de ses différents agents. Ce milieu est constitué par laconnexion de processus, de technologies, fonctions, structures etagents humainsqui sont eninteraction. On y observe la synergie de ces différents sous-systèmes. La dynamique du milieu interne en relation avec le milieu externe dépasse chacune de ces composantes et peut être la source deblocages ou de chocs endogènes (changement de stratégie de l’entreprise, plan social…).L’environnement externeest le contexte le plus vaste dans lequel l’entreprise évolue et d’où elle tire ses ressources matérielles, financières, symboliques, culturelles. L’entreprise entretient avec son environnement un rapport soigné, elle y puise les ressources dont elle a besoin mais ces relations sont souvent la source de perturbations. Cartographier le milieuOn pourrait établir une carte de l’entreprise dans son milieu, présentant chacun des sous-systèmes : Le sous-systèmetechnologiquedéfinit l’état de la technologie au sein de l’entreprise, ainsi que les relations qu’elle entretient avec les autres sous-systèmes (notamment on notera ici les risques technologiques ou les dépendances des autres sous-systèmes). Le sous-systèmefonctionnelcomprend l’ensemble des relations opérationnelle au sein de l’entreprise, cela comprend l’ensemble des procédures, donc des ressources informationnelles, interpersonnelles, bref tout ce qui forme l’organisation de l’entreprise. Les dynamiques propres à ce sous-système orchestrent l’apprentissage, l’innovation, les coopérations interservices. Le sous-systèmestructurelconstitue l’ensemble des relationsqui se sont instaurées à force d’habitude, par réglementation, il comprend aussi les usages culturels, les règles éthiques…Le sous-systèmedirectifdécrit l’impact de la stratégie de l’entreprise sur les relations interne. Ce sous-système est par essence en perpétuelle évolution, il est composé de relations d’exécution qui visent à garder le cap sur les objectifs fixés et de relations d’ordre politique qui visent à modifier les valeurs, les normes, les objectifs.
Page5sur9
Larésilienced’une économie ou d’une zone économique est sa capacité à surmonter rapidement des chocs et perturbations économiques. Le concept de résilience est également souvent employé dans le monde anglosaxon pour désigner la capacité de l'économie à résister au double choc du changement climatique et du pic pétrolier. Rob Hopkins a développé des réflexions et des programmes d'action basés sur cette notion, en mettant en œuvre des initiatives dans la permaculture et les villes en transition. Une étude selon l’OCDEDepuis une trentaine d’années, les économies des pays de l'OCDE ont du faire face à de nombreux évènements, chocs pétroliers, crises financières. Face à ces chocs macroéconomiques, les économies manifestent des capacités de réaction différentes à la fois à court terme et pour revenir sur leur sentier de production potentielle. Le concept de «résilience» permet de qualifier cette capacité de réaction. La résistance des matériaux aux chocs ou à la pression a été étendue par analogie à l'économie pour décrire sa capacité à dépasser et à absorber une situation critique. Plus la perte de production associée au choc et à sa résorption est importante, moins l'économie pourra être considérée comme résiliente. L'OCDE a engagé récemment un important travail d'évaluation des différentes formes de résilience. Ses travaux insistent sur le rôle primordial de la flexibilité des marchés ou flexibilité «structurelle» comme facteur d'absorption des chocs. Les simulations réalisées suggèrent qu'en cas de choc négatif, de type hausse du prix du pétrole par exemple, les pertes cumulées de production et d'emploi sont nettement plus faibles dans une économie flexible que dans une économie où les prix et les salaires s'ajustent moins rapidement.
Larésilience écologiqueest la capacité d'un écosystème, d'un habitat, d'une population ou d'une espèce à retrouver un fonctionnement et un développement normal après avoir subi une perturbation importante (facteur écologique). On évoquera par exemple la résilience d'un écosystème forestier pour décrire sa capacité à se reconstituer suite à un incendie ; à partir de labanque de grainesdu sol, des propagules apportées par l'air, l'eau ou des animaux ou à partir de rejets, ou de la cicatrisation d'individus résistants au feu. Origine du conceptDe nombreux indices laissaient penser que la diversité et la complémentarité des organismes présents dans un milieu étaient les gages d'un meilleur auto-entretien de l'écosystème («système auto-catalytique») Des chercheurs aussi différents que James Lovelock, l'écologue canadien C.C. Holling ou David Tilman ont montré l'importance de la biodiversité pour la résilience, le premier au
Page6sur9
travers de son «hypothèse Gaïa», le second dans un article qui a en 1973 promu ce concept, et troisième second lors de ses travaux sur la biodiversité. David Tilman, avec l’Université St-Paul (Minnesota, États-Unis) a étudié l’utilité de la biodiversité dans la prairie de cette région, à partir de 1982, en mesurant la productivité de la prairie sur 207 parcelles plantées d'espèces locales contrôlées. Certaines parcelles étaient « monospécifiques » (ne contenant qu'une seule espèce végétale), les autres en contenant des quantités croissantes, avec différentes associations. En 1988, une très grave sécheresse (la pire depuis au moins 50 ans) a affecté la région des prairies, tuant toutes les récoltes avec trois milliards de perte pour les agriculteurs. L'équipe de D. Tilman a alors constaté que certaines parcelles avaient spectaculairement résisté à la sécheresse. Il s'agissait toujours des parcelles les plus riches en biodiversité. La productivité de parcelles n'abritant qu'une ou deux espèces de plantes était six fois moindre que celles des parcelles composées de 15 à 25 espèces, ce qui confirmait l'importance des associations d'espèces adaptées à une zone biogéographique, les unes captant mieux l'azote de l'air, d'autres l'eau de profondeur, etc. La biodiversité est aussi une diversité fonctionnelle permettant aux communautés d'espèces, c'est-à-dire à l'écosystème d'exploiter au mieux toutes les ressources du lieu et du moment. Cette étude portait sur la diversité spécifique (des espèces), mais il semble que la diversité génétique joue un rôle aussi important, notamment dans les populations naturellement presque monospécifiques des milieux extrêmes (sub-polaires, sub-désertiques, salés, etc.) Plus tard, en 1996 dans le même esprit, le projet européen BIODEPTH a associé huit pays qui ont étudié la biodiversité de 480 parcelles. En 1999 les observations de David Tilman étaient confirmées: Plus la diversité fonctionnelle des espèces était importante, plus l’écosystème était productif et résilient face aux perturbations. MesureLa résilience écologique est une forme de résistance : la capacité d'un système écologique (population, écosystème, biome, biosphère...) à retrouver (ou ne pas quitter) un état d'équilibre dynamique après une phase d'instabilité due à une perturbation (extérieure ou interne au système), où l'instabilité peut conduire un système à évoluer provisoirement ou définitivement vers un autre régime de comportement ou un autre équilibre pouvant nécessiter la perte de certains éléments et fonctions de l'écosystème. Cette résistance peut être mesurée par le calcul de l'ampleur de la perturbation qui peut être absorbée avant que le système ne change de structure en changeant les variables et les processus qui en contrôlent le comportement. Ce type de résistance a été défini comme la résilience écologique. Interventions humainesColonisation spontanée d'un champ après arrêt de la culture (en Pologne). Ici, des graminées, puis des arbres apparaissent spontanément, en commençant par des espèces et essences pionnières. Il peut toutefois falloir des siècles ou millénaires pour effacer totalement les traces de l'Agriculture intensive
Page7sur9
L'Homme dispose de divers moyens (dont plantations) pour tenter d'accélérer les processus naturels de résilience ; on parle de technique génie écologique ou degestion restauratoire. Quelques exemples : L'école de sylviculture Prosilva cherche à copier les processus naturels de résilience plutôt qu'à s'y substituer. Akira Miyawaki a été un pionnier de l'utilisation d'espèces locales et diversifiées pour la restauration de sols, de forêts de protection et de boisements à grande échelle sur des sites très dégradés, au Japon, puis dans divers pays tropicaux. Diverses méthodes de restauration d'une strate herbacée, fleurie sur sol "retourné" (Inversion soil) ont été efficacement testée, dont pour restaurer des sous-bois riches en fleurs sauvages. Phénomène spontané, quand les conditions sont réuniesDébut de colonisation et dégradation de l'asphalte par une flore spontanée, sur la partie forestière d'une autoroute polonaise non terminée et peu utilisée (Olimpijka)] Un exemple intéressant, visible sur Google Earth, est celui de la zone interdite de Tchernobyl où en dépit d'une radioactivité élevée, les loups et les ours sont spontanément revenus, alors que de nombreuses autres espèces, d'oiseaux notamment, recolonisent la zone depuis que l'agriculture et la chasse y ont disparu (sachant qu'il est trop tôt pour savoir si cette recolonisation perdurera et quels seront les impacts de la radioactivité sur ces écosystèmes et ceux qui sont touchés à distance via les migrations d'oiseaux notamment)
Une approche « Business Resilience »est devenue nécessaire afin de mettre en œuvre des solutions plus conformes aux exigences de gouvernance d’entreprise. La philosophie de cette démarche s’oriente vers une sorte de renforcement des défenses immunitairesde l’entreprise face aux risques. En continuant à paraphraser sur cette analogie médicale, l’objectif de la résilience est d’appliquer un «vaccin» à l’entreprise afin de renforcer ses capacités d’absorber le choc d’un sinistre plutôt que d’appliquer unethérapeutique de gestion de crise. De nombreux constructeurs ont déjà intégré cette approche dans leurs produits: Cisco, IBM, HP orientent les équipements qu’ils proposent vers une résilience hardware. Du point de vue des entreprises, ceci est une première étape mais ce n’est pas suffisant. La mise en œuvre de la résilience doit également toucher les processus et la structure même de l’organisation. Nous devons donc orienter les démarches de continuité des affaires vers un réengineering des activités. L’étape fondamentale du plan de résilience est une étude de «resilience capability » de l’entreprise afin de modéliser de façon fine les processus fondamentaux de fonctionnement et leurs risques de dysfonctionnement. La phase suivante, à savoir la conception du plan de résilience, doit mettre en œuvre d’une part les éléments pro-actifs de gestion des risques et les éléments réactifs de gestion des impacts.
Page8sur9
Par éléments pro-actifs nous entendons la modification des processus d’affaires de manière à les rendre quasi-insensibles aux risques mais également tous les moyens de contrôle et de gestion (politiques de sécurité, moyen de contrôle et d’évaluation). Le plan de continuité reste un élément indispensable et complémentaire qui gère les situations de crise inévitables sur lesquelles l’entreprise n’a pas de contrôle (menaces environnementales, menaces externes) ou celles dont les mesures proactives sont jugées inapplicables. La continuité doit donc s’adapter face aux nouveaux enjeux du monde des affaires et migrer vers la résilience. De nouveaux outils méthodologiques vont émerger afin de transformer ce concept en réalité. Ceci constitue un défi stratégique pour les futurs projets de réorganisation des entreprises.C’est à cette recherche que nous nous sommes attelés, la résilience comme outil de gestion de crise et de continuité. La principale approche de la sécurité industrielle est l’ingénierie de la résilience. La résilience est définie comme une qualité intrinsèque ou une habilité d’un système ou d’une organisation à ajuster son fonctionnement face aux changements et aux perturbations afin qu’il puisse poursuivre son activité après un problème majeur ou en présence d’un stress continu.
Page9sur9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.