Resume etude 23 02 05

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CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE LA GUYANE Place de l’Esplanade - B.P 49 - 97321 Cayenne Cedex 05.94.29.96.58 - 05.94.29.96.59 RESTITUTION DE L’ETUDE STRATEGIQUE SUR LA FILIERE PECHE EN GUYANE Résumé de la présentation de l’étude stratégique pêche - Février 2005 Monsieur Yan GIRON – Cabinet ARMERIS En préalable, il nous paraît essentiel de rappeler que le rôle de l'action publique est de soutenir une dynamique privée existante, responsable et professionnalisée. Cela nécessite donc un positionnement clair et des responsabilités clairement définies. En ce qui concerne la profession en général : Il n’y pas de capacité de portage de projet, qu’elle soit individuelle (accompagnement) ou collective (représentation professionnelle). Quels que soient les projets voulus par la profession, elle n’a pas la capacité de les gérer opérationnellement au quotidien. Ce qui témoigne globalement d’une approche plutôt prospective qu’opérationnelle. Ce qui explique le faible taux d’utilisation à mi-parcours du DocUP, avant la redistribution des fonds pratiquée en année 2004. La conséquence est que quelles que soient les volontés affichées, et malgré l’engagement financier de projets, le secteur n’a pas la capacité de pouvoir s’adapter à ses évolutions futures. Et ceci, dans un contexte où les subventions européennes directes à la construction et à la modernisation sont amenées à disparaître. Cette capacité d'adaptation ne peut venir ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE LA GUYANE
Place de l’Esplanade - B.P 49 - 97321 Cayenne Cedex
05.94.29.96.58 - 05.94.29.96.59
RESTITUTION DE L’ETUDE STRATEGIQUE
SUR LA FILIERE PECHE EN GUYANE
Résumé de la présentation de l’étude stratégique pêche - Février 2005
Monsieur Yan GIRON – Cabinet ARMERIS
En préalable, il nous paraît essentiel de rappeler que le rôle de l'action publique est de
soutenir une dynamique privée existante, responsable et professionnalisée. Cela nécessite
donc un positionnement clair et des responsabilités clairement définies.
En ce qui concerne la profession en général :
Il n’y pas de capacité de portage de projet, qu’elle soit individuelle (accompagnement) ou
collective (représentation professionnelle). Quels que soient les projets voulus par la
profession, elle n’a pas la capacité de les gérer opérationnellement au quotidien. Ce qui
témoigne globalement d’une approche plutôt prospective qu’opérationnelle. Ce qui explique
le faible taux d’utilisation à mi-parcours du DocUP, avant la redistribution des fonds
pratiquée en année 2004.
La conséquence est que quelles que soient les volontés affichées, et malgré l’engagement
financier de projets, le secteur n’a pas la capacité de pouvoir s’adapter à ses évolutions
futures. Et ceci, dans un contexte où les subventions européennes directes à la construction
et à la modernisation sont amenées à disparaître. Cette capacité d'adaptation ne peut venir
que de la professionnalisation des activités et par l'existence d'un environnement
économique favorable.
On entend par professionnalisation :
Des entreprises formalisées, produisant une comptabilité et respectant les
réglementations en vigueur
Des entreprises insérées dans le tissu économique global
Une représentation professionnelle structurée
L'existence d'une formation professionnelle adéquate
En ce qui concerne la pêche artisanale :
Les marchés
L’absence de structuration et d’accompagnement de terrain a conduit à une faible
professionnalisation et à une très faible représentativité des organisations professionnelles.
Ceci a conduit à une faible responsabilisation et à une faible organisation du marché. Le
marché accessible à la pêche professionnelle serait ainsi passé de 2500 tonnes en 1998, à
peine 800 tonnes aujourd’hui. Alors même que la population a augmenté et que la
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consommation a probablement augmenté. Le marché local dont on ne connaît pas la taille
aujourd’hui est donc essentiellement approvisionné par une pêche, ou tout au moins des
circuits, informels. Dans 10 ans, et même 5 ans, si rien n’est fait, le marché des
professionnels se sera encore réduit, les phénomènes informels auront pris le dessus
définitivement et satisferont la majeure partie de la demande. Le reste sera fourni par des
importations.
On peut noter que la reconquête du marché local peut tripler au moins les débouchés
commerciaux de la pêche artisanale guyanaise, et lui assurer un moteur suffisant à son
développement. A condition d’avoir des acteurs professionnalisés.
Les débouchés exports existeraient pour le poisson, mais ils doivent faire face à un certain
nombre de contraintes. Les marchés potentiels permettraient d'obtenir un prix au producteur
variant de 1,65 à 1,75 euros/kg avec POSEIDOM poisson et 1,19 à 1,97 euros/kg sans
POSEIDOM.
Le marché export exige aujourd'hui :
Des prix compétitifs
Le respect d'un cahier des charges client
Le respect de la régularité de l'approvisionnement
Le MIR est une action en cours qui n'est toujours pas terminée. Il lui manque un point de
débarquement aux normes associé à l'outil. Ce point de débarquement est indispensable
pour appuyer la professionnalisation des activités, pour renforcer la qualité des produits et
pour faire de ce MIR un centre de services attractifs qui renforcera sa capacité à capter les
volumes nécessaires pour assurer sa rentabilité. C'est un des outils de reconquête du
marché local, qui permet d'offrir une vitrine d'une activité professionnalisée, tout en étant
vecteur d'une image de qualité.
La rentabilité
Au niveau des conditions économiques d’exploitation, les prix n’ont pas subit de variation
significative, hors du MIR, depuis 5 ans.
Il apparaît que les gains de rentabilité pour la pêche artisanale ne peuvent provenir que :
d’une augmentation de l’activité des embarcations
d’une meilleure valorisation de la production conduisant à un meilleur chiffre d’affaires
d’une diminution des charges
L’augmentation de l’activité est aujourd’hui le facteur d’amélioration le plus immédiat et le
plus efficace dans le court terme. Il suppose :
Un marché accessible à la pêche professionnelle pouvant absorber cette production
supplémentaire
la rémunération rapide de la campagne (délais de paiement)
La disponibilité des intrants et des services, glace et carburant à proximité du point
de débarquement.
Cela nécessite donc d’engager une stratégie de reconquête du marché local, d’une part, et
de travailler les services disponibles à la pêche. Les délais de paiement pourraient s’appuyer
sur des fonds type garantie du mareyage, qui devrait être géré par une structure neutre,
indépendante des producteurs et des transformateurs.
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Cette augmentation de l'activité doit se faire dans le respect du potentiel biologique
(IFREMER ?).
Au niveau de la diminution des charges, deux actions immédiates peuvent être engagées :
la diminution du coût réel des intrants (glace et carburant), en les rendant plus
accessibles aux acteurs du littoral pour qui les surcoûts d’approche de Cayenne sont
très lourds. Au niveau des consommations de carburants, un constructeur hors-bord
arrête la production de moteurs 2 temps et sa norme sera maintenant les moteurs hors
bord 4 temps. Ces moteurs permettent une économie de carburant de 30 à 40 % (Cf. Le
Financement) .
Mise en place effective d'une coopérative d'avitaillement pour l'ensemble du secteur
pêche.
La question de la disponibilité des services portuaires sur le littoral concerne donc les
infrastructures portuaires. Les recommandations proposent de renforcer un certain nombre
de pôle sur le littoral.
Il a également été fait le constat que le secteur avait des contraintes d’environnement
(techniques de pêche, absence de coopération régionale technique) qu’il était nécessaire de
lever. Cela passait par des actions raisonnées, inscrites dans un processus progressif,
correspondant à la capacité technique et financière des acteurs d’aujourd’hui. Elles sont
formalisées dans l’axe B : « donner à l’existant les moyens de pouvoir s’adapter pour le
sauvegarder ».
Les infrastructures / services
Les types de services sont :
Des pontons et équipements de quai
Des chambres froides
Des machines à glace
Il faut que ces équipements soient rentables dans leur fonctionnement quotidien. Il faut donc
que ces outils ne soient pas surdimensionnés. Pour des raisons d'efficacité technique et de
souplesse de gestion, il est recommandé que ces outils soient gérés autant que possible par
des structures privées, notamment pour la glace et le carburant. Il faut donc assurer
également l'attractivité économique de ces outils, ce qui nécessite une taille critique
minimum, liée à la fréquentation des ports par les professionnels.
Les choix doivent se faire dans un cadre d'aménagement concerté. En première approche,
l'expertise a proposé de façon prioritaire, compte tenu des fréquentations des points de
débarquement :
Le vieux port de Cayenne
Un point sur Remire-Montjoly
Sinnamary
Le Larivot pour l'activité des tapouilles
Une plateforme froid sur l'aéroport de Rochambeau
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Les options de développement au niveau des navires
La pêche artisanale modernisée : à partir des types d'embarcations existants, il est possible
de moderniser une partie des flottilles par le recours à des petits équipements embarqués
(mécanisation hydraulique autonome, glacières de bord aux normes). Il est possible
également de tester de nouvelles techniques de pêche utilisables par ces embarcations pour
augmenter les zones de pêche prospectées. Sous réserve que l'environnement économique
et le marché existent.
La pêche artisanale améliorée : une fois qu'un certain nombre de questions en matière de
techniques de pêche, de marchés accessibles et sécurisés et en matière de formation ont
été résolues, il est peut-être intéressant d'envisager le développement de nouveaux types de
navires artisans si le potentiel halieutique existe.
Le financement
En ce qui concerne l’accès au financement, la non professionnalisation est la première
cause de l’évincement des professionnels des systèmes de financement classiques.
Pourtant, des professionnels artisans ont déjà accès au financement sans aucuns
problèmes aujourd’hui. Cependant, aucune banque ne prêtera de l’argent à une personne
qui ne présente aucune comptabilité annuelle et dont l’outil de production n’est pas assuré.
Pourtant, le secteur est capable de générer de la richesse et a une capacité
d’autofinancement pour les investissements de petite échelle.
Il est proposé d'appuyer cet accès au financement par la professionnalisation et par la
constitution d'un fond de garantie bancaire des investissements de la pêche artisanale.
Tout autre projet ambitieux concernant le financement de navires plus importants (pêche
artisanale améliorée) se heurtera à des problèmes de professionnalisation (qui incluent les
compétences de la main d’œuvre) et aux problèmes de rentabilité au quotidien de l'activité,
pour lesquels on ne dispose pas encore des éléments techniques. Tant que les réponses n’y
seront pas apportées, on se cantonnera dans une approche prospective purement
théorique, qui pourra certes drainer des fonds, mais qui ne produira aucun résultat durable,
opérationnel et concret pour l’ensemble du secteur. Si des investisseurs privés se sentent la
capacité de se lancer dans ce type de projets, cela constitue des projets privés,
éventuellement de groupement de privés, mais ce ne sont pas des projets collectifs. Un axe
C de soutien aux dynamiques privées a malgré tout été identifié et chiffré sur les aspects de
SOFIDOM, à la condition que ce dispositif fiscal soit maintenu après 2005.
En ce qui concerne la transformation :
Des propositions ont été faites quant à des positionnements commerciaux dans le document
de diagnostic. Il en résultait que, du fait de l’ouverture du POSEIDOM au poisson de la
pêche artisanale (novembre / décembre 2003), des marchés potentiels étaient accessibles
en achetant de la matière première à la pêche artisanale guyanaise (cf marchés exports).
A la condition expresse de se conformer à un cahier des charges rigoureux et de ne pas se
discréditer auprès des acheteurs ! Les problèmes de masses critiques en matière première
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pouvaient être solutionnés par une meilleure organisation des apports de la pêche
artisanale.
Cela nécessite donc une amélioration des pratiques des privés à l’intérieur de l'usine, avant
de pouvoir envisager de communiquer à l’extérieur (campagnes de promotion). Cela
nécessite également un travail de structuration de l’organisation des producteurs, qui ne
peut être engagé tant que l’axe A n’a pas été mis en œuvre. Cette communication, ou tout
autre action d'appui public ne peut se faire qu’en s’appuyant sur les premiers résultats d’une
démarche privée.
En ce qui concerne le recours à des importations de matière première des pays riverains,
une dynamique publique ne peut pas se substituer à une dynamique privée. Elle ne peut se
lancer sur un soutien massif sans pouvoir valider des pratiques existantes, ne serait-ce que
pour des questions de dimensionnement des investissements. Par contre, une fois les
filières lancées avec une production locale, ces importations pourraient permettre de les
compléter et de les conforter, tout en s'affranchissant du POSEIDOM poisson.
Nous proposons donc un positionnement raisonné de l’action publique dans l’axe B pour
soutenir une dynamique privée :
Améliorer les pratiques techniques de transformation dans les usines
Une enveloppe d’études de marché non spécifiques, à ne mobiliser que quand on
aura amélioré les pratiques et des actions de soutien à l’exportation,
Des soutiens à l’établissement de relations de privés à privés, notamment dans le
cadre de collaborations internationales régionales.
L’axe A de structuration de la profession appuie ces actions par l’organisation des
producteurs.
Le dispositif d’aide public est donc un dispositif souple et raisonnée d’appui à une
dynamique privée et qui ne s’y substitue pas.
Dans le cas contraire, le secteur de la transformation se cantonnera sur un segment
commercial de faible qualité sur lequel il n’est pas compétitif. Sur ce secteur du poisson
blanc congelé, ce sont actuellement les producteurs chinois et russes qui font le prix. Les
cours internationaux sur ces produits sont en forte diminution. Le seul segment sur lequel la
transformation dégage des marges importantes est celui des vivaneaux, achetés à faible prix
aux ligneurs vénézuéliens et bien valorisés commercialement sur les Antilles.
Or, il a été noté que le secteur de la transformation présente une dépendance stratégique
majeure aux débarquements de vivaneaux (plus de 40 %). On remarque également que ces
débarquements ont été divisés par 2 en 6 ans ! C’est pourquoi l’axe B identifie également
des actions concernant la gestion du stock de vivaneaux :
Le renforcement du contrôle des pêches
Le renforcement de la sélectivité de la nasse à vivaneau
Une coopération régionale sur ces questions
Un renforcement de la connaissance sur les captures accessoires des crevettiers et
de la sélectivité des chaluts crevettiers qui captureraient beaucoup de juvéniles de
vivaneau (cf infra).
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En ce qui concerne le secteur crevettier :
Le principal problème vient avant tout des stratégies de pêche, qui sont pleinement du
ressort des armateurs privés. Les crevettiers pêcheraient trop de petits calibres. Ils baissent
la rentabilité individuelle de leurs navires, se mettent en concurrence avec l'aquaculture et
s’exposent à des variations naturelles de la ressource. Les navires de ce type ont pourtant
déjà pêché des gros calibres dans le passé (cf stratégie de pêche asiatique en Guyane). Ils
sont probablement conduits à pêcher ces petits calibres par les marchés sur lesquels ils sont
positionnés.
Ce problème est très nettement aggravé par la diminution internationale des prix des petits
calibres au niveau de l’aquaculture.
Par ailleurs, les armements jusqu’à ce jour pratiquent une pêche non respectueuse des
stocks de poissons, et notamment des vivaneaux. Le taux global de captures accessoires
serait supérieur à 90 %, alors que la législation ne l’autorise qu’à hauteur de 70 %. Les
captures de juvéniles de Vivaneaux et de petits vivaneaux représentaient 700 à 900 tonnes
dans la fin des années 1980, rejetées en mer, pour un chalut et des techniques de pêches
peu différents de ce qu’ils sont aujourd’hui. Il serait intéressant d’évaluer ce que cela
représenterait en potentiel de poisson adulte capturable par la pêche au vivaneau, et le
manque à gagner que cela représenterait pour le secteur de la transformation. Il est
nécessaire de remettre à jour les informations sur ces captures accessoires, compte tenu
des stratégies de pêche actuelles, pour mesurer cet impact.
La pression des mouvements écologistes est croissante. Le chalut est un engin qui fait
l’objet d’une campagne médiatique aujourd’hui qui vise à le discréditer. Par ailleurs, ces
organisations ont depuis longtemps des représentants en Guyane. L’information utilisée par
l’expertise pour estimer les captures accessoires est une information publique à laquelle ces
organisations ont également accès. Il est bien connu que, dans le cadre de leurs activités,
ces organisations font des campagnes publiques visant les consommateurs pour provoquer
une pression sur les producteurs jugés non responsables. Aujourd’hui, il y a donc un risque
majeur sur la commercialisation des crevettes de ce point de vue.
Une pêche non sélective augmente le temps de tri, occasionné par l’ampleur des captures
accessoires, sur le pont du navire et fait perdre de la qualité au produit. De même, les
équipements vis-à-vis du froid ont évolué et permettrait un gain de qualité de ce point de
vue.
La profession doit donc selon l’expertise travailler sur deux aspects prioritaires :
Ses stratégies de pêche
La sélectivité du chalut à crevettes vis-à-vis du poisson et des pratiques
respectueuses de l’environnement.
Le bénéfice attendu sera :
- une augmentation de son prix moyen au navire (en pêchant plus de gros calibres)
- une augmentation de la qualité
- une augmentation de l’image de marque environnementale. Ce qui, une fois la situation
améliorée, peut constituer un argument de vente très positif et novateur.
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Pour ce qui est des stratégies de pêche, l’expertise a justifié que l’action publique ne doit
pas être sollicitée et que cela reste du seul domaine des professionnels, dans un cadre
conforme à la réglementation et sans préjudice pour les autres pêches et autres acteurs.
Si les professionnels veulent améliorer leurs stratégies de pêche, ils pourraient le faire sans
appel aux mécanismes d’aides publiques.
L’expertise propose donc un accompagnement public sur les questions de sélectivité, qui
jouent tant sur la qualité que sur le respect des stocks de poisson (Axe B). Elle propose de
les accompagner sur la définition d’un plan type d’un navire plus performant (dans l’axe C)
pour faire des gains de qualité (cette demande est pour l’instant individuelle). S’ils mettent
en œuvre des stratégies de pêche plus respectueuses de l’environnement, il est proposé de
les accompagner par une campagne de promotion mettant en valeur ces aspects ainsi que
ceux liés à une qualité supplémentaire (produit sauvage par rapport à un produit aquacole,
produit de qualité et respectueux de l’environnement).
Si les producteurs ne souhaitent pas s’engager dans cette voie, il est toujours possible de
promouvoir la crevette dans l’espoir de relancer certains marchés niches. Mais cela aura
certainement un impact relativement diffus, au regard d’un marché essentiellement dominé
par les prix et la crevette d’aquaculture sur les petits calibres. Par contre, se faisant, on
s’expose au risque de remettre l’accent sur cette crevette de pêche et donc indirectement
sur ses méthodes de production et de susciter une réaction des mouvements écologiste.
Conclusion
Pour répondre aux besoins de capacité de portage de projet, l'expertise recommande de
mettre en œuvre un axe stratégique essentiel (l’axe A : construire des outils d'appui au
secteur efficaces), qui est un axe prioritaire, incontournable en matière de structuration et
d’appui au secteur. Ses objectifs principaux seront :
La structuration du secteur professionnel (au niveau de la production comme au niveau
de la commercialisation)
L'appui direct aux professionnels, et seulement en support à une dynamique privée
existante
Donner les tableaux de bord du secteur aux institutions d'appui au développement
Le deuxième axe prioritaire est l'axe B : renforcer l'existant, qui vise à donner aux
professionnels l'environnement de production indispensable à son développement, et
notamment en matière d'infrastructures. Un certain nombre d'actions concernant cet axe
doivent être mises en place en même temps que l'axe A, et en synergie.
Cela comprend :
Des infrastructures permettant des gains de productivité et de qualité
La reconquête du marché local,
Une gestion durable de la ressource et des pratiques de pêche
Un axe C identifie des actions pouvant contribuer au développement de nouveaux
positionnements pour l'avenir, en particulier sur la crevette si le choix est fait d'aller vers une
pêche plus conforme aux standards environnementaux internationaux. Ces actions ne
peuvent venir qu'en appui à une volonté privé clairement manifestée.
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Les stratégies A et B ne peuvent être efficaces que si un véritable contrat moral de
développement s'instaure entre tous les acteurs du développement : professionnels,
collectivités locales et financeurs, où les rôles de chacun sont clairement définis.
Une synergie institutionnelle et technique est donc indispensable pour la bonne exécution de
ce plan d'action. Elle doit être formalisée dans un plan de développement / aménagement
concerté.
2 exemples permettent d'illustrer ces éléments :
Si on prend la question de la formalisation et la professionnalisation, il est nécessaire de
mener une politique d'incitation et de contrainte. La contrainte doit augmenter le risque sur
les acteurs informels et leurs rendre leur choix inconfortable. L'incitation offre une "porte de
sortie" naturelle aux informels qui décident de maintenir leur activité économique. Le cadre
de contrainte peut se décliner comme suit :
Les services de l'Etat renforcent leurs contrôles et leurs poursuites juridiques, dans leur
domaine de compétence
Les services communaux renforcent leurs contrôles dans leurs domaines de compétence
(notamment la commercialisation communale)
Les régimes d'aides publiques intègrent la formalisation de l'activité comme préalable à
l'attribution de l'aide.
Le cadre incitatif se déclinerait comme suit :
L'animation littorale et les structures en charge de la professionnalisation établissent un
climat de confiance, identifient les personnes motivées et les assistent dans la
formalisation de leur activité et leur professionnalisation progressive.
Des investissements locaux au bénéfice direct des professionnels mobilisent une
dynamique locale et montre clairement et directement l'intérêt à être professionnalisé,
par l'accès à des services.
Une bonne synergie entre ces actions est nécessaire pour ne pas compromettre l'action et
l'efficacité de chacun.
Si on prend l'exemple des infrastructures et des équipements d'appui (ports, chambres
froides, production de glace), une synergie institutionnelle et un partage clair des
responsabilités doivent être établis :
Les outils de développement (fonds de développement Etat - Région - Europe) appuient
et financent une logique de développement local. Une réflexion régionale
d'aménagement du territoire, entre les collectivités régionale et départementale, les
communes et les professionnels définissent des pôles géographiques de développement
économiques et leurs besoins
Les collectivités locales (communes et/ou communautés de communes) portent le
dossier technique et, une fois l'outil mis en place, en assure le suivi. Elle peut être
appuyée par une assistance technique sur les aspects de dimensionnement et de
rentabilité économique.
En fonction de cela, le choix du gestionnaire est établi. L'expertise propose de recourir
au maximum à des gestionnaires privés dans le cadre de contrat d'affermage. Les outils
publics doivent en effet fournir des services permanents aux professionnels, et en cas de
défaut du gestionnaire, il est plus facile de mettre un privé face à ses responsabilités
qu'une institution.
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Le tableau suivant reprend ces éléments et pourrait servir de cadre de discussion entre les
acteurs dans la définition de l'aménagement concerté :
Acteurs Fonction
Collectivités régionale et Financement d'infrastructures et d'un
départementale, Etat, Europe environnement professionnel adéquat
Communes Mise en place des équipements de
développement local
Lutte contre la commercialisation informelle
Passation de marché pour gestion privée des
équipements publics et suivi des opérateurs en
affermage (y compris allant jusqu'à la
dénonciation de contrat d'affermage)
Services de l'Etat Lutte contre les phénomènes informels
Suivi et police des pêches
Suivi sanitaire
Représentation professionnelle Mener des actions techniques réellement
collectives, à bénéfice immédiat collectif pour les
professionnels de terrain
Institutions d'appuis (à définir) Mettre en œuvre la professionnalisation et la
structuration, du point de vue de l'appui aux
entrepreneurs
Appui technique au dimensionnement des
infrastructures
Porter l'observatoire économique
Scientifiques Fournir des avis sur le potentiel de capture de
l'ensemble des stocks exploités
Privés Travail dans un cadre formalisé, produire une
comptabilité, exercice de l'activité dans le respect
des règles de pêche responsable, fourniture
d'information, mener jusqu'au bout les actions et
les projets sur lesquels ils s'engagent
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Rappel des actions identifiées
Code Axes, stratégies, actions Publique /privée
A Construire des outils d’appui efficaces Publique
A1 Favoriser la professionnalisation du secteur Publique
A1.1 Animation professionnelle littorale Publique
A1.2 Diagnostic emploi-formation
A1.3 Mise en place du dispositif de formation Publique
Renforcer les organisations professionnelles (CRPM,
A2 Publique
OPMG)
Créer et renforcer les outils de mise en œuvre de l’aide
A3 Publique
publique
A3.1 Mise en place d’un observatoire bioéconomique Publique
A3.2 Déconcentration de la constitution et du suivi des dossiers
Amélioration des procédures d’instruction et de
A3.3 Publique
concertation des investissements portuaires
A3.4 Renforcement du suivi et de l’évaluation de l’aide publique Publique
Donner à l’existant les moyens de pouvoir s’adapter Publique et
B
pour le sauvegarder privé
B1 Favoriser la gestion durable des pêches Publique
B1.1 Garantir durablement le contrôle des pêches Publique
Mettre en place des coopérations interrégionales avec les
B1.2 Publique
professionnels des pays voisins
Renforcement des compétences en contrôle et surveillance
B1.3 Publique
des pêches
Définition officielle des positions géographiques de la ligne
B1.4 Publique
des 30 m
Validation réglementaire des résultats techniques sur la
B1.5 sélectivité de la nasse (vivaneau) et du chalut crevettier Publique
(poisson/crevette)
Publique et
B2 Moderniser la pêche artisanale
privée
Fond de garantie des investissements pour la
B2.1 Publique
modernisation et l’accès aux taux bonifiés
Pêches expérimentales au bénéfice de la pêche artisanale
B2.2 Publique
existante
Introduction de nouveaux équipements de pêche et d’aide Publique et
B2.3
à la pêche privée
Mise en place des équipements portuaires et logistiques
B2.4
d’appui à la pêche artisanale privée
Compléter les investissements sur le MIR et sa zone de
B2.5 Publique
débarquement
B2.6 Validation administrative de la pluri-activité Publique
Publique et
B3 Améliorer la nasse à Vivaneau
privée
B4 Améliorer la sélectivité de la pêche crevettière
privée
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