Revue Ecole émancipée 44 - Décembre 2013

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n°36 décembre Bulletin de 2013 l'École Émancipée de Loire­Atlantique 1 e 20 milliards de crédit d'impôt aux entre­ Dansl'éducation prises, plus de 1000 plans sociaux en un Dans l'éducation, le chantier Mé­ an,14,7%delapopulationrelevantdela tiers s'est ouvert à la fin de l’année 3 Engrèvele13etpoursuivrepauvreté... Les chiffres sont implacables. avec à la clef un probable alourdis­ lesmobilisationsEt les organisations syndicales ont une sement des missions obligatoires. grande responsabilité pour faire face à Sous couvert de rénovation, il est 4 InterviewdeMarieGuerni­ cettecrisemultiforme. impensable pour nous que le statut gou,représentanteCGT évolue contre l'intérêt des personnels.Politiqueslibérales ATSEM,ausujetdelalutte Sans même parler d’améliorations at­ entaméeàNantesdepuisL'austérité généralisée continue de sai­ tendues par les personnels : réduction débutoctobregner les populations d'Espagne, de du temps de travail, augmentation des Grèce ou du Portugal en engraissant salaires, mise à distance des pressions toujours plus les spéculateurs en tout managériales. Les assises de l'éducation genre car le capitalisme financier est prioritaire se sont déroulées dans la plus bien sorti de la crise, lui. En France, la grande opacité.
Publié le : jeudi 20 février 2014
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n°36
décembre
Bulletin de 2013
l'École Émancipée
de Loire­Atlantique 1 e
20 milliards de crédit d'impôt aux entre­ Dansl'éducation
prises, plus de 1000 plans sociaux en un Dans l'éducation, le chantier Mé­
an,14,7%delapopulationrelevantdela tiers s'est ouvert à la fin de l’année
3 Engrèvele13etpoursuivrepauvreté... Les chiffres sont implacables. avec à la clef un probable alourdis­
lesmobilisationsEt les organisations syndicales ont une sement des missions obligatoires.
grande responsabilité pour faire face à Sous couvert de rénovation, il est 4 InterviewdeMarieGuerni­
cettecrisemultiforme. impensable pour nous que le statut gou,représentanteCGT
évolue contre l'intérêt des personnels.Politiqueslibérales ATSEM,ausujetdelalutte
Sans même parler d’améliorations at­ entaméeàNantesdepuisL'austérité généralisée continue de sai­
tendues par les personnels : réduction
débutoctobregner les populations d'Espagne, de
du temps de travail, augmentation des
Grèce ou du Portugal en engraissant
salaires, mise à distance des pressions
toujours plus les spéculateurs en tout
managériales. Les assises de l'éducation
genre car le capitalisme financier est
prioritaire se sont déroulées dans la plus
bien sorti de la crise, lui. En France, la
grande opacité. Et il serait particulière­
population doit faire face à une
ment dramatique que ce chantier dé­
avalanche de plans
bouche sur une réduction de la carte de
sociaux dans les­
l'éducation prioritaire ou sur une géné­
quels les premiers
ralisation de la politique ECLAIR. Et le
effet de l'ANI se
doute est permis car les politiques édu­
font sentir. Même
catives mises en œuvre par Peillon ne
lorsqu’elles font
vontpasdanslesensattenduparlapro­
des profits, les
fession : continuité de dispositifs
entreprises licen­
contestés (LPC, socle, ECLAIR, Lycée
cient, légitimées
Chatel, conseil pédagogique), et nou­
par un discours
velles mesures contestables (cycle et
gouvernemental qui ressasse à l'envi
conseil communs école­collège, lien ré­
l'ineptie de la réduction du « coût du
affirmé entre école et entreprise, « réno­
travail ». Hollande est bien le "président
vation » de la voie professionnelle et
des patrons" (Libération 10/09//2013),
territorialisation de l’école). Quant à la
le "président des entreprises" (le Monde
réforme des rythmes scolaires qui a
03/01/2014) à l'initiative d'un affreux
cristallisé la colère des enseignants du
"pacte de responsabilité" avec le patro­
premier degré et des personnels com­
nat. Et à part sur le mariage pour toutes
Revue trimestriellemunaux sur leurs conditions globales de
et tous, les renoncements du gouverne­ N°CPPAP : 1106G85704travail, elle s'est faite dans la précipita­
Dépôt légal : décembre 2013ment se succèdent : réforme des re­
tion, sans la concertation nécessaire et Directeur de la publication :traites, cadeaux fiscaux aux entreprises,
Benoît Bossard.surtout sans les moyens indispensables
hausse de la TVA. La Fonction publique Abonnement annuel : 10e.
(financier, personnels qualifiés...). Sans Imprimeur :est aussi dans le collimateur, et les sup­
améliorer le rythme de l'enfant, la ré­ FSU
pressions de postes sont toujours une 8 place de la gare de l'Étatforme entraîne une dégradation des
réalité (­ 2144 postes au projet de loi de case postale n°8
conditions de travail de tous et creuse 44276 Nantes cedex 2finance2014).


lesinégalitésentrelesterritoires. prennent pas leurs responsabilités dans ce do­
maine,lacolèreseradévoyéepard'autres.
Une offensive réactionnaire qui se nourrit de la
crisesociale La responsabilité des forces sociales progres­
sistes : offrir des réponses revendicatives et desLa "manif pour tous" et "le printemps français"
mobilisationsconséquentesont propagé un discours très réactionnaire sur la
famille. Le débat sur la prostitution a été marqué Après une certaine atonie du mouvement social
par un manifeste indigne. Les discours sécuri­ depuis l'élection présidentielle, incluant la fai­
taires se multiplient, engendrant l'amalgame blesse des mobilisations sur l'ANI ou les retraites,
éculé entre pauvreté, immigration et délin­ des éléments significatifs de « réveil » existent au­
quance... Jusque dans les rangs du gouvernement jourd'hui. Les mobilisations sur les rythmes ont
fleurissent les expressions de rejet à l'égard des eneffetétéconséquentes,ettrèsmédiatisées;les
Rroms et des immigrés. Ne soyons pas étonné­es, lycéen­nesontsuréagirpourdénoncerlesortfait
par conséquent, si se développe une idéologie à Katchik et Leonarda et la politique migratoire
nauséabonde de rejet de l'autre et de xénophobie de ce gouvernement ; le mouvement social en
décomplexée : attaques racistes, mâtinées de Bretagne, aussi complexe soit­il, a révélé de réels
sexisme et d'homophobie, contre la ministre potentiels de mobilisation ; les manifestations
Taubira, délires antisémites sur Internet, montée contreleracismeontrévéléunsursautsalutaire.
en puissance du FN dans les sondages et les élec­
tions partielles. Et les réponses autoritaires et li­ Il est décisif désormais de faire en sorte que le
berticides du gouvernement qui envisage de faire mouvement syndical surmonte ses divisions et
interdire des spectacles au lieu de combattre les soit en capacité d'offrir aux salarié­es, aux popu­
idées que ces derniers véhiculent sont inaccep­ lations une remobilisation d'ampleur permettant
tables. Elles pourraient même servir la cause de stopper les régressions en cours. La question
qu'elles prétendent combattre. D'ailleurs, com­ d'un appel à une grève interprofessionnelle est
ment ne pas voir que les dénis démocratiques ac­ réellement à l'ordre du jour pour redonner
cumulés, de la ratification du TCE après le NON confiance aux salarié­es et montrer la détermi­
majoritaire à la poursuite des orientations sarko­ nationdessyndicatsàs'opposeràlacassesociale
zystes après sa défaite, constituent, au fur et à toutendéveloppantdespropositionsderuptures
mesure, des dangers pour la démocratie et les avec les politiques néolibérales (notamment sur
droitsdanscepays? l'emploietlepouvoird'achat).PourlaFSU,après
la toute petite "semaine d'interpellation" sur leCar si la colère est palpable, elle ne s'exprime pas
pouvoir d'achat en décembre dans la Fonctionnécessairement là où on l'attendait, ni sous les
publique, il faut maintenant porter les revendi­formes que l'on espérait, comme lors de l''explo­
cations des salariés des FP dans ce cadre inter­sion sociale qu’a connu la Bretagne, où se sont
professionnel : salaires, postes, conditions demêlées les revendications urgentes sur l'emploi,
travail.la mise en cause légitime du système de produc­
tion européen, et des revendications poujadistes La FSU doit rapidement proposer aux autres or­
surfant sur le prétendu "ras­l'bol fiscal". Voir aus­ ganisations de la fonction publique un appel à la
si les salarié­es de la grande distribution mani­ grève dans le cadre des actions interprofession­
fester, avec l'aide de leurs patrons, pour la liberté nellesdudébutdel’année2014etlaconstruction
detravaillerledimanchelaisseungoûtamer.Età d'un vaste plan de mobilisation sociale pour les
partsurledossierdesrythmesscolairesquiasus­ mois prochains sur la base d'une plate­forme na­
cité de vives réactions syndicales, force est de tionalediscutéeetvalidéeparlessalariés.
constater la faible emprise du syndicalisme de
lutte et de transformation sociale sur les explo­
sions de colère qui peinent dès lors à déboucher
sur des réponses globales progressistes. Il faut
transformer la colère sociale en mobilisations sur
des revendications claires. Si les syndicats ne
BULLETIN ÉÉ 44 ­ DÉCEMBRE 20132
mées. De nombreuses communes ont fonctionné sansAu retour des vacances d'octobre, l'Éducation natio­
cantine ni accueil périscolaire. Le rectorat a fait étatnale a connu deux journées d'actions et de grève : les
d'un pourcentage de grévistes dans le premier degré13et14novembre.LaFSUdeLoire­Atlantiqueavecles
dépassantles20%.Ailleurs,enFrance,dansplusde50syndicats concernés que sont EPA­FSU et le SNUipp­
départements, des grèves ont lieu les 13 et 14 avecFSU, a choisi la date du 13 car il s'agissait d'une action
partoutunconstatdefortesmobilisations.interprofessionnelle avec la CGT et Solidaires. La fédé­
ration n'a jamais opposé les deux dates car elles s'ins­ Seule la direction nationale du SNUipp­FSU n'avait
crivent dans la même démarche : dénoncer la pas vu venir ce mécontentement grandissant, trop oc­
politique à l'emporte­pièce du gouvernement en ma­ cupée à accompagner les réformes Peillon. Suite à ces
tière d'école. Ce que nous opposons ; ce sont les re­ journées d'action, un changement significatif de ligne
vendicationsetlesmodalitésd'actions. syndicale s'est opérée et le SNUIPP­FSU a mis en dé­
bat le principe d'une grève dans les premiers jours deL'Ecole Émancipée s'est retrouvée pleinement dans
décembre sur les conditions de travail et les rythmes.cette dimension interprofessionnelle car elle­seule
La grève du 5 décembre a été une nouvelle étape de lapermet de converger vers une mobilisation large de
mobilisation mais l'appel du SNUIPP­FSU est restétous les salarié­es. Partout où c'est possible, il est
trop corporatiste avec l'absence de visions fédérale etimportant de construire un rapport de force à même
interprofessionnelle. Il est regrettable que la directionde faire reculer le gouvernement mais aussi les muni­
du SNUIPP­FSU oublie son appartenance à la FSU etcipalités, trop heureuses de lancer la municipalisation
la nécessaire construction fédérale du rapport dedel'Ecole.
force.
En Loire­Atlantique, la FSU a gardé un appel interpro­
fessionnel,leseulàmêmedeforcerlegouvernementà
suspendre le décret sur les rythmes, à ouvrir de nou­
velles négociations et à faire converger les luttes. La
mobilisation n'a pas eu le succès escompté en terme
de grévistes et de manifestant­es. Mais, elle a permis
de continuer le débat avec les collègues venu­es de
tousleschampsprofessionnelsconcernés.
La FSU a rappelé lors du Comité Départemental de
l'Education Nationale son opposition au décret et à sa
nécessaireréécriture.
La bataille continue mais il convient maintenant de
lier la question des rythmes aux dégradations des
conditions de travail, à la refondation Peillon, copie
rosâtredelapolitiquedessesprédécesseurs.
BernardValin
L'objectif syndical partagé au sein de la FSU 44 est
l'ouverture de négociations pour faire aboutir nos re­
vendications. Le constat est sans appel : cette refonda­
tion de l'Ecole est pour l'instant un échec car elle ne
résout pas les difficultés de l'Ecole, ne permet pas de
résoudre les difficultés des élèves et n'apporte aucune
modificationstructurellesurnosconditionsdetravail.
La journée d'action du 13 a débouché sur une mobili­
sationdeprèsde600personnesàNantesetde200àSt
Nazaire. Plus d'une cinquantaine d'écoles étaient fer­
DÉCEMBRE 2013 ­ BULLETIN ÉÉ 44 3
!BonjourMarie,peux­tuteprésenter?
Je suis ATSEM à la Ville de Nantes depuis 11 ans et comme beaucoup de mes collègues, c’est un métier que
j’aimeetquimepassionne.
Pourquoicemouvement?
Lamiseenplacedelareformeprécipitéedelareformedesrythmesaconsidérablement dégradénosconditions
detravailetenaaugmenté lachargeencréant denouvellesmissionsetresponsabilité.Toutcela,bienentendu,
sansaucunereconnaissancenisalairesupplémentaire.Depuisplusd’unan,laCGTn’aeude cessed’interpeller
la collectivité sur les risques éventuels. Les quelques prétendues réunions de concertation n’ont pas permis
d’anticiper les problèmes et n’ont fait qu’exacerber les tensions. Ce qui a eu pour effet de déclencher la colère
desagents.
Quelleestlamobilisation?
Les personnels des écoles se sont mobilisés massivement en faisant des dé­
brayages et en se rassemblant devant les grilles de l’Hôtel de Ville. Ils ont égale­
mentparticipéauxréunionsd’infosorganiséesparlaCGT.
CommentsepassevosrapportsavecFO?
La CGT des Territoriaux de la Ville de Nantes a avant tout pour objectif de dé­
fendrelesconditionsdetravaildesagents.Iln’étaitdoncpasquestiondes’engager,auniveaulocal,surunede­
manded’abrogationdecetteréforme.Parconséquent,uneintersyndicaledevenaitimpossible.
Commentsepasselesnégociationsaveclamairie?
Pour la collectivité, « la rentrée s’est bien passée pour tous les enfants nantais ». Le ton était donné ! Il a donc
falluinsisterpour êtreentendusparlesresponsablesdeservicesafind’ouvrirdevéritablesnégociations.Sinous
avonspuobtenirquelquesavancées,nousnesommespasdupes:c’est lemécontentementdesusagersquilesa
forcésàréagir,l’améliorationdenosconditionsdetravailn’étantpasleurpriorité.
Quetires­tucommeconstatdecemouvement?
Les personnels des écoles ont su montrer qu’ils étaient déterminés et qu’ils veulent exercer leur métier dans de
meilleuresconditionspourunservicepublicdequalité.S’ilsneconstatentpasd’avancéessignificativesdansun
futurproche,iln’estpasàexclurequelamobilisationreprenne.
Calendrier :
22février2014:grandemanifestationinterrégionalecontrel'aéroportdeNotre­Dame­des­LandesàNantes
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