Etude Centre Loire complète

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Accès aux soins et consommations de produits psychoactifs sur le territoire Centre LoireChloé Hamant, Docteur en sociologie, CIRDD Rhône-AlpesJo-Marie Collard, Directeur du Centre RimbaudEtude du Centre Rimbaud, réalisée en collaboration avec le CIRDD Rhône-Alpes, avec le financement de la MILDT, en partenariat avec laDDASS de la Loire.Mars 2009 Remerciements Nous tenons à remercier tout particulièrement les personnes et institutions suivantes pour le soutien qu’elles ont apporté à ce travail : L’équipe de Loiréadd’, pour sa collaboration aux recueils de données qualitatives L’Inspection Académique et tous les personnels des établissements enquêtés pour leurs accueils ; les élèves pour avoir joué le jeu de cette consultation Les salariés, bénévoles et stagiaires du Centre Rimbaud qui ont consacré un temps considérable à la saisie des questionnaires en milieu scolaire La MILDT et ses représentants dans la Loire, et tout particulièrement Mme Etienne, chargée de mission à la DDASS pour l’attention vigilante qu’elle a prêtée à la réalisation de ce travail L’ensemble des participants aux entretiens individuels et aux groupes focaux, notamment Thierry Boutonnat du service social de la ville de Montbrison et Béatrice Boilot du PRAPS (Plan régional d’accès à la prévention et aux soins) Préambule Le Centre Rimbaud, centre de soin spécialisé pour toxicomanes, a vocation à prévenir et prendre en charge les problématiques ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Accès aux soins
et consommations
de produits psychoactifs
sur le territoire Centre Loire

Chloé Hamant, Docteur en sociologie, CIRDD Rhône-Alpes
Jo-Marie Collard, Directeur du Centre Rimbaud

Etude du Centre Rimbaud,
réalisée en collaboration avec le CIRDD Rhône-Alpes,
avec le financement de la MILDT, en partenariat avec la
DDASS de la Loire.

Mars 2009

Reemrcieemn

Nous tenons à remercier tout particulièrement les personnes et institutions suivantes pour le
soutien quelles ont apporté à ce travail :



Léquipe de Loiréadd, pour sa collaboration aux crueeils de données qualitatives



LInspection Académique et tous les personnels desé tablissements enquêtés pour
leurs accueils ; les élèves pour avoir joué le jeu de cette consultation



Les salariés, bénévoles et stagiaires du Centre Rimbaud qui ont consacré un temps
considérable à la saisie des questionnaires en milieu scolaire



La MILDT et ses représentants dans la Loire, et tout particulièrement Mme Etienne,
chargée de mission à la DDASS pour lattention vigliante quelle a prêtée à la
réalisation de ce travail



Lensemble des participants aux entretiens individuels et aux groupes focaux,
notamment Thierry Boutonnat du service social de la ville de Montbrison et Béatrice
Boilot du PRAPS (Plan régional daccès à la préveniton et aux soins)

st

Préambule

Le Centre Rimbaud, centre de soin spécialisé pour toxicomanes, a vocation à prévenir et
prendre en charge les problématiques daddiction axu produits psychoactifs sur lensemble
du territoire départemental de la Loire. A ce titre, il gère deux lieux daccueil et de soin à
Saint-Etienne et Roanne. Il assure également des permanences en milieu carcéral et trois
consultations destinées aux jeunes consommateurs, baptisées « cabane bis » (Saint
Etienne, Roanne, Saint Chamond) visant à la prévention et au dépistage précoce des
dépendances. Enfin, il met en uvre une action de prévention santé et de réduction des
risques en milieu urbain grâce à une équipe mobile dans le centre-ville stéphanois.

La préoccupation dune meilleure couverture territroiale des besoins a toujours guidé
lévolution du projet de lassociation durant lesr epsque trente ans dexistence.

Dans cet esprit, à la demande de ladministration te des collectivités locales, elle a réalisé à
de nombreuses reprises des études-diagnostics sur différents sites, assortis de
préconisations dintervention. Cest dans le drof
i
tl -de telles études que sest créée une
antenne à Roanne en 1996 puis, tout récemment, la permanence « jeunes » assurée dans la
vallée du Gier.

Si, aujourdhui, nous pouvons dire que notre missino de prévention (grâce notamment au
partenariat avec lEducation Nationale) couvre, sionn les besoins, du moins toutes les zones
du département, on peut sans doute mieux faire.

Par ailleurs, il est loin den être ainsi en ce qu iconcerne laccès aux soins pour le public
concerné.

2

Origine de la demande
La présente étude a fait lobjet dune commande psaése par la DDASS de la Loire à
lAssociation Rimbaud fin 2004. Entretemps, dautsr eactions plus urgentes ont mobilisé
léquipe du Centre (mise en place du réseau roannasi, de léquipe de contact de rue, de la
consultation « jeunes » à Saint Chamond). Ce nestq uà partir de 2006 quont eu lieu les
premières réunions concernant ce projet.
La recherche a associé un certain nombre de partenaires locaux des différents champs
sanitaires et sociaux et des secteurs police-justice-gendarmerie.

Lobjectif de létude
La DDASS, commanditaire de cette étude, a souhaité que lon sintéresse à la problématique
des addictions aux produits psychoactifs dans la zone centrale du département de la Loire,
en ciblant deux thématiques distinctes :
- dune part la situation des personnes dépendante sde ce territoire vis-à-vis de laccès
aux dispositifs de soin ;
- dautre part, les niveaux et modalités de consommations de produits psychoactifs chez
les adolescents et jeunes adultes de la zone concernée.

Lobjectif est de procéder dans un premier temps àu n état des lieux révélant les difficultés
spécifiques rencontrées par les populations ciblées, tant en ce qui concerne laccès aux
soins que la prévention des conduites à risque.

Dans un second temps, létude doit permettre aux dcéideurs de réorganiser de façon
renseignée et concertée loffre de soin et de prévnetion sur ce territoire.

Territoire concerné par létude
Le territoire retenu pour cette étude couvre un secteur compris entre Montbrison, Feurs et
Boën. Montrond-les-Bains complète ce triangle. Si lon prend en compte les communes
incluses sur ce territoire ainsi défini en « Centre Loire », létude concerne environ 68 500
personnes, émargeant sur 5 Communautés de Communes
1
et 1 Communauté
dAgglomératio
2
n.



1 Communautés de Communes du Pays de Saint Galmier, de Feurs en Forez, des Collines du Matin, de Forez
en Lyonnais et du Pays dAstrée.
2 Communauté dagglomération Loire Forez

3

Méthodologie de lenquête
Celle-ci a été élaborée avec la contribution du
Centre dInformation Régional sur les
Drogues et les Dépendances
(CIRDD)
Rhône-Alpes
.

Concernant la première thématique (accès aux soins des personnes dépendantes aux
produits), les données ont été recueillies via deux démarches complémentaires :

o
La réalisation dentretiens individuels auprès de sacteurs et partenaires du secteur
sanitaire, social, scolaire et des élus locaux (réalisés en 2006 et 2007)

o
Groupes focaux réunis selon 2 thématiques (animés et réalisés en 2007)

Des acteurs des secteurs Police-justice-douanes

Des acteurs des champs sanitaire et social
Elle sappuie également sur la documentation existante et notamment sur le diagnostic
réalisé conjointement par lADSEA et lAGASEF conrcneant la situation sociale et sanitaire
de la jeunesse dans la ville de Montbrison ; ainsi que sur les derniers éléments recueillis
auprès du SPIP sur la situation pénale des ressortissants de la zone concernée .

Concernant la deuxième thématique (consommation des jeunes), le recueil des données
sest effectué grâce à un questionnaire renseigné usr table et sous surveillance dun
enseignant pour tous les élèves de terminale et de dernière année de BEP du territoire
(printemps et automne 2008). Les infirmières et assistantes sociales scolaires ont été
consultées sous la forme dun groupe focal pour aiedr à lélaboration du questionnaire. 1028
jeunes ayant pour la plupart entre 16 et 19 ans ont répondu à cette consultation.

Lanalyse des matériaux ainsi collectés a été mené eet rédigée par Chloé HAMANT,
sociologue, chargée de mission du CIRDD Rhône-Alpes, sous la responsabilité et la
direction du Centre Rimbaud.

4

1ère partie

Accès aux soins
des personnes dépendantes
aux produits psychoactifs

5

Méthodologie de ce dispositif
Lorsquil a été décidé dune étude sur ce secteuru ddépartement de la Loire, linterrogation
qui prévalait était celle de laccès aux soins desp ersonnes présentant une dépendance aux
stupéfiants sur ce territoire. La question de lacècs au soin se posait de façon dautant plus
cruciale que ces situations de dépendances et de consommations importantes paraissaient
se doubler de difficultés sociales.

Afin daborder ces dimensions, plusieurs pistes dnviestigations ont été suivies :

- le recensement des offres de soin effectives sur le secteur et leur accessibilité ;

- la concertation auprès des professionnels des différents champs afin de définir le
profil de ces personnes et dapprocher les difficutlés quelles pouvaient rencontrer sur
ces dimensions ;

- linterrogation des usagers eux-mêmes pour étabrli les éléments qui tendaient à
limiter leur accès aux soins.

Il sest avéré particulièrement difficile daccéd edrirectement aux usagers dont on pouvait
supposer quils entraient dans ces critères. Difféerntes pistes ont été suivies, mais malgré de
nombreuses tentatives, amorcées par lintermédiairse de divers professionnels à leur
contact, il na pas été possible dobtenir une preésntation aux rendez-vous fixés. Cet aspect
méthodologique a donc été mis de côté devant les difficultés de mise en uvre, retardant
pour partie la réalisation de létude.

Les deux premières pistes ont en revanche été suivies et sont présentées à travers les deux
parties ci-après.

6

Regards des professionnels sur la situation des usagers
dépendants aux stupéfiants sur le territoire Montbrison-Feurs-Boën

Entre 2006 et 2007, deux méthodes de concertation des acteurs locaux ont été menées sur
le territoire. La première a consisté en une série dentretiens individuels, réalisée par le
Centre Rimbaud essentiellement en 2006. La seconde sest déroulée au printemps 2007
en partenariat avec le CIRDD. Deux groupes focaux ont été réunis regroupant
successivement les professionnels des secteurs sanitaire et social du territoire du Centre
Loire ; puis ceux relevant de la Justice, de la Gendarmerie et de la Police sur le même
secteur géographique.

Cest à partir de lensemble de ces éléments que nuso proposons une analyse de la situation
de leurs points de vue de professionnels.

Le Centre de cure ambulatoire en alcoologie (CCAA) accueille sur les hôpitaux de Feurs et
Montbrison des personnes qui présentent essentiellement un problème dusage nocif ou de
dépendance à lalcool. Ce sont des personnes sociaelment plutôt stables, en famille, dont la
majeure partie a entre 40 et 60 ans. Il sagit don cprincipalement dadultes. Les soignants se
trouvent toutefois parfois également confrontés à dautres consommations associées,
comme le cannabis, par exemple, pour des personnes plus jeunes (20-35 ans).

En dehors de ce type de profil de population où la problématique principale concerne la
consommation dalcool, les professionnels du soin te du secteur social saccordent pour
constater la présence de personnes dans une grande précarité sociale, qui sadressent aux
différents services en présentant des consommations importantes dhéroïne et de cannabis.

Ils sont notamment accueillis par le service de la PASS
3
à Montbrison. Ceux vus dans ce
cadre sont des jeunes entre 17 et 25 ans, qui habitent dans des logements de fortune (chez
des tiers, en squat, dans des caravanes, des camions, à lextérieur des communes). La
problématique du logement apparait comme très prégnante. Ce sont principalement des
hommes, consommateurs dhéroïne et de cannabis. Le smoins de 25 ans bénéficient daides



3
Service de la Permanence dAccès aux Soins de Santé

.

7

de la Mission Locale, dautres ont lAA
4
Het les plus de 25 ans touchent le RMI. Ce sont des
personnes généralement en rupture familiale, dont les parcours professionnels sont
chaotiques, souvent sortis rapidement du système scolaire. Sur Feurs, il y a moins de
personnes identifiées comme dépendantes aux stupéfiants. Toutefois, le camping héberge
de nombreuses personnes aux situations sociales difficiles dont les professionnels qui sont à
leurs contacts supposent quelles peuvent présente rdes difficultés avec des consommations
de stupéfiants sans que cela ne soit déclaré.

Le CSST de Rimbaud, en lien contractualisé avec un médecin généraliste de Saint-Etienne
qui pratique une délivrance de produits de substitution (Subutex® et méthadone), a repéré
une dizaine de personnes sous traitement de substitution au Subutex®, et qui continueraient
également à loccasion à consommer de lhéroïne lsoqruils parviendraient à se fournir. Agés
denviron 30 ans, suivis par ailleurs par les servcies de Justice de Montbrison, ces
personnes présentent un mode de vie plutôt « tribal ». Elles sont accompagnées de chiens,
vivent souvent dans des fourgons et ont mis en place des modes dapprovisionnement
organisés, en provenance dAmsterdam en particulie.r Laccès à la substitution est pour elles
possible précisément grâce à ce mode dorganisatio nen groupe qui permet daller chercher
les prescriptions et les traitements à Saint Etienne.

Il semble quil y ait dans ces populations, de Feusr, mais surtout de Montbrison en létat
actuel des observations, des pratiques dautomédictaion. Les acteurs locaux observent un
fonctionnement en réseau, une prescription de traitement de substitution servant à plusieurs,
sous forme de revente ou de redistribution. Sur Feurs, en 2005, on ne signalait la vente que
dune seule boite de Subutex®, ce qui laisse suppoesr des modes dapprovisionnement
autres. De fait, les services répressifs relatent sur Montbrison une affaire de trafic de produits
de substitution par des personnes de 25-35 ans, ayant toutes un passé de toxicomane et se
trouvant actuellement sous traitement de substitution. Dautre part, le pharmacien de
Savigneux impliqué dans le dispositif PEMIO
5
fait état dune forme de vagabondage médical.



4
Allocation aux Adultes Handicapés. Les demandes sont adressées à
la Maison départementale des
personnes handicapées (MDPH) et à la CAF (ou à la MSA suivant le régime daffiliation)

.
5
PEMIO : Programme d'Echange de Materiels d'Injection en Officines : « c'est la mise en place d'un réseau de
pharmacies partenaires, volontaires et bénévoles dans l'action de réduction des risques (VIH/VHC) à destination
des toxicomanes injecteurs. Les pharmaciens "PEMIO" proposent à leurs clients qui viennent acheter un
Stéribox2® de le leur remettre gratuitement dans le cadre du protocole "PEMIO" et ce, en contre partie de leur
engagement à rapporter leur matériel souillé lors de leur prochaine visite. Le concept du "donnant-donnant"
s'applique dès lors qu'il est accepté par l'usager. Un Stéribox2® usagé rapporté = Un Stéribox2® gratuit en
échange (ceci est valable jusqu'à 5 Stéribox2®). Ce protocole, basé sur la confiance réciproque entre le
pharmacien et l'usager favorise le dialogue, permet de développer la prévention en limitant les conduites à risque.
Dans le cas où les pharmaciens "PEMIO" obtiennent la confiance des usagers et dialoguent librement avec eux,
ils deviennent les meilleurs vecteurs de promotion des démarches de soins vers les deux Centres de Soins

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