ETUDE RÉTROSPECTIVE DES TRAUMATISMES OCULAIRES PERFORANTS TRAITES A LIOTA - A PROPOS DE 180 CAS

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ETUDE RÉTROSPECTIVE DES TRAUMATISMES OCULAIRES PERFORANTS TRAITES A L’IOTA - A PROPOS DE 180 CAS (1998)S. SIDI CHEIKH*, F. DUCOUSSO*, L.TRAORE*, G. MOMO*, JF. SCHEMANN*Les objectifs assignés à cette étude sont :RESUME- Rechercher les causes les plus fréquentes des traumatis-mes oculaires perforants ayant consulté à l’IOTA,I n t roduction : il s’agit d’une étude rétr o s p e c t ive pour- Identifier les groupes d’âge les plus concernés,apprécier l’ampleur du problème et le résultat fonction-- Rechercher les résultats fonctionnels après traitement,nel après traitement.- É t ablir les axes des actions préve n t ives éventuelles M oyens et méthodes : Nous avons réalisé une étudeopposables à ce fléau.s’étalant de janvier 1995 à février 1998 portant sur tousles cas de tra u m atismes perfo rants traités à l’IOTA2 - MATÉRIELS ET MÉTHODES(Institut d’Ophtalmologie Tropicale de l’Afrique àBamako-Mali). Le masque de saisie a été réalisé sur leIl s’agit d’une étude rétr o s p e c t ive pratiquée à l’IOTA aulogiciel Epi Info (180 dossiers au total).c o u rs de l’année 1998 et portant sur tous les dossiers deRésultats et discussion : La première cause est constituéep atients qui se sont présentés à l’institut au cours de lapar les végétaux 31,3 % fait compréhensible du fait dep é riode allant de janvier 1995 à février 1998. Tous lesl’utilisation quasi-exclusive du bois de chauffage pour lad o s s i e rs des patients qui se sont présentés pour motif decuisine ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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ETUDE R…TROSPECTIVE DES TRAUMATISMES OCULAIRES PERFORANTS TRAITES A LÕIOTA- A PROPOS DE 180 CAS (1998)
S. SIDI CHEIKH*, F. DUCOUSSO*, L.TRAORE*, G. MOMO*, JF. SCHEMANN* Les objectifs assignÈs ‡ cette Ètude sont : RESUME - Rechercherles causes les plus frÈquentes des traumatis-mes oculaires perforants ayant consultÈ ‡ lÕIOTA, Introduction :rpuoievctpeÈtrsroÈnedetutigauÕdiÕsl - Identifierles groupes dÕ‚ge les plus concernÈs, apprÈcier lÕampleur du problËme et le rÈsultat fonction-- Rechercherles rÈsultats fonctionnels aprËs traitement, nel aprËs traitement. - …tablirles axes des actions prÈventives Èventuelles Moyens et mÈthodes :Nous avons rÈalisÈ une Ètude opposables ‡ ce flÈau. sÕÈtalant de janvier 1995 ‡ fÈvrier 1998 portant sur tous les cas de traumatismes perforants traitÈs ‡ lÕIOTA 2 - MAT…RIELS ET M…THODES (Institut dÕOphtalmologie Tropicale de lÕAfrique ‡ Bamako-Mali). Le masque de saisie a ÈtÈ rÈalisÈ sur le IlsÕagitdÕuneÈtuderoÈtsrpectivepratiquÈelÕIOTAau logiciel Epi Info (180 dossiers au total). cours de lÕannÈe 1998 et portant sur tous les dossiers de RÈsultats et discussion: La premiËre cause est constituÈe patients qui se sont prÈsentÈs ‡ lÕinstitut au cours de la par les vÈgÈtaux 31,3 % fait comprÈhensible du fait de pÈriode allant de janvier 1995 ‡ fÈvrier 1998. Tous les lÕutilisationquasi-exclusiveduboisdechauffagepourla dossiers des patients qui se sont prÈsentÈs pour motif de cuisine locale ; suivis par les aiguilles de tresse 12,3 % et traumatisme perforant pendant cette pÈriode ont ÈtÈ inclus. les mÈtaux 10,4 %. Les enfants de 1 ‡ 10 ans Ètaient les plus touchÈs avec 45,8 %. AprËs traitement, les indivi-Cette Ètude a concernÈ 180 dossiers et ‡ portÈ sur les dus sont devenus monophtalmes dans 88,5 %. points suivants : Conclusion :Cette Ètude confirme le rÙle des vÈgÈtaux - identification du malade, dans les traumatismes perforants oculaires en Afrique - la nature de lÕobjet traumatisant, mais souligne pour la premiËre fois le rÙle des aiguilles - lÕacuitÈ visuelle ‡ lÕarrivÈe, de tresse. Elle montre aussi que lÕissue dÈpend moins du - le bilan des lÈsions observÈes, traitement que de la nature des lÈsions. - le type de traitement, Mots-clÈs : Traumatisme perforant, aiguille de tresse,- les rÈsultats fonctionnels, monophtalme.La saisie et lÕanalyse des donnÈes ont ÈtÈ faites sur ordina-teur avec le logiciel Epi Info 6 version 6.04bfr.
1 - INTRODUCTION
Les traumatismes oculaires perforants constituent une cause majeure de perte fonctionnelle et ou anatomique de lÕÏil traumatisÈ en Afrique au sud du Sahara selon toutes lesÈtudeseffectuÈescesderniËresannÈes.Ilstouchent principalement les enfants de 0 ‡ 10 ans. Nous avons constatÈunecauseparticuliËreauMalisvaoirlesaiguil-lesdetressechezlesfillettescequiamotivÈdÕenterpren-dre ce travail.
* IOTA-OCCGE Bamako (Mali) Dr SIDI Cheikh I.O.T.A. - B.P : 248 Bamako, Mali.
3 - R…SULTATS
3. 1. DÈlai de consultation 23,8 % des patients ont consultÈ le jour mÍme du trauma-tisme, 32,5 % dans les48 heures, 6,3 % le 7Ëme jour. Le dÈlai maximum Ètait de 60 jours (1 cas).
3.2. LÕ‚ge des consultants La tranche dÕ‚ge la plus touchÈe Ètait celle de 1 ‡ 10 ans avec 45,8 %, suivie de 11 ‡ 20 ans avec 26 %, 21 ‡ 30 ans avec 15,8 %, plus de 50 ans 1,7 % (tableau I).
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Tableau I : RÈpartition de lÕÈchantillon en fonction de lÕ‚ge G r o u p e sd '‚ g eEffectif % 0 ‡ 10 ans81 45,8 11 ‡ 2046 26 21 ‡ 3028 15,8 31 ‡ 4011 6,2 41 ‡ 508 4,5 P lu sd e5 0a n s3 1,7 Total 177100 3.3 Sexe des consultants Il existe une prÈdominance masculine nette comme lÕillus-tre le tableau II. Tableau II : RÈpartition de lÕÈchantillon en fonction du sexe Sexe Effectif% M asculin122 68,5 F È m i n i n56 31,5 Total 178100 3.4 Profession Les activitÈs professionnelles retrouvÈes donnaient 21,7 % des consultants sans profession, 16,1 % des cultivateurs, 19,4 % de professions non prÈcisÈes, 42,8 dÕautres profes-sions dont 51,9 % dÕÈlËves.
3.5. LÕÏil traumatisÈ LÕÏil droit Ètait atteint dans 54,3 % des cas contre 45,7 % pour lÕÏil gauche.
3.6 LÕacuitÈ visuelle ‡ lÕarrivÈe LÕacuitÈ de lÕÏil atteint ÈtaitfoenfdrÈe dans 90,4 % des cas (acuitÈvisuellerÈduitePPL(pasdepecreptiondela lumiËre), PL (perception de la lumiËre), CLD (compte les doigts) : non amÈliorables) (tableau III).
Tableau III : AcuitÈ visuelle ‡ lÕarrivÈe
A c u itÈv is u e lle PPL, PL, CLD ,N A 2 ‡ 7/10 Total
Effectif 94 10 104
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% 90,4 9,6 100
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3.7. Causes Pour les causes des traumatismes perforants, elles Ètaient rÈparties en 31,3 % pour le bois et les branchages, 12,3 % pour les aiguilles de tresse, 10,6 % pour les mÈtaux, 6,7 % pour les pierres, 17,3 % de non prÈcisÈes. Les autres cau-ses Ètaient : arme blanche, verre, coup de poing, pare brise, fouet, arme ‡ feu, balai, ballon, caoutchouc, ciseaux, corne de chËvre, DABA, flËche, pÈtard, stylo (Tableau IV). Tableau IV : Causes C ausesEffectif % B ois55 31,3 A ig u illed etre s s e22 12,5 M Ètaux19 10,8 P ie r r e ,c o u pd ep o in g ,f o u e t21 11,9 A r m eb l a n c h e ,‡ fe u13 7,3 V e r r e ,p a r e - b r is e5 2,8 A u t r e s+ in d e t e r m i n È e s41 23,3 Total 176100
3.8. LÈsions anatomiques La plaie Ètait cornÈenne pure dans 79,4 % et sclÈrale puer dans 0,6 % des cas. (Tableau V). Tableau V : LÈsions anatomiques ‡ lÕexamen initial L È s io na n a to m iq u eEffectif % I n d È t e r m i n È e13 7,2 P l a i ec o r n È e n n e143 79,4 P l a i es c l È r a l e1 0,6 P la ielim b iq u e9 5 P la iec o r n È o - s c lÈ r a le14 7,8 Total 180100
3.8..1. Etat de la chambre antrieure LÕhyphÈma Ètait prÈsent dans 27,4 % des cas, lÕathalamie dans 10,9 % et la chambre antÈrieure Ètait normale dans 1,1 % des cas.
3.8.2. Etat de lÕiris Il Ètait herniÈ dans 57,9 % des cas et dÈchiquetÈ dans 0,6 % des cas.
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3.8.3. Etat du cristallin Il y avait une rupture capsulaire ou cataracte dans 31,3 % des cas et il Ètait normal dans 1 cas.
3.9. Traitement Le traitement mÈdical seul ‡ ÈtÈ dispensÈ dans 5,2 % des cas, mÈdico-chirurgical dans 94,8 % des cas soit 171 yeux opÈrÈs.LasuturesimpleÈtÈeffectuÈedans43,8%des cas, rÈsection et suture dans 52,2 % des cas, ÈviscÈartion ou ÈnuclÈation dans 4 % des cas.
3. 10. PÈriode de suivi Le suivi post-opÈratoire ‡ ÈtÈ de moins dÕun mois dans 5,9 % des cas, de un ‡ trois (1 ‡ 3) mois dans 58,8 %, de quatre ‡ dix (4 ‡ 10) mois dans 24,5 %.
3.11. RÈsultat fonctionnel aprËs traitement LaderniËreacuitÈvisuelledelÕÏiltarumatisÈÈtaitde PPL, PL, CLD (non amÈliorables) dans 88,65 % des cas et de 1 ‡ 10/10 dans 11,3 % des cas (Tableau VI).
Tableau VI :RÈsultat fonctionnel (AV. finale)
A c u itÈv is u e llef in a le PPL, PL, CLD : NA 1 ‡ 10/10 Total
Effectif 86 11 97
4 - DISCUSSION
% 88,5 11,3 100
Le dÈlai moyen de consultation Ètait de 2 jours alors que le dÈlai maximum Ètait de 60 jours pour 1 patient. Vu les conditions de vie et de transport de certaines populations, cela paraÓt logique. DÕailleurs ce rÈsultat est comparble ‡ celui trouvÈ au Mali (4), au SÈnÈgal (2) et au Maroc (5) mais diffÈrent de celui trouvÈ en Europe ou 88,4 % des patients sont hospitalisÈs dans les 24 heures qui suivent le traumatisme (6,7). Il est quand mÍme surprenant que des individus puissent rester sans consulter pendant plus dÕun mois alors que leur Ïil est ouvert ; on ne peut pas exclure dans ce cas quÕils aient ÈtÈ traitÈs par des guÈrisseurs tra-ditionnels au village ce qui a augmentÈ leur dÈlai de consultation.
LÕ‚ge moyen de nos consultants Ètait de 12 ans, mais le groupe dÕ‚ge le plus touchÈ Ètait celui de 1 ‡ 10 ansvaec
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45,8 % des cas. Ce rÈsultat est comparable ‡ celui trouvÈ au Mali (3) et ‡ DAKAR ou le maximum de frÈquence se situait entre 0 et 15 ans (2). Notons seulement que les deux Ètudes prÈcitÈes portaient sur tous les traumatismes oculai-res et pas seulement sur les traumatismes perforants.
La rÈpartition par sexe a trouvÈ une prÈdominance mascu-line avec un sex-ratio de 2,17, fait notÈ par tous les auteurs (2, 3, 4, 8). On peut comprendre que les garÁons soient plus exposÈs que les filles dans plusieurs circonstances telles que la coupe du bois, les rixes, les jeux dangereux ... Ce fait nÕest pas vÈrifiÈ en ce qui concerne les aiguilles de tresse o˘ on trouve dix neuf filles pour trois garÁons.
Les ÈlËves Ètaient le groupe porfessionnel le plus touchÈ avec 40 cas soit 22 %, suivis des enfants dÕ‚ge prÈscolaier et des cultivateurs respectivement 21,7 % et 16,1 % Cependant, la profession dÕune bonne partie de nos consul-tants nÕa pu Ítre prÈcisÈe dans 19,4 % des cas. Ce rÈsulta estcomparableceluitrouvÈSIKASSO(4).DÕautreptar enaccordaveclÕÈtudedeDAKARlesaccidentsdutarvail et de la voie publique ne constituent pas des circonstances de premier plan (2) comme cÕest le cas en Europe. Notons quand mÍme que les mÈnagËres constituaient un groupe important des traumatisÈs avec 15 cas soit 8,3 %.
En ce qui concerne lÕÏil tarumatisÈ il y avait une trËs lÈgËreprÈdominancedelÕÏildroitavec54,3%contre45,7 % pour lÕÏil gauche. Ce rÈsultat non significatif sta-tistiquement (P = 0,1) et diffÈrent de lÕÈtude de DAKAR (2) est pourtant bien reconnu par dÕautres auteurs (3, 9). On peut comprendre l‡ aussi comme la majoritÈ des humains Ètant des droitiers, que les accidents survien-draient plus frÈquemment lors de la manipulation person-nelle des objets par la main droite ce qui les rend plus proches de lÕÏil droit.
A lÕarn-tÈ,eÈÈsviitaoffetiaÕlÏlulediesevutmÈruaiatcillÕ drÈe comme on pouvait sÕytatendre chez 91,4 % de nos consultants et cela les classait dans les grades 4 et 5 donc de mauvais pronostic de lÕOpen Globe Injury Clas-sification (1) qui ‡ valeur prÈdictive.
La 1Ëre cause trouvÈe dans notre Ètude Ètait constituÈe par lesboutsdeboisetlesvÈgÈtaux(31,3%)(travailderÈpar-tition du bois ‡ la hache, coup de branchage dans la brous-se) .La 2Ëme cause concernait les aiguilles de tresse
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(12,3%) chez les petites fillettes (19 cas sur 22),suivaient les mÈtaux (10,6 %) (fil de sÈchage en fer, dÈbris de mÈtaux chez les soudeurs et forgerons), ensuite les pierres et les armes blanches respectivement 6,7 et 4,5 %. Ces deux derniËres causes se rencontrent dans les activitÈs de jeu et les rixes. DÕautre part il faut souligner que ces diffÈ-rentes causes se rencontrent ‡ tous les ‚ges sauf les aiguil-les de tresse qui ne se voient pratiquement que chez les 0 ‡ 10 ans (1 seul cas entre 10 et 20 ans).
Il nous paraÓt important de parler des aiguilles de tresse car cette cause nÕa pas ÈtÈ soulignÈe ouvertement par les Ètudes de Dakar et de Sikasso-Mali qui ont par contre bien soulignÈ le rÙle du bois et des pieres. LÕactivitÈ de tresse a toujousr existÈ,maisellesÕestnettementamÈliorÈeetoragnisÈe depuis lÕarivÈe massive des mËches artificielles sur le mar-chÈ africain. Elle se pratique soit dans les salons de coiffure, soit le plus souvent dans les maisons et en particulier au devant , sous lÕombre dÕun areb.rLes petites fillettes partici-pent ‡ la ´cÈrÈmonieª en apportant les mËches, les fils, lÕeau ou en jouent ‡ cÙtÈ de leur maman ou de leur sÏur en atten-dant la fin de lÕembellissement. Il est malheureux de consta-ter que ces potentielles futures utilisatrices de cette activitÈ de loisir en soient victimes dËs leur jeune ‚ge ce qui les empÍcher apeut-Ítre ‡ jamais de jouir pleinement de leur jeunesse ! Une sensibilisation doit Ítre entreprise pour dimi-nuer le fardeau de ces petites accompagnantes innocentes.
Par ailleurs toutes les autres causes soulignÈes dans les Ètudes africaines se rencontrent dans nos cas. Il faut cepen-dant souligner que 17,3 % des causes nÕont pu Ítre prÈci-sÈes (ignorÈes ou non dites par les adultes pour des raisons diverses ou non avouÈes par les enfants).
En ce qui concerne les lÈsions anatomiques observÈes ‡ lÕarivÈe de nos patients la plaie Ètait cornÈenne farnche dans 79,4 % des cas contre 7,8 % pour la cornÈo-sclÈrale. DeslÈsionsdiffuses,desÈlcatementsetdesdilacÈrations du globe ont ÈtÈ observÈs dans 7,2 % des cas. Ce dernier rÈsultat est comparable ‡ lÕÈtude de DAKAR qui trouve 6 % des Èclatements et dilacÈrations (2). DÕautre part lÕÈtat de la chambre antÈrieure, de lÕiris et du cristallin nÕa pu Ítr eprÈcisÈ ‡ lÕarrivÈe dans 60,6 %, 41,6 % et 68,2 % respectivement. Une hernie de lÕiris Ètait prÈsente dans 57,9 % des cas et une rupture de la cristalloÔde ou une cata-racte dans 31,3 % des cas. De ce qui prÈcËde la majoritÈ de nos cas se classaient dans les types D et E, les grades 4 et
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5, pupil. + et Zones I et Il donc de mauvais pronostic de lÕOpen Globe Injury Classification.
Le traitement Ètait mÈdical seul dans 9 cas (5,2 devant des plaies coaptÈes spontanÈment et chirurgical dans 171 cas (94,8 Le traitement chirurgical consistait soit en la suture simple (48,8 %), rÈsection et suture (46,9 %), ÈnuclÈation ou ÈviscÈration (4,3 %). Il y a eu ablation de tissus morti-fiÈsdansplusde50%descas(rÈsectionetÈunclÈation,ÈviscÈration = 51,2 % !). Nous pourrons penser que le retard apportÈ ‡ la consultation et la septicitÈ de lÕaegnt causal y est pour quelque chose.
Quant au suivi post-opÈratoire il nÕa pu sÕeffectuer pour 5,9 % des patients que pendant moins dÕun mois, 1 ‡ 3 mois pour 58,8 %. Cela peut Ítre certainement expliquÈ par le lieu de rÈsidence ÈloignÈ de lÕIOTA, lÕabsence dÕamÈ-lioration ‡ la suite du traitement et les difficultÈs socio-ÈconomiquesquiavaientdÈjÈtÈlÕiogirneduretard apportÈ ‡ la consultation initiale.
Concernant le rÈsultat fonctionnel : 88,7 % des patients avaient gardÈ une acuitÈ visuelle rÈduite ‡ une quasi-cÈcitÈ unilatÈrale (sujets devenus monophtalmes), alors que seule-ment 11,3 % avaient une acuitÈ visuelle de lÕÏil traumatisÈ entre 1 et 10/10. Ces rÈsultats sont pratiquement superpo-sables aux rÈsultats de lÕÈtude sÈnÈgalaise quioturve 95,5 % de sujets monophtalmes (2). Nous pourrons dire dans ce cas que le rÈsultat fonctionnel dÈpend essentielle-ment de la nature de la lÈsion. DÕautre part les principales causes constatÈes de pertes fonctionnelles malgrÈ le traite-ment sont constituÈes par : * Les taies cornÈennes, * La panophtalmie, * Les staphylomes, * La phtyse.
Cela incite ‡ introduire une nouvelle approche dans le trai-tement des sÈquelles des traumatismes oculaires perforants en Afrique de lÕOuest, en particulier la kÈrtaoplastie. Les difficultÈs dÕodrre socioculturel et religieux devraient Ítre rapidement aplanies car la kÈratoplastie est dÈj‡ pratiquÈe en Afrique du Nord et au Moyen Orient ; quant aux difficultÈs dÕordre technique (banque de cornÈe, donneurs, professionnalisation) elles ne constituent pas un obstacle insurmontable vu lÕanciennetÈerlative de la technique et ses rÈsultats.
1 - P. STENBERG, D.J. PIERAMICI, T.M. AABERG and the TRAUMA CLASSIFICATION GROUP. A system for classifying mechanical injuries of the eye (Globe). American Journal of ophthalmology. June 1997, 123 : 820-831 2 - A. LAM, N.R NDAYE Traumatismes oculaires au SÈnÈgal, bilan ÈpidÈmiologique et statistique. MÈdecine dÕAfrique Noire, dÈcembre 1992, XXXIX : 810-815. 3 - M. AG ELMOUCHTAHIDE Traumatismes oculaires chez les enfants de 0 ‡ 15 ans, ‡ propos de 63 dossiers cliniques. Journal de la SFO, dÈcembre 1994, 17 (12), : 750-754. 4 - M. AG ELMOUCHTAHlD Les traumatismes oculaires au centre YEELEN de SIKASSO, Ètude de 50 cas. Revue internationale du trachome 1989 (3-4) : 163-171. 5 - SEKKAT A. BERBICH
Les rÈsultats fonctionnels doivent inciter les ophtalmolo-gistes ‡ considÈrer la place quÕoccupent ces traumatismes dans les causes de cÈcitÈs par rapport aux causes classiques telle la cataracte et les glaucomes. Pour cela un ensemble de mesures doit voir le jour :
BIBLIOGRAPHIE
Traumatismes oculaires. Rapport Afro-Asiatique dÕOphtalmologie. sessions III-VII, ACTA TUNIS 1980 6 - BOUTETCH Rapport SFO, plaies et contusions du segment antÈrieur de lÕÏil (Èditions MASSON), Paris 7-PARIS-PlaiespÈnÈtrantesoculairesaucoursdesaccidentsdutravail, 1976., T209, (10) : 643-658. 8 - NEGREL AD. Les traumatismes oculaires et palpÈbraux chez les enfants de moins de 15 ans. Bulletin SociÈtÈ MÈdicale dÕAfrique noire de langue franÁaise 1977, 22 : 101-109. 9 - JOHNSON S. Perforating eye injuries A five year survey. Transactions of ophthalmological society. UK, 1971, 91 : 895-921.
Cela dans le but de rÈduire lÕincidence et les consÈquences de ce drame Èconomique et social grandement invalidant quÕest le traumatisme perforant de lÕÏil.
5 - CONCLUSION
Cette Ètude rÈtrospectvie donne un bilan des traumatismes oculaires perforants. Elle fait le point sur les causes et retrouve que les aiguilles de tresse constituent une cause majeure de ces traumatismes peut Ítre en augmentation ces derniËres annÈes.
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1. Sensibilisation des acteurs concernÈs : ophtalmologistes, travailleurs du bois, sur le port de lunettes plastiques (prix 2500 F CFA au Mali), mËres, tresseuses, ensei-gnants, ÈlËves, associations familiales. 2. AmÈlioration du circuit des soins ‡ tous les niveaux avec paquet de soins ophtalmologiques accessibles (transport, hÙpital). 3. Introduction de nouvelles techniques du traitement des sÈquelles de ces traumatismes.
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