Opinions sur la couverture maladie universelle et

De
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Bulletin d’information en économie de la santé n ° 38 juillet 2001 qu estions d’économie de la santérésultatsOpinions sur la couverture maladie universelle Repèreset bénéficiaires au premier trimestre 2000*Bénédicte Boisguérin, Claude Gissot (DREES, Ministère de la Santé et de la Solidarité)Les résultats présentés ici sont issus deLaurence Auvray, Michel Grignon (CREDES)la première vague de l’enquête SantéDébut 2000, quelle est l’opinion générale à propos du dispositif CMU ? Quelleset Protection sociale conduite par lesont les caractéristiques des premiers bénéficiaires de la CMU ? Quels fac CREDES en 2000. Cette enquête me teurs expliquent que tous les bénéficiaires potentiels n’aient pas demandénée chaque année jusqu’en 1998, le bénéfice de la prestation ?puis tous le deux ans, permet d’inter erDepuis le 1 janvier 2000, la CMU donne droit à une couverture complé roger un échantillon d’assurés sociaux mentaire gratuite, sous conditions de ressources et de résidence. Parmi leset leur famille. L’objectif est de com personnes interrogées au cours du premier trimestre 2000, plus de la moitiéavaient entendu parler de ce dispositif et les trois quarts se montraientpléter les données administratives afinfavorables à une couverture médicale gratuite pour les plus pauvres.d’analyser les comportements de con Jeune et féminine, la population bénéficiaire de la CMU, début 2000, ...
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Bulletin d’information en économie de la sant é n ° 38 juillet 2001
qu estions
d’économie de la
santé
résultats
Opinions sur la couverture maladie universelle Repères
et bénéficiaires au premier trimestre 2000*
Bénédicte Boisguérin, Claude Gissot (DREES, Ministère de la Santé et de la Solidarité)Les résultats présentés ici sont issus de
Laurence Auvray, Michel Grignon (CREDES)la première vague de l’enquête Santé
Début 2000, quelle est l’opinion générale à propos du dispositif CMU ? Quelleset Protection sociale conduite par le
sont les caractéristiques des premiers bénéficiaires de la CMU ? Quels fac
CREDES en 2000. Cette enquête me
teurs expliquent que tous les bénéficiaires potentiels n’aient pas demandé
née chaque année jusqu’en 1998, le bénéfice de la prestation ?
puis tous le deux ans, permet d’inter
erDepuis le 1 janvier 2000, la CMU donne droit à une couverture complé
roger un échantillon d’assurés sociaux mentaire gratuite, sous conditions de ressources et de résidence. Parmi les
et leur famille. L’objectif est de com personnes interrogées au cours du premier trimestre 2000, plus de la moitié
avaient entendu parler de ce dispositif et les trois quarts se montraientpléter les données administratives afin
favorables à une couverture médicale gratuite pour les plus pauvres.d’analyser les comportements de con
Jeune et féminine, la population bénéficiaire de la CMU, début 2000, estsommations de soins. Dans ce cadre
plutôt issue des milieux ouvrier et employé et compte une forte proportion
et à la demande de la DREES (Minis
de chômeurs. Elle a également un niveau d’études inférieur à celui de la
tère de la Santé et de la Solidarité),
population disposant de moins de 3 500 F par mois par unité de consom
un volet de questions spécifiques sur mation. Au premier trimestre 2000, la montée en charge de la CMU n’était
la CMU a été inclus dans l’enquête bien évidemment pas terminée.
2000. Rappelons que cette enquête Parmi les personnes disposant de moins de 4 500 F par mois, seule la moitié
pensait y avoir droit. Parmi ces derniers, les deux tiers seulement décla a déjà permis de mettre l’accent sur
raient avoir l’intention de faire une demande. Cette intention était princi l’importance du renoncement aux
palement liée au fait d’avoir renoncé aux soins au cours de l’année pas
soins pour raisons financières.
sée, ce qui renforce probablement le besoin ressenti d’accès aux soins.
*Publié également à la DREES, dans Etudes et Résultats, Juillet 2001.
CENTRE DE RECHERCHE, D’ÉTUDE ET DE DOCUMENTATION
EN ÉCONOMIE DE LA SANTÉ
Adresse : Proportion d’individus ayant entendu parler de la CMU
1, rue Paul Cézanne 75008 Paris
selon leurs caractéristiques
Téléphone : 01 53 93 43 02/01
Télécopie : 01 53 93 43 50
20 39 ans 47 %
E mail : document@credes.fr
40 64 ans 59 %Web : www.credes.fr
65 ans et plus 51 %
Cadres et professions intellectuelles supérieures 74 %
Directrice de la publication :
Professions intermédiaires 59 %Dominique Polton
Employés 51 %Rédactrice en chef :
Nathalie Meunier Indépendants (du commerce, de l'industrie
et de l'agriculture) 48 %Secrétaire maquettiste :
Khadidja Ben Larbi Ouvriers 42 %
Diplôme maximal BEP 45 %
Diplôme maximal BAC 59 %ISSN : 1283 4769
Diplôme du supérieur 63 %Diffusion par abonnement : 300 F par an
Environ 10 numéros par an Population totale 53 %
Guide de lecture : 47 % des individus interrogés âgés de 20 à 39 ans ont entendu parler de la CMU.
Prix : 5 Euros Source : CREDES ESPS 2000 (1ère vague).
CENTRE DE RECHERCHE, D’ETUDE ET DE DOCUMENTATION EN ECONOMIE DE LA SANTEOpinions sur la Couverture Maladie Universelle et bénéficiaires au premier trimestre 2000
Opinion de la population
La couverture maladie universellegénérale vis à vis de la
CMU
erEntrée en vigueur le 1 janvier 2000, la couverture maladie universelle (CMU) offre, en
décembre 2000, une couverture maladie complémentaire gratuite à près de 5 millions
Un ménage sur deux avait en
de personnes. Cette couverture complémentaire permet la prise en charge, avec
tendu parler de la CMU au pre
dispense d’avance de frais, de dépenses de santé non couvertes par le régime obli
mier trimestre 2000
gatoire de Sécurité sociale : le ticket modérateur (part du tarif de convention laissée à
la charge du patient) sur les honoraires et les prescriptions des professionnels de santé,
Parmi les personnes interrogØes entre le forfait journalier hospitalier et des frais supplémentaires concernant les prothèses
fØvrier et avril 2000, plus de la moitiØ dentaires, l’orthopédie dento faciale et certains dispositifs médicaux (l’optique) dans
(53 %) dØclaraient avoir entendu par- la limite de forfaits fixés par arrêté ministériel.
ler de la CMU. Ce pourcentage passe
Environ 3,8 millions de bénéficiaires de l’aide médicale générale (AMG) et/ou du Re
de 47 % chez les 20-39 ans 59 % chez ervenu Minimum d’Insertion (RMI) en 1999, ont été automatiquement inscrits au 1 jan
les 40-64 ans et retombe 51 % chez vier 2000 au bénéfice de la CMU. Depuis cette date, sont venus s’ajouter progressive
les plus gØs. ment de nouveaux demandeurs, le seuil de ressources de la CMU étant plus élevé que
celui de l’AMG dans de nombreux départements (Boisguérin, 2000).Au premier trimestre 2000, la connais-
sance de l existence de la CMU sem- Pour bénéficier de la CMU, il fallait début 2000 appartenir à un foyer disposant de
moins de 3 500 F par mois et par unité de consommation, seuil porté à 3 600 F fin novem ble fortement liØe au milieu social et
bre 2000. Le “ foyer CMU ” se compose du demandeur, de son conjoint ou concubin etles milieux les plus concernØs par le
des enfants âgés de moins de 25 ans.droit n Øtaient pas ceux qui en avaient
le plus entendu parler. Cadres, profes-
sions intermØdiaires et employØs
Øtaient ainsi plus au courant que les non de gratuitØ de la couverture maladie ont Les plus de 65 ans et les plus aisés
salariØs, mais surtout que les ouvriers ont déclaré plus souvent préférerØtØ prØcisØes par une question compor-
leur couverture complémentaire(tableau p.1). Cette connaissance est tant deux rØponses exclusives l une de payante au bénéfice éventuel de
Øgalement liØe au niveau de dipl me : l autre : la CMU2 ceux qui n ont pas dØpassØ le BEP ne - En France tout le monde devrait
sont que 45 % conna tre la CMU, con- Les enquŒtØs devaient par ailleurs rØ-avoir droit la couverture maladie de
tre 59 % des personnes ayant atteint le pondre la question si la CMU vousla SØcuritØ sociale, les plus pauvres ne
niveau bac et 63 % de celles qui ont un Øtait accordØe, quel que soit votre re-payant pas ou,
dipl me supØrieur au bac. En revanche, venu, en feriez-vous la demande la
- le droit la couverture maladie de-on ne note pas de diffØrence importante place de votre mutuelle ou assurance
vrait Œtre soumis au paiement d uneselon le revenu par unitØ de consom- santØ actuelle ? Cette question avait
cotisation, mŒme faible .mation (encadrØ p. 4). indirectement pour objet de tester
l image de la CMU travers son carac-Mais ces facteurs sont fortement Au premier trimestre 2000, prŁs de
corrØlØs entre eux, et « toutes choses tŁre rØservØ aux pauvres .75 % des personnes interrogØes se dØ-
Øgales par ailleurs» la connaissance du clarent en faveur d une couverture Parmi les enquŒtØs qui ne pensent pas
dispositif dØpend principalement de maladie pour tous, sans contribution fi- avoir droit la CMU et qui bØnØficient
l ge et du niveau d Øtudes. En revan- nanciŁre pour les plus pauvres, contre d une couverture complØmentaire dØ-
che, les effets de la catØgorie profes- 20 % qui pensent nØcessaire le paiement but 2000, 46 % rØpondent qu ils deman-
sionnelle sont faibles, une fois ØcartØs d une cotisation, mŒme faible. Cette deraient bØnØficier de la CMU la
les effets de l ge et du dipl me : tout derniŁre opinion est plus frØquente chez place de leur complØmentaire, si elle
juste relŁve-t-on que les enquŒtØs ap- les non-salariØs (29 %), les cadres Øtait accordØe tous, 39 % ne le de-
partenant aux professions intermØdiai- (26 %), et les personnes disposant des manderaient pas, 15 % ne se pronon ant
res semblent moins au courant que les revenus les plus ØlevØs (26 % parmi les pas. Toujours parmi ces enquŒtØs qui ne
employØs et les cadres. individus disposant de plus de 8 500 F pensent pas avoir droit la CMU et qui
par mois et par unitØ de consommation). bØnØficient d une couverture complØ-Les trois quarts des enquêtés sont
favorables à une couverture ma En revanche, les ouvriers non qualifiØs, mentaire, les personnes qui disposent de
ladie entièrement gratuite pour les divorcØs et les individus sans cou- plus de 8 500 F par mois et par unitØ de
les plus pauvres
verture complØmentaire sont moins de consommation dØclarent plus souvent
Les opinions des enquŒtØs sur le degrØ 15 % la partager. qu elles ne souhaiteraient pas bØnØficier
n° 38 juillet 2001Q u e s t i o n s d’ é c o n o m i e d e l a s a n t éOpinions sur la Couverture Maladie Universelle et bénéficiaires au premier trimestre 2000
d une couverture de type CMU (45 %). dans la premiŁre vague de l enquŒte Les bénéficiaires de la
Comme on sait par ailleurs que les per- (encadrØ ci-contre, p. 3), ils montrent CMU dans la première
sonnes les plus aisØes bØnØficient gØnØ- des caractØristiques socio-Øconomiques vague de l’enquête
ralement d une assez bonne couverture, spØcifiques par rapport la population
Parmi les 10 261 personnes composantil est probable qu elles estiment que gØnØrale, ce qui Øtait attendu. Ils diffŁ-
l’échantillon, 423 se sont déclaréesleur contrat actuel leur confŁre des rent par contre assez peu, sauf sur quel-
bénéficiaires de la CMU ou de l’AMG,
droits plus ØlevØs que ceux offerts par ques points, de l ensemble de la popu- soit 4 % de l’effectif total, ce qui
la CMU (Cf. CREDES, Qui bØnØficie lation disposant de moins de 3 500 F par correspond à 5 % de l’effectif total en
de quels remboursements ? , biblio mois et par unitØ de consommation, données redressées. À l’époque où s’est
n 1317). Outre les plus aisØes, ce sont déroulée l’enquête, les bénéficiaires detout au moins telle qu elle appara t dans
la CMU complémentaire représentaientles personnes gØes de 65 ans et plus l enquŒte Revenus Fiscaux (enrichie de
6 % de la population en France( 53 %) et de niveau d Øtudes faible donnØes issues de l enquŒte sur l em-
métropolitaine (source DREES). L’enquête
( 47 %) qui dØclarent le plus souvent ploi) et dØnommØe ici population ci-
sous estime donc le nombre de personnes
ne pas souhaiter bØnØficier d une cou- ble . effectivement bénéficiaires de la CMU,
verture de type CMU. ce qui peut tenir, à ce stade, à deuxLes premiers bØnØficiaires de la CMU
facteurs de nature différente :sont en effet, au premier trimestre
2000, majoritairement les anciens bØ-Quelques caractéristiques - une enquête auprès des ménages
nØficiaires de l Aide mØdicale gØnØralede la population couverte ordinaires laisse échapper les sans do
(AMG) et/ou bØnØficiaires du Revenu micile fixe, plus fréquemment représen par la CMU au premier
minimum d insertion (RMI) qui ont fait tés dans la population visée par latrimestre 2000
CMU ;l objet d un basculement automatique
ervers la CMU au 1 janvier 2000. LesBien que les bØnØficiaires de la CMU il s’agit de déclarations des ména
ges, et elles peuvent donc être enta soient peu nombreux (423 personnes) Øcarts entre population bØnØficiaire au
chées d’une mauvaise connaissance
des situations administratives ; les ré
Caractéristiques de la population bénéficiaires de la CMU sultats concernent donc ce que les
et de la population cible (en pourcentage) ménages savent de leur situation par
3
rapport à la CMU.
Ensemble Population
Bénéficiaires
de la population cible
(1)
de la CMU (1) (2)
enquêtée 0-3500 F/UC
Age dØbut de l annØe 2000 et population ci-
- 20 ans 42 24 44 ble tendent indiquer que ces bØnØfi-
20-29 ans 16 15 20 ciaires automatiques de la CMU prØ-
30-39 ans 14 14 11
sentaient dØj certaines caractØristiques
40-49 ans 13 15 12
spØcifiques. 50 59 ans 8 13 8
60 ans et plus 7 19 5
Total 100 100 100 Une population jeune
Statut de l'emploi des 20 59 ans
Actif occupé 32 72 33
Au premier trimestre 2000, les bØnØfi-
Chômeur 32 8 28
ciaires de la CMU apparaissent nette-
Retraité 1 3 1
ment plus jeunes que l ensemble de la Personne
au foyer 23 7 17 population (tableau ci-contre, p. 3). Ils
Autre inactif 8 3 7 comprennent plus de jeunes de moins
Etudiant, contingent,
de 20 ans (42 % contre 24 %) et moins enfant 5 7 14
Total 100 100 100 de personnes gØes de 60 ans et plus (7 %
Niveau d'études atteint des 20-59 ans contre 19 %). En revanche, la structure
<2ème cycle 71 50 65 par ge des bØnØficiaires est trŁs pro-
2ème cycle 15 18 12
che de celle de la population dite ci-
Etudes supérieures 13 31 23
ble (de revenu infØrieur 3 500 F par Autres 1 2
Total 100 100 100 unitØ de consommation).
Source : (1) d’après enquête ESPS 2000 (1ère vague), CREDES ;
L importance, dans ces deux derniers (2) d’après enquête Revenus fiscaux, INSEE DGI 1997, microsimulation 1999
2000, modèle INES, calculs DREES (encadré p. 4). sous-ensembles, du nombre des moins
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de 20 ans et la faiblesse de celui des plus
de 60 ans ont en particulier deux expli- Méthodologie
cations :
Calcul du revenu par unité de consommation
- la proportion de mØnages comportant Pour comparer le niveau de vie de ménages de taille différente, il faut tenir compte
trois enfants ou plus est plus ØlevØe des économies d’échelle réalisables sur les dépenses par les ménages de plus d’une
personne. Pour cela on utilise une échelle d’équivalence qui détermine pour chaquechez les mØnages bØnØficiaires de la
personne du ménage un nombre d’unités de consommation, selon sa position et sonCMU, ces familles nombreuses ayant
âge. Le revenu par unité de consommation est calculé en divisant la somme desun revenu par unitØ de consommation
revenus par la somme des unités de consommation, la somme des unités de consom
plus faible ; mation étant inférieure à la somme des personnes.
- le niveau de ressources des personnes Méthode utilisée dans le calcul des ressources pour bénéficier de la
gØes, qui aprŁs 65 ans ont droit CMU
au minimum vieillesse, les situe Le calcul des ressources est effectué en considérant que la première personne compte
le plus souvent au-dessus du seuil pour 1,0 unité de consommation, la seconde personne pour 0,5, les personnes de rang
3 et 4, pour 0,3 et les personnes de rang 5 et plus, pour 0,4. Les ressources prises enrequis pour bØnØficier de l aide
compte sont celles des douze derniers mois précédant la demande.mØdicale ou de la CMU.
Le calcul est effectué en tenant compte des personnes composant le “ foyer CMU ” etCette jeunesse relative des bØnØficiai-
non l’ensemble des personnes vivant sous le même toit. Le foyer CMU se compose du
res de la CMU a Øgalement ØtØ obser- demandeur, de son conjoint ou concubin et des enfants âgés de moins de 25 ans.
vØe par la CNAMTS sur les bØnØficiai-
Méthode utilisée dans l’enquête Santé et Protection sociale (SPS)res au 31 dØcembre 2000 (Cf. Cnamts,
Le calcul du revenu par unité de consommation est effectué en utilisant l’échellePoint Stat 32, Un an de couverture
d’équivalence retenue pour la CMU mais en prenant en compte toutes les personnesmaladie universelle ).
du ménage c’est à dire l’ensemble des personnes vivant sous le même toit. Les res
sources prises en compte sont celles du mois de l’enquête.Les premiers bØnØficiaires de la CMU
comptent Øgalement relativement plus Méthode utilisée pour estimer la «population cible» à partir de l’enquête
de femmes que l ensemble de la popu- revenus fiscaux
lation (60 % contre 51 %). Cette sur-4 Le calcul du revenu par unité de consommation est effectué en prenant en compte
reprØsentation s explique notamment l’ensemble des personnes du ménage, c’est à dire vivant sous le même toit. L’échelle
d’équivalence est la suivante : la première personne compte pour une unité depar une prØsence plus frØquente des
consommation, les autres personnes de 14 ans et plus, pour 0,5, les personnes de moinsfamilles monoparentales.
de 14 ans pour 0,3. La différence d’échelle n’a que très peu d’influence sur les résultats.
Peu d’actifs occupés
est, comme attendu, Øgalement moinsLa situation des bØnØficiaires de la CMU
La proportion de ch meurs parmi les ØlevØ que celui de l ensemble de la po-par rapport l emploi est assez proche
premiers bØnØficiaires de la CMU gØs pulation (tableau p. 3). Plus des deux tiersde celle de la population cible, cette
de 20 59 ans est nettement plus Øle- n ont pas continuØ leurs Øtudes au del derniŁre comptant cependant un peu
vØe que parmi l ensemble de la popula- du premier cycle (contre 50 % pourmoins de ch meurs (28 % contre 32 %).
tion (32 % contre 8 %) [tableau p.3]. l ensemble de la population), 15 % ont
Ceci est bien sßr liØ au rapport entre Essentiellement des milieux entamØ ou achevØ un second cycle, seuls
ouvrier et employéch mage et risque de pauvretØ, mais 13 % ayant un niveau d Øtudes supØrieu-
aussi au fait que les personnes inscrites res (contre 30 % pour l ensemble de la
La majoritØ des premiers bØnØficiairesautomatiquement la CMU, anciens bØ- population).
de la CMU interrogØs dØclarent appar-nØficiaires de l AMG, sont plus souvent
Ce niveau d Øtudes des bØnØficiaires detenir des mØnages d ouvrier (c est- -que dans la population cible des ch -
la CMU est aussi plus faible que celui dedire, dont la personne de rØfØrence estmeurs ou des inactifs. On observe Øga-
la population cible dont 23 % a un ni-un ouvrier ou un ancien ouvrier,lement plus de personnes au foyer dans
veau d Øtudes supØrieures.y compris ouvrier agricole), 28 %la population bØnØficiaire de la CMU
des mØnages d employØ et 9 %que dans l ensemble de la population En matiŁre de revenu, celui dØclarØ
appartiennent un mØnage d artisan-(23 % contre 7 %). Il en rØsulte que les l enquŒte est celui per u pour ce mois
commer ant.actifs occupØs comptent pour moins d un et non celui requis pour l ØligibilitØ
Le niveau d Øtudes des bØnØficiaires detiers dans la population d ge actif la CMU (les douze mois prØcØdents).
la CMU interrogØs ( gØs de 20 59 ans)bØnØficiant de la CMU (32 %). Ainsi, pour les deux tiers des
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Parmi les plus pauvres, un ménagebØnØficiaires de la CMU, le niveau unitØ de consommation. Parmi ceux-ci,
sur deux pense avoir droit à la 54 % ont entendu parler de la CMU, soitde revenu par unitØ de consommation
CMU
correspond au seuil requis pour la mŒme proportion que dans la popula-
tion totale. Ceux qui pensent avoir droitbØnØficier de la CMU, c est- -dire Parmi les enquŒtØs interrogØs et vivant
au dispositif ont plus souvent entenduinfØrieur ou Øgal 3 500 F. Il se situe dans un mØnage dont le revenu dØclarØ
parler de la CMU avant l enquŒteentre 3 500 F et 4 500 F pour 12 % l enquŒte est infØrieur au seuil d Øligi-
(65 %) que ceux qui ne pensent pas yet au-del de 4 500 F pour 20 % d entre bilitØ de la CMU, 51 % seulement pen-
avoir droit (50 %), ce qui peut laissereux. Il faut toutefois savoir que le revenu sent dØbut 2000 avoir droit au dispositif
penser que l information sur le disposi-et 17 % ne se prononcent paspar unitØ de consommation au sens
tif a ØtØ mieux diffusØe auprŁs de ceuxde l enquŒte est ØvaluØ par mØnage, (tableau ci-dessous p.5).
qui Øtaient vraiment concernØs. On peutc est- -dire qu il est calculØ sur Il y aurait donc environ 32 % des mØ-
ainsi penser que les personnes qui vien-l ensemble des personnes vivant sous nages dont le revenu dØclarØ sur la base
nent seulement d Œtre informØes parle mŒme toit et non par foyer au sens du dernier mois est apparemment si-
l enquŒteur ont plus de difficultØs Øva-de la CMU. Si dans la plupart des cas, tuØ sous le seuil d ØligibilitØ et qui ne
luer leur droit la CMU.la composition du foyer CMU s estiment pas Øligibles, alors que le
correspond celle du mØnage, dans Il existe peu de diffØrences socio-mØcanisme vient de leur Œtre prØsentØ.
certains cas, ces deux notions sont Øconomiques, parmi les titulaires deParmi les enquŒtØs vivant dans des
revenus infØrieurs 4 500 F par unitØdiffØrentes. On trouve ainsi parmi les mØnages dont le revenu se situe juste
de consommation, entre ceux qui pen-bØnØficiaires de la CMU, vivant chez au-dessus du seuil de la CMU (entre
sent avoir droit la CMU et les autres.leurs parents, de jeunes adultes aux
3 500 et 4 500 F par mois et par unitØ
Ceux qui ne pensent pas pouvoir enressources faibles, bien que le seuil de consommation), 31 % pensent y
bØnØficier semblent appartenir plusd ØligibilitØ soit en principe dØpassØ si avoir droit et 9 % ne savent pas.
souvent un milieu social non salariØ :on comptabilise le revenu total du
Au total, pour l ensemble des indivi- agriculteurs ou artisans se considŁrentmØnage (encadrØ p. 4).
dus avec moins de 4 500 F par mois non Øligibles 25 %, contre 22 % parmi
et par unitØ de consommation, qui l ensemble des plus pauvres. Ils vivent
reprØsentent les 17 % de mØnages5 plus souvent en couple (59 % contre
Une première approche les plus pauvres recensØs par l enquŒte, 48 %) et sont aussi plus souvent propriØ-
du non recours au pre 41 % pensent avoir droit la CMU. taires de leur logement (52 % contre
mier trimestre 2000 45 %). Pour les personnes propriØtairesAu-dessus de 4 500 F par mois et par
de leur logement, le fait de ne pas avoirunitØ de consommation, il est trŁs rare
Tous les bØnØficiaires potentiels de l en- de dØpense de loyer constitue un avan-qu un individu pense avoir droit la
quŒte, notamment les mØnages les plus tage qui peut les conduire se considØ-CMU (moins de 5 %).
pauvres, n ont pas eu recours la CMU rer moins souvent comme Øligible la
Parmi les plus pauvres, un degréau premier trimestre 2000. CMU, cela sans forcØment conna tred’information plus important chez
avec prØcision la traduction financiŁreceux qui pensent avoir droit auParmi les raisons de non-recours qu il
dispositif de cet avantage sur le calcul du seuilest possible d avancer figurent d une
d ØligibilitØ (estimØ forfaitairement Compte tenu de l existence de bØnØfi-part, une mauvaise connaissance du dis-
environ 306 F pour une personne, 536 Fciaires au-del de 3 500 F par unitØ depositif par la population concernØe et,
pour deux et 643 F pour trois person-consommation sur le mois d enquŒte,d autre part, le fait que la montØe en
nes).l Øtude a ØtØ Øtendue aux mØnages dis-charge de ce dernier n en est qu ses
posant jusqu 4 500 F mensuels par Il existe en outre une lØgŁre diffØrencedØbuts au premier trimestre 2000.
Pour l ensemble de la population, aprŁs
Proportion de personnes qui pensent avoir droir à la CMU
explication du dispositif par l enquŒteur, selon leur niveau de ressources
13 % des personnes interrogØes au
- Ressources inférieures à 3 500 F
premier trimestre 2000 pensent que 51 %
(par mois et par unité de consommation)
les ressources de leur mØnage ouvrent
- Ressources comprises entre
31 %droit la CMU, soit sensiblement plus
3 500 et 4 500 F
que la population couverte, 7 % ne se - Ressources supérieures à
Inférieur à 5 %
4 500 Fpronon ant pas sur leur droit Øventuel
Source :Source : CREDES ESPS 2000 (1ère vague) la prestation.
n° 38 juillet 2001Q u e s t i o n s d’ é c o n o m i e d e l a s a n t éOpinions sur la Couverture Maladie Universelle et bénéficiaires au premier trimestre 2000
sur le besoin ressenti de soins : alors que L’enquête Santé et Protection sociale du CREDES
23 % de la population dont les revenus
sont infØrieurs 4 500 F par unitØ de Le CREDES effectue tous les deux ans une enquête auprès d’un échantillon aléatoire
représentatif de 8 000 ménages (soit environ 20 000 personnes). L’enquête porte princi consommation dØclarent avoir renoncØ
palement sur les consommations de soins et l’assurance maladie (notamment complé
des soins pour des raisons financiŁres mentaire) ; elle contient un descriptif socio économique (revenu, mode de vie), ainsi
lors de l annØe ØcoulØe, ce pourcentage qu’un questionnaire de santé, destinés à rapporter les consommations à des facteurs
objectifs.s abaisse 20 % parmi ceux qui ne
pensent pas avoir droit la CMU.
L’enquête s’est déroulée en deux vagues, février avril 2000, puis septembre novem
bre 2000. Les résultats présentés portent sur les ménages ayant accepté de participer
Parmi ceux qui pensent avoir droit à la première vague de l’enquête, soit 3 614 ménages regroupant 10 261 personnes.
à la CMU, deux tiers seulement
Les questions d’opinion relatives à la CMU ont été posées à une seule personne dansdéclarent début 2000 qu’ils feront
chaque ménage, celles répondant à l’entretien direct (face à face ou téléphonique).la demande
Dans la dernière partie de l’étude consacrée au non recours, on s’intéresse aux 243
Parmi les personnes directement inter- répondants appartenant à des ménages dont les ressources sont inférieures au seuil de
rogØes, appartenant aux mØnages per- la CMU et aux 223 répondants appartenant à des ménages dont les ressources sont
immédiatement supérieures à ce seuil (3 500 à 4 500 F par mois et par unité de consom cevant moins de 4 500 F mensuels par
mation).unitØ de consommation et qui pensent
Les résultats présentés sont issus des données redressées.avoir droit la CMU, 65 % ont fait ou
pensent, dØbut 2000, faire une demande.
Ce taux varie faiblement avec le fait
Les personnes qui dØclarent ne pas avoir plus souvent un niveau d Øtudes infØ-
d avoir entendu parler ou non de la
l intention de demander la CMU se re- rieur ou Øgal au Certificat d Etudes
CMU avant l enquŒte :
crutent principalement parmi les per- Primaire (39 % contre 25 % dans la
- parmi les personnes qui ont entendu sonnes retraitØes (34 % contre 15 % population des demandeurs) ;
parler de la CMU, et qui pensent y parmi les demandeurs), les propriØtai- - la dØtention d une couverture com-
avoir droit, 36 % ont dØposØ une de- res de leur logement (46 % contre 25 % plØmentaire : le fait d Œtre dØj mande et 32 % dØclarent qu elles vont des demandeurs). Le mode de vie (en couvert avant la CMU fait aussi
6 le faire. couple ou seul) n a, par contre, pas d in- partie des motifs explicites de non
- parmi les enquŒtØs qui pensent avoir cidence sur le fait d avoir l intention de recours invoquØs spontanØment par les
droit la CMU mais qui n en ont pas demander la CMU parmi ceux qui pen- enquŒtØs.
entendu parler avant l enquŒte, 56 % sent y avoir droit.
Mais, si l on raisonne toutes chosesont dØclarØ penser dØposer une de- Outre ce moindre besoin ressenti, la Øgales par ailleurs , le fait d avoirmande. non-demande peut aussi Œtre liØe : l intention de demander bØnØficier
- des questions de principes : certains de la CMU est significativementLes plus concernés par une démar
che active vis à vis de la CMU des non-demandeurs potentiels expri- associØ :
sont ceux qui ont renoncé à des ment parallŁlement que le droit la
- en premier lieu, au fait d avoir renon-soins couverture maladie devrait Œtre sou-
cØ des soins dans l annØe : ceux quimis une cotisation, mŒme faible.La diffØrence principale, toujours au sein ont renoncØ ont une probabilitØ cinq
D autre part, parmi les Øligiblesdes mØnages percevant moins de 4 500 F fois supØrieure de dØclarer qu ils de-non-demandeurs, certains exprimentmensuels, entre ceux qui expriment manderont bØnØficier de la CMU ;
directement la raison de leur non-l intention de dØposer une demande et
- en second lieu, des ØlØments de re-demande et mettent en avant desles autres, porte sur le fait d avoir ou
venu : savoir le fait d Œtreprincipes gØnØraux quant leurnon renoncØ aux soins : alors que parmi
ch meur (probabilitØ trois fois supØ-attitude face aux aides sociales ;les demandeurs potentiels (ayant fait une
rieure) et d avoir des charges dedemande ou envisageant d en faire une), - une moindre aptitude entrer en
logement grevant le budget du35 % dØclarent avoir renoncØ des soins relation avec les administrations
mØnage (probabilitØ deux foispour raisons financiŁres dans les 12 der- sociales : on la trouve plus souvent
supØrieure) ;niers mois, ils ne sont que 17 % parmi parmi les individus les moins scolari-
les non-demandeurs. La volontØ de dØ- - en revanche, les effets de principesØs. En effet, les personnes qui se
poser une demande de CMU semble dØclarent comme non-demandeurs ou d Øducation n apparaissent pas
aller de pair avec un besoin ressenti plus significatifs par rapport aux autrespotentiels, bien que mieux intØgrØs
important d accŁs aux soins. socialement (cf. supra) ont aussi facteurs.
n° 38 juillet 2001Q u e s t i o n s d’ é c o n o m i e d e l a s a n t é

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