Santé publique (Manuels de médecine clinique)

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La rédaction de cette série de manuels de médecine clinique prolonge une démarche réalisée au bénéfice des étudiants en médecine de l'université de l'auteur, praticien intra-hospitalier, visant à les faire bénéficier d'un travail personnel consistant en une synthèse de lectures personnelles de la littérature médicale et de réflexions issues de sa pratique.
Il n'est pas question dans ce volume de fournir une somme d'affirmations indiscutables couvrant l'ensemble du domaine de la santé publique mais bien les éléments nécessaires à la compréhension des enjeux liant médecine et société aujourd'hui. Il s'agit d'un outil visant à contribuer à l'éducation des étudiants en médecine, des jeunes praticiens et, de façon plus marginale, du public.
Publié le : lundi 25 mai 2015
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Manuels de Médecine Clinique - Eléments de santé publique Dr Shanan Khairi
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Eléments de santé publique
Eléments de santé publique
La Santé Publique a pour objet l'étude des déterminants de la santé des populations et des actions susceptibles de l'améliorer. Elle partage lélargissement de la dimension individuelle de la santé à la dimension collective avec d'autres disciplines : la médecine préventive, la médecine sociale et la médecine communautaire.
Cadre général curatif et préventif (plan quinquennal de la Communauté Française et Charte d'Ottawa de 1986)
La promotion de la santé est définie comme un ensemble de politiques, de services et de mesures destinées à améliorer létat de santé des individus et des populations, en sappuyant sur leurs ressources propres. On distingue : Les soins curatifs • La prévention (primaire à quaternaire) La réhabilitation et la revalidation • Là la santé : développement des compétences des individus et des populations par rapport à leur santé.éducation • La santé communautaire : rassemblement des différents intervenants (patients, citoyens,) autour dun problème de santé. • La réorganisation des services : objectif dintégration de toutes les dimensions (élaboration dune véritable politique de santé)
Médecine individuelle et santé publique La santé globale prend en compte deux dimensions : Médecine individuelle (causalités paucifactorielles) Médecine curative : pourquoi cet individu est-il malade ? Puis je l'aider ? Médecine préventive : cet individu est-il à risque de tomber malade ou de développer des complications ? Puis je l'éviter ? Santé publique (causalités multifactorielles) Epidémiologie sociale : pourquoi la société rend-elle des individus malades ? Puis je modifier la société de telle manière à réduire le nombre d'individus tombant malades ?
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Eléments de santé publique
Déterminants de la santé des individus et des populations Cette liste est non exhaustive. En outre, ces différents déterminants sinfluencent mutuellement : • Généraux : agressions physiques,• Démographiques : pyramide des âges,Biologiques : ressources physiques internes Génétiques : ressources physiques internes Écologiques : environnement, quartier, alimentation Économiques : travail, revenus Sociaux : participation à la vie sociale, famille, amis, logement, support social, statut légal • Culturels : éducation, comportements,Sanitaires : soins, activité physique, hygiène • Psychologiques : stress, estime de soi,
Les facteurs d'inégalités de santé
Selon le pays Entre pays : espérance de vie de 34 ans au Sierra Léone, de 82 ans au Japon. Les différences de mortalité entre pays sont les plus fortes pour la tranche des < 5 ans.
Selon le niveau de richesse • Aux Etats-Unis (USA), lespérance de vie des 10% les plus pauvres de la population est plus basse de 20 ans par rapport aux 10% les plus riches • Dans nos pays, les 10% les plus riches ("classes supérieures") possèdent environ 65% du patrimoine national alors que les 50% les plus pauvres ("classes populaires") possèdent seulement 5% de patrimoine national (données selon Piketty).
Selon le diplôme En Belgique, lespérance de vie dun homme de 25 ans est encore de : • 48 ans sil nest pas diplômé • 50 ans sil a un diplôme de secondaire inférieur • 51 ans sil a un diplôme de secondaire supérieur • 53 ans sil a un diplôme supérieur de type court • 54 ans sil a un diplôme supérieur de type long Cette différence despérance de vie selon le niveau déducation est plus marquée pour les hommes (moyenne de 5,5 ans) que pour les femmes (moyenne de 3,5 ans).
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Eléments de santé publique
Selon le sexe En Belgique, lespérance de vie dun homme de 25 ans est encore de 49,6 ansalors que celle dune femme de 25 ans est encore de 55,9 ans.
Selon l'accès à la propiété En Belgique, le risque relatif (RR) de décès dun locataire par rapport à un propriétaire est de : 1,65 pour les 50-59 ans 1,44 pour les 60-69 ans 1,22 pour les 70-79 ans
Inégalités en termes de mortalité spécifique Les différences de mortalité entre classes sociales sont plus marquées pour les maladies où la prévention est importante (AVC, cardiopathies hypertensives et ischémiques, cirrhose, cancers (colo-rectal ++), suicide, accidents, SIDA,). Le RR davoir un bébé de petit poids est de 1,58 si les deux parents sont chômeurs par rapport à un couple dont seul un parent est chômeur. Le RR dune naissance prématurée dans les mêmes conditions est de 1,4.
Inégalités dans le déroulement des maladies somatiques Moins bonne prévention. Diagnostic plus tardif des maladies. Moins bonne prise en charge. Moins bonne compliance. Moins bon suivi
Inégalités dans le déroulement des maladies mentales Les classes défavorisées : psychiatrique, moins en ambulatoireSont plus rapidement pris en charge en hôpital ou un service • Reçoivent plus vite et plus des médicaments et bénéficient moins dune psychothérapie • Ont une évolution moins favorable (rechutes et réhospitalisations,) Ont un RR = 1,79 de décès par rapport aux classes favorisées durant leur traitement psychiatrique ! Selon une étude épidémiologique de la fin des années '80, 40% des sans domicile fixe (SDF) belges seraient psychotiques (le débat restant entier sur l'explication : est-ce le fait d'être SDF qui favorise la révélation de psychoses - l'isolement social étant un facteur reconnu de décompensations psychotiques - ou la psychose, favorisant l'exclusion sociale, qui favoriserait le fait de devenir SDFs ?).
Inégalités en termes de perception de l'état de santé En Belgique, 60% des personnes défavorisées "se sentent en bonne santé" contre 87% des personnes favorisées.
Politique et taux de pauvreté On définit le seuil de pauvreté comme un pourcentage du revenu médian (certains le fixent à 50%, dautres à 60% ou 80%). Il existe une relation linéaire entre le taux de pauvreté et le taux de redistribution des salaires entre ménages. Ainsi, si lon définit le seuil de pauvreté à 50%, le taux de pauvreté est de 23% aux USA pour un taux de redistribution via la fiscalité (en prenant en compte uniquement les revenus du travail, les revenus du capital et les patromoines étant non ou très peu taxés... alors que ce sont les revenus aujourd'hui prépondérants) de 8%, ces chiffres sont respectivement de 10% et 35% pour les Pays-Bas, de 7% et 60% pour la Belgique, de 3% et 70% pour la Finlande.
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