TRAVAIL DE FIN D ETUDE

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GERMAIN BETTYPromotion 2003-2006STRESS ET INFIRMIERE :UNE RUPTURE PROGRAMMEETravail écrit de fin d’études pour l’obtention du Diplôme d’Etat d’infirmierPremière session 2006Institut de Formation en Soins Infirmiersde Toulon-HyéresAcroPDF - A Quality PDF Writer and PDF Converter to create PDF files. To remove the line, buy a license.« Il s’agit d’un travail personnel effectué dans le cadre des études à l’institut de formationen soins infirmiers de Toulon-Hyéres. Il ne peut faire l’objet d’une publication en tout ouen partie sans l’accord de son auteur et de l’IFSI ».AcroPDF - A Quality PDF Writer and PDF Converter to create PDF files. To remove the line, buy a license.REMERCIEMENTS- à mon mari et à mon fils ainsi qu’à mes ami(e) s pour m’avoir soutenu durant ces troisannées.- à tout le personnel soignant qui m’a accordé du temps et de l’intérêt pour répondre à mesquestions lors de mon enquête exploratoire.- et à ma directrice de mémoire.AcroPDF - A Quality PDF Writer and PDF Converter to create PDF files. To remove the line, buy a license.1.INTRODUCTION …………………………………………. Page 12. PROBLEMATIQUE PRATIQUE …………………………. Page 22.1 Émergence du problème…………………………… Page 22.1.1 Constat de stage………………………….. Page 22.1.2 L’hôpital public………………………….. Page 32 .1.3 Évolution de la profession d’infirmière… Page 42.2 Exploration de terrain……………………………… Page 62.2.1 Travail exploratoire……………………… Page 62.2.2 Analyse des données recueillies…………. Page 62.3 Question ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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GERMAIN BETTY
Promotion 2003-2006
STRESS ET INFIRMIERE :
UNE RUPTURE PROGRAMMEE
Travail écrit de fin d’études pour l’obtention du Diplôme d’Etat d’infirmier
Première session 2006
Institut de Formation en Soins Infirmiers
de Toulon-Hyéres
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« Il s’agit d’un travail personnel effectué dans le cadre des études à l’institut de formation
en soins infirmiers de Toulon-Hyéres. Il ne peut faire l’objet d’une publication en tout ou
en partie sans l’accord de son auteur et de l’IFSI ».
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REMERCIEMENTS
- à mon mari et à mon fils ainsi qu’à mes ami(e) s pour m’avoir soutenu durant ces trois
années.
- à tout le personnel soignant qui m’a accordé du temps et de l’intérêt pour répondre à mes
questions lors de mon enquête exploratoire.
- et à ma directrice de mémoire.
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1.INTRODUCTION ………………………………………….
Page 1
2. PROBLEMATIQUE PRATIQUE ………………………….
Page 2
2.1 Émergence du problème……………………………
Page 2
2.1.1 Constat de stage…………………………..
Page 2
2.1.2 L’hôpital public…………………………..
Page 3
2 .1.3 Évolution de la profession d’infirmière…
Page 4
2.2 Exploration de terrain………………………………
Page 6
2.2.1 Travail exploratoire………………………
Page 6
2.2.2 Analyse des données recueillies………….
Page 6
2.3 Question de départ…………………………………
Page 8
3. PROBLEMATIQUE THEORIQUE…………………………
Page 8
3.1 Le stress……………………………………………..
Page 8
3.1.1 Définition………………………………….
Page 8
3.1.2 Facteurs favorisants……………………….
Page 9
3.1.3 Manifestations…………………………….
Page 9
3.2 La profession………………………………………..
Page 10
3.2.1 Définition………………………………….
Page 10
3.2.2 Les différents secteurs d’activité………….
Page 11
3.2.3 Le contrat de travail……………………….
Page 11
3.2.4 La responsabilité…………………………..
Page 11
3.3 La profession d’infirmière et le stress………………
Page 11
4. CHOIX DE LA METHODE DE RECHERCHE…………….
Page 13
5. HYPOTHESE………………………………………………… Page 13
6. METHODOLOGIE D ENQUETE…………………………… Page 13
6.1 Objectifs de recherche……………………………….
Page 13
6.2 Recueil des données…………………………………
Page 13
6.2.1 Choix de l’outil de recueil de données…….
Page 13
6.2.2 Caractéristiques de la population………….
Page 14
6.2.3 Outils d’analyse……………………………
Page 14
6.2.3.1 Objectifs des questions…………..
Page 14
6.2.3.2 Analyse des questions…………… Page 14
7. CONCLUSION………………………………………………. Page 16
8. BIBLIOGRAPHIE
9. ANNEXES
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1. INTRODUCTION
La politique hospitalière s’est orientée depuis quelques années vers une prise en charge qui
respecterait les droits des patients, et qui leur offrirait des soins de qualité. Ces soins sont
principalement effectués par les infirmières. Mais durant ma formation, je me suis aperçue
que les infirmières pouvaient présenter un mal être ce qui pouvait avoir une incidence sur
la pratique des soins. Dans un premier temps, je fus interpellée par l’attitude d’une
infirmière qui travaillait dans un service de chirurgie. A l’issue d’une longue discussion,
j’ai découvert que malgré l’amour qu’elle portait à son métier elle s’était désinvestie peu à
peu de son rôle. A travers son récit, j’appréhendais une réelle souffrance. Ce qui m’a
interpellé c’est que ce mal être n’était pas ressenti uniquement par cette infirmière. Je
m’aperçus que ce témoignage n’était pas unique et qu’il venait corroborer d’autres récits
d’infirmières rencontrées au cours de mes divers stages dans d’autres services. Je me suis
alors demandée où le désinvestissement professionnel prenait sa source ? Cet état avait de
nombreuses répercussions sur la santé, mais aussi sur la pratique au quotidien des
infirmières. J’ai donc choisi d’orienter mon travail sur les causes du désinvestissement des
infirmières.
Dans la première partie, j’ai effectué des recherches sur l’environnement professionnel de
l’infirmière, afin de comprendre ce qui pouvait engendrer cet état. Le but étant de mieux
cerner le contexte de travail de l’infirmière. Il me parait indispensable de comprendre le
fonctionnement de l’hôpital public qui est le plus grand employeur d’infirmières.
Je me suis interrogée, également, sur l’évolution de la profession « infirmière », car j’ai pu
constater que les fonctions de l’infirmière n’avaient pas cessé de changer depuis la création
de la profession.
Puis, j’ai effectué une enquête sur le terrain afin de connaître le ressenti des infirmières
dans les hôpitaux. J’ai émis une question préliminaire, dans le but de connaître les facteurs
qui pouvaient amener l’infirmière à ce désinvestissement professionnel. Cette enquête fût
pour moi très riche. Elle m’a conduit vers une piste très intéressante qui m’a permit de
formuler une hypothèse que vous découvrirez dans la seconde partie de mon travail.
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2. PROBLEMATIQUE PRATIQUE
2.1 Émergence du problème
2.1.1 Constat de stage
Lors d’un stage en chirurgie dans un hôpital public, je me suis trouvée face à une situation
qui m’a interpellé. En effet, le premier jour de ma prise de service, je me suis présentée à
l’infirmière, l’informant que j’étais étudiante et que je venais effectuer un stage de quatre
semaines dans son service. Elle était occupée à préparer son chariot, et elle s’exclama en
ces termes: « encore une de plus, moi de toute façon je n’ai pas le temps de prendre en
charge les étudiants».
Malgré les propos tenus, je l’ai accompagné pour effectuer le premier tour du matin. Nous
fûmes alors apostrophées dans le couloir par un patient qui avait malencontreusement
désadapté sa sonde, provoquant ainsi l’inondation de sa literie. L’infirmière effectua le
changement de sonde, mais refusa de changer la literie du patient. Elle lui expliqua qu’il
n’était pas tout seul, que l’équipe d’aide-soignant viendrait s’en occuper plus tard.
Le Monsieur fut très mécontent de cette réponse, mais étant immobilisé, il ne pouvait pas
faire autrement que de patienter. En sortant de la chambre, l’infirmière murmura : « je ne
les supporte plus ». Ce dernier dû attendre l’arrivée quelques temps plus tard des aides-
soignants pour être de nouveau au sec. Cette situation m’a amené à me poser les questions
suivantes :
L’infirmière avait elle une charge de travail trop importante au point de ne pas pouvoir
faire face aux imprévus ?
Avait-elle suivi un mode de fonctionnement propre au service ?
Le rôle propre de l’infirmière est-il délégué aux aides soignantes ?
En fait, j’étais bien loin de la bonne réponse. Un matin, cette infirmière me demandant
pourquoi j’avais choisit cette profession. Une discussion franche et sans tabou s’engagea
alors. Je lui fis part de mes motivations et, de son côté, elle me confia son sentiment au
bout de 16 ans d’expérience. Elle m’expliqua que le métier d’infirmière était pour elle un
métier formidable qu’elle avait choisi de faire. Pouvoir aider les autres était gratifiant et
très enrichissant pour elle. Elle avait l’impression d’exister à travers l’attention qu’elle
portait aux malades. Pourtant, depuis quelques temps, elle ressentait une certaine lassitude.
Elle venait au travail par obligation et non plus par plaisir, avec le sentiment profond de ne
plus s’investir totalement lors des soins. Comme robotisée, elle culpabilisait du peu de
temps passé auprès des patients, mais aussi avec sa propre famille. Elle disait que le
rythme institutionnel ne lui permettait pas de faire autrement. L’investissement
professionnel avait eu des répercussions sur son équilibre affectif avec sa famille. Elle
dormait mal, n’avait pas faim, elle était irritée, impulsive, fatiguée. Son entourage en
faisait les frais, lui faisant remarquer son mauvais caractère, ses crises d’énervement
intempestives. Consciente de ses turpitudes, elle les subissait sans pouvoir réagir, avec
pour conséquence la sensation de s’isoler des autres et de s’enfermer dans son propre
carcan. Elle se rendait compte que peu à peu, se refermant sur elle-même, elle s’était isolée
de l’équipe soignante au travail. Elle ne supportait plus les remarques que l’on pouvait lui
faire. Elle était rendue à un point où sa seule motivation était la paye à la fin du mois. Elle
avait songé à changer de profession, se reconvertir, mais vers quoi ? De par son statut, la
sécurité de l’emploi, et surtout son salaire, elle qualifiait cette idée d’utopique et avait du
renoncer. Elle disait ne pas avoir le droit de se plaindre au vue de la conjoncture
économique et sociale actuelle, difficile pour beaucoup de personnes. Elle se sentait
désinvestie de toutes les valeurs morales et professionnelles qui lui tenaient tant à coeur
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jusqu’à maintenant. La discussion n’en finissait plus. Je pris conscience que son
comportement vis-à-vis du patient quelques jours auparavant, prenait sa source dans son
mal être. Au travers de son récit, j’appréhendais une réelle souffrance, qui l’amenait peu à
peu à se désinvestir de sa profession. Je m’aperçus que ce témoignage n’était pas unique et
qu’il venait corroborer d’autres récits d’infirmières rencontrées au cours de mes divers
stages dans d’autres services. Je me suis alors demandé où le désinvestissement
professionnel prenait sa source ? Au cours de mes investigations, une étude m’a révélée
que «
16 % des soignants envisageaient de quitter leur profession
1
. D’ailleurs «
en 2001,
50 000 infirmières diplômées de moins de 55 ans n’exerçaient plus en tant
qu’infirmières.
»
2
.Ce constat m’a amené à me dire qu’il existait vraiment un problème. Ces
interruptions sont elles dues aux conditions de travail ?
Pour essayer de comprendre, j’ai effectué des recherches pour savoir comment fonctionnait
un hôpital public. J’ai choisi l’hôpital public car c’est le plus grand employeur, 70% des
infirmières y travaillent
3
. Puis, j’ai effectué des recherches pour savoir ce qu’engendre
l’évolution de la profession « infirmière » sur leurs identités.
Ensuite, j’ai mené une enquête sur le terrain afin de connaître le ressenti des infirmiers
dans les hôpitaux publics. Le but en tant qu’étudiante a été de comprendre ce qui engendre
ce désinvestissement, car ce sont les patients qui en subissent les conséquences. Pour moi il
est important de connaître les raisons qui pourraient perturber la prise en charge des
patients. Car il ne faut pas perdre de vue que notre fonction est de pouvoir accompagner les
patients, afin qu’ils puissent traverser cette période d’hospitalisation sereinement et en
toute sécurité. Cela fait partie de nos attributions. D’ailleurs, il est spécifié dans le décret
qui réglemente la profession, que : «
l’infirmière a pour rôle de protéger, maintenir,
restaurer et promouvoir la santé physique et mentale des personnes.
»
4
(annexe I). Mais
lorsqu’on voit que 50 000 infirmières ont choisi de ne plus assurer ce rôle en mettant un
terme à leur profession, on peut s’interroger sur les raisons de ces interruptions
prématurées. D’ailleurs, ceci n’est pas sans répercussions au niveau des patients qui
manifestent un mécontentement grandissant. Ils disent «
qu’il existe un écart entre leurs
attentes et les réponses apportées par les professionnels.
»
5
. Pourtant, les hôpitaux
s’orientent vers une prise en charge qui respecterait les droits des patients, et qui leur
offrirait des soins de qualité (annexe II). Mais comment rendre effectif cette prise en
charge si les infirmières se sentent désinvesties de leur rôle ? L’orientation prise par les
hôpitaux pourrait se voir remit en cause. Il me parait donc judicieux de comprendre ce qui
se passe dans les hôpitaux publics de nos jours. Pour, cela j’ai effectué des recherches pour
comprendre leur mode de fonctionnement.
2.1.2 L’hôpital public.
«
Le système hospitalier repose sur une distinction fondamentale entre les établissements,
selon qu’ils participent ou non au service public hospitalier. (...) Soumis au contrôle de
l’état ils restent cependant rattachés à une commune en général.
»
6
. Ils sont financés par un
système de dotation globale qui est remit en cause. En effet, cette dotation pouvait être sur
ou sous évaluée en fonction des besoins de l’hôpital. D’ailleurs, cette dotation s’oriente
1
GOUSSET Valérie (2005), p 21
2
BELFER Richard (2005), p 28
3
PERRONTI Pierre (2005), p 13
4
DECRET 2004-802, du 29 juillet 2004 portant sur la profession d’infirmier.
5
HESBEEN Walter 2002 p 24
6
PERRONTI Pierre, 2005, p 12 et 13
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vers «
une tarification à l’activité avec le plan hôpital 2007
»
7
. «
Les hôpitaux publics sont
moins nombreux que les hôpitaux privés mais concentrent 66 % des capacités et sont à
l’origine de 75 % des dépenses de santé »
8
. D’où leur importance. Cependant, de par la
conjoncture économique et sociale de notre pays, ils doivent faire face à de nombreuses
réformes. En effet, notre pays est en période de crise. Des restrictions budgétaires ainsi que
des réformes ont étaient mises en place afin de réduire les dépenses tout en essayant de
fournir un travail de qualité dans le respect des droits des patients. Cependant, ces
changements ne sont pas sans effets. Hors mis la régulation des dépenses de santé, les
hôpitaux doivent aussi faire face à l’accélération du progrès médical, à l’allongement de la
durée de vie, à une exigence croissante de qualité et de sécurité des soins, ainsi qu’à
l’affirmation des droits et de la place des malades. Parallèlement, les hôpitaux doivent
gérer les problèmes liés au manque de personnels soignants. En effet, «
le taux
d’absentéisme a continuellement augmenté depuis 1996 avec un pic en 2000 chez les
personnels soignants, avec 20 jours d’absences annuelles par agent
»
9
. Depuis quelques
années, les hôpitaux essayent également de faire face à la pénurie d’infirmières.
Les
raisons de cette pénurie sont nombreuses. Il y a tout d’abord l’augmentation du
vieillissement de la population qui a nécessité l’augmentation des postes afin de répondre à
la demande qui s’est accrue. Il y a eu les nombreux départs à la retraite et l’instauration des
35 heures qui n’a pas facilité les choses. Mais c’est aussi la conséquence d’un retard
concernant le nombre d’infirmières formées. Même si l’augmentation a été considérable
«
14 000 élèves en 1989 et 26 000 en 2000
»
10
cela n’a pas suffit pour rattraper ce retard.
De plus, les interruptions prématurées de l’activité sont nombreuses. Il semblerait que les
hôpitaux rencontrent des difficultés de fonctionnement qui vont de paire avec l’évolution
de la situation économique et sociale de notre pays. Ce qui rend les conditions de travail
plus difficile et peut amener le personnel à se désinvestir. Cependant, je ne pense pas que
ce soit la seule cause. Je me demande si le désinvestissement évoqué par l’infirmière de
chirurgie ne pourrait pas venir des changements de fonction qu’occasionne l’évolution de
la profession. Cela m’a conduit à m’interroger sur la profession d’infirmière.
2.1.3 L’évolution de la profession d’infirmière.
La profession d’infirmière est une profession qui n’a pas cessée d’évoluer. Cela a engendré
des modifications assez nombreuses sur le plan législatif. Actuellement, c’est le décret du
29 Juillet 2004 (annexe I) qui réglemente la profession. Ce décret définit l’exercice de la
profession, la nature et les dimensions de soins, le rôle propre ainsi que les actes s’y
référant, et le champ d’application. Il décrit les actes du rôle prescrit. Il régit
l’administration de traitement antalgique, la participation durant des actes médicaux, la
pratique des actes infirmiers considérés comme dangereux, la possibilité d’appliquer des
protocoles non nominatifs et la mission de l’infirmière. Il reconnaît également les fonctions
de l’infirmière anesthésiste, des infirmières du bloc opératoire et des puéricultrices.
En 11 ans, le décret qui régi la profession a changé 3 fois. (16/02/93 puis 11/02/02 puis
29/07/04). Depuis la création de la profession, un grand nombre de changements ont eu
lieu. Je pense qu’il est nécessaire de retracer l’historique de la profession d’infirmière. En
effet, cette profession a vu le jour au VI éme siècle avec l’apparition «
des femmes
7
DEKUSSCHE Céline, 2005, p 6
8
PERRONTI Pierre, 2005, p 13
9
DEKUSSCHE Céline, 2005, p 6
10
NYS Jean-François, 2005, p 10
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auxiliaires des maisons de Dieux
»
11
. A l’époque, ces femmes religieuses étaient «
traitées
avec méfiance, comme ferment de corruption, de désordre (…) vêtues de robe blanche,
symbole de pénitence, elles doivent pratiquer la chasteté, l’obéissance absolue, l’humilité,
l’aumône et la charité.
»
12
. A la fin du 19 ème siècle de part l’anticléricalisme, les
médecins furent obligés de trouver des auxiliaires autres que les religieuses pour s’occuper
des malades. Ces auxiliaires devaient faire preuve de dévouement pour leurs patients et
envers les médecins. «
Les pratiques soignantes commencent à évoluer. Les religieuses
occupent plutôt la place de gardes-malades. Elles doivent posséder les qualités essentielles
pour entourer, aider et écouter les malades
»
13
. «
C’est à la charnière de la fin du XIXe et
du début du XX é siècle que le terme « d’infirmière » relègue celui de « garde malade » ou
de « soignants
»
14
. «
En 1875 un projet de création du corps infirmier laïc, placé sous
l’autorité médicale, a vu le jour (…) et la première école d’infirmière fut crée en 1901
»
15
.
Puis, de nombreuses femmes comme Florence NIGHTINGALE, Virginia ANDERSON,
Léonie CHAPTAL démontrèrent que la profession d’infirmière est une spécialité bien à
part. La reconnaissance de la profession au sein du milieu médical reste pourtant difficile.
Depuis de nombreuses années plusieurs combats ont été menés. Cependant, la
reconnaissance attendue par les infirmières progresse lentement. Pourtant, le rôle de
l’infirmière évolue en même temps que la médecine progresse. Une mesure est
actuellement proposée afin de valoriser la profession et peut être de permettre une
meilleure reconnaissance de celle-ci. C’est le rapport DEBOUZIE. Ce rapport consisterait
à mettre en place une année d’étude commune de santé. L’intégration des formations
paramédicales au système européen de licence master doctorat permettrait de délivrer un
diplôme du ministère de la santé ainsi qu’une équivalence universitaire. Le but de la
licence master doctorat nommé « LMD », serait également de revoir le rythme de
formation pour rendre celle-ci plus attractive.
Y aura-t-il une meilleure reconnaissance du métier ?
La pénurie d’infirmière pourrait-elle se voir combler par cette mesure ?
J’ai l’impression que même si on essaye de faire des efforts en rendant la formation
attractive et en reconnaissant la profession, cela ne réglera pas le mal être ressenti dans la
profession, et le désinvestissement des infirmières. Je pense que des éléments m’échappent
et que seule une enquête sur le terrain pourrait m’aider à y voir plus clair. C’est pour cela
que j’ai effectué une enquête dans un hôpital public afin de connaître les éléments qui
peuvent amener à ce désinvestissement. Afin d’atteindre mon objectif, j’ai posé une
question préliminaire et j’ai construit un questionnaire (annexe III) pour mener des
entretiens.
Question préliminaire :
Quels sont les facteurs qui peuvent engendrer chez l’infirmière
un désinvestissement
professionnel ?
11
WENNER, 1988, page 20 et 21
12
WENNER, 1988, page 20
13
CCARINCOTTE, 2006, page 2
14
COLLIERE, 1982, page 14
15
WENNER, 1988, page 24
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2.2 Exploration de terrain
2.2.1 Travail exploratoire
J’ai élaboré des questions ouvertes pour procéder à des entretiens semi-directifs. Mes
entretiens se sont effectués dans un établissement public situé dans le Var, dans divers
services après avoir obtenue les autorisations nécessaires. J’ai pu interroger 9 infirmières
qui avaient entre 11 et 24 ans d’expérience professionnelle.
2.2.2 Analyse des données recueillies
Il est ressorti qu’elles avaient toutes choisi d’exercer cette profession. Ce choix était
motivé par l’envie d’aider son prochain, la diversité des tâches, le travail d’équipe, la
possibilité d’évoluer sur les soins techniques et relationnels, la sécurité de l’emploi et la
possibilité d’avoir d’un déroulement de carrière.
Cinq d’entre elles disent ne pas se sentir bien professionnellement. D’ailleurs, la durée de
leur entretien fût bien plus importante que pour les autres. Elles avaient un réel besoin de
parler de leurs difficultés. Cependant, celles qui disaient se sentir bien ont avoué rencontrer
tout de même des difficultés dans leur pratique au quotidien. J’ai pu regrouper les éléments
de ces difficultés à travers trois items.
A) Les facteurs physiques
Elles disent se sentir vidées, suite à l’accumulation de différents facteurs. La charge
physique liée aux conditions de travail engendre de la fatigue et du stress. Le manque de
personnel est pointé du doigt augmentant ainsi la charge de travail et nécessitant une
cadence lourde : une infirmière qui travail à 100% peut effectuer 6 jours consécutifs. De
plus il y a peu de possibilité de prendre des repos quand le besoin se fait ressentir. Ceci est
dû au manque de personnel. Pour combler ce manque, les institutions de formation en soins
infirmiers ont augmenté leur quota. Malheureusement, le rythme de travail est tellement
intense que les infirmières n’arrivent pas à encadrer ces futurs professionnels comme elles
le voudraient. Cela les frustrent et les culpabilisent, car elles s’aperçoivent qu’elles
n’arrivent pas à tout gérer et elles ont le sentiment d’être inefficace. La productivité
suscitée par le rythme institutionnel les épuise. « On nous demande de faire vite et bien »
dit l’une d’elle, c’est fatiguant, et stressant. Ce dysfonctionnement est soulevé dans le livre
de CANOUI ET MAURANGES qui disent que :
«
Les dysfonctionnements quotidiens liés à l’organisation du travail sont répétés et
deviennent règles de travail sans qu’on tente d’y remédier. Deux facteurs émergent :
l’interruption des tâches et l’ambiguïté des rôles. […] l’infirmière dérangée, s’oblige à un
effort supplémentaire […] la fatigabilité est donc la première conséquence
»
16
.
La charge de travail occasionnée par la partie administrative leur pèse, même si elles ont
conscience que cela les couvre en cas de litige et facilite les transmissions. Le bruit des
sonnettes ou des scopes est générateur de stress pour elles, car il signifie qu’il faut
intervenir rapidement.
B) Les facteurs émotionnel
Elles constatent que s’occuper des malades n’est pas si facile, même si c’est leurs choix.
Elles disent qu’il y a un décalage entre leurs aspirations et la réalisation face à la relation
d’aide. La relation à l’autre n’est pas si facile en pratique : elles disent que cela occasionne
une projection avec leur propre vécu, malgré qu’elles doivent se positionner en tant que
16
CANOUI MARANGES, 2004, p 58
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professionnelles. Elles qualifient la prise en charge des patients inappropriée à leur
conviction initiale. Elles soulignent qu’elles avaient choisi d’exercer cette profession pour
venir en aide aux patients et elles s’aperçoivent que la partie « relationnelle » est de moins
en moins possible. La principale cause étant le manque de temps consécutifs à la
productivité suscitée par le rythme institutionnel. Mr MACREZ consultant, spécialiste en
communication dans les structures hospitalières, a constaté ce fait. D’ailleurs, il dit dans
son article sur « La crise hospitalière » que : «
Les personnels soignants rapportent qu’ils
ont de moins en moins de temps à donner à chaque patients
»
17
. Les infirmières soulignent
que la tenue ne protége pas de tout car il y a à l’intérieur un être qui pense, ressent, et qui
se trouve confronté à la réalité du métier. La prise en charge des familles leur parait
inappropriée à leur réel besoin, mais faute de temps elles font pour le mieux. Les patients
ou leur famille leur renvoient quelques fois, de façon très agressive, ces manques. Elles se
sentent jugées et dévalorisées injustement. Elles font ce qu’elles peuvent faire dans un laps
de temps imparti. Chaque jour qui passe est différent des autres jours. L’admission des
patients est vectrice de stress car les infirmières sont rarement informées de la gravité de
leur état. Elles se voient parfois obligées de passer la main car la situation est trop
stressante pour elles. L’émotion est tellement forte qu’elles ressentent le besoin de se
mettre à distance du patient : elles se sentent désarmées et vivent cette situation comme un
échec, car elles pensent que c’est leur rôle d’être là. Elles évoquent que le moment le plus
redouté est la mort, hantise dans leur quotidien. Elles jugent ne pas y être assez préparé et
que cela engendre un grand stress pour elles. Lorsqu’elles sont confrontées à un moment
difficile, comme la perte d’un patient, elles ont rarement la possibilité de pouvoir en
discuter. Une psychologue se tient à leur disposition mais malheureusement aucun temps
n’est aménagé. La seule soupape c’est la pause café, mais faute de temps, elles arrivent
rarement à se retrouver pour en discuter en équipe.
Elles disent accumuler les émotions, et ne plus arriver à les extérioriser, elles s’enferment
dans leur mutisme. Cela se reflète sur leur personnalité. Elles ont conscience d’être parfois
irascibles et hermétiques à leur entourage professionnel ou familial.
Elles soulignent que l’augmentation quantitative de la charge de travail a une incidence sur
sa qualité. Elles sont devenues des exécutrices de gestes techniques désagréables pour les
patients. Elles font très souvent l’impasse sur l’aspect relationnel du métier faute de temps
et de formation. Cette réalité est retrouvée dans l’article « la crise hospitalière » où il est
dit que :
«
Les personnels accordent légitimement la priorité aux gestes de soin. Le « soin » prend
de plus en plus de place au détriment du « prendre soin
».»
18
. Elles expliquent que souvent
elles doivent se surpasser afin de surmonter leur angoisse lorsqu’elles doivent effectuer des
actes déplaisants. L’effort fourni les fatigue énormément. Une fois leur service terminé,
elles disent repartir avec le sentiment de ne pas avoir effectuer leur travail correctement.
Pour remédier à ce sentiment, elles adoptent très souvent un comportement de
présentéisme dans l’espoir de repartir l’esprit plus tranquille. Mais bien souvent cela ne
suffit pas. De plus, elles estiment ne pas être considérées au niveau social. Pour elles, il est
devenu normal de devoir assumer sa vie professionnelle et familiale. Elles trouvent que
leur vie familiale est très peu prisent en considération à sein de leur travail. Elles arrivent
parfois au travail stressées par les faits de leur vie personnelle. Ce stress occasionne une
disponibilité moins importante, ainsi que de la fatigue, des troubles du sommeil, et/ou des
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