L'effet divan

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L'analyse, est-ce vraiment ce qu'on entend parfois dire : c'est pour les riches, les intellos, les nombrilistes ? Et le psy, à quoi s'apparente-t-il ? A un coach ? A un gourou ? A une bonne âme bienveillante ? Dans ce livre, Valérie Blanco balaye et bouscule tous les clichés sur la psychanalyse. Elle montre comment la psychanalyse et l'analyste opèrent, quels en sont les principaux ressorts. Au ton vif et accessible, cet ouvrage fait l'éloge d'une psychanalyse moderne, capable d'aider chacun à déployer ses ailes.
Publié le : jeudi 1 janvier 2015
Lecture(s) : 84
EAN13 : 9782336365169
Nombre de pages : 158
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Valérie BLANCO
L’EFFET DIVAN
Éloge de la psychanalyse à l’usagede ceux qui veulent déployer leurs ailes
Études psychanalytiques
L’Effet divan
Du même auteur : Dits de divan, Notions de psychanalyse illustrées d’extraits de séances, L’Harmattan (2010). © L'HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05001-0 EAN : 9782343050010
Valérie Blanco L’Effet divan Éloge de la psychanalyse à l’usage de ceux qui veulent déployer leurs ailes
Études Psychanalytiques Collection dirigée par Alain Brun et Joël Bernat La collectionEtudes Psychanalytiquesproposer un pas veut de côté et non de plus, en invitant tous ceux que la praxis (théorie et pratique) pousse à écrire, ce, « hors chapelle », « hors école », dans la psychanalyse. Dernières parutions Frédérique F. BERGER,Symptôme de l’enfant, Enfant symptôme, 2014. Soti GRIVA,Crimes en Psychothérapie. A-Voros, 2014. Jacques PONNIER,Adler avec Freud. Repenser le sexuel, l’amour et le souci de soi, 2014.Laurence KAPLAN DREYFUS,: À l’écoute desEncore vivre récits de la Shoah. La psychanalyse face à l’effacement des noms, 2014. Stoïan STOÏANOFF-NENOFF,Freudaines,2014. Francine Hélène SAMAK,De Freud à Erickson.L’hypnose revisitée par la psychanalyse,2014. Christiane ANGLÉS MOUNOUD,Aimer = jouir, l’équation impossible ?, 2014. Christophe SOLIOZ,: entre dissidencePsychanalyse engagée et orthodoxie, 2014. Mina BOURAS,Elle mange rien,2014. Vanessa BRASSIER,Le ravage du lien maternel, 2013. Christian FUCHS,Il n’y a pas de rapport homosexuel, ou de l’homosexualité comme générique de l’intrusion, 2013. Thomas GINDELE,Le Moïse de Freud au-delà des religions et des nations. Déchiffrage d’une énigme, 2013. Touria MIGNOTTE,La cruauté. Le corps du vide, 2013. Pierre POISSON,Traitement actuel de la souffrance psychique et atteinte à la dignité. « Bien n’être » et déshumanisation, 2013. Gérard GASQUET,Lacanpoètedu réel, 2012. Audrey LAVEST-BONNARD,L’acte créateur. Schönberg et Picasso. Essai de psychanalyse appliquée, 2012. Gabrielle RUBIN,Ces fantasmes qui mènent le monde, 2012.
Introduction : « Ça m’a sauvé la vie ! » Il y a un certain nombre d’années, avant que je rencontre la psychanalyse, une amie chère me dit à propos de son analyse : « Ça m’a sauvé la vie ! » J’en fus interloquée. Quoi ? Comment cette amie d’enfance que j’avais toujours admirée et à qui tout semblait réussir pouvait-elle avoir besoin d’être « sauvée » ? Et comment son psy, sur la base de simples échanges de paroles, pouvait-il avoir contribué à ce sauvetage ? Sauver la vie ?! L’expression était forte, ce n’était pas simplement : « ça m’a aidée à passer un moment difficile ». Non, cette jeune femme brillante et marquée en apparence du sceau de la réussite avait dit « ça m’a sauvé la vie ! ». C’était invraisemblable ! Il m’a fallu à mon tour avoir besoin d’entreprendre une analyse, puis commencer une pratique d’analyste pour me remettre de mon étonnement initial. Aujourd’hui je voudrais apporter mon témoignage. Témoigner de l’incroyable expérience et du formidable parcours qu’est une cure analytique. Oui, une analyse, ça peut vous sauver la vie ! En tout cas, ça vous change la vie. Comment ? Comment, se demandera-t-on, une pratique basée sur la parole peut-elle avoir des répercussions sur votre vie, votre façon d’être avec les autres, votre corps, vos pensées, votre caractère ? C’est ce que nous verrons dans ce livre, qui n’est pas un ouvrage théorique exhaustif même s’il s’appuie sur les grands concepts freudiens et lacaniens, mais bien plutôt un simple témoignage basé sur l’expérience de l’analyse. C’est donc volontairement une vision tout à fait subjective et biaisée de la psychanalyse qui est proposée ici, puisque le point d’où
elle part est le point de vue singulier de mon analyse et de ma pratique. Mais cette façon de faire est tout à fait en accord avec celle de la psychanalyse qui ne se préoccupe que du singulier de chacun. En cela l’analyse a une fonction subversive éminemment salvatrice dans notre monde contemporain. Là où notre modernité promeut l’évaluation et la protocolisation à tout va, à partir de normes de bonnes pratiques dans lesquelles tout un chacun doit trouver à se ranger, là où notre monde se globalise et tend vers une certaine uniformité, la psychanalyse a contrario cultive l’unique et propose à chacun de faire lien social à partir de sa singularité, et non à partir d’un « comme tout le monde ». Là où la tendance des politiques est à la prévention à tout crin, au risque par exemple de marquer tout enfant un peu trop plein de vie de la lourde étiquette d’hyperactif ou de futur délinquant, là où l’on cherche à éradiquer toute déviance et à anticiper tout raté, la psychanalyse rappelle que le ratage fait partie de notre condition humaine et offre à chacun de faire œuvre de sa « singulière clocherie ». Là où notre société actuelle nous porte à une consommation de masse, faisant de nous tous une masse consommante, consommant une masse d’objets, nous confrontant pourtant plus à l’insatisfaction en masse qu’à une masse de satisfactions, la psychanalyse fait place au manque et nous permet de savoir faire quelque chose de nos manques. Là où notre époque et sa technologie nous rendent capables de tout faire en un rien de temps et où pourtant nous avons souvent le sentiment de n’avoir plus le temps de rien, la psychanalyse nécessite que nous prenions notre temps : une analyse, ça prend du temps, un long temps. Pour autant la psychanalyse, qui subvertit, qui met dessus ce qui était dessous, est-ellelasolution au malaise dans notre
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civilisation moderne ? Faut-il brandir son panache et exhorter tout le monde à le suivre ? Non, car la psychanalyse n’est ni une nouvelle religion, ni une nouvelle philosophie, ni une méthode de bien-être. Elle ne donne aucun conseil, aucune recette du bonheur, prêt-à-servir et valable pour tous. La psychanalyse est une pratique. Une pratique dont l’existence et l’efficacité ne tiennent qu’à sa mise en acte par deux personnes – ou sujets – uniques, l’analysant et l’analyste. C’est une pratique du singulier, qui ne débouche que sur des solutions au cas par cas. Elle n’est donc paslasolution au malaise dans la civilisation, mais elle invite tous ceux qui le souhaitent à se lancer dans cette longue aventure de la cure au terme de laquelle chacun peut construiresasolution àsonmalaise dans la civilisation. Ainsi, dans cette expérience subversive, chacun peut gagner un peu de liberté non seulement à l’égard des exigences et des travers de notre civilisation, mais surtout envers ses propres travers et ses propres déterminations inconscientes, celles-là mêmes qui le font éprouver à son insu et à répétition les mêmes désagréments, les mêmes dérangements. Elle nous propose d’en savoir un peu plus sur ce que ce que nous préférerions ignorer. La singularité de l’expérience analytique rend difficile son éloge. Difficile en effet de parler au nom de tous d’une expérience faite en son nom propre, difficile de parler pour tous d’un parcours fait par chacun, difficile de parler à tous d’un cheminement si intime. C’est pourtant le défi que ce livre tentera de relever. Nous qui sommes analysés, parfois analystes, sommes lents à réagir quand la psychanalyse est attaquée et quand certains prédisent son crépuscule. Peut-être parce que celui qui est allé au terme de son analyse fait fi – à tort – de ces attaques et de ces médisances car il sait, lui, intimement quels
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