Anthologie des poetes français contemporains; le Parnasse et les écoles postérieures au Parnasse (1866-1906); morceaux choises, accompagnés de notices bio- et bibliographiques et nombreux autographes. Préface de Sully Prudhomme

De
ANTHOLOGIE DES FRANÇAISPOÈTES CONTEMPORAINS HUITIEME M I LLE ANTHOLOGIE DES FRANÇAISPOÈTES CONTEMPORAINS LE PARNASSE ET LES ECOLES POSTERIEURES PARNASSE (1866-1906)AU choisis, accompagnésMorceaux de notices bio- et bibliographiques de nombreux autographeset ^PAR Gf^ALCH Préface de SULLY PRL'DHOSISIE DE l'ACADÉMIE FRAiNÇAlSE TOME DEUXIEME PARIS LEYDE eu. DELAGRAVE A.-W. SIJTHOFF EDITEUR ÉDITEUR k/s ANTHOLOGIE DES FRANÇAISPOÈTES CONTEMPORAINS MALLARMÉSTÉPHANE —Bibliographie. — La Dernière Mide, revue (Paris, 1875); d'Edgard Poe, illustré de 5 dessins de Manet, texteLe Corbeau —anglais et français (Librairie de l'eau-lorte, Paris, 1875); L'Apr'eS'Midi d'un Faune, églogue (Derenne, Paris, 1876);— Vx' avec avant-dire et préiace (Labittè, Paris,thek, de Beckford, —1876); Les Mots anglais, petite philologie à l'usage des classes —et du monde (Truchy, Paris, 1878) Les Dieux antiques, nou- ; orné de 260 vignettes (Rothschild,velle mythologie, ouvrage —Paris, 1880) Poésies complètes, photogravures sur le manus- ; crit avec ex libris de F. Rops (édition de la Revue Indépen- — L'Après-Midi d'un Faune (éditiondante, Paris, 1887); de la —Revue Indépendante, Paris, 1887); L'Après-Midi d'un Faune (Vanier, Paris, — Le Ten o'clock de M.
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ANTHOLOGIE
DES
FRANÇAISPOÈTES
CONTEMPORAINSHUITIEME M I LLE
ANTHOLOGIE
DES
FRANÇAISPOÈTES
CONTEMPORAINS
LE PARNASSE ET LES ECOLES POSTERIEURES
PARNASSE (1866-1906)AU
choisis, accompagnésMorceaux de notices
bio- et bibliographiques
de nombreux autographeset
^PAR
Gf^ALCH
Préface de SULLY PRL'DHOSISIE
DE l'ACADÉMIE FRAiNÇAlSE
TOME DEUXIEME
PARIS LEYDE
eu. DELAGRAVE A.-W. SIJTHOFF
EDITEUR ÉDITEURk/sANTHOLOGIE
DES
FRANÇAISPOÈTES
CONTEMPORAINS
MALLARMÉSTÉPHANE
—Bibliographie. — La Dernière Mide, revue (Paris, 1875);
d'Edgard Poe, illustré de 5 dessins de Manet, texteLe Corbeau
—anglais et français (Librairie de l'eau-lorte, Paris, 1875);
L'Apr'eS'Midi d'un Faune, églogue (Derenne, Paris, 1876);— Vx'
avec avant-dire et préiace (Labittè, Paris,thek, de Beckford,
—1876); Les Mots anglais, petite philologie à l'usage des classes
—et du monde (Truchy, Paris, 1878) Les Dieux antiques, nou-
;
orné de 260 vignettes (Rothschild,velle mythologie, ouvrage
—Paris, 1880) Poésies complètes, photogravures sur le manus-
;
crit avec ex libris de F. Rops (édition de la Revue Indépen-
— L'Après-Midi d'un Faune (éditiondante, Paris, 1887); de la
—Revue Indépendante, Paris, 1887); L'Après-Midi d'un Faune
(Vanier, Paris, — Le Ten o'clock de M. Whistler (édition1887);
Paris, — Poèmes d'Edgarde la Revue Indépendante , 1888);
—Poe, avec fleuron et portrait par Manet (Vanier, Paris, 1888);
Pages, prose (Deman, Bruxelles, 1890 et 1891); — Les Miens :
(Lacomblez, Bruxelles, —Villiers de L'Isle-Adam, prose 1892);
Vers et prose, florilège , avec portrait par James Mac-Neill
Whistler (Perrin, Paris, — Vathek (Perrin, Paris,1893); 1893);
— — Pré»La Musique et les Lettres, prose (Perrin, Paris, 1895);
faceau Catalogue de l'exposition de Berthe Morisot(M™« Eugène
Manet) (Durand-Ruel, Paris, — Divagations, prose (Fas-1896);
quelle, — deParis, 1897); Un Coup dés jamais n'abolira le ha-
sard, —poème en prose (Cosmopolis, n» de mai 1897, Parisl;
Avant-dire à Raisins bleus, poésies par Léopold Dauphin (Va-
Il. 11 ANTHOLOGIE DES POETES FRANÇAIS
nier, Paris, —1897); Poésies complètes, avec frontispice de F.
Rops (Deman, Bruxelles, 1899).
A PARAÎTRE : Les Poésies de Stéphane Mallarmé, édition com-
ne varietur,plète contenant plusieurs poèmes inédits et les
variantes : 100 exemplaires à 100 francs, par souscription, à
Paris, chez Eugène FasquoUe.
Stéphane Mallarmé a collaboré à l'Artiste (1862), au Parnasse
Satirique à la Saison de(1864), Vichy (1865), au Parnasse Contem-
porain (1866), à la Revue des Lettres et des Arts au(1868), Second
Parnasse Contemporain (1869-1871), au National (1871 et 1872), à
Renaissancela (1872 et 1874), au Tombeau de Théophile Gautier
<Lemerre, Paris, 1873), à la Revue du Monde nouveau (1874), à la
République des Lettres au Poe Mémorial(1876), (1877), à la Revue
{\9,^'t),k\ACritique Revue Indépendante (II' série, 1885, et III» sé-
rie, 1887), à la Revue Wagnérienne à VArt et(1885), la Mode (1885
la Décadenceet 1887), à (1886),au Décadent (1886), au Scapin (1886),
à la Wallonie (1886), à la Vogue (I'« série, 1886), à la Gazetta Lette-
raria à la Revue d'aujourd'hui au Mercure(1886), (1890), de France
(1890, 1831 etl8d3), àTheNational Observer {IS92 et 18^:i),aux En-
tretiensPolitiquesetLittéraires {\89-2) , auFigaro {189i),a The Chap
à la Revue Blanche àCosmopolisBook (1892), (1896), (1897), etc.
Stéphane Mallarmé, né à Paris le 18 mars 1842, mort à Paris
élevé Auteuille 9 septembre 1898, fut à dans un pensionnat
riche, fréquenté surtout par des fils de familles nobles. Il ter-
études au lycée de Sens et partit à vingt ansmina ses vivre
en Angleterre pour apprendre l'anglais « et se créer, par l'en-
seignement ensuite de cette langue, les ressources propres à
indépendance littéraire ».assurer son
Pendant prés de trente ans, de 1864 à 1892, il professa l'an-
à l'Université, a II fut d'abord professeur à Toiirnon, puisglais
puis à Avignon, où il connut Mistral,à Besançon, encore Au-
Roumanille, Gras et Roumieux, avec qui il participa aubanel,
félibréen. Cela passait avant la guerre. »mouvement se
Stéphane Mallarmé, très estimé de M. Catulle Mendès, de
de L'Isle-Adam, de M. Emmanuel des Essarts, qui l'a-Villiers
vaient « découvert » dès 1864, « avait déjà collaboré à de nom-
breuses revues; mais son nom n'était guère sorti du groupe des
Vers il à Paris, et bientôt après futParnassiens. 1873, revint
nommé professeur au Lycée Condorcet. C'est alors (1874-1875)
presque entièrement seul, il rédigea La Dernière Mode,que,
la « étaient promulguéesGazette du Monde et de Famille, où
avecles lois et vrais principes de la vie tout esthétique, l'en-
des moindres détails : toilettes, bijoux, mobiliers et jus-tente
» C'est alors aussi que,qu'aux spectacles et menus de dîners...
sur l'invitation de Théodore de Banville, son maître préféré,
qui serait débité par Coquelin aîné, il com-d'écrire un poèmeSTEPHANE MALLARME O
d'un Faune, dont le projet de réalisationposa L'Apres-Midi
Stéphanethéâtrale n'aboutit point... Avec le peintre Manet,
fréquenta les dîners de Victor Hugo, où celui-ci trô-Mallarmé
haut que ceux des autres convi-nait, assis sur un siège plus
trèsves; et volontiers il rappelait que l'auteur d'Hernani,
lui pinçant l'oreille, l'accueillait : son a cheramicalement et en
poète impressionniste ».
c Stéphane Mallarmé, à cette époque, avait déjà publié sa tra-
d'Edgar L'Apres-Midi d'un Faune, saduction du Corbeau Poe,
réimpression du Vathek de Beckford et donné, dans maintes
quantité de poèmes; mais ces livres et ces pages n'é-revues,
demeurait peutaient connus que des lettrés, et Mallarmé un
ignoré, voire même méconnu. Enfin, en 1884, M. J.-K. Huys-
roman A rebours, dont le héros, Jean des Es-mans publia son
littératures vraiment belles, et que « subjuguaitseintes, épris de
de même qu'un sortilège » VHérodiade de Stéphane Mallarmé,
« aimait ces vers :en
miroir!
Eau froide par l'ennui dans ton cadre gelée,
Que de fois et pendant des heures, désolée
souvenirs quiDes songes et cherchant mes sont
Comme des feuilles sous la glace au trou profond,
Je m'apparus en loi comme une ombre lointaine.
horreur! dans sévèreMais, des soirs, ta fontaine.
J'ai de mon rêve épars connu la nudité!
cecomme il aimait les œuvres de poète qui, dans un siècle de
suffrage universel et dans un temps de lucre, vivait à l'écart
lettres, abrité de la sottise environnante par son dédain, sedes
loin du monde, aux surprises de l'intellect,complaisant, aux
visions de sa cervelle, raffinant sur des pensées déjà spécieuses,
greffant de finesses byzantines, les perpétuant en des dé-les
que reliait peine unductions légèrement indiquées à impercep-
tible fil. » {A rebours, 260.) Et il semble bien que ce livrep.
à beaucoup des jeunes écrivains d'alors commesurtout, au pu-
blic, révéla Stéphane Mallarmé et son œuvre et décida de la
gloire du poète. » (Paul Léautaud, Poètes d'aujourd'hui.)
Beaucoup d'entre ces jeunes poètes l'acclamèrent leur Maître,
3t c'est alors que commencèrent les célèbres mardis de la rue
de Rome. « Ceux-là seuls qui vinrent assidûment visiter sa re-
traite savent quel lucide, quel inquiétant esthète fut Stéphane
Mallarmé. Pour connaître ressourcesles de cet esprit d'une
netteté inoubliable, il faut avoir entendu sa parole pendant des
années. Le souvenir des soirées de la rue de Rome restera tou-
jours dans la quemémoire de ceux Stéphane Mallarmé admit
auprès de lui, dans ce salon discrètement éclairé, auquel des
coins de pénombre donnaient un aspect de temple ou plutôt
d'oratoire... A ces auditeurs fidèles, Mallarmé se révélait d'une4 ANTHOLOGIE DES POETES FRANÇAIS
séduction infinie, soit qu'il se plût à dire une anecdote,-., soit
qu'il s'oubliât rappelerà des amis chers et disparus, soit qu'il
exposât de séduisantes et hautaines doctrines sur la poésie et
sur l'art, sur le poème en prose et sur la chronique, sur la mu-
sique et sur le théâtre...
« Plus tard, ceux qui auront connu Stéphane Mallarmé dans
prime jeunesse, ceuxleur qui l'auront aimé comme l'un des
plus purs, des plus désintéressés parmi les poètes, ceux qui
l'auront entendu et qui auront chéri sa parole, raconteront sa
vie comme le bon Xénophon raconta celle de Socrate. Fidèles,
scrupuleux, ils commenteront vers par vers ses sonnets, et cela
dans le but unique de révéler aux jeunes hommes de ce temps
futur quel noble, profond et merveilleux artiste fut Stéphane
Mallarmé ». (Bernard Lazare, Figures contemporaines.)
Parmi les auditeurs et les disciples de Mallarmé, il convient
de citer: Edouard Dojardin, Théodore Duret, Félix Féaéon.René
Ghil, Gustave Kahn, Jules Laforgue, Albert Mockel, Charles Mo-
rice, Henri de Régnier, Laurent Tailhade, Francis Vielé-Griffin,
Charles Vignier, Téodor de Wyzewa, etc., puis Paul Claudel,
AndréFontainas,André Gide,A.-Ferdinand Hérold,PierreLouys,
Camille Mauclair, Stuart Merrill, Jean de Mitty, John Payne,
Adolphe Retté, Paul Valéry, le regretté Marcel Schwob, etc.
« La causerie naissait vite. Sans pose, avec des silences, elle
allait d'elle-même aux régions élevées que visite la méditation.
Un geste léger commentait ou venait souligner; on suivait le
beau regard, doux comme celui d'un frère aîné, finement sou-
rieur, mais protond, et où il avait parfois une mystérieuse so-y
lennité. Nous passions là des heures inoubliables, les meil-
leures sans doute que nous conuaîtrons jamais; nous assistions,y
parmi toutes les grâces et toutes les séductions de la parole, à
dece culte désintéressé des idées qui est la joie religieuse l'es-
prit. Et celui qui nous accueillait ainsi était le type absolu du
le cœur qui sait infé-poète, qui sait aimer, le front comprendre,
rieur à nulle chose, et n'en dédaignant aucune, car il discernait
en chacune un secretenseignement ou une image de la Beauté... »
(Albert Mockel, Stéphane Mallarmé. Un Héros.)
En 1895, Stéphane Mallarmé se retira dans sa petite maison
Valvins, au bord de la Seine, près de Fontainebleau, dont ilde
aavait fait le lieu préféré de sa solitude et de sa rêverie ». 11 y
mourut en 1898, après s'être vu proclamer « Prince des poètes »
la mort deen 1896, à Verlaine.
Stéphane Mallarmé a voulu employer la poésie à des fins nou-
but, dit M. Catulle Mendès dans son Rapport sur levelles. Son
mouvement poétique français de 1861 à 1900, « il faut le deman-
der plutôt qu'àson œuvre si nettement ténébreuse, dont l'inten-
apparaît à la fois stricte et vague,au souvenir de ses conver-tion
sations, charmantes et lucides. Si j'ai bien compris ce qu'il m'a

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