APPRENDRE À FA I R E D E S RECHERCHES

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FORUMAPPRENDRE À FAIRE DESRECHERCHESdocumentairesLes sources électroniques d’information RECHERCHES sont multiples, leurs modes SUR CÉDÉROMSd’interrogation variés. Le lecteur doit adapter ses stratégies au support utilisé ouvrage multimédia possède sur l’ou-L’pour être efficace dans ses recherches. vrage imprimé l’avantage de réunir, dans unvolume restreint, non seulement des textesLes enseignants devraient posséder mais également des images, des documentssonores ou des vidéos. Lorsqu’on aborde unune bonne connaissance de la diversité sujet, pouvoir en même temps lire, voir etentendre, enrichit incontestablement lades sources d’information disponibles, démarche.de leurs méthodes d’organisation L’informatique ouvre des possibilitésnouvelles dans les activités de recherche caret d’indexation. l’ordinateur permet d’accéder quasi instantané-ment à un terme, un mot, un nom, dans un vasteC’est à cette condition qu’ils pourront(1)ensemble de références.Les sources documentaires numériques, enconstruire des apprentissages ligne et hors ligne peuvent, par conséquent,nécessairement progressifs, présenter un double avantage : une mise àdisposition de documents de natures diverses etqui permettront à leurs élèves une diversité des moyens d’accès à ces docu-ments.d’acquérir un savoir documentaire Les cédéroms, supports privilégiés desouvrages multimédias, sont de plus en pluset d’être ainsi autonomes nombreux, ils abordent des domaines de plus endans ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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APPRENDRE À FAIRE DES
RECHERCHES
documentaires
Les sources électroniques d’information
RECHERCHES
sont multiples, leurs modes SUR CÉDÉROMS
d’interrogation variés.
Le lecteur doit adapter
ses stratégies au support utilisé
ouvrage multimédia possède sur l’ou-L’pour être efficace dans ses recherches. vrage imprimé l’avantage de réunir, dans un
volume restreint, non seulement des textesLes enseignants devraient posséder
mais également des images, des documents
sonores ou des vidéos. Lorsqu’on aborde unune bonne connaissance de la diversité
sujet, pouvoir en même temps lire, voir et
entendre, enrichit incontestablement lades sources d’information disponibles,
démarche.
de leurs méthodes d’organisation L’informatique ouvre des possibilités
nouvelles dans les activités de recherche caret d’indexation.
l’ordinateur permet d’accéder quasi instantané-
ment à un terme, un mot, un nom, dans un vasteC’est à cette condition qu’ils pourront
(1)ensemble de références.
Les sources documentaires numériques, enconstruire des apprentissages
ligne et hors ligne peuvent, par conséquent,
nécessairement progressifs, présenter un double avantage : une mise à
disposition de documents de natures diverses etqui permettront à leurs élèves une diversité des moyens d’accès à ces docu-
ments.d’acquérir un savoir documentaire
Les cédéroms, supports privilégiés des
ouvrages multimédias, sont de plus en pluset d’être ainsi autonomes
nombreux, ils abordent des domaines de plus en
dans leurs activités de recherche. plus divers, s’enrichissent tant sur le plan des
contenus que sur celui de l’ergonomie. Ils sont
particulièrement bien armés pour répondre à
certaines de nos préoccupations pédagogiques :
(1) Seule l’informatique a rendu opérationnel le concept d’hypertexte, développer une pédagogie active, accroître l’au-
seule l’informatique permet d’effectuer des recherches sur le contenu tonomie des élèves, promouvoir des activités
d’un document (recherche en texte intégral). transdisciplinaires, diversifier les modes d’ac-
(2) Le multimédia permet un autre accès à la connaissance que celui qui,
(2)cès au savoir… Ils doivent nous inciter ets’appuyant sur l’ouvrage imprimé, privilégie parfois trop fortement le
nous encourager à développer avec nos élèvestexte. Avec les générations actuelles d’élèves, il est important d’associer
le texte à des médias qui leur sont familiers : le son et l’image. des pratiques de recherche documentaire.
52 MÉDIALOG N°35 — SEPTEMBRE 1999FORUM
UNE FORMATION NÉCESSAIRE
Mais la recherche documentaire informati-
sée est une activité qui ne va pas de soi. Elle
suppose de résoudre des problèmes d’ordres
différents.
D’abord il faut se servir d’un ordinateur
pour interroger une banque de données (en
ligne ou sur cédérom). Ensuite, pour obtenir
des documents, il faut utiliser des démarches
différentes selon les banques de données utili-
sées. Enfin, une fois les données obtenues, il
faut gérer une masse importante d’informations
et de documents. L’abondance des documents
disponibles oblige l’utilisateur à se montrer
rigoureux dans sa démarche documentaire, à
formuler précisément sa demande, à déterminer
les limites de son champ d’investigation, à
exploiter toutes les possibilités des logiciels
d’interrogation. Les cédéroms culturels «grand
public» privilégient l’esthé-Une formation des élèves à la recherche matiquement la possibilité de formuler des équa-
tique. Par leur contenu et leurdocumentaire apparaît nécessaire. Elle ne peut tions de recherche [9], ni celle d’effectuer une
mode d’organisation, ils diffè-
se faire que si les enseignants possèdent une recherche sur le contenu (texte intégral [7]).
rent assez peu des ouvrages
bonne connaissance de la diversité des sources Le lecteur est fortement invité, dans cesd’art traditionnels sur papier et
d’information disponibles, de leurs méthodes ouvrages, à naviguer au gré de sa fantaisie, den’apportent pas grand chose
de plus à l’enseignant. Ainsi,d’organisation et d’indexation [10] et, égale- son inspiration. Le risque est grand de se
dans Reims, une cathédralement, de leurs fonctionnalités bureautiques. perdre. C’est pourquoi, la plupart des cédé-
royale, l’utilisateur accède par
Ce n’est qu’à partir de là qu’ils pourront roms proposent des « utilitaires » (historique
un sommaire à des vues sur
définir des stratégies d’apprentissage, pour de consultation ou «carte» du cédérom)l’architecture
amener progressivement leurs élèves à acquérir permettant de se retrouver. Historique et(ci-dessus : chevets et arcs-
boutant), les sculptures ou lesun savoir documentaire et, ainsi, l’autonomie «carte » peuvent, dans une certaine mesure,
sacres. (4)dans leurs activités de recherche. servir d’outil de recherche .
Les encyclopédies électroniques reposent
TROIS TYPES DE CÉDÉROMS avant tout sur un index alphabétique des articles
DOCUMENTAIRES
(les « entrées » [8] de l’encyclopédie). Elles
Les cédéroms présentent des méthodes proposent également un index thématique, des
très diverses d’indexation et d’accès aux infor- filtres de recherche par médias, par date, par
mations. On peut distinguer trois types de lieu, ainsi que des possibilités de recherche en
cédéroms documentaires : les cédéroms texte intégral (avec écriture d’équations de
«grand public», les encyclopédies électro- recherche à l’aide des opérateurs logiques et de
niques et des banques de données principale- proximité [13]). Les renvois y sont définis par
(3)ment textuelles. des hypermots présents dans le corps des
Les cédéroms que j’appelle volontiers articles. Pour faciliter la lecture, ces encyclopé-
«grand public » sont, avant tout, destinés à un dies électroniques affichent le plan des articles
usage familial. Ce sont des ouvrages électro- longs, rendant possible l’accès immédiat à tel ou
niques culturels, qui ne sont pas expressément tel paragraphe. En définitive, elles s’efforcent
conçus comme des outils de recherche docu- d’allier la dimension multimédia aux fonctions
mentaire. L’aspect multimédia l’emporte bien de recherche.
souvent sur les fonctions de recherche. Ils privi- Les banques de données, principalement
légient avant tout le plaisir de la consultation et textuelles, comme Le Monde sur cédérom,
usent (parfois abusent) des liens hypertextuels.
La plupart du temps conçus comme des
ouvrages traditionnels, ils proposent un (3) Nous ne parlerons pas dans cet article des logiciels documentaires. Ils
constituent incontestablement des outils de recherche indispensables,sommaire : on choisit un chapitre, éventuelle-
également d’excellents outils d’apprentissage des techniques dement un thème dans ce chapitre, puis on tourne
recherche. Mais ils ne permettent pas l’accès direct au document, seule-
les pages… Ils disposent souvent d’un index (qui
ment à des références.
ne répertorie pas toujours toutes les données (4) Le concept de « carte de cédérom » a été présenté dans « Le cédé-
contenues dans le CD), mais n’offrent pas systé- rom prend du volume », Médialog n°31.
MÉDIALOG N°35 — SEPTEMBRE 1999 53FORUM
sauvegarder ? Comment le nommer ? Où le
sauvegarder ? Comment l’ouvrir avec un trai-
tement de texte ? Comment changer le type de
fichier ouvert par défaut par le logiciel ?
Si l’utilisateur ne dispose pas d’un « panier à
(6)provisions » , au cours de sa recherche, il va
avoir tendance à imprimer ou à récupérer (par
copier/coller ou sauvegarde en fichier) tout ce
qui lui paraît intéressant au fil de sa recherche.
S’il peut utiliser un « calepin » (Alternatives
économiques), un «dossier» (le Monde), il
pourra mettre de côté les références des docu-
ments a priori intéressants, sans avoir à imprimer
systématiquement…
S’il ne peut pas sélectionner la partie du
document qui lui paraît pertinente (une phrase,
un paragraphe…), il va devoir prendre des
notes (Comment ?) ou récupérer tout le texte.
L’écran du cédérom Le Monde
L’état du monde, Le Monde diplomatique, S’il récupère tout le texte, à quel moment va-t-est austère. Lorsqu’une
Alternatives économiques, contiennent une il faire le tri ? S’il le fait pendant sa recherche,recherche est effectuée, il
affiche dans la fenêtre demasse importante de documents. Par exemple, alors il fait un va-et-vient entre la banque de
droite les références desun disque de la collection du Monde comprend données et le traitement de texte et il allonge
articles et, dans la fenêtre de
tous les articles du quotidien sur deux années. considérablement son temps de présence
gauche, le contenu de l’article
On imagine aisément le volume de texte que devant l’ordinateur qui dispose de la ressourcesélectionné. On peut égale-
cela représente. Elles doivent donc, impérati- à laquelle il fait appel…ment afficher la fenêtre de la
requête de recherche. Il s’agit,vement, offrir à l’utilisateur des outils d’inter- Il paraît difficile d’envisager de développer
ici, de la recherche des nécro-rogation performants pour qu’il parvienne à des pratiques documentaires sans avoir à la fois
logies d’acteurs de théâtre
retrouver LE document désiré. Disposant d’un une bonne appréhension des concepts de la
français décédés au cours de
thésaurus [21] spécifique, de multiples « clés recherche informatisée et des manipulations del’année 1997. La requête est
de recherche», ces sources documentaires base d’un ordinateur.sophistiquée. Elle croise
plusieurs clés : un terme géné-permettent la formulation de requêtes sophis-
DES PRÉALABLES rique du thésaurus ainsi quetiquées : combinaison de clés de recherche,
tous ses termes spécifiques INDISPENSABLES
utilisation d’opérateurs logiques, d’opérateurs
(théâtre), le type d’article
de proximité, troncatures [22]… L’aspect Un professeur qui veut organiser, avec ses(nécrologie), les mots « acteur
multimédia y est bien secondaire (voire élèves, une activité de recherche sur des» ou « comédien » dans le
texte intégral et la périodeabsent), l’accent étant mis sur les fonctions supports numériques (qu’il s’agisse de cédé-
(1er janvier au 31 décembrede recherche. roms ou d’Internet), est soumis à trois préa-
1997). Elle donne 7 réfé-
lables indispensables.
rences.EXPLOITER Tout d’abord, il lui faut déterminer les
L’INFORMATION COLLECTÉE
compétences documentaires que ses élèves
Lorsqu’on a identifié les possibilités d’accès vont devoir mettre en œuvre et qui dépendent,
à l’information qu’offrent les cédéroms docu- en grande partie, des possibilités de recherche
mentaires, il est indispensable de savoir ce que qu’offre la ressource sur laquelle ils vont
l’on peut faire de l’information obtenue : peut- travailler.
on l’imprimer (ce n’est pas toujours possible), Ensuite, il doit avoir une bonne connais-
peut-on la récupérer pour la traiter dans un outil sance des capacités de ses élèves dans les mani-
(5)bureautique ? pulations de l’ordinateur et, en tout état de
Les possibilités d’exploitation de l’informa- cause, déterminer les savoir-faire qui vont être
tion collectée ont des conséquences non négli- mis en œuvre au cours de leur travail.
geables sur la façon d’organiser une activité de
recherche. Elles exigent des compétences de
nature différente et conduisent à des comporte- (5) Il me paraît dommage de mettre des élèves devant un ordinateur
ments différents au cours de la recherche. Il est pour faire des recherches et de leur demander de prendre des notes ou
de recopier des documents à la main. L’utilisation du copier/coller versdonc important de bien les identifier.
un traitement de texte s’impose, à mon sens, pour toute recherche docu-Ce n’est pas la même chose de
mentaire informatisée.
copier/coller du texte d’un cédérom vers un
(6) Un « panier à provisions » est la possibilité de rassembler dans un
traitement de texte que de devoir le sauvegar- dossier personnel les références des documents retenus accompagnées
der en fichier texte (format .txt). Comment le ou non de commentaires personnels.
54 MÉDIALOG N°35 — SEPTEMBRE 1999FORUM
Enfin, il doit avoir effectué exercices d’utilisation des techniques docu-
lui-même la recherche deman- mentaires manquent de sens s’ils ne s’inscri-
dée et s’être assuré de la possi- vent pas dans un projet pédagogique discipli-
(8)bilité qu’auront les élèves de naire . Il est donc nécessaire de bâtir desLes élèves
trouver les informations dans la séquences d’apprentissage qui, en s’appuyant
(les) banque(s) de données sur des contenus disciplinaires, permettrontont besoin d’avoir
utilisée(s). aux élèves d’acquérir progressivement ces
«habiletés d’information», pour reprendredes objectifs clairs UN APPRENTISSAGE une expression de Robert Bibeau, si essen-
PROGRESSIF
tielles devant la profusion des sources docu-et des finalités
La recherche documentaire mentaires qu’apportent les technologies.
informatisée met en œuvre des pour leurs activités
compétences multiples, à la fois
des compétences « techniques » Michel NARCYde recherche
(il faut savoir se servir d’un
ordinateur) et des savoirs docu-
mentaires, compétences qui
reposent sur de nombreux
concepts : de l’hypernavigation
(zones sensibles, hypermots…) à la formula-
tion de requêtes élaborées (utilisation de RECHERCHES
booléens, de troncatures, des parenthésages…)
SUR INTERNET
en passant par les notions d’index alphabétique,
thématique, de thésaurus, de recherche en texte
intégral...
Ces compétences spécifiques doivent être
acquises progressivement par les élèves, au
cours de leur scolarité, en respectant leur i les activités de recherche documentaireS
rythme de développement cognitif. Carol informatisée ne peuvent se concevoir sans une
(7)Kuhlthau distingue quatre stades de dévelop- formation progressive des élèves, il convient de
pement cognitif chez l’élève auxquels elle prendre en compte dans cette progression les
associe des compétences à utiliser les aspects spécifiques de la recherche sur Internet.
ressources documentaires de la bibliothèque. L'émergence d'Internet a rendu en quelque
Au premier stade, de 2 à 7 ans, les enfants ne sorte visible la difficulté de la recherche d'infor-
sont pas prêts à être initiés à un système de mation. Est apparue soudain au grand jour la
classification. Au deuxième stade, de 8 à 10 nécessité de maîtriser les principes de la formu-
ans, ils sont capables de catégoriser et d’ap- lation de requête [18] sur fichier informatisé.
prendre un système de classification. Au troi- Pourtant, se confronter à la recherche docu-
sième stade, de 11 à 13 ans, on peut commen- mentaire sur Internet est déroutant de prime
cer à enseigner aux élèves l’usage des index et abord, et ceci en dépit des compétences docu-
d’outils de recherche sur le Web. À l’adoles- mentaires acquises. Le Web constitue un espace
cence, les élèves sont capables de poursuivre informationnel extrêmement mouvant, dont on a
une démarche de recherche inductive ou peine à appréhender les limites et le volume.
déductive et de rassembler, analyser et sélec- Les écrans des outils de recherche sont
tionner leurs sources documentaires. De surchargés, les résultats aux requêtes exprimées
nombreuses expériences ont montré que les souvent difficiles à exploiter : réponses en très
élèves ont besoin d’être guidés, d’avoir des grand nombre, incompréhension des résultats
objectifs clairs et des finalités pour les activi- obtenus. Même un familier des recherches
tés de recherche qui leur sont proposées. Les documentaires est en perte de repères.
UNE REPRÉSENTATION
À CONSTRUIRE
(7) Citée par Robert Bibeau, « Quand Dewey « surfe » sur le Web. La
bibliothèque scolaire à l’heure d’Internet », La revue de l’EPI n°92. Un préalable à la recherche documentaire
(8) C’est, en particulier, une des conclusions majeures d’une action d’in- sur Internet est d’acquérir une juste représenta-
novation pédagogique menée pendant trois ans (de septembre 1993 à tion de la façon dont l'information est organisée
juin 1996) sur « les utilisations pédagogiques des technologies nouvelles
et accessible sur le Web. Cela concerne les prin-de la recherche documentaire » à laquelle l’auteur du présent article a
cipes de la navigation, le découpage de cetparticipé. Les résultats de cette action sont téléchargeables à l’adresse
http://www.ac-reims-fr/rp/ret2cadreH.htm espace d'information en pages, sites et serveurs,
MÉDIALOG N°35 — SEPTEMBRE 1999 55FORUM
(1)la compréhension d'une URL . Il est en effet des bases de données sur cédérom, comportent un
essentiel de repérer immédiatement lorsqu'un certain nombre d'éléments transférables. Mais l'in-
lien activé sur une page d’un site conduit vers terrogation des annuaires référençant non plus des
un nouveau site, ce qui est loin d'être toujours fonds de bibliothèques ou de médiathèques mais
évident. Dans le même esprit, il s'agit de repé- une partition d'Internet déroute quelque peu : en
rer rapidement le type de site consulté : s'agit-il effet, les annuaires généralistes (Yahoo, Nomade,
d'une page personnelle, d'un site institutionnel, Qui quoi où, etc.) ont pour postulat de départ de ne
commercial ? Apprendre à identifier le serveur pas être exhaustifs, les notices descriptives sont
et le domaine auxquels il appartient, c'est-à- délibérément sommaires (mentionnant titre,
dire savoir décomposer une URL, fera partie de adresse, résumé liminaire et mots-clés...), l'accès
la formation de base du chercheur d’informa- au document primaire (le site décrit) est par contre
tion sur le Web. toujours possible.
LA DIVERSITÉ DES TYPES
D’INFORMATION
La plupart des sites d'information propo-
Les moteurs d’indexation
sent peu de fonctionnalités de recherche docu-
et de recherchementaire : un sommaire, un index, des liens
hypertextuels permettent la navigation entre
les documents, mais peuvent conduire égale- Les moteurs ont deux tâches à réaliser, distinctes mais très liées :
ment vers un tout autre site, égarant un lecteur indexer et gérer les interrogations. Ils opèrent sur le texte intégral et
non averti. Des aides à la recherche plus élabo- sur certaines zones d’un document. À partir des fichiers d’un docu-
rées peuvent être proposées : un plan du site, et ment, ils fabriquent des fichiers d’index qu’ils consultent, lors des
/ou un moteur de recherche interne limité à la requêtes, pour proposer des sites qu’ils estiment pertinents par rapport
recherche en texte intégral [7] sur l'ensemble à la demande formulée. Les embûches ne manquent pas. Un seul
des documents composant le site : l'utilisation exemple: cherchant des documents sur le service public, on peut
des techniques documentaires habituelles est récolter des articles sur Roland Garros car il est écrit « un joueur,
alors requise. s’appuyant sur son service, a séduit le public ». Il y a toujours une
Mais de plus en plus se confirme sur marge d’erreur.
Internet la présence de bases de données Les moteurs reposent sur des concepts soit déjà anciens (recherche par
spécialisées et structurées : catalogues de proximité, identification de mots composés...), soit plus récents (rang
bibliothèques, archives de presse, bases de pertinence). L’innovation provient de la possibilité de les mettre en
d'images, de textes, encyclopédies… La œuvre grâce à des machines puissantes. Face à l’ambiguïté du
recherche s’effectue en interrogeant les champs langage, au contexte sémantique à prendre en compte, les apports de
documentaires (Auteur, titre, date, résumé, la linguistique ouvrent de nouvelles perspectives, par les analyses
mots-clés [11] d’un langage contrôlé...) ou en morphologique, syntaxique, phonétique, sémantique qu’ils permettent.
texte intégral. L'interrogation de ces bases,
constituées d'un ensemble défini et fini de
documents relève d'une formation documen-
taire de base. La présence de ces bases sur
Internet et leur contenu, non accessible à l'in-
dexation des moteurs de recherche du web,
doivent donc être connus des enseignants.
DES APPRENTISSAGES
TRANSFÉRABLES ?
Rechercher avec un outil de recherche sur
Internet, qu'il soit de type « annuaire » (ou réper-
(2)toire) ou de type « robot » , c'est toujours recher- Par exemple, lors de l’indexation de la page d'accueil du site du CNAM, un
cher dans une base de données et, à ce titre, les moteur de recherche indexera en priorité les mots de la zone title et keywords,
invisibles à l'utilisateur :apprentissages documentaires, de l'interrogation
<meta name="keywords" content="CNAM, formation, enseignement,du catalogue informatisé du CDI ou d'une biblio-
recherche">
thèque à la recherche dans des encyclopédies ou
<meta name="description" content="Conservatoire National des Arts et
Metiers">
<title>Conservatoire National des Arts et Métiers</title>(1) L'URL, Uniform Resource Locator, est l'adresse d'une ressource sur
Internet. Elle se présente sous la forme :
protocole://nom_du_serveur/répertoire/fichier J.-P. ARCHAMBAULT
(2) « Trouver l’information sur le Web », Médialog n°32, octobre 1998
56 MÉDIALOG N°35 — SEPTEMBRE 1999FORUM
Le propre de ces annuaires, la sélection, est
aussi leur faiblesse : le coût humain de catalo- Pour un apprentissage
gage est important, la mise à jour de la base progressif au collège
existante difficile, les domaines à couvrir trop
vastes. L’utilisation d’annuaires spécialisés peut
contourner cette difficulté : la sélection est plus Le collège est, dans la scolarité des élèves, un lieu privilégié d’initia-
aisée sur un domaine très particulier, le champ tion à la recherche documentaire informatisée. Ce sont quatre années
d'investigation étant alors plus restreint, et le qui doivent permettre un apprentissage progressif. Car contrairement
résultat de l'interrogation meilleur, l'indexation à ce que peuvent croire les élèves et des utilisateurs non avertis, atti-
étant plus fine. rés par le côté ludique et presque « magique » de l’outil informatique,
En définitive, l'interrogation de bases de un apprentissage renforcé en recherche documentaire et des appren-
données structurées, d’annuaires sur Internet, ne tissages spécifiques à l’outil informatique sont indispensables. Il faut
présentera pas de réelle difficulté pour un fami- démystifier l’usage de l’ordinateur auprès des élèves et leur enseigner
lier de la recherche documentaire, à partir du non seulement à naviguer dans les cédéroms ou Internet mais aussi à
moment où ces outils sont identifiés. utiliser les fonctionnalités propres à la recherche informatique (récu-
pérer les données et les exploiter dans un traitement de texte en parti-
DE NOUVEAUX APPRENTISSAGES culier).
Il n'en est pas de même avec les robots de Vaste programme qui oblige à multiplier les situations et à monter des
recherche. Une première difficulté provient du séquences pédagogiques adaptées aux programmes des différents
fait que la terminologie employée ne distingue niveaux de classes. La finalité de ces séquences est de développer chez
aucunement la spécificité des outils : en effet, la les élèves des capacités à adapter leurs stratégies de recherche et
dénomination « moteur de recherche » désigne d’exploitation des informations aux possibilités du support documen-
aussi bien les annuaires de ressources (ou réper- taire utilisé. Il convient de souligner constamment les similitudes et les
toires) que les robots. Or les robots (Altavista, différences entre les sources d’informations et de prêter une attention
Hotbot…) ne sont en aucun cas des annuaires : particulière au tri des informations et à la reformulation des idées.
aucun travail d'indexation humaine n'est effec- C’est à cette condition qu’ils deviendront progressivement autonomes.
tué. Au contraire, une indexation automatique se Les programmes d’enseignement au collège permettent de diversifier
construit à partir d'un ensemble impressionnant les sujets de recherche tout au long de la scolarité des élèves : les
de fichiers. Aucune sélection n'est réalisée, la disciplines les plus propices au travail documentaire sont l’histoire-
couverture réalisée (35 à 40% du Web) étant géographie, l’éducation civique, la biologie, la physique , la techno-
seulement limitée par la puissance des outils. Il logie et, de manière plus transversale, le français. La nécessité, pour
est impossible d'appréhender l'étendue du les élèves, de se documenter de manière approfondie pour l’orienta-
e ecorpus interrogé, ce qui induit, lors d'une tion en 4 /3 permet aussi de construire des séquences pédagogiques
recherche d'information sur Internet, une bonne de recherches documentaires très intéressantes.
dose d'incertitude quant au résultat. Pour inter- Suivant le niveau des élèves, l’apprentissage se fera plus particulière-
roger efficacement un robot de recherche, il est ment sur tel ou tel aspect de la recherche et réutilisera les acquis des
nécessaire de connaître la structure et la nature séquences précédentes.
e edes fichiers présents sur Internet et les principes Les activités en 6 /5 pourront viser l’apprentissage de la navigation
du réseau. dans les cédéroms, la découverte de la spécificité des différents
Au-delà de la compréhension des principes supports, l’utilisation des outils documentaires les plus simples
(1)de l'internet, c'est aussi le principe de fonction- comme les tables des matières, les index, les lexiques .
e enement d'un moteur de recherche (analyse En 4/3, il s’agit de renforcer et d’approfondir les méthodes de
linguistique, analyse sémantique, pondération recherche documentaire dans une utilisation plus poussée du logiciel
des résultats) qui sera indispensable. documentaire (recours plus systématique au thésaurus, équations de
L'interrogation avec un moteur porte sur le recherche plus complexes par utilisation des troncatures et du paren-
texte intégral des fichiers et sur certaines zones thésage) et d’Internet (moteurs de recherche, sélection des sites perti-
du document, alors qu'avec un annuaire, elle nents, etc.). L’utilisation des fonctionnalités de l’outil informatique
porte essentiellement sur des descriptions de pour la prise de notes ou d’informations, abordée en cours de tech-
e esites. Cette différence est fondamentale et le nologie en 6 et en 5 , doit être réinvestie et approfondie : sélection
choix d'un mot pour une requête sera à conce- d’une partie des textes, copier-coller, sauvegarde de fichiers, prise de
voir différemment selon qu'il s'agit d'un outil notes simultanée (en consultant un cédérom et en utilisant un traite-
recherchant sur le texte intégral des pages ou ment de textes)…
d'un outil s'appuyant sur un travail d'indexation D. YWANNE
humaine. Il est à noter tout de même l'aléatoire
(1) Tout cet apprentissage s’accompagne de l’acquisition d’un vocabulaire nouveau important et qu’ilde certaines recherches conduites sur Internet à
ne faut pas négliger : du premier « clic » aux hyperliens, en passant par navigation, menus dérou-
l'aide des robots: elles nécessitent souvent lants, zones sensibles, presse-papiers, et autres mots particuliers de la recherche documentaire (mots-
beaucoup de temps et relèvent fréquemment du clés, index, thésaurus…).
(3)domaine de l'expertise .
MÉDIALOG N°35 — SEPTEMBRE 1999 57FORUM
RÉCUPÉRER L'INFORMATION
VOCABULAIRE
L'utilisateur d'un ordinateur, un peu habitué
de l’AFNOR
à un traitement de texte en particulier, acquiert
sans difficulté les manipulations nécessaires à
la récupération de l'information sur Internet [1]Banque de données
(copier-coller, sauvegarde de fichier, passage Ensemble de données relatif à un
d'une application à une autre...). Il y a peu de domaine défini des connaissances
différences avec les manipulations nécessaires et organisé pour être offert aux
lors de recherches sur cédéroms. consultations d’utilisateurs (J.O.
Certains apprentissages, par contre, sont du 17 janvier 1982, arrêté du
plus spécifiques : outre l'utilisation courante 1981-12-22 relatif à l’enrichisse-GLO
d'un navigateur, ce qui ne présente pas de réelle ment du vocabulaire de l’informa-
difficulté, le chercheur sur le Web devra utiliser tique).
les fonctions du logiciel lui permettant de NDLR : les consultations de
mémoriser les adresses de sites (collecte des banques de données se font en
signets de Netscape ou des favoris d’Internet général sur requêtes dont les [6]Document secondaire
Explorer, voir article « La gestion des adresses modalités sont spécifiques à la Document comportant des
– Signets et Favoris » p. 35). La compréhension banque de données. données signalétiques ou analy-
de quelques aspects particuliers de l'organisa- tiques sur des documents
tion de pages Web seront également utiles. Cela [2] Bruit primaires.
concerne, par exemple, l'organisation d'une Toute réponse non pertinente à
page en « cadres » (les frames) et l'affichage des une recherche documentaire. [7] En texte intégral
différents fichiers la composant ainsi que la Qualifie une banque de données
gestion des fenêtres ouvertes. [3] Champ / zone dans laquelle sont enregistrés des
Rubrique élémentaire d’informa- documents complets et non desEXPLOITER L'INFORMATION
tion dans un enregistrement résumés ou des descripteurs (J.O.
Le Web est une bibliothèque mondiale qui (champs titre, date, auteur). du 17 janvier 1982, arrêté du
paraît infinie et dans laquelle le meilleur peut 1981-12-22 relatif à l’enrichisse-
côtoyer le pire. On pense bien sûr aussi aux sites [4] Descripteur ment du vocabulaire de l’informa-
à caractère tendancieux ou extrémistes. On y Mot ou groupe de mots retenu tique).
trouve des informations parfaitement authenti- dans un thésaurus et choisi parmi Note : il s’agit alors des textes
fiées tout autant que des informations erronées. un ensemble de termes équivalents complets des documents.
Professeurs et documentalistes doivent pour représenter sans ambiguïté NDLR : une recherche en texte
prendre conscience que les élèves ont accès, sur une notion apparaissant dans un intégral (ou plein texte) est une
Internet, à des documents et des sites qu'eux, document ou dans une demande recherche sur tous les textes
enseignants, ignorent totalement et, surtout, de recherche documentaire. constitutifs d’une banque de
qu'ils n'auront pas sélectionnés. On comprend données.
toute la difficulté que cela comporte quant à la [5] Document primaire
validation des ressources. Document présentant une infor- [8] Entrée
L’étape d’analyse des résultats et du tri des mation en principe à caractère Élément d’accès dans un thésau-
documents, si essentielle et si difficile dans la original. rus, un catalogue, une bibliogra-
formation des élèves à la recherche documen- phie, un fichier.
taire, en sera d'autant plus importante. Elle fera
appel à de bonne capacités de lecture et de prise [9] Équation de recherche
rapide d'information, mais aussi et surtout, au Ensemble de descripteurs reliés
sens critique. par des opérateurs logiques et
représentant la formulation d’une
question.
Claire CARRIER, Claire LAFAGE NDLR : une équation de
Documentalistes recherche peut être formulée avec
des mots qui ne sont pas nécessai-
rement des descripteurs. Ainsi, une
équation en texte intégral compor-
tera n’importe quels mots ou n’im-
porte quelle expression (les(3) La consultation de l'article de Catherine Leloup, « Rechercher sur
«mots-clés » de la recherche).Internet : une gageure ? » des Dossiers de l'Ingénierie éducative n° 29,
est à ce titre éclairante.
58 MÉDIALOG N°35 — SEPTEMBRE1999FORUM
DE LA DOCUMENTATION
(deuxième édition)
[20] Stratégie de recherche
En recherche documentaire infor-
matisée, opération consistant à
formuler les notions recherchées à
l’aide d’opérandes et de descripteurs
et à les combiner éventuellement
entre eux à l’aide d’opérateursOSSAIRE
logiques ou/et d’opérateurs de
distance.
[21] Thésaurus
[10] Indexation [15] Recherche de l’information Langage documentaire fondé sur
Processus destiné à représenter par Action, méthodes et procédures une structuration hiérarchisée
les éléments d’un langage docu- ayant pour objet d’extraire d’un d’un ou plusieurs domaines de la
mentaire ou naturel des données ensemble de documents les infor- connaissance et dans lequel les
résultant de l’analyse du contenu mations voulues. notions sont représentées par des
d’un document ou d’une question. termes d’une ou plusieurs
On désigne également ainsi le [16] Recherche documentaire langues naturelles et les relations
résultat de cette opération. Action, méthodes et procédures entre notions par des signes
ayant pour objet de retrouver dans conventionnels.
[11] Mot-clé des fonds documentaires les réfé- NDLR : les termes retenus dans
Mot ou groupe de mots choisi soit rences des documents pertinents. un thésaurus sont appelés
dans le titre ou le texte d’un docu- «descripteurs». Les expressions
ment, soit dans une demande de [17] Relation d’équivalence «générique» et «spécifique»
recherche documentaire, pour en Dans un langage documentaire, sont employées pour traduire les
caractériser le contenu. relation de substitution entre un relations hiérarchiques entre les
descripteur et des non-descripteurs termes. Par exemple, dans le
[12] Occurrence (synonymes, quasi-synonymes, thésaurus Motbis, le descripteur
Apparition d’une chaîne de carac- équivalents en d’autres langages). «théâtre » a pour terme générique
tères, mot ou donnée. « art du spectacle » et pour termes
[18] Requête spécifiques «genre théâtral» et
[13] Opérateur Expression formalisée d’une «théâtre de marionnettes ».
Symbole définissant un traitement demande (J.O. du 17 janvier 1982,
mathématique et/ou logique sur arrêté du 1981-12-22 relatif à l’en- [22] Troncature
les éléments qu’il met en relation. richissement du vocabulaire de Procédé permettant la suppression
Opérateur booléen : Union (OU), l’informatique). ou l’omission d’une chaîne de
Intersection (ET), Exclusion caractères dont on veut ignorer la
(SAUF) [19] Silence valeur.
NDLR : un opérateur de proximité Dans une recherche documentaire, NDLR : l’étoile (*) est souvent le
désigne la distance entre deux il y a silence lorsque des documents symbole utilisé pour faire une
mots (en nombre de mots les sépa- pertinents répondant à une question troncature. Ainsi, agric*permettra
rant). et existant dans la mémoire ne sont de faire une recherche sur agricul-
pas sélectionnés à la suite de l’inter- ture, agricole, agriculteur, agri-
[14] Pertinence rogation. culteurs..., et *colon* une
Adéquation entre une question recherche sur colonie, colonies,
posée et les réponses fournies par colonisation, décolonisation...
un système documentaire.
MÉDIALOG N°35 — SEPTEMBRE1999 59

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