La Russie d'aujourd'hui et de demain

De
A^" / LA RUSSIE d'aujourd'hui et de demain ARTICLES —— —de MM. E.. Denis Dionéo B. Eliacheff — —G. Klutchnikoff A. Konovaloff K. Kramar. — —P. MiLIOUKOFF N. MOGUILIANSKY J. PaTOLIL- — — —LET M. RosTowzEW J. Semenoff S. Stern — —p. Struvf M. Vinaver. NOTES Publiés sous la direciion de M. G. Klutchnikoff «=>c^G= ATTINGER FRÈRES, EDITEURS PARIS NEUFCHATEL I 30, Boulevard Saint-Michel | Place A.-M. Piaget7, 1^20 ^\BRAi^% 901642 d'aujourd'hui et de demainLa Russie par M. G. KLUTCHNIKOFF, Professeur-Adjoint h l'Université de Moscou, Etrangères du GouvernementaiicieJi Ministre des AfiFaires de Russie à Onisk. se passe-t-il acUiellenient eu Russie, où va ce grandQue pays, quel sera raboulisseinent des événements qui s'yet déroulent ? donner léponse exarle qiies-Il (\sl 'LliiMicile de une à ces lions, surlout l'on connaît ni le peuple russe, sa psy-si ne ni chologie, et si l'on n'entrevoit pas les relations qui existent (Mitre les événeiiients ;irtuels de Russie et ceux des autres pays. Un seul lait sendjle attirer l'attention générale, c'est que ta* Russie est- en pleine décomposition. On en conclut trop souvent, que ce pays est Tmi. Cependant certains affirment que, malgré les épreuves qu'elle traverse, la Russie, non seulement relèvera ibien-se tôl, mais encore atteindra un degré de puissance et deà gloire qu'elle n'a jamais connu. Qui donc est dans la vérité ? La Russie est-elle morte ou vit-elle encore Agonise-t-elle ses? ou rassemble-t-elle forces ?
Publié le : dimanche 30 septembre 2012
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A^" /
LA RUSSIE
d'aujourd'hui et de demain
ARTICLES
—— —de MM. E.. Denis Dionéo B. Eliacheff
— —G. Klutchnikoff A. Konovaloff K. Kramar.
— —P. MiLIOUKOFF N. MOGUILIANSKY J. PaTOLIL-
— — —LET M. RosTowzEW J. Semenoff S. Stern
— —p. Struvf M. Vinaver.
NOTES
Publiés sous la direciion de M. G. Klutchnikoff
«=>c^G=
ATTINGER FRÈRES, EDITEURS
PARIS NEUFCHATEL
I
30, Boulevard Saint-Michel | Place A.-M. Piaget7,
1^20^\BRAi^%<.,
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901642d'aujourd'hui et de demainLa Russie
par M. G. KLUTCHNIKOFF,
Professeur-Adjoint h l'Université de Moscou,
Etrangères du GouvernementaiicieJi Ministre des AfiFaires de Russie
à Onisk.
se passe-t-il acUiellenient eu Russie, où va ce grandQue
pays, quel sera raboulisseinent des événements qui s'yet
déroulent ?
donner léponse exarle qiies-Il (\sl 'LliiMicile de une à ces
lions, surlout l'on connaît ni le peuple russe, sa psy-si ne ni
chologie, et si l'on n'entrevoit pas les relations qui existent
(Mitre les événeiiients ;irtuels de Russie et ceux des autres
pays.
Un seul lait sendjle attirer l'attention générale, c'est que
ta* Russie est- en pleine décomposition. On en conclut trop
souvent, que ce pays est Tmi.
Cependant certains affirment que, malgré les épreuves
qu'elle traverse, la Russie, non seulement relèvera ibien-se
tôl, mais encore atteindra un degré de puissance et deà
gloire qu'elle n'a jamais connu.
Qui donc est dans la vérité ? La Russie est-elle morte ou
vit-elle encore Agonise-t-elle ses? ou rassemble-t-elle
forces ?
La solution exacte de ces questions est importante pour
tous, pour beaucou]) d'une imi)ortance capitale.
Mais pour la trouver, cette solution, il est nécessaire de
bien comprendre qu'étaitce ta Russie avant la guerre mon-
diale .et avant la Révolution, (juelle sur elle l'influencefut
de la guerre, comment la Révolution était devenue inévi-y
table, et surtout : ((iù\st-C(' (jue la Rcvohition russe ?
Jusqu'à lia guerre de 1914 et la Révolution de 1917,
la Russie était un immense empire comprenant de nombreu-
.ses et différentes régime gouvernementalnationalités. Le yAUJOURD HUI ET DE DEMAINLA RUSSIE D
arriéré. La cenlralisalion y était poussée àélait très
l'extrèiiie.
point de vue économique, ce paysPauvre au avait aussi
intellectuelle. Cependant il était en voieune faible culture
développait rapidement ses richesses naturellesde progrès,
et sa civilisation.
russe doit être considérée comme la syn-La civilisation
thèse des forces spirituelles -créatrices de toutes les nationa-
composant l'empire, mais l'empreinte la plus forte alités y
par nationalitéété déposée la russe et particulièrement
C'est forma l'Etatgrand russienne. autour d'elle que se
russe c'est elle qui lui a assuré l'unité, constituant le
; %n
principal noyau et qui a joué \e rôle décisif dans toute la vie
de l'empire.
formée en partie par l'incorpo-La Russie s'est peu à peu,
ration de territoires conquis par force armes, ainsila des
que cela se pratiquait toujours dans tous les pays.
Or, le gouvernement autocrate et semi-autocrate des Ro-
lesmanoff n'a jamais su satisfaire, non seulement peuples
allogènes incorporés, mais même les populations d'origine
essentiellement russe vers lesquelles paraissait aller toute sa
sollicitude. Ce n'est donc pas sans raison que certains de
se parceux-là considéraient comme opprimés la Russie.
Mais celte Russie, était-ce peuple russe ?le
Certes non : ce n'était que la Russie des sphères officiel-
les. L'une des particularités les plus remarquables de la vie
russe avant la Révolution est précisément la divergence et
l'opposition des- idées et des intérêts gouvernement etdu
de la nation. Ce que voulait le gouvernement était rejeté par
la nation, ce que désirait la nation était repoussé par le
gouvernement.
La pensée et la volonté la nation étaient représentéesde
par les intellectuels russes qui en sont l'émanation la plus
pure, sans en être l'expression parfaite. Toujours en oppo-
sition avec le gouvernement, ceux-ci n'accueillaient que
ceux qui ])artageaient cette opposition. Aussi ils accordaient
leurs sympathies les plus vives aux nationalités allogènes
qui, comme eux, s'opposaient au régime. Polonais, Estho-
nieins. Géorgiens, Finlandais ou Israélites, tous étaient assu-
rés de voir leurs souffrances comprises ressenties par leset
intellectuels russes.
Le Russe est d'un l)iennaturel l'èveur : i! (\'^t i)orlé
plus vivreh dins le monde qu'il s'est forméspirituel intimeDE DEMAINLA RUSSIE D ALJOURD HUI ET
extérieur. Très avide de justice,qu'à s'intéresser au monde
aime à rechercher la vérité, la bonté, le beau absolus pouril
idéal, ilservir sa cause. Prêt à tous les sacrifices pour son
indéfiniment tout ce ne touche pas directe-supportera qui
sanctuaire de son àme, à son monde intime. Il estment au
ayant trèsd'une nature large, ennemi de tout compromis,
Les circonstances politiques milieupeu de sens pratique. au
desquelles il a vécu ont développé et fortifié en lui l'amour
des extrêmes. La haine qu'il portait au gouvernement auto-
nier en général toutcrate de son pays l'entraînait à pou-
voir comme une chose relative et conditionnelle. Au nom
du Droit Suprême le Russe était disposé à nier tout droit
humain,
La guerre éclata.
Apprenant les Allemands voulaient attenter la Ser-que à
bie, qu'i'ls avaient violé leurs serments envers la Belgique,
que sans l'aide' de la Russie la France serait vaincue, c'est^"
'par millions paysans russes donnèrent leur surque les vie
les champs de bataille de la Prusse orientale et de Galicie^'
Aux yeux du peuple russe le but de la guerre était précis.
s'alliantEn aux démocraties avancées du monde pour lutter
contre Jes gouvernements semi-absolus d'Allemagne, d'Au-
triche et de Turquie, la nation russe rompait avec son an-
cienne politique tant intérieure qu'extérieure, et s'ouvrait
une nouvelle voie vers la liberté- En d'autres termes, au
prix des torrents de sang versé dans tes plaines allemandes,
la Russie voulait se libérer de l'emprise allemande et obtenir
l'élargissement de sa constitution.
Quoi d'étonnant alors que la guerre contre l'Allemagne
ait été populaire au haut point dans la nation russe.plus
Il en était tout autrement dans les sphères officielles et dans
l'entourage de la cour.
etEn déclarant la guerre aux empereurs d'Allemagne
elle-même contre led'Autriche la Russie tzariste" travaillait
tzarisme, car des Centraux devait fatalementla défaite
détruire principe gouvernement de droit divin et dele de
droit héréditaire.
étaient essen-Même en cela les intérêts du gouvernement
nation le peupletiellement différents des intérêts de la :
le gouvernementrusse voulait la guerre contre l'Al'lemagne,
ne la voulait menait contre son gré.russe pas et la
une ten-Il en résulta entre la nation et le gouvernement
issues pos-sion excessive à laquelle il n'y avait que deuxLA RUSSIE D AUJOURD IIUI ET DE DEMAIN
libre et loyalsibles : ou un ^consentement du gouvernement
au désir la nation, ou, an nom deIzarlste de la guerre, une.
rcvolnlion contre le gouvernement incapable lade bien
mener.
voulut faire aucuneNicolas IJ ne concession à la nation.
contraire les ministres ayant.de la popularitéAu et amis de
l'I^'.nlento furent éloignés; peu à peu les postes les i)lus im-
portants confiés à ^des personnages ultra-réaction-
germanophiles. Lesnaires et bruits coururent (|ue la trahison
solidement établie dans los palais impériaux.s'était La révo-
lution éclata au no/7i, le répète, conlirtuationje de la de la
guerre.
Les premières devises de la grande -Révolution Ilusse
«furent : la guerre à outrance jusqu'à la victoire hnale » et
(( fidélité aux alliances » les premiers élans de sentiments
;
furent pour l'union complète de tous les citoyens de la,nou-
velle Russie dans la volonté et la pensée. Mais celte pTe-
mière période d'unité et de joie ne devait pas être de longue
sur question des pro-durée. Rientôt commencèrent, la
partis. Dans rimbroglio degrammes, de pénibles luttes de
ces programmes commençait à se manifester de plus en
plus l'hésitation au sujet continuation de la guerre jus-de la
qu'au moment où les bolcheviks refusèrent catégoriquement
toute prolongation des hostilités.
causes nouvel état d'esprit ?Où résidait la ou les de ce
étaient disposés à l'attribuer d'abord à l'espionnageCertains
provo-allemand, agissant par l'entremise d'une poignée de
fatig-uecateurs bolcheviks vendus à l'Allemagne, ensuite à !la
longue et difficile.du peuple russe épuisé par une guerre
événements a montré qu'il en étaitCependant la suite des
alle-activité qu'aient montrée les agentsautrement. Quelque
leur attri-mands, serait leur faire trop d'honneur que dece
de ce grandbuer le principal rôte dans la désorganisation
importants qu'aient étéempire qu'était la Russie. Quelque
lesdonnaient aux bolcheviks (ceux-ci neles subsides qu'ils
que tant parnient pas), il doit être clair aux yeux de tous
fait des révolutionsleurs principes et leurs buts que par le
peuventses adeptesallemande et autrichienne, Lénine et
serviteurs dul'accusation d'être lesfacilement se justiner de
Gouvernement de Guillaume IL
russe après un anQuant à la prétendue fatigue du peuple
faitsuffisamment réfutée par ceet demi de guerre, elle est
guerrejusqu'ici. L'état deque la Russie n'a pas désarmé y

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