Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867 : suivi d'un indicateur pratique des moyens de transport, des prix d'entrée, etc. : avec six plans

De
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Publié le : dimanche 30 septembre 2012
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»*5LES CURIOSITÉS
DE
L'EXPOSITION
UNIVERSELLE DE 1867A LA MEME LIBRAIRIE
PARIS-EXPOSITION. Nouveau guide à Paris en 1867. Pratique,
historique, pittoresque. Avec la description des environs. Par Edmond
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Imprimerie générale de Ch. Lahure, 9, rue de Fleurus, àPa.is.LES CURIOSITÉS
DE
L'EXPOSITION
UNIVERSELLE DE 1867
SUIVI
D'UN DESINDICATEURPRATIQUE DESMOÏENS DE TRANSPORT, PRIX D'ENTRÉIi,ETC.
avec six plans
PAR
M. HIPPOLYTE GAUTIER
AVEC COLLABORATIONLA
DE MM. ADRIEN DESPREZ, SIMON BOUILLON, GUSTAVE LEJEAL
IT CI PL1ISIEVKS «eaiIIS BU Jl'It IKTEKMTIORAL
PARIS
GH. DELAGRAVE ET C'% LIB.-ÉDITEURS
78, RUE DES ÉCOLES, 78
1867INTRODUCTION.
« Où est l'Algérie?— Entre la France et les Pays-Bas.
— Irons- nous, ce matin?
— En Algérie soit puis au Brésil
! ! c'est tout près.
— En passant nous déjeunerons en Russie, pour goûter duy
caviar.
— Et chez les Chinois, si nous restons ce soir, nous prendrons
le thé. »
Propos croisés, qu'on entend tout le jour parmi ces milliers de
voyageurs qui sont venus faire leur tour du monde dans un parc de
quarante hectares.
On s'est si vite accoutumé à ne plus connaître de distances entre
les antipodes dans ce petit coin la terre, baptiséChampde de Mars,
qui la contient tout entière en ce moment! Rien ne paraît plus
simple que de voir toutes les nations rassemblées sous un même
coup d'œil. D'une exploration en Afrique, d'un dîner en Suède,
d'une halte au Canada on ne fait plus que l'affaire d'un instant. Ce
sont bouchées pour cet immense Gargantua cosmopolite, qu'on
appelle l'homme.du dix neuvième siècle. 77 n'y a plus de Pyrénées!
disait Louis XIV. Pour nous, ni Pyrénées, ni Océan. Nous touchons
d'un pied à l'un des pôles, de l'autre à l'équateur. Pendant quelques
mois seulement, c'est vrai. Mais que de contrées, de villes, de
monuments on peut voir en quelques mois, quand ces contrées, ces
villes, ces monuments, plus empressés que les montagnes de Maho-
met, se donnent la peine de venir à nous !
C'est de quoi il faut remercier les cinq parties du monde, nous
uitres, prisonniers des grandes villes, gens de loisir,peu de tou-
ristes effrayés des longues traversées, amoureux de nos aises et
sujets à la nostalgie !
Rassemblées au bord entre l'avenue de la Bourdon-de la Seine,
iaye et l'avenue Suffren, toutes les nations se sont mises à portée
le vue. Les voilà qui campent parmi nous avec leurs armes et ba-
gages, ou plutôt machines, leurs produits, leurs costu-avec leurs
nes, même leurs habitations, leurs mœurs et leur physionomie.
7est, coupà sûr, plus que nous n'aurions vu chez elles en les par-INTRODUCTION.2
car quel est le voyageur qui aprèscourant en tous sens; plusieurs
de séjour dans un pays, en Australie, par exemple, pourra semois
vanter d'en connaître tout à la fois : l'aspect général, comme nous
,
rapportées de Victoria l'activitépar les photographies ; intellec-
comme nous, parla collection des journaux qu'on publietuelle, y ;
les différents types des races indigènes, comme nous, par les mou-
productions minérales,commelages pris sur nature ; les nous, par
spécimens de pierres précieuses, de quartz aurifère, de ligniteleurs
et autres richesses de leur sol ; les productions végétales, comme
serres sont les plantes de cesnous, en parcourant les où contrées,
galeries où sont rangés leurs bois d'ébénisterie,en visitant les
feuilletant les herbiers enrichis de leur flore, en essayant lesm
extraites des fleurs pays;échantillons d'essences du l'industrie,
par la vue de leurs laines, de leurs étoffes, de leurscomme nous,
manchons fabriqués avec des peaux d'opossum et du duvetde cygne
leur de leursnoir; la vie matérielle, par l'essai de pain, viandes
conservées, de leurs vins et liqueurs fermentées..... Voilàsalées et
qui s'appelle citer au hasard. Mais qui nous lirait si nous voulions
dire longuement tout ce qu'il est si facile de savoir en peu de
minutes ?
Et ainsi de tous les pays. Un simple tour de promenade les ré-
dont nousvèle à nous par mille enseignements n'avons pas même
Tel le mérite des Expositions universelles dans unconscience. est
siècle d'activité fiévreuse où l'on n'a jamais le temps ni la forc« de
tout apprendre, qu'on s'y instruit vite, sans étude, bon gré mal
les spectacles qui s'y déroulent. On a beau traversergré, par tous
palais au pas de course en simple curieux, en visiteur profane,ce
décidé à ne jeter qu'un regard çà et là sur son passage : on ne
leçonde géographie commerciale, industriellepeut échapper à cette
morale que donne forcément ce grand collège des nations. Il estet
une richedifficile de n'en point rapporter, après chaque visite,
nouvelles acquises sans aucun effort demoisson de connaissances
volonté.
l'exploration n'est pas facile dans ce prodigieux labyrintheMais
formé de fragments de tous les pays, si l'on ne connaît pas d'avance
qu'ils prise. Car la topographie dula position géographique y ont
réel est bouleversée pour la circonstance. L'Orient semonde
trouve côte à côte avec l'Angleterre à la partie nord du Parc ; la
voir de môme renverséesRussie est à l'ouest et il faut s'attendre à
partout les notions apprises sur Jes mappemondes.
Et puis on veut tout voir! Dans l'enthousiasme du début on s'ar-
les moindres choses. Ensuite, pressé parrête, et longtemps, devant
l'heure, on erre au hasard, en quête des choses les plus curieuses
foisou les plus célèbres; et, faute d'explication, on passe vingt
les reconnaître.devant sans les deviner ou
de Mars ainsi parcouru en zigzags devient une im-Or le Champ

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