Monographie des plantes fossiles du grès bigarré de la chaine des Vosges

De
6s ïiTiTTsmtîmmmsfàm: MONOGRAPHIE DES PLANTES FOSSILES BU GRÈS BIGARRÉ . _.* DE LA CHAINE DES VOSGES, l'Ail 1/ T&+ ^ mMMÊ&9m. V CONSERVATEUR DES COLLECTIONS DE LA FACULTÉ DES SCIENCES ET DU MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE s DE STRASBOURG , I et *%..tfeQ>9«attt DOCTEUR-MEDECIN A BRUYERES. e tl J —Première, partie. Conifères et Cycatlées. AVEC XVIILPLANCHES. 46495 STRASBOURG ET PARIS, EN COMMISSION CHEZ TREUTTEL ET WURTZ, LIBRAIRES. i ; «--) 1 v\: 2t -JHonsùttr iHtmgeot, |3ère, DOCTEUR-MÉDECIN, CHEVALIER DE LA LÉGION-D'HONNEUR DU CONSEIL GÉNÉRAL, MEMBRE DU DÉPARTEMENT DES VOSGES. SON AMI ET SON FILS. GÉNÉRALITÉS. Au pied de la chaîne des Vosges , dans le fond et sur les flancs de quelques vallées creusées dans le vosgien,grès on rencontre dépôt arenacé,un consti- tuant la partie inférieure du terrain décrit par M. sous led'Alberti nom de Trias et connu sous la dénomination, de grès bigarré (Bunter Sandstein des Allemands; new redSanihtone des Anglais en partie). D'après la théorie de 31. Elu: de la formationBeaumont de ce dépôt doit être rapportée à 5 l'époque qui s'écoida entre le soulèvement de la chaîne principale des Vos- ges et le dépôt du muschelkalk saqui le recouvre, et première dislocation doit être attribuée à un nouveau rehaussement de la chaîne vosgienne, qui, avant cette nouvelle catastrophe, ne formait qu'une de petites îlessérie dans la mer triassique , aux bords laquelle les débrisde venaient se déposer GÉNÉRALITÉS.
Publié le : lundi 1 octobre 2012
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6s
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MONOGRAPHIE
DES
PLANTES FOSSILES
BU GRÈS BIGARRÉ
. _.*
DE LA CHAINE DES VOSGES,
l'Ail
1/
T&+ ^ mMMÊ&9m. V
CONSERVATEUR DES COLLECTIONS DE LA FACULTÉ DES SCIENCES ET DU MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE s
DE STRASBOURG
,
I
et
*%..tfeQ>9«attt
DOCTEUR-MEDECIN A BRUYERES.
e
tl J
—Première, partie. Conifères et Cycatlées.
AVEC XVIILPLANCHES.
46495
STRASBOURG ET PARIS,
EN COMMISSION CHEZ TREUTTEL ET WURTZ, LIBRAIRES.
i
;
«--) 1
v\:2t
-JHonsùttr iHtmgeot, |3ère,
DOCTEUR-MÉDECIN, CHEVALIER DE LA LÉGION-D'HONNEUR DU CONSEIL GÉNÉRAL, MEMBRE
DU DÉPARTEMENT DES VOSGES.
SON AMI ET SON FILS.GÉNÉRALITÉS.
Au pied de la chaîne des Vosges , dans le fond et sur les flancs de quelques
vallées creusées dans le vosgien,grès on rencontre dépôt arenacé,un consti-
tuant la partie inférieure du terrain décrit par M. sous led'Alberti nom de
Trias et connu sous la dénomination, de grès bigarré (Bunter Sandstein
des Allemands; new redSanihtone des Anglais en partie). D'après la théorie
de 31. Elu: de la formationBeaumont de ce dépôt doit être rapportée à
5
l'époque qui s'écoida entre le soulèvement de la chaîne principale des Vos-
ges et le dépôt du muschelkalk saqui le recouvre, et première dislocation
doit être attribuée à un nouveau rehaussement de la chaîne vosgienne,
qui, avant cette nouvelle catastrophe, ne formait qu'une de petites îlessérie
dans la mer triassique , aux bords laquelle les débrisde venaient se déposerGÉNÉRALITÉS.2
occuper dans ceallons nousdont nousYosges,végétation desde l'ancienne
travail.
ou moinsinterrompue et pluszone ondulée ,unebigarré formeLe grès
paysdepuis leoccidental des Yosges,du piedle longqui s'étendaccidentée,
méridio-contourne le versantBourbonne-les-Bains ,jusqu'àde Luxembourg
longueforme plus qu'uneBelfort, où elle nedirige versballons et senal des
et s'étendant jus-oriental de la chaînelongeant le piedlambeauxsérie de
Palatinat., dans leNeustadt-sur-la-Haardtqu'à
variable dansoffre une largeurcette zonede le dire,nous venonsComme
la cbaîne.autour desans interruptionrègne pasdifférents points et neses
Montbureux jusqu'àYosges, depuisméridional desainsi qu'au piedC'est
largeur varie de 1000bande dont laforme unele grès bigarréBelfort,
dans le fond desà découvert,laissant parfoismètres environ,à 40,000
vosgien.du grèspartie supérieurevallées, la
et Lure parentre LuxeuilSaint-Loup etrecouverte près deCette zone ,
s'approcbant du bassin juras-enrétrécit considérablementdesalluvions, se
et vient1000 mètres de largeur,d'être réduite àBelfort, au pointsique de
du ballon de Roppe.au piedterminer en pointe à Offement,se
remarque plusGuebwiller, on nela vallée deDepuis là jusqu'à l'issue de
l'oncette dernière localité, oùmais depuisaucune trace de grès bigarré;
distance en distance enil se montre dereparaître le muscbelkalk,voit aussi
considérable dans la valléedéveloppementpour prendre unpetits lambeaux
de cette vallée, dite de laet à l'entréeHeiligcnberg, Urmattde Mutzig, à
leet au contrefort qui sépare petitSoulz- les-Bains {Salz-Bad)Brucbc, à
Wasselonne {Wasslenheim). Dans ces deuxde celui debassin de Molsbeim
assises puissantes, donnant desdernières localités surtout il constitue des
par la finesse de leur grainde taille de la plus grande beauté , tantpierres
qu'on a puisé les ma-volume. C'est dans ces vastes carrièresque par leur,
GÉNÉRALITÉS. 3
tériaux pour la construction de la cathédrale de Strasbourg et qu'on prend
presque toutes les pierres de construction employées dans cette ville; c'est
aussi là que le paléontologiste trouve les ressources les plus considérables
pour ses études.
Après une courte interruption depuis le Kronthal, près de Wasselonne,
le grès bigarré reparaît à Gottenhausen près de Saverne, où il constitue,
une bande longue de Io,000 mètres environ qui disparaît de distance en,
distance sous le détritus charié du haut des Vosges; il se montre de nouveau
Niederbronnà et au Jsegerthal et vase terminer sur la Haardt, après s'être
montré très-fragmentairement, étant recouvert par d'autres assises, à diffé-
rentes localités intermédiaires.
Depuis Soulz-les-Bains le grès bigarré, accompagne le grès des Yosges
qui constitue lui seul laà majeure partie de la chaîne jusqu'au Mont-Ton-
nerre il recouvert surest cette limite orientale , en; partie par le muschel-
kalk, en partie par le lehm de la vallée du Rhin.
Sur le versant occidental de la chaîne, le grès bigarré recouvre une
étendue très-considérable et s'étend jusqu'à Châtillon-sur-Saône; en s'avan-
çant de là vers le nord, la bonde se rétrécit insensiblement et dirigese
par Phalsbourg, Diemeringen, la hauteur de Sarrcguemines , Rohrbaeh et
Bitche, en envoyant des ramifications considérables vers Blieskastel , Deux-
Ponts et la hauteur de Sickingen, derrière Landstuhl. jNous ignorons si de-
puis là cette formation se trouve eu continuitéavec son analoguede iNeustadt.
Dans quelques-unes des localités citées, la stratification du grès bigarré
est en parfaite concordance avec celle du grès vosgien, de sorte qu'où
serait tenté à ne prendre le grès bigarré que comme la partie supérieure
du grès vosgien; dans d'autres, au contraire, le grès vosgien forme des
escarpements abruptes qui paraissent avoir formé le rivage ou, les falaises
de l'ancienne mer, dans laquelle sont venus se déposer en première ligneGÉNÉRALITÉS.4
membres deet après lui les deux autres la formationbigarré trias-le grès
le muschelkalk et le keuper.c'est-à-dire,sique,
forme le grès bigarré sont en généralplateaux que peu élevés, ar-Les
parfois cependant profondémentpentes douces, ravinés, et offrantrondis, à
végétation plus vigoureuse etune plus variée que celleactuellement du
vosgien.grès
assises sont régulièrement stratifiées, légèrementSes redressées contre
entrecoupées de distance en distancela chaîne, par des failles plus ou
considérables et se divisant en bancsmoins principaux formant la roche
couches plus mincesexploitable, et en de schistes arénacés et marneux qui
premiers.sont subordonnées aux
de -Les nuances de couleur la roche sont très nombreuses et varient
au jaune ochracédu blanc gris ou ferrugineux et au rouge amaranthe.
Celles des assises argileuses sont tantôt d'un rouge sale cramoisi qui passe au
tantôt d'un beau bleuviolet, verdâtre.
C'est à la partie inférieure du dépôt que les bancs présentent une puis-
sance considérable, variant de 1S à 20 mètres et plus, et qu'ils sont traversés
par de nombreuses fentes verticales. Dans le voisinage du grès vosgien les
la rochegrains de deviennent plus grossiers et des galets de quartz, sem-
blables à ceux qui abondent dans la partie supérieure du grès vosgien, s'y
remarquent; des paillettes de mica qui manquent à ce dernier, se trouvent,
disséminées dans toute la masse. Les assises supérieures, au contraire, sont
fissiles, plus fortement micacées, séparées par des lits nombreux d'argile
qui se chargent de sable dans la partie supérieure , oii elles se lient avec
les couches sableuses et schisteuses du muschelkalk et se divisent en dalles
plus ou moins solides qui, suivant leur épaisseur, servent à paver ou a
couvrir les maisons.
Après avoir donné ces notions générales sur la distribution et la manièreGfcNKP.alités. 5
d être du grès bigarre dans la chaîne des Vosges , nous allons passer en revue
les différentes localités qui recèlent le plus grand nombre de débris végétaux.
En première ligne vient se placer la carrière de Soulz-les-Bains, dans
le département du Bas-Rhin, oii le grès bigarré est à découvert dans plu-
sieurs tranchées montrant parfaitement argi-la. succession des couches
leuses et arénacées cpii, doivent être attribuées limo-les unes a des dépots
neux tranquilles et les autres à des masses de sables chariés de l'intérieur
des terres par de grandes inondations.
Ce n'est pas dans toutes desles assises indistinctement qu'on trouve
plantes fossiles : les couches banc ensupérieures recouvrant le premier
contiennent fort peu, mais en abondancerevanche elles renferment en
des coquilles bas,marines et des restes de sauriens. allant de haut enEn
le premier banc de et des calamités;grès contient des débris de bois fossiles
la fou-couche marneuse qui succède renferme quelques empreintes dey
gères et de conifères; enfin, couches marneusesc'est dans les diverses
recouvrant le troisième banc que l'on rencontre les empreintes les mieux
pinsconservées et en plus grand nombre. les parties lesDans ces marnes
eldélicates des plantes trouvent manière admirable,se dessinées d'une
ainsi dire, recou-une de ces couches extrêmement est, pourfissiles
emprein-lesverte de Posidonia minuta, tandis qu'une autre conserve
ettes Branchipusde doux crustacés que nous rapportons aux genres
Apus.
la bois fos-Dans carrière de Wasselonne, on rencontre de préférence du
on n'asile, Saverne,des calamités et Y près deAnomopteris Mougeolii;
Diemcringen lesremarqué àjusqu'ici qu'un fragment de tronc de fougère;
empreintes sont mal conservées.
Dans Sainte-Hélène,le département des Ruaux, Fontenay,Vosges, à
Ci-BadonvillersDomptail, Epinalj Rambervillers; la Meurthe, à ,dansGÉNÉRALITÉS.6
aussi principalement dans lesvégétales se trouventempreintesrey, etc., les
mais ces couchesbanc de grès inférieursuperposées auassises marneuses ;
trouvent géné-les empreintes s'ytrès-micacées,étant souvent sableuses et
rencontredans la carrière de Soulz. Onexprimées queralement moins bien
Voltzia, calamités et des frondesdans ces localités des desparticulièrement
le grèsDans le département de la Haute-Saôneimmenses à'Anomopteris.
renferme très-peu de débris organiques, et nous n'en connaissonsbigarré
des fragments de calamités et tfAnomopteris.jusqu'à présent que
de Deux-Ponts (Bavière rhénane),Les carrières de Bubenbausen près
,
leurs assises schis-et les voisines de Blieskastel renferment dans
teuses décom-une quantité prodigieuse de restes végétaux, mais tellement
qu'on aposés de la peine à reconnaître quelque chose. Le bois fossiley y
abonde et présente absolument autresles mêmes caractères que dans les
localités. Nous ignorons si le bigarré de la degrès hauteur de Sickingen et
la ïlaardt contient des fossiles, nos informations à effet ayant été in-cet
fructueuses.
L'énumération que nous leallons faire des végétaux trouvés dansdébris
grès bigarré donnera une idée de la richesse et de l'ac-de cette formation
croissement qu'a pris la flore de ce reculéeterrain , depuis l'époque peu
oii les géologues ont commencé à l'étudier et oii il était regardé comme très-
pauvre en pétrifications.
C'est au zèle infatigable de M. Mougeot père que nous devons la première
connaissance des plantes fossiles dans le grès bigarré des laVosges, et mer-
veilleuse fougère qui porte son nom, XAnomopteris Mougeotii, est un digne
monument qui rappellera toujours le souvenir du doyen des scrutateurs
des Vosges. M. Voltz, dont le nom se trouve perpétué dans le genre Kolt-
zia, dirigea son attention sur les grandes carrières Soulz-les-Bains , et,de
avec cette persévérance qui seule peut mener à résultats, cede grands.
GÉNÉRALITÉS. 7
savant géologue à réunirparvint une masse de matériaux qui de jour en
jour contribuent à augmenter nos connaissances sur la physionomie végétale
*et animale de l'époque vosgienne
Les communications de à Brongniart deM. Yoltz ont permis M. Adolphe
donner, dès l'année une flore grès laquelle ce savant1828, du bigarré, dans
botaniste fit connaître vingt jusqu'alors inconnues etespèces de plantes
2dont voici la liste :
Mougeotii;Calamités Mougeotii Anomopte.ruarenaceus , reTiiotus., ;
Nevropteris palmetta myriophylhim Fili-Voltzii, elegans Sphenopteris , $;
hete-cites scolopendrioùles rigida, elegans acutifoliaVoltzia brevifolui, , ,;
Palœoxy-jophylla; Convallarites erecta, mitons JEtliophyïïum stipulare;;
ris regularis Echinostachys oblonga.;
ont porté le nombre àDe faites depuis ce tempsnombreuses découvertes
les espècesavons dû foire dansplus de trente, malgré les réductions que nous
ci-dessus énumérées.
d'échan-qu'un petit nombreM. Brongniart n'ayant eu à sa disposition
établirqu'il a dûévidenttillons, souvent encore assez incomplets, il est
fournir dessemblentisolément,des fragments qui, prisespèces sur des
grand nombrecomparer unétat decaractères spécifiques bien tranchés. En
nousintermédiaires,de formesd'échantillons et d'étudier une quantité
Les deuxdeux.nombre deVoltzia auavons pu réduire les cinq espèces de
aplantedeseule espèceappartenir à uneConvallantes ont été reconnus
le1 de Lunéville,médecinsavantmémoire duC'est le lieu un juste tribut à laici de payer
r decarrièresLamourecx, lesetMougeot, PerktnD Gaillardot, qui visita le premier, avec MM.
e natu-des sciencesAnnalesvolume desil publia une notice dans le 8Domptail, sur lesquelles
relles. Année 1 82 6.
2 X\ .Annales des sciences naturelles t.
,,
GÉNÉRALITÉS.8
à'Jnomopterisj regardé parnormal, et le troncdans l'étatfeuilles opposées
pardu être rangé nousun tronc arborescent, acomme31. Brongniart
rampantes.à souchesparmi les fougères
deux véritaavons été assez heureux pour découvrirrevanche, nousEn
l'un offre les caractèresde fougères arborescentes, dont tousblés troncs
fougèresCyathea arborescents de l'époque actuelle. Aux espèces dedes
herbacées sont venues se joindre plusieurs belles espèces nouvelles, et la
defamille des conifères s'est accrue d'un genre nouveau, dont les organes
fleuraison et de fructification, observés l'opiniondepuis peu, confirment
lémise il a deux ans sur ces restes pourfossiles par l'un de nous, qui,y
honorer la mémoire du célèbre lui aauteur de la monographie du Trias,
consacré le nom à'Albertia.
La famille des équisétacées s'est enrichie de deux véritables Equisetunij,
dont l'un avait des proportions gigantesques comparativement prêlesaux
qui vivent dans nos climats.
Deux fragments de feuilles de cycadées , famille de plantes qu'on croyait
manquer entièrement laà flore qui nous occupe, sont venus se joindre
aux découvertes des derniers temps, pour prouver l'analogie du grès bigarré
avec les marnes irisées, analogie qui a été biensi établie par 31. d'ALBERTi.
En effet, quand on compare les plantes du grès bigarré avec celles du
keuper, on remarque une ressemblance de physionomie telle qu'on ne peut
s'empêcher de trouver une relation intime entre les deux formations. Nous
nous abstiendrons ici d'entrer dans de plus longues considérations relati-
vement a ces deux flores, nous réservant d'y revenir dans la suite, lorsque
nous aurons a notre disposition les nombreux matériaux que nous ont
1
Observations de M. Schimper sur les plantes fossiles du grès bigarré de SouU-les-Bains
e
dans la 3 livraison du t. II des Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Strasbourg.

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