Sur la piste des cirques actuels

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De nombreuses appellations, telles "nouveau cirque", "cirque actuel", "cirque de création", tentent de cerner des démarches et des spectacles concrétisés par de nouvelles générations. A partir de quelques problématiques, comme la constitution du genre et son institutionnalisation ou le croisement avec les autres arts (danse et théâtre), cet ouvrage mêle considérations esthétiques et analyses de spectacles et pointe l'hétérogénéité d'une création plurielle.
Publié le : lundi 1 décembre 2014
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EAN13 : 9782336364117
Nombre de pages : 162
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SUR LA PISTE DES CIRQUES ACTUELS
Le « nouveau cirque », le « cirque contemporain », le « cirque actuel », Martine Maleval
le « cirque de création », les « arts du cirque », autant d’appellations qui
tentent de cerner et de rendre compte des intentions, des démarches et
des spectacles concrétisés par de nouvelles générations revisitant, sans
a priori, les chemins ouverts de cirques diférents. SUR LA PISTE
Depuis les années 1980, soutenus par des mesures d’aides
institutionnelles, des artistes qui s’enracinent dans le paysage culturel et
artistique participent à l’histoire de ce genre en se laissant contaminer par DES CIRQUES ACTUELS
le monde tout en en restituant une vision, c’est-à-dire en faisant œuvre.
À partir de quelques problématiques, la constitution du genre et son
institutionnalisation, les échappés (les clowns, par exemple), l’approche
des nouvelles technologies, le croisement avec les autres arts (la danse et
le théâtre), cet ouvrage mêle considérations esthétiques et analyses de
spectacles et pointe l’hétérogénéité d’une création plurielle.

Martine Maleval, Docteure en Esthétique, sciences
et technologies des arts est Maître de conférences
à l’Université de Lorraine et Chercheuse au
laboratoire Scènes du monde, création, savoirs
critiques (EA 1573, Université Paris 8). Elle a
été chargée de cours au Centre National des Arts
du Cirque (CNAC) de Châlons-en-Champagne.
Auteure d’articles sur le cirque contemporain, le théâtre gestuel,
le théâtre de rue et la danse actuelle dans plusieurs ouvrages
collectifs et revues, elle a publié L’Émergence du nouveau cirque,
1968-1998 (Paris, L’Harmattan, 2010) et Archaos, cirque de
caractère (Arles, Coédition Actes Sud/Cnac, 2010).
Illustration de couverture :
Photomontage © Martine Maleval
ISBN : 978-2-343-04902-1
16,50 € Série Arts Vivants
OUVERTURE PHILOSOPHIQUE OUVERTURE PHILOSOPHIQUE
SUR LA PISTE DES CIRQUES ACTUELS Martine MalevalSurlapistedescirquesactuelsCollection«Ouverture philosophique»
SérieArts vivants
(co-dirigéeparJean-Marc Lachaud,Professeuràl’Université
Paris1–Panthéon-Sorbonne,etparMartineMaleval,Maîtrede
Conférences àl’UniversitédeLorraine)
LasérieArts vivantsapourobjectifdepublierdesouvragesindividuels
ou collectifs, affirmant des partis pris esthétiques et artistiques
critiques.Leschampsprivilégiésconcernent :
-le développement de pratiques transversales, quibousculent les
repères établis et les normes à partir desquelles était jusqu’alors
appréciée et évaluée la création scénique, qui effacent les frontières
reconnues tantentre lesartsqu’entre ceux-ci et d’innombrables petites
formeset,quifacilitentledéploiementd’unartscéniquehors limites ;
- la représentation et la mise en scène de corps indisciplinaires, qui
s’insurgent contre les conventionsdominantes et
fomentent
d’intempestifsdébordementssalvateurs,enbricolantsansmodèlespréétablis et en dérobade constante, de troublantes et de provocatrices
figuresen tension ;
- les rapports complexes entre esthétiqueet politique, les nouvelles
formes d’engagement et l’analyse de démarches, d’œuvres et de
spectacles radicaux qui, refusant la logique de la dominationet la
soumission aux aliénationscontemporaines, participentàl’émergence
d’une esthétique de l’émancipation.
Dernièrespublications
CécileBOËXCinéma et politique en Syrie 1970-2010(2014)
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(2014)
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(2014)
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avantgardes historiques aux scènes contemporaines (2013)MartineMaleval
SURLAPISTEDESCIRQUESACTUELSDumêmeauteur
Ouvragespersonnels
L’émergencedu nouveaucirque 1968-1998,Paris,L’Harmattan,
collectionLogiquessociales,sérieEtudesculturelles, 2010
Archaos, cirque de caractère, Arles, Actes Sud/CNAC,
collectionQuelcirque?, 2010
Mimos, éclats du théâtre gestuel, (avec Jean-Marc Lachaud)
Paris,Ecritsdansla marge,1992.
Ouvragecodirigé
Le corps : exhibition / révélation (avec Jean-Marc Lachaud),
skênê,n° 2-3,1998
©L’Harmattan, 2014
5-7, ruedel’Ecole-Polytechnique, 75005Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN:978-2-343-04902-1
EAN:9782343049021Sommaire
LaPiste: unmondedansle monde 11
Desdébroussailleurs,de pisteàleurshéritiers 25
Elémentspour uneapproche critiquedunouveaucirque 27
L’épopéedu nouveaucirque 43
Lenouveaucirque,delamarginalitéà
61
l’institutionnalisation
Prouessescircassienneset nouvelles technologies 73
Leséchappés...................................................... 89
Postureshérétiques 91
LeClown: unefigure transgressive?107
Lemélangeàl’œuvre........................................ 121
Lecirquecontemporainàlarencontredeladanse 123
FrancescaLattuada: La Tribu iOta 135
SemolaTeatre:ducirqueau théâtre,lepoidsdes
139
images
GuyAlloucherie:face au«désordredumonde» 145
7Tousne sontpasprésentsdansle même
tempsprésent.
Ilsn’y sont qu’extérieurement, parce
qu’on peut les voir aujourd’hui. Maisce
n’est paspourcela qu’ils viventen même
temps que lesautres.
ErnstBloc h
Le «nouveau cirque », le «cirque contemporain », le
«cirque actuel », le «cirque de création », les «arts du
cirque », autant d’appellations qui, depuis les années 1970,
tentent de cerner et de rendre compte des intentions, des
démarches et des spectacles concrétisés par de nouvelles
générations revisitant, sans a priori, les chemins ouverts de
cirquesdifférents.
Il serait aisé de penserque de l’ancienest né le nouveau, que
celui-ci a germé sur les cendres d’une formemoribonde. Mais,
bien que le cirque moderne, inventé peu avant la Révolution
françaisede 1789, traverse une crisedegrande ampleur des
années1960 à 1980, il persiste et ce, dans le cadre d’une
restructuration,notamment économique. En témoignent de
grandes enseignes installées dans des cirquesen dur
(Bouglione) ou sousdes chapiteaux itinérants (Medrano). De
même, certains artistes, souvent sous petitschapiteauxont sului
apporter une dimension esthétique, sans bousculer sa forme, et
en fairejaillir malgré toutsa potentialité poétique(Romanès).
Il faut donc envisager le cirque d’aujourd’hui, comme une
forme autonome et hétérogène, même si les différents aspects
qu’ilpeut prendre ont en commun l’usage de pratiques
corporelles et de savoir-faire qui sont nés ou se sont développés
dansle cercle de la piste.
C’est au travers de l’expérimentation de l’espace de la rue
par des artistes de formations diverses (arts plastiques,musique,
théâtre…),qui veulent bousculer lesformes dominantes, sortir
des lieux institués et contester la suprématie du texte et du
9metteur en scène, tout en s’emparant de l’univers, de
l’imaginaire et des techniques de cirque, que le genre va
progressivement se dessiner. Depuis les années 1980,soutenus
par des mesures d’aides institutionnelles, les artistes qui
s’enracinent dans le paysage culturel et artistique participent à
l’histoire d’un genre dont lesprotagonistes ont décidéàpartir
d’une intention artistique de construire des entités
spectaculaires cohérentes, d’interroger la primauté de la
prouesse, de raconter deshistoires individuelles ou collectives,
de se frotter aux autresarts, de se laisser contaminer par le
monde et d’enrestituerune vision, en un mot defaire œuvre.
Les textes, ici rassemblés, ont jalonné, depuis une quinzaine
d’années, notre recherche sur les nouvelles formes
circassiennes. A partir de quelques problématiques, la
constitution du genre et son institutionnalisation, les échappés
(lesclowns, parexemple), l’approche desnouvelles
technologies, le croisement avec les autres arts (la danse et le
théâtre), ils mêlent considérationsesthétiques et analyses de
spectaclesetpointentl’hétérogénéité d’unecréation plurielle.
10LaPiste :
*un monde dans lemonde
La piste, constellée de paillettes, était
là, sousmes yeux, éclatantede lumière
comme une plage au soleil, aufond de
l’entonnoirde fauteuils rouges.Et j’étais
heureux déjà,car tel est le miracle du
cirque : il suffit d’ypénétrer pourêtre
« transporté », d’emblée dansun autre
monde, enplein merveilleux. Ici, tout est
possible de ce quiest impossible dehors ;
tout échappe aux loisde l’apesanteuret
aux règlesdu senscommun ; ici, tout est
grâce.
Jacques Peuchemaurd
«Toujours plusbeau, toujours plusgrand ! Du jamais vu et
de l’inoubliable!».Telle pourrait être la devisede tout
directeur de cirque. La piste, bien que considéréecomme le lieu
de l’honnêteté, puisque l’artiste apparaît fragile dans la solitude
qui le place au centre du cercle,à la merci des milliers de
regards braqués sur lui, n’est sans doute pas innocente. Si elle
est le lieu de la vraie vie -puisque c’est la mort qu’ilfaut
conjurer-elle en voile les contradictions d’un manteau de
paillettes et de lumières. C’estunmonde extrait du réel qui
s’impose. Puisque seul l’ici et maintenant compte, que les
références au passé et au futur ne peuvent s’inscrire en relation
avec unefiction, que le au-delà sembleextrait d’u nnulle part ;
*
Ce texte a été publié dans Dominique Berthet (dir), Visions de l’Ailleurs,
Paris, L’Harmattan, «Ouverturephilosophique », 2009.
11le donné à voir esttransfiguré et toute exhibition appartient à un
ailleurs décontextualisé et certainement dénaturé et idéalisé,
mais quirelève probablement, malgré tout,du merveilleux.Le
paradoxe est à son comble lorsque ce lieu deshistoricisant
importe des fragments du monde chargés du poidsdel’histoire,
lourdsdes violences quiles agitent et marqués par les
contradictionsquiles structurent tout en créant une féerie, faite
de plumes, de strass, d’éclats de lumière, d’harmonies
rythmées, recréant ununivers pittoresque.
Le spectacle de cirque est en soi une invite au voyage. Au
travers de l’itinérance, sesartistes ont sillonné le monde. En
evoyageurs du XIX siècle,ils ont ramené, dans leurs bagages
animaux, curiosités et monstruosités qui envahissenttrès vite la
piste et les ménageries.Les exotismes de l’Orient et de
l’Afrique colorent l’environnement des prouesses.
L’itinérance
L’itinérance pratiquée par le cirque est uncurieux mélange
entre la recherche d’une solution face àdes contraintes
économiques conjoncturelles ou structurelles et le respect de
pratiques intégrées et considéréescomme relevant d’un
patrimoine culturel. L’héritage est sacré et doitêtre préservé.
Dès le Moyen Age, les jongleurs, ménestrels et montreurs
d’ours se déplacent de ville en ville ou, plus précisément, de
foire en foire. L’espace d’échangede marchandisesrassemble
un public potentielqu’ilestvital de séduire et de satisfaire en
exhibantune prouesse, une qualitéartistique ou une curiosité.
Cette pratique du voyage, liée aux contingenceséconomiques,
s’est inscrite dans les mœurs des forains ambulants. La piste de
Cirque leur offre un terrain idéal, qu’ils occupent entre les
exhibitions des exercices équestres, numéros initiaux autour
desquelssestructure le spectacle. L’apprentissage d’une
technique circassiennedemande des années de formation. La
création d’un numéro nécessite parfoisjusqu’à quatre années de
travail. Pourfidéliserson public, un directeurde Cirque doit
donc régulièrement renouvelerles équipes qu’il présente. Mais
dans tous lescas dans une même ville, Paris ouune capitale de
province, il n’y a pas la place pour un nombre infinide cirques.
12Ainsi, les grandes dynasties qui naissent au milieu du
eXIX siècle sont-elles amenées àprendre la route. Voyager
devient un impératif absolu. Cependant, peu de communes
possèdent des salles adaptées aux exigencesde la
représentation. Alors que les Américains initient ce qui
deviendra le chapiteau de toile, les Européens s’attachent à
l’élaboration de constructions en bois démontables appelées
cirque-constructions, remisées àla fin des représentations
(souvent le temps de la foire) et surtout appropriées àla
scénographie imposée par la piste. L’architecte Christia n
Dupavillon trouve à cetteinvention un avantage tout particulier.
«Enfait, écrit-il, une construction de ce type conviendrait
davantage qu’un bâtiment stable anachronique avec leurmode
de vie. Elle renforce même leur image. La mythologie veut que
1les circassiens arrivent d’un pays lointain et mystérieux ». Un
second pasest franchi lorsque cesstructuresdebois deviennent
des semi-constructions, qu’il est possible de transporter. Un
directeur de Cirque n’est plus tributaire du propriétairede la
construction. Il transporte ce qui, avec l’apparitionet
l’évolution de nouveaux matériaux,devient une structure au
poids réduit recouverte d’une toile:lechapiteau. Le
développement du transport automobile et des réseaux routiers
eautorise, au début du XX siècle, la politique de diffusion u n
jour/une ville.
Une ville dans la ville, telle est l’implantationde la
caravane. L’ordonnancement de l’espace est fonctionnel. Il se
structure autour du chapiteau.Les voiturescages, lesloges, la
voiture caisse, celle de l’administration, du directeur,etc.
permettentune circulation rationnelle. Les caravanes
d’habitation sont regroupées en marge, alignées,occupant
toujours la même place. Elles dessinent des rues immuables.Ce
microcosme étranger et inquiétant, hermétique et mystérieux,
fait dire à Christian Dupavillon que le «mode de vie, les
costumes, le logement et la construction utilisée divergent
1
Christian Dupavillon, Architectures du Cirque des origines à nos jours,
Paris, LeMoniteur, 2001,p.20 2
13totalement del’habitat et des activités quotidiennes denos villes
1et denoscampagnes ».
Christian Dupavillon insiste sur l’imaginaire que le
chapiteau développe ; pour lui, la «tente est 1’expression du
nomadisme, de l’anti-sédentarité ou de l’anti-maison, la clef
pour échapper aux institutions et aux réglementations,l’image
2de la liberté et de l’aventure ». La vision idyllique, no n
négligeable, ne doit cependant pasfaire oublier toutes les
contraintes (économiques, réglementaires,climatiques…) liées
à cette itinérance. Le chapiteau concourt également au rêve
d’un mondeàl’apparence merveilleuse auquel le public peut
adhérer parce qu’elle le détache de son propre réel. Le film de
Federico Fellini, Les Clowns (1971), débute par le réveil d’u n
enfant provoqué par les bruits de l’élévation du chapiteau. So n
émerveillement est significatif de l’inconnu et du mystère liés à
cette apparition étrange et surprenante dépliée sur l’inconnu,
gonflée d’orgueil. Pour Christian Dupavillon, la tenteest
«plantée sur le champde foire avec ses lumières, ses
oriflammes, ses couleurs et sa façade, elle reconstitue devant le
3public un mode de vie qui lui est étranger ».Même si en soi
ellepeut être une invitation auvoyage, son apparitiondans
l’univers quotidien lui confère un atout supplémentaire parce
que le contraste avec le cadre dans lequel elle s’inscrit renf orce
la promesse de dépaysement. Pour l’architecte, la toile
«juxtaposée àl’architecture desimmeubles […]devientun
objet hétéroclite et annonce le merveilleux du spectacle. On
comprend en quoi elle est plus conformeau cirque qu’u n
4monument dit stable, en pierre ou en bois ». L’écrin est alors
considéré à l’image de la piste, un monde horsdu monde, tombé
duciel éphémère et immatériel.
1Ibid.,p.203.
2Ibid.,p.230.
3Ibid.
4
Ibid.
14Import/Export
Les cirques en dur sont, pour certains, ornés de bas-reliefs
représentant un bestiaire composé, au moins, de chevaux. Les
lionsou les éléphants préviennent que le cirque est aussi u n
spectacle animalier. L’appel aux spectateursestcomplété par un
affichage aux dimensions impressionnantes, aux couleurs vives,
au texte exubérant promettant la venue des plus célèbres, des
plus prestigieux artistes et phénomènes;le cirqueoffre, ainsi,
l’assurance d’un souvenirinoubliable.
Après une période, fixée par Henry Thétard de 1827 à 1847,
pendant laquelle les gloires militaires servent le pouvoir en
place, les directeurs de spectacle introduisent dans la piste tout
ce qui peut conduire à l’étonnement, à la surprise, au jamais
réalisé, au jamais vu. Tout ce quelemoindre explorateurpeut
ramener de ses voyages est matière à exhibition. Plus l’origine
est lointaine ou la différence culturellegrande, plus l’effet est
rentable. Les costumes, les décors(de nature particulière au
cirque),l’habillage des objets et des agrès, le jeu des éclairages,
les compositions musicales doivent créer une ouverture sur
l’inconnu et satisfaire le besoin de découverte.
Henry Thétard,dans La Merveilleuse Histoire du cirque,
nous relate la vie de l’écuyer Louis Soulier, qui, entre autres
exhibitions, présente «une chevauchéeTartare»sur
vingtquatre chevaux menés à grands guides. Poussant au-delà des
limites européennes l’exportation des spectacles, il décide de
partirà la découverte de l’Est.Il se produit jusqu’à Istanbul.
Son succès parvient aux oreillesdu Sultan Abd-ul-Medjid qui,
en reconnaissance de son mérite, lui octroie le titre de«maître
des écuries du Sultan»et le décore de l’Ordre du Medjidieh.
Depuis ce jour, il ne se présente plus que vêtu de «l’uniforme
1de colonel turc, habit rouge galonne d’or ». Cette légitimité
venait à point nommé, au moment où se généralise
l’introduction de numéros en liaison avec des partiesdu globe
auxquelles le grand public n’a aucun accès, si ce n’est a u
travers desrécits des voyageurs ou des peintures et gravures des
1Henry Thétard, La Merveilleuse Histoire du cirque,(1947), rééditio n
augmentée par un textedeL.-R. Dauven,«Le Cirque depuis la guerre »,
Paris, Julliard, 1978,p.195.
15

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