Quarante ans de théâtre (feuilletons dramatiques) ..

De
JAN15 1927 \ h' Francisque SARCEY Quarante Ans DE THEATRE (Feuilletons dramatiques) H; î . PAUL HERVIEU, E. BRIEUX, A. CAPUS, HENRI COURTELINE,LA VEDAN, MAURICEDONNAT, G. L. FEYDEAU, E. ROSTAND,GANBILLOT, G. ANTOINE et le THÉÂTRE-LIBRE Les AUTEURSÉTRANGERS, etc. Bibliothèque des Annales Politiques et Littéraires PARIS l5, RUE SAINT-GEORGES 1902 TIRÉ DE CET OUVRAGEIL EST NUMEROTES A LA PRESSENTE EXEMPLAIRES DE HOLLANDESUR PAPIER PAUL HERVIEU LES TENAILLES Robert Fergan et sa femme Irène Fergan sont des gens du meilleur monde. Leur mariage a été ce qu'on appelle mariage convenance. Il a été arrangéun de par la sœur aînée d'Irène, M""*^ Pauline Valanton, qui avait épousé elle- même, sans grand amour, mais parce que les situations honnête homme, à qui sonétaient égales, un père, en ga- grosse fortune, avait épargné la nécessitégnant une du travail. Elle avait trouvé dans cette union un l)onheur re- latif, fait surtout de résignation. Mais point une résignée. Elle a prisIrène n'est son mari en grippe : — lui demandeMais que lui reproches-tu? sa sœur, qualités qui lui semblent pouvoir''nuinérant toutes les ren- dre très supportable ce mari détesté. — Ce que je lui reproche, s'écrie-t-elle, c'est que je ne l'aime pas. Elle n'a point d'autre grief. J'aurais souhaité que l'au- tour me donnât quelques éclaircissements. Eh!
Publié le : lundi 1 octobre 2012
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JAN15 1927 \h'
Francisque SARCEY
Quarante Ans
DE
THEATRE
(Feuilletons dramatiques)
H; î .
PAUL HERVIEU, E. BRIEUX, A. CAPUS,
HENRI COURTELINE,LA VEDAN, MAURICEDONNAT, G.
L. FEYDEAU, E. ROSTAND,GANBILLOT, G.
ANTOINE et le THÉÂTRE-LIBRE
Les AUTEURSÉTRANGERS, etc.
Bibliothèque des Annales
Politiques et Littéraires
PARIS l5, RUE SAINT-GEORGES
1902TIRÉ DE CET OUVRAGEIL EST
NUMEROTES A LA PRESSENTE EXEMPLAIRES
DE HOLLANDESUR PAPIERPAUL HERVIEU
LES TENAILLES
Robert Fergan et sa femme Irène Fergan sont des gens
du meilleur monde. Leur mariage a été ce qu'on appelle
mariage convenance. Il a été arrangéun de par la sœur
aînée d'Irène, M""*^ Pauline Valanton, qui avait épousé elle-
même, sans grand amour, mais parce que les situations
honnête homme, à qui sonétaient égales, un père, en ga-
grosse fortune, avait épargné la nécessitégnant une du
travail. Elle avait trouvé dans cette union un l)onheur re-
latif, fait surtout de résignation.
Mais point une résignée. Elle a prisIrène n'est son mari
en grippe :
— lui demandeMais que lui reproches-tu? sa sœur,
qualités qui lui semblent pouvoir''nuinérant toutes les ren-
dre très supportable ce mari détesté.
— Ce que je lui reproche, s'écrie-t-elle, c'est que je ne
l'aime pas.
Elle n'a point d'autre grief. J'aurais souhaité que l'au-
tour me donnât quelques éclaircissements. Eh! quoi, elle
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n'a jamais eu pour lui, à aucun instant ou des fiançailles
ou du mariage, un pauvre petit sentiment d'amour, ou de
curiosité,reconnaissance, ou de ou de n'importe quoi pour
qu'elle hait cette heure d'un sile mari à bon courage, sans
qu'il ait rien fait que d'être lui-même pour mériter cette
a pas eu de luneantipathie ! Il n'y de miel, si courte et si
la suppose xivouez que, s'ilpâle qu'on ! en est ainsi, elle a
eu grand tort d'accepter un homme qui lui répugnait.
Pourquoi l'auteur ne nous donne-t-il sur les commence-
mariage que des renseignements siments de ce brefs et si
J'ai besoin qu'on m'explique les chosessommaires? pour
je m'y intéresse. Il ne suffit pourtant pas de dire d'uneque
une révoltée pour que toute viefemme : c'est ! sa soit illu-
ce seul mot.minée de
c'est une révoltée. Cette révoltée, je la connais bien.Oui,
nous a été apportée par Ibsen, qui l'avait prise auxElle
romans de M""^ Sand. M™*^ Sand, bien avant Ibsen et
avait revendiqué pour laM. Paul Hervieu, créature hu-
droit d'aimer à sa guise, de mettre au-dessus desmaine le
des convenances les suggestions de son cœur ellelois et ;
magnifiquement prêché laavait, la première, toute-puis-
l'instinct et de la passion et le mépris de toutesance de
règle.
nous reviennent aujourd'hui,héroïnes après avoirSes
la Scandinavie, moins exubérantes et moinspassé par
tout ensemble, plus sèches et plus tran-raisonneuses
une vieilleIrène est donc connaissance à nous.chantes.
révolte, ses fureurs contre le mari,cris de qui est leSes
de la loi contre le monde, qui prétend la gar-représentant ;
nousses bienséances, les avons déjà souvent en-rotter de
part comme toutes sesElle congénères de cettetendus.
simple : je suis née pour être heureuse je veuxidée fort ;
j'ai le droit d'être heureuse : je ne le suisêtre heureuse
;

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