Quelques mots sur la littérature canadienne-française [microforme] : causerie lue devant "l'Ottawa Literary and Scientific Society", le 14 janvier 1871

De
lETBIEB, 1871."BIYDE CAMDIEfflB" DEIimiT DE U QUELQUES MOTS SUR LA LITTERATURE CANADIENNE-FRANÇAISE —«o*- " L'Ottawa Literapy and Seientifie Society,"Lue devant Le 14 Janvier, 1871, PAR M. EMM. BLAIN DE ST. AUBIN, traducteur français, Chambre des Communes du Canada.Assist. MONTREAL RELIEUR etSÉNÉGAL, IMPRIMEUR, ÉDITEUREUSÈBE SaintVincent, N»» 8 et 10.Rue 6, 1871 QUELQUES MOTS SUR LA. LITTÉRATURE CANADIENNE-FRANÇAISE.' DEUX MOTS d'explication. littéraire anglaise d'Ottawa, (The andUne société Ottawa Hterary Society), établi, l'année dernière, un qui mériteScientific a précédent d'être signalé. Deux ou trois des conférences qui, pendant l'hiver, sont lues chaque semaine devant cette société, devront être en fran- Les conférenciers français de la saison 1870-71 ont été M. B.çais. '•M. Suite lu un essaiSuite et moi-même. a intéressant sur Les Pouranciennes monnaies Canadiennes." ma part, j'ai voulu, dans cadre forcément restreint, donner à nos amis anglais de la Pro-un une idée de quelques-uns desTince d'Ontario ouvrages Canadiens- l'année 1870.Français publiés durant Dans ce but, jeme suis borné quelques appréciations fort courtes, aimant mieux, devantà ce étranger, plaider la cause de notre jeune littératuretribunal en comme preuves à l'appui, des citationsproduisant, empruntées à remarquables, et fort remarquésdeux discours dans le temps, l'un de Sir Geo. E. Cartier, l'autre du Lieut.-Gouverneur de Manitoba, l'Hon. A. Archibald, et à des écrits de MM. Casgrain, Dunn,G.
Publié le : dimanche 30 septembre 2012
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lETBIEB, 1871."BIYDE CAMDIEfflB" DEIimiT DE U
QUELQUES MOTS
SUR LA
LITTERATURE
CANADIENNE-FRANÇAISE
—«o*-
" L'Ottawa Literapy and Seientifie Society,"Lue devant
Le 14 Janvier, 1871,
PAR
M. EMM. BLAIN DE ST. AUBIN,
traducteur français, Chambre des Communes du Canada.Assist.
MONTREAL
RELIEUR etSÉNÉGAL, IMPRIMEUR, ÉDITEUREUSÈBE
SaintVincent, N»» 8 et 10.Rue 6,
1871QUELQUES MOTS SUR LA.
LITTÉRATURE CANADIENNE-FRANÇAISE.'
DEUX MOTS d'explication.
littéraire anglaise d'Ottawa, (The andUne société Ottawa Hterary
Society), établi, l'année dernière, un qui mériteScientific a précédent
d'être signalé. Deux ou trois des conférences qui, pendant l'hiver,
sont lues chaque semaine devant cette société, devront être en fran-
Les conférenciers français de la saison 1870-71 ont été M. B.çais.
'•M. Suite lu un essaiSuite et moi-même. a intéressant sur Les
Pouranciennes monnaies Canadiennes." ma part, j'ai voulu, dans
cadre forcément restreint, donner à nos amis anglais de la Pro-un
une idée de quelques-uns desTince d'Ontario ouvrages Canadiens-
l'année 1870.Français publiés durant Dans ce but, jeme suis borné
quelques appréciations fort courtes, aimant mieux, devantà ce
étranger, plaider la cause de notre jeune littératuretribunal en
comme preuves à l'appui, des citationsproduisant, empruntées à
remarquables, et fort remarquésdeux discours dans le temps, l'un
de Sir Geo. E. Cartier, l'autre du Lieut.-Gouverneur de Manitoba,
l'Hon. A. Archibald, et à des écrits de MM. Casgrain, Dunn,G.
Marmette et Hubert LaRue.Suite, Lemay,
Tel est le cadre de la causerie sans prétentionsque MM. les Direc-
teurs de la Revue Canadienne veulent bien publier aujourd'hui.
" "
i Cette causerie a été lue devant la Société Littéraire etScientifique d'Ottawa,
U 1 4 janvier dernier.QUELQUES MOTS SUR LA
Président,Monsieur le -
Mesdames et Messieurs,
une séance publique de l'Institut des Artisans de cetteA ville, le
l'Honorable Adams G. Archibald,4 février, 1868, aujourd'hui
Manitoba, prononçaitLt.-Gouverneur de la province de les parole»
suivantes :
" Dans l'ancien monde, deux races d'hommes se sont disputé la
des siècles. L'histoire de leursprééminence durant luttes est, en
Otez sur la liste desgrande partie, celle de l'Europe. grandshom-
qui se sontl'Europe les noms de ceux distinguésmes de dans
France et d'Angleterre, et vous supprimez parl'histoire de là tous
le plus familiers et s'identifientceux qui nous sont glorieusement à
arts, la sciencel'histoire de la littérature et des de et des luttes
Huit siècles de luttes ont convaincu ces deuxguerrières. grandes
entente cordiale et leur prospériténations que leur commune sont
l'Europe. Huit sièclesessentielles au bien-être de d'alternatives
revers, ontglorieuses, dans le succès et les démontré qu'elles sont
indomptables. Aujourd'hui, pénétrées d'untoutes les deux respect
qu'une noble émulation, cellemutuel, elles n'ont plus de dévelop-
chez leurs citoyens l'activité, le bien-être et la prospérité auper
degré possible. Or ne sommes nous pas, en Canada,plus haut les
deux peuples?héritiers de toutes les grandeurs de ces Avec leur
génie et leur langage différents, ayant conservé leurs institutions
diverses, les fils de ces deux races vivent ensemble en Canada.
nous qui appartiennent à la race anglaise ontCeux d'entre l'esprit
propres au gouvernementpratique qui les rend constitutionnel, et
par lequel se distingue la population des lies Britanniques. Mai*
osera-t-on jamais dire que nous n'avons rieu à gagner dans nos
frères d'origine française dont l'imaginationrelations avec nos est
ardent et le plus perfectionnévive, le caractère plus goût ? D'autre
part, nous leur apprendrons peut être à modérer leur ardente viva-
cité et à se mettre en garde contre les théories et les sciences spécu
latives que, dit-on, ils affectionnent par nature, en les familiarisant
nos idées prosaïques peut-être, mais toujoursavec éminemment
contactpratiques. Je crois que le de deux races, de deux langues et
môme de deux croyances aura pour effet de développer tout ce qu'il
a de bon de chaque côté et de former ainsi un nouveau peupley
dont l'une et l'autre des races-mères auront lieu de s'enorgueillir.
*' Mais tournons nos regards vers un autre trait caractéristique
nation,de la nouvelle je veux parler de la littérature qui devra
naître parmi nous dans les circonstances particulières nous nousoù
trouvons. Le temps n'est pas éloigné neoù aucun homme publicCANADIENNE-FRANÇAISE. 5LITTÉRATURE
devoirs sa position sans unepourra remplir avec avantage les de
richesduconnaissance assez approfondie des deux langues les plus
langues qui contiennent aujourd'hui tous lesmonde, des deux
la sagesse. Sur plusieurs points de latrésors de la science et de
connaissance ces deuxconfédération Canadienne, une certaine de
Maislangues est indispensable dans les affaires les plus usuelles.
qui aspire jouer un rôle en Canada devra étudiertout homme à
anglaise et française. Il devra être aussiégalement les littératures
puiser sesfamilier avec Molière qu'avec Shakespeare. Il devra
renseignements sur la philosophie, l'économie politique ou lajuris-
l'une etprudence, dans les précieux recueils qui appartiennent à
l'autre race; or il est impossible de ne pas voir quelle bienfaisante
influence double travail aura sur nos idées, notre littératurece et
"notre généraldéveloppement intellectuel en
On ne peut, à mon humble avis, mieux exprimer des vues aussi
élevées que justes.
Environ deux ans plus tard, Sir George E. Cartier, dans un dis-
cours qu'il fit, à Ottawa, le jour rie la St. Jean Baptiste, 24 juin,
1870, développait cette idée que la vitalité des divers éléments
" qui composent la société Canadienne est un gage précieux
" d'avenir pour notre pays doit se constituer,où avec le temps,
"
'' une grande nation.
débutAu de cette conférence, j'ai tenu à rappeler ces opinions
exprimées par deux hommes d'état éminents, l'un Anglais, l'autre
Canadien-Français. J'y trouve une réponse péremptoire à des exa-
gérationsjadis communes parmi nous; j'y vois, en d'autres termes,
un moyen sûr d'extirper radicalement deux maladies qui ont fait
"de pénibles ravages en Canada, je veux parler de la francopho-
""bie" l'anglophobie il apparaît encore,et de dont de temps à
autre, quelques vestiges bien rares, je dois le dire, mais toujours
.détestables.
comment En multipliantEt appliqu«.r ce remède ? le plus
possible toutes les occasions d'établir des rapports intimes entre les
divers éléments nationaux qui composent la société Canadienne,
hommes gagnentLes à se connaître par cette connaissance, de jour;
en jour plus intime, le perfectionnementintellectuel se développe,
et le progrès général de la nation s'active à ces rapprochements.
La "Société Littéraire et Scientifique" a pris une généreuse
initiative à cet égard en invitant l'un de mes confrères, M. Ben-
jamin Suite, et moi môme à lire une conférence devant cette
assemblée.
M. Suite, qui aime les recherches historiques, vous a lu un
mémoire intéressant sur les anciennes monnaies Canadiennes, A—
6 QUELQUES MOTS SUR LA
mon tour, je désire vous parler quelques instants de la littt rature
Canadienne-Française.
question se présenteIci une : Existe-t-il une littérature Cana-
dienne-Française ?
Des indifférents, j'allais dire des ignorants, ont— répondu :—
"** J'accorde à celte réponse leNon. mérite de la brièveté, mais
elle a le grave défaut d'être mensongère.
D'autres,—des esprits malveillants,—ont prétendu que le faible
littéraire desCanadiens-Français ne méritaitbagage pas le nom de
"littérature."
Qu'est-ce donc que la littérature ?
mot a exercé la patience de bien desCe seul écrivains, et il en
définitions diverses.existe mille J'en citerai deux qui sortent de
forme ordinairement employée dans l'école, mais ne manquentla
certaine originalité :point d'une
'' peuple,L'histoire de chaque comme celle de chaque individu,
toujours marquée par un double mouvement d'expansion phy-est
intellectuelle. Chez le peuple naissant,sique et comme chez
d'abord le développementl'enfant, c'est matériel qui se manifeste
le plus d'énergie. Avant de s'asseoir au banquet des nations,avec
longue série de luttes lui est réservée; et c'est eu essayantune
forces qu'il acquiert cette virilité qui assure sonainsi ses
existence.
" A cette première période de développement, en quelque sorte
succède le mouvement intellectuel. La nation, confiantephysique,
se replie, pour ainsi dire, sur elle-même, comptedans l'avenir, ses
les trophées qu'elle a conquis sur champstitres de gloire, les de
bataille. Jusqu'alors, plus occupée à donner de la besogne à l'his-
qu'à l'écrire, elle n'avait eu que le temps, entre deux coupstoire
marquer sur son bouclier le nombre de ses victoires.d'épée, de
L'action avait absorbé la pensée. Mais à l'heure du repos, elle
le besoin de chanter ses exploits, et de se créer une patrieéprouve
des intelligences aussi bien que dans l'espace. C'estdans le monde
l'époque de la littérature."
définition est due à M. l'abbé H. R. Casgrain. En voiciCette
que trouve dans une conférance lue à "l'Institutune autre je
dernier, par M. Oscardes Artisans" de Montréal, le 14 octobre
:Dunn
" sont les archives d'une nation, et comme elles seLes lettres
audessus sphères orageuses la politique, ellesmaintiennent des de
traditionsdemeurent toujours l'arche de refuge, l'entrepôt des
idées dont le peuple s'est nourri et qu'il aime d'instinct àet des
pour s'en nourrir encore. Telle est la supériorité desretrouver— —
LITTÉRATURE CANADIENNE-FRANÇAISE. 7
et qui en fait un grandmoyen conservation nationale.lettres, ce de
Elles répondent au besoin de lire que ressent tout peuple civilisé
et de trouver dans les livres le tableau de sa vie intime, l'expression
aspirations, récit ce qu'il a accompli."de ses le de
M. Oscar Dunn établit ensuite le bilan de la littérature Cana-
dienne-Française. Je lui emprunte cet exposé, aussi court que
vrai, et qni résout victorieusemont la question que je me faisais
:tout-à-l'heure
" Le peuple doit pouvoir, en quelque sorte, se mirer dans les
'.livres écrits pour lui. Nous sommes assez riches sous ce rapport
ont raconté histoire Grémazie,Garneau et Ferland notre Fré-;
chette et d'autres nous ont fait une poésie nationale, et plusieurs
auteurs ont publié des ouvrages agréables et utiles qui peuvent
soutenir la comparaison avec les productions de la littérature
légère des autres pays. Parmi ceux-ci, on trouve au premier rang
Marie^ M. Napoléonl'auteur de Jacques et Bourassa.
" Et puis, si l'on me permettait de mettre de côté la modestie
naturelle aux journalistes je dirais encore que lesjournaux ont(?;,
fait pour entretenir la langue française toujours vivacebeaucoup
français,en Canada, car en parlant au peuple de ses affaires en ils
importanceont revêtu le français du même intérêt, de la môme
que le peuple attache à ses affaires mêmes. Si l'on interroge le
on verra également que des journalistescomme MM. Bédard,passé,
Duvernay, n'ont pas été hommes inutilesEtienne Parent et des
à la patrie." . ^_ , ;;ï
Il n'est pas toujours vrai, en thèse générale, que la vigueur in-
tellectuelle d'un peuple doive se mesurer par le nombre laet
dimension des journaux qu'il lit chaque matin. Toutefois, dans
un pays encore jeune, comme le Canada, l'apparition d'un bon
journal est certainement un signe d'activité intellectuelle. Or,
sous ce rapport, la province de Québec suit de bien près les autres
parties de la confédération Canadienne. Il se publie actuellement,
dans cette provience, six journaux français quotid ens, plus un
grand nombre de journaux semi-quotidiens, ethebdomadaires
d'excellentes revues mensuelles.
l Voici, d'après le Courrier du du 4 janvier, la listeCanada 1871, des ouvrages
canadiens-français publiés en 1870. On comprendra que le cadre restreint dune
Causerie ne me permet que de les mentionner j'y reviendrai peut-être un jour :
;
" François de Bienville, Marmotte ; les Œuvres de Champlain, l'abbé Laver-
dière; Mélanges, Hubert LaRue; Les Benjamin SuiteLaurenliennes, ; Evangéline,
L. P. P.Lemay ; Poèmes couronnés, L. Lemay Album Canadien, J. M. LeMoîne
; ;
Lois organiques sur le notarial, Petrus Hubert Le dernier Mgr-
; chanl du cygne,
Pinsonneault
; Jugement erronné de M. Ernest Henan sur les langues sauvages,
l'abbé Guoq Code des curés et marguilliers, juge Beaudry
; ; Biographie des abhii
"
Raimbault et Leprohon; enâa une vingtaine d'onvrages didactique^.QUELQUES MOTS SUR LA8
proprement elleQuant à la production littéraire dite, est égale-
ment vivace. L'année 1870 a vu paraître, dans ce genre, trois
ouvrages remarquables que je conseille à tous de lire et dont j'es-
unsaierai de donner aperçu.
Ces trois ouvrages sont :
"" Les Laurentiennes, —recueil de poésies par M. Benjamin
SULTE.
"" François de Bienville, —scènes de la- vie Canadienne au
•XVlIIeme siècle, par M. Joseph Marmette.
••Enfin un volume ayant titre : Mélanges historiques^ litté-pour
raires et d'économie politique" par le Dr. Hubert La Rue.
;
Les Laurentiennes, recueil de poésies par M. Benjamin Suite.
Montréal, Eusèbe Senécal, éditeur.
Si M. B. Suite, tous, n'était très-joiique vous connaissez pas
voudraisgarçon, je lui appliquer,mot pour mot, les vers charmants
"" :dans lesquels Béranger à défini sa Vocation en ce bas monde
" Jeté sur cette boule
%" Laid, chétif et souffrant,
" Etouffé dans la foule
" Faute d'être assez grand,
" Une plainte touchante
" De ma bouche sortit;
" Le bon Dieu me dit: Chante,
" Chante, pauvre petit.
-?'" -Chanter, ou je m'abuse,
" ;Estma tâche ici-bas .
;
" Tous ceux qu'ainsi j'amuse
"" Ne m'aimeront-ils pas?
En effet, avant chanteur.M. Suite est, tout, C'est aux environs
de sa ville natale, sur les bords pittoresques du St. Laurent et de
la rivière St. Maurice, qu'il fredonne ses premiers chants. Un ami
trouve ces vers de son goût il en fait copie et la au rédac-porte;
teur du journal de localité. Ce rédacteur, homme aimable et lettré,
se trouve tout fier de produire le premier essai d'un jeune compa-
triote qu'il invite à renouveler sa poétique tentative. Bientôt un
Montréal ou Québec, journal dont rédacteurjournal de de le ades
goûts littéraires, reproduit la poésie du jeune trifluvien. Finale-
ment, une excellente publication, la Revue Canadienne, met M.
Suite au rang de ses collaborateurs. On trouve, dans ce recueil,
meilleuresquelques-unes des compositions de M. Suite.LITTÉRATURE CANADIENNE-FRANÇAISE. 9
" "L'auteur des Laurentiennes poursuit désormais son œuvre
poétique avec des succès toujours croissants. Et notez bien qu'il
est le fils de ses propres œuvres, l'artisan laborieux d'une excellente
éducation qu'il a su acquérir au milieu des soucis d'une vie active,
je dirais presque agitée. Il est tour à tour marchand, soldat, jour
naliste, et sa verve semble contact écueils qu'ils'accroître au des
rencontre letout long du chemin.
J'ai cru que ces détails n'étaient pas sans importance pour faire
apprécier l'œuvre de notre jeune compatriote.
''Le volume des Laurenliennes^^ contient les poésies écrites par
M. Suite depuis 1863 jusqu'à 1870. Chaque pièce de vers porte la
date à laquelle l'auteur manière, lecteurla composa. De celte le
est initié, pour ainsi dire, aux efforts et aux progrès journaliers de
l'écrivain ce n'est pas un des moindres attraits de ce petit livre.;
Les débuts sont timides, voit parfois que l'auteur chercheon la
rime, on soupçonne mais à chaquedes tâtonnements strophe on;
aperçoit une étincelle, on s'arrête involontairement à quelque
pensée originale heureusement exprimée. La forme des premières
poésies de M. ressent un trop des lectures qu'il faisaitSuite se peu
sans doute alors. On se rappelle avoir lu soi-même des vers agencés
dans le même moule, et l'on aimerait un peu plus de hardiesse.
Mais ces légers défauts disparaissent graduellement. A la date de
janvier, pleine verve ayant pour titre1864, je trouve une poésie de
Les Bûcherons :
" Frappez d'estoc, frappez de taille,
" troncs aux flancs retentissants :Les
" La forêt vous livre bataille
" Et porte en ses rameaux puissants
" Des défis toujours renaissants."
A ce refrain, je reconnais le jeune homme encore enthousiaste
des Chants Rustiques Pierre Dupont; l'énergiede j'y retrouve du
chantre des Travailleurs^ je constate, dans les strophes qui suivent
cette vivacité de description qui caractérise le maître que j'ai
nommé. Voici, par exemple, en quatre ou cinq lignes, une belle
description arbre :de la chute d'un
" Les coups pleurent drus en cadsnce
" Sur le pied des arbres géants
" Qui, traçant une courbe immense,
" S'affaissant en rebondissant
" Dans les flancs d'un tourbillon blanc."
nous demanderait peut-êtreUn Européen ce que l'auteur a
" ?"voulu dire par tourbillon blanc cette image, cette peinture

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