1989, l'élysée au pied du mur

Publié par

Les mercredis de l’histoire 1989, L’éLysée au pied du mur un documentaire de patrick Barbéris mercredi 4 novembre 2009 à 20.45 www.arte.tv/chutedumur © institut François mitterrand 1989, L’éLysée au pied du mur un documentaire de patrick Barbéris Coproduction : arte France, novaprod oWL, a legria, ina (France, 2009,1h12) Le 9 novembre 1989, des milliers d’a llemands de l’est franchissent le mur. Quels rôles la France et son président ont-ils joué ? Vingt ans après, les polémiques sont encore vives. souvenez vous… C’était le 9 novembre 1989 des mil- a -t-il vraiment tenté de freiner ou d’encadrer la réuni- liers d’a llemands de l’est franchissaient le mur qui sym- fcation des deux a llemagne ou bien poursuivait-il un bolisait la fracture de la’ llemagne en deux états depuis autre dessin pour l’europe dont il assurait alors la pré- la fn de la deuxième Guerre mondiale : la r épublique sidence ? Fédérale a llemande et la r épublique démocratique a l- 20 ans après, toutes passions apaisées, en s’appuyant lemande. sur les images qu’on a pu voir à l’époque sur les prin- Quel rôle a joué François mitterrand dans un proces- cipales chaînes de télévision, mais surtout à partir des sus qui devait aboutir à la réunifcation des deux a lle- entretiens-confdences avec les principaux acteurs de magne ?
Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 472
Nombre de pages : 8
Voir plus Voir moins
L
e
s
m
e
r
c
r
e
d
i
s
d
e
l
h
i
s
t
o
i
r
e
1
9
8
9
,
L
é
L
y
s
é
e
a
u
p
i
e
d
d
u
m
u
r
u
n
d
o
c
u
m
e
n
t
a
i
r
e
d
e
p
a
t
r
i
c
k
B
a
r
b
é
r
i
s
m
e
r
c
r
e
d
i
4
n
o
v
e
m
b
r
e
2
0
0
9
à
2
0
.
4
5
w
w
w
.
a
r
t
e
.
t
v
/
c
h
u
t
e
d
u
m
u
r
© institut François mitterrand
souvenez vous… C’était le 9 novembre 1989 des mil-
liers d’allemands de l’est franchissaient
le mur qui sym-
bolisait la fracture de l’allemagne en deux états depuis
la fin de la deuxième Guerre mondiale : la république
Fédérale allemande et la république démocratique al-
lemande.
Quel rôle a joué
François mitterrand dans un proces-
sus qui devait aboutir à la réunification des deux alle-
magne ?
pourquoi
a-t-il
rendu visite à mikaël Gorbatchev après
l’ouverture du mur ?
pourquoi s’est-il rendu en allemagne de l’est alors que
le régime communiste venait de s’écrouler ?
Quel rôle pouvait jouer la France dans une partie de go
qui allait bouleverser la carte du monde ?
Que s’est-il vraiment passé entre Helmut Kohl et Fran-
çois mitterrand ?
a-t-il vraiment tenté de freiner ou d’encadrer la réuni-
fication des deux allemagne ou bien poursuivait-il un
autre dessin
pour l’europe dont il assurait alors la pré-
sidence ?
20 ans après, toutes passions apaisées, en s’appuyant
sur les images qu’on a pu voir à l’époque sur les prin-
cipales chaînes de télévision, mais surtout à partir des
entretiens-confidences avec les
principaux acteurs de
ces évènements qui
nous font passer de l’autre côté
du décor, patrick Barbéris revient sur les coulisses de
cette histoire, ses enjeux, ses rebondissements,
ses
tractations et ses non-dits.
…et si la question de la réunification allemande avait
été pour François mitterrand l’opportunité de faire le-
vier sur les évènements pour que naissent la monnaie
unique et l’europe politique que nous connaissons
aujourd’hui ?
1989, L’éLysée au pied du mur
un documentaire de patrick Barbéris
Coproduction : arte France, novaprod oWL, alegria, ina
(France, 2009,1h12)
Le 9 novembre 1989, des milliers d’allemands de l’est franchissent
le mur. Quels rôles la France et son président ont-ils joué ? Vingt ans
après, les polémiques sont encore vives.
pourquoi évoquer la réunification allemande
à travers les prises de positions du président
François mitterrand ?
au départ, c’est une interrogation de Christoph
Hauser,
directeur
des
programmes
d’arte,
à
laquelle andrew orr, auteur et producteur à
novaprod répond par un projet devenu ce film. Ce
documentaire
cherche
à
comprendre
comment
la France avait perçu la réunification allemande,
après avoir affronté les armes à la main son ennemi
héréditaire trois fois en moins d’un siècle. or, quand
on reprend les sondages de 1989-1990, on se rend
compte que les Français n’y sont pas hostiles, que
cette éventualité ne leur fait pas peur : la rFa est un
pilier de la construction européenne et ils ne craignent
plus l’urss. mieux, ils soutiennent l’aspiration des
allemands de l’est à la liberté.
J’avais pourtant gardé le souvenir que l’unification
allemande avait donné lieu à des polémiques dans
la classe politique française et que l’attitude du
président mitterrand avait été assez vivement mis
en cause, qu’on lui avait reproché son manque
d’enthousiasme,
voire
sa
frilosité.
Que
cette
controverse perdure vingt ans après, comme me
l’ont confirmé les premiers entretiens informels que
j’ai menés avec des éditorialistes et des conseillers
de l’elysée, m’a intrigué.
Quand on m’a confié la réalisation de ce film, je me
suis replongé dans les images des journaux télévisés
français de l’époque pour tenter de saisir les enjeux
du débat et reconstituer les prises de position du
«Château» tout au long de cette année cruciale.
et j’ai découvert que, derrière la couverture sans
précédent de la chute du mur, les journaux télévisés
rendaient aussi compte d’une partie cruciale qui se
jouait au même moment mais seulement en filigrane
et par bribes. plus que l’ouverture de la frontière
entre la rFa et la rda c’est précisément ce ballet de
haute diplomatie entre mitterrand, Kohl, Bush père et
Gorbatchev qui commence au début de l’été 1989.
Comment la polémique naît-elle ?
J’ai pu me faire une idée assez précise de la politique
menée par le président mitterrand à cette époque-là
à partir du travail d’historiens comme Frédéric Bozo,
tilo schabert ou samy Cohen qui évoquent aussi
dans leurs analyses cette polémique. elle se nourrit
de deux événements et d’une absence : au début
du mois de décembre 1989, mitterrand rencontre
Gorbatchev à Kiev. deux semaines plus tard, il se rend
en rda, juste après le secrétaire d’etat américain,
James Baker, sans passer par Berlin ouest. si,
dans le gouvernement allemand, personne ne croit
à une alliance franco-soviétique pour faire échouer
la réunification allemande c’est sans doute que dès
juillet 1989, mitterrand, alors qu’il s’apprête à assurer
la présidence de la communauté européenne au
second semestre 1989, déclare que la réunification
est une affaire « intérieure allemande », mais qu’elle
doit se faire pacifiquement, démocratiquement, dans
le respect des frontières héritées de l’histoire et du
cadre européen. mitterrand ne dérogera pas de ces
principes qu’il réaffirmera de manière constante et
qui vont guider sa politique durant l’année à venir.
entretien aVeC patriCK BarBéris
en fait mitterrand reste prisonnier d’une image,
lorsqu’en septembre 1984, à Verdun, il se recueille,
main dans la main avec Kohl devant les tombes
des soldats allemands et français. À ce symbole
devait répondre un discours historique concernant
la réunification suggéré à plusieurs reprises par
ses conseillers et attendu par un certain nombre
d’éditorialistes. mitterrand s’y refuse, et agacé de
l’insistance de ses conseillers leur aurait répondu :
« pourquoi voulez-vous que j’aille ajouter du bruit au
bruit ? ».
Car la réorganisation de l’europe se discute ailleurs
qu’en conférence de presse, dans les salons feutrés
servant de cadre aux visites d’etats et au cours
des conversations téléphoniques sécurisées. pour
éclairer
ces
négociations
au
sommet,
puisqu’il
n’existe pas d’images, j’ai rencontré les conseillers
du président français, Hubert Védrine, sophie-
Caroline de margerie, Jacques attali; ceux du
chancelier
allemand,
Horst
teltschik,
Joachim
Bitterlich et les deux ministres des affaires étrangères
roland dumas et Hans dietrich Genscher. tous
m’ont parlé ouvertement, sans langue de bois. en
grand connaisseur de la diplomatie de crise, Védrine
parle de « gestion collective », de mon point de vue
de documentariste, je dirais plutôt qu’on a assisté
pendant dix mois à une pièce de marivaux : chaque
protagoniste sait bien quel sera le dénouement,
que le mariage entre les deux allemagne aura bien
lieu dans la dernière scène du 5
e
acte, mais essaie
d’imposer son calendrier et de profiter de la situation
pour atteindre ses propres objectifs.
Comment ce ballet diplomatique va-t-il
s’orchestrer?
Le 9 novembre, la réunification des deux allemagne
semble encore très loin mais l’Histoire est déjà en
marche : depuis juillet les allemands de l’est peuvent
passer à l’ouest par la Hongrie qui a ouvert ses
frontières avec la rFa. Kohl a déjà entrevu dans
le délitement du bloc de l’est l’opportunité de la
réunification.
George Bush père pour les etats-unis, mikhaïl
Gorbatchev pour l’urss, Helmut Kohl et François
mitterrand savent qu’ils ont tous une carte à jouer
ou une menace à écarter, comme Gorbatchev dont
la position au Kremlin est très fragile. ne rien faire
pour le mettre en difficulté est l’une des priorités de la
maison Blanche comme de l’elysée. Védrine, attali,
et les autres
conseillers m’ont dit à de nombreuses
reprises que leur préoccupation principale, dans
cette partie de billard à trois bandes était de préserver
Gorbatchev à tout prix, de ne lui faire perdre ni la
face ni sa place. or ni la fin de la guerre froide ni
la réunification allemande n’auront lieu sans son
accord.
La situation économique est critique et Gorbatchev
cherche à obtenir des biens de première nécessité.
Quand il rencontre Kohl à Bonn en juillet 1989, les
deux leaders y voient une opportunité pour obtenir
le soutien de l’autre. a demi-mot et sous couvert de
métaphore fluviale, le pacte est scellé : Gorbatchev
n’entravera
pas
militairement
le
processus
de
réunification, Kohl aidera économiquement l’urss.
Quelques mois plus tard,
un proche de Kohl
reçoit
la visite d’un émissaire soviétique qui lui présente une
liste de biens à transférer en urss : cet inventaire
à la prévert comporte, entre autres, des milliers de
soutiens-gorge
qui seront livrés par un avion militaire
allemand à moscou
!
Bien entendu aucun des deux
leaders ne fera part de cette conversation à ses
partenaires français et américains. de même lorsque
Kohl annonce son plan en 10 points qui détaille les
étapes de la réunification des deux allemagne devant
le Bundestag le 28 novembre 1989, il prend tout le
monde de cours, y compris son propre ministre des
affaires étrangères. il reprend ainsi la main dans le
débat intérieur et sur la scène internationale : son
plan qui prévoyait une réunification en dix ans sera le
coup d’accélérateur décisif.
de l’autre côté du rhin, mitterrand
entend faire
avancer la construction européenne et impulser de
manière concrète la mise en place de la monnaie
unique. Cela signifie que Kohl accepte d’abandonner
le mark au moment où l’allemagne retrouve sa
souveraineté pleine et entière. Le tracé de la frontière
est du pays réunifié est au cœur d’un débat acharné
jusque dans son parti et le met en difficulté dans la
campagne des législatives prévues en décembre
1990….
C’est là que le long compagnonnage des hommes
d’etat entre en jeu, que leur professionnalisme est
déterminant : il y a eu des divergences, il y a eu des
décalages, mais jamais au cours de la période il ne
s’agissait d’un bras de fer ou d’une partie de cache-
cache. Le 25 avril 1990, lors de la conférence de
presse qui clôt le sommet franco-allemand : « L’unité
européenne et l’unité allemande se font ensemble,
c’est le rêve européen de toujours », se réjouit Kohl
qui ajoute : « il faut le faire ensemble ». et mitterrand :
« Je suis disponible ».
aVeC Les témoiGnaGes inédits de :
roland dumas
ministre des affaires étrangères
michel rocard
premier ministre
Hubert Védrine
porte parole de l’elysée
Jacques attali
Conseiller spécial du président
sophie-Caroline de margerie,
Conseillère de François mitterrand
pour les questions européennes
alain Juppé
secrétaire général du rpr
Claude imbert
directeur de la rédaction du point en 1989
Franz-olivier Giesbert
directeur de la rédaction du Figaro en 1989
Hans-dietrich Genscher
ministre des affaires étrangères de Helmut Kohl
Horst teltschik
Conseiller diplomatique de Helmut Kohl
Joachim Bitterlich
Conseiller de Helmut Kohl
pour les questions européennes
« Là, mitterrand a raté quelque chose.
il a raté quelque chose, je l’ai souvent
pensé - et d’ailleurs écrit à l’époque -,
Cela aurait été formidable, moi je rê-
vais de ça, que ce soit la France qui
porte la réunification allemande »
Franz-olivier Giesbert
ancien directeur de la rédaction du Figaro.
« il n’y a pas eu de belles images ou
de propos que
l’on puisse transmettre
dans les livres ou au journal télévisé.
il n’y a pas eu l’équivalent de Kohl /
mitterrand la main dans la main et il
n’y a pas eu le « ich bin ein Berliner » :
c’est vrai. est-ce qu’il aurait fallu cette
image, cette déclaration ? peut être.
mais il y a eu une politique »
sophie-Caroline de margerie
conseillère de François mitterrand pour
les questions européennes à l’époque.
« Lorsqu’il m’a reçu à l’elysée il m’a
déclaré : la réunification allemande
est une nécessité historique . La Fran-
ce sera toujours aux côtés de l’alle-
magne »
Hans-dietrich Genscher
ancien ministre des relations extérieures
d’Helmut Kohl.
auteur / réaLisateur
diplomé de l’idHeC
– section
réalisation/montage.
Lauréat de la Villa médicis hors les
murs.
prinCipaLes réaLisations
teLeVision
2008: Vietnam, la trahison des
médias
90mn- arte –
etoile de la scam
production : Zadig productions
2006 : Le siècle de Verdun
52 mn / diffusion : arte/ France 5 /
r.t.s.r
production : image et compagnie
2006 : Les ombres du bagne
52 mn / diffusion : arte/ France 3/
rFo/ History Chanel/ pbs
en compétition au Festival du Film
d’Histoire de pessac
production : temps noir
2005 : La leçon de Karaté
52mn / diffusion : France 2
production :
treize productions
2005 : Cécile rol-tanguy – une
combattante pour la liberté
diffusion : France 5
production :
mfp
2005 : Les ados du dojo
26 mn / diffusion : France 2
production : 13 productions
2004 : Conçoit
réalise
et
coordonne
récits d’indochine
18 x
26 mn – en réalise 9
diffusion : Histoire
production : Zadig productions
2004 : France/Vietnam 1945/1947
l’impossible
accord
52 mn / diffusion : Histoire
production : Zadig productions
2004 : Combattre pour l’indochine
52 mn / diffusion : France 5
production : Zadig productions
2003 : pierre Bérégovoy : la tragédie
du pouvoir
52 mn / diffusion : France 3
production : roCHe productions
2002 : roman
Karmen, un cinéaste
au service de la révolution
90 mn / diffusion : arte
en compétition au Fipa
autres sélections : Festival
du
Film de toronto, Festival du
Film de Chicago, rencontres
cinématographiques de Carthage,
input mai 2003. Ce film a été suivi par
la publication d’un livre aux éditions
du seuil : « roman Karmen une
légende rouge
»
production : Kuiv productions
2001 : Hanoi
45 mn / diffusion : arte
production : amip
2000 : La Foi du siècle : une histoire
du communisme avec patrick rotman
4 x 52 mn / diffusion : arte
sélection au Festival du Film
d’Histoire de pessac. nomination
au 7 d’or « meilleure série
documentaire ». Cette série a
fait l’objet d’une publication aux
éditions du Félin. production : Kuiv
productions
Cinema
Long métrage
un Voyage de rose, 35 mm couleur
90mn sélectionné au
festival
de
Bilbao et aux rencontres de la photo
d’arles.
Courts métrages,
L’atelier d’edouard pignon,16 mm
couleur, 26mn , mention spéciale du
jury au 3ème Festival international du
Film d’art.
L’atelier Jean Hélion, 16 mm
couleur sélectionné au 2
e
Festival
international du film d’art.
Forum 16 mm couleur, 35mn
production aaa, sélectionné au 2
e
Festival international du Film d’art et
au Festival de montréal
des artistes au Vert-Galant
16 mm, 13mn. sélectionné aux
rencontres internationales de saint-
etienne.
patriCK BarBéris
© institut François mitterrand
FiCHe teCHniQue
réalisation ..........................................................................patrick Barbéris
montage .............................................................................Catherine mabilat
image ...................................................................................Jean Gabriel Leynaud
sons ......................................................................................Francis Bonfanti
Voix
......................................................................................elsa Lepoivre / Christian Gonon de la Comédie Française
montage son / bruitage /
mixage
............................. Christophe Hammarstrand
musique originale
..........................................................renaud Gabriel pion
Coproduction....................................................................arte France
unité de programmes documentaires / pierrette ominetti
Chargée de programmes elisabeth Hulten
novaprod oWL
andrew orr
thibaut de Corday
aLeGria
Christine Camdessus
ina
direction de la production et de l’édition / Christophe Barreyre
responsable des productions / Xavier marliangeas
productrice Christiane Graziani
Chargée de production Guylène tavernier
avec la participation du Centre national de la Cinématographie
avec le soutien de la procirep – société des producteurs
de L’anGoa- aGiCoa
photos @ patrick Barbéris
Contacts presse
rima matta / anne Gaëlle mc nab
01 55 00 70 41 / 40
r-matta@artefrance.fr
/ ag-mcnab@
arte.tv / artepro.com
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.