6HC3~2009 DOC LA CITE DES ATHENIENS Ve - IVe SIECLE, CITOYENNETE ...

De
Publié par

6HC3~2009 DOC LA CITE DES ATHENIENS Ve - IVe SIECLE, CITOYENNETE ...

Publié le : lundi 11 juillet 2011
Lecture(s) : 116
Nombre de pages : 7
Voir plus Voir moins
 Ladémocratie athénienne
Périclès
BIOGRAPHIE COURTE e Périclèsétait unstratègeathénien du Vsiècle av. J.-C..
Lescitoyensd'Athènesl'élisent quinze fois à la fonction de stratège entre -443 et -429. Stratège, Périclès fait d'Athènes la plus belle cité grecque en se servant de l'argent déposé à Athènes par les alliés réunis dans laLigue de Délos. Entre 461 et 429 av. J.-C., la Grèce connaîtle siècle de Périclès. Il s'attache à protéger leslibertésacquises, encourage lecommercepour enrichir lacité. Mais sa politique extérieure mécontente une partie de ses alliés. Ceux-ci se tournent versSpartela rivale d'Athènes. Commence alors en -431 laguerre du Péloponnèseentre les cités grecques. Cette guerre va ruiner Athènes et donner à Sparte la première place en e Grèce à la fin du Vsiècle av. J.-C.. Atteint par la peste, Périclès s'éteint au début de la seconde guerre du Péloponnèse.
Source : vikidia
C:\Dossiers données\HISTOgraphie Lavie & Fourrier PARTIE 1\Cours 6e prgme 2009\6e Histoire\6HC3~2009 DOC LA CITE DES ATHENIENS Ve - IVe SIECLE, CITOYENNETE ET DEMOCRATIE.doc
1
BIOGRAPHIE MOYENNE Périclès voit le jour au sein d'une illustre famille athénienne. Son père est un fin militaire et sa mère appartient à la famille respectée des Alcméonides. Au cours de sa jeunesse, il acquiert de précieuses connaissances auprès des maîtres Anaxagore et Zénon d'Elée. Impliqué très jeune dans la politique de la cité, il intègre le parti démocratique et s'oppose au conservateur Cimon, en - 463. Doué d'une remarquable éloquence, il occupe une place de plus en plus importante au coeur des affaires athéniennes. Il étend ainsi son influence et renforce la démocratie de la cité en compagnie d'Ephialte. Alors qu'il diminue l'autorité de l'Aréopage, il permet à un plus grand nombre de citoyens d'accéder à l'archontat et valorise le tirage au sort.Par ailleurs, il met en place un système de rémunération pour une majorité de citoyens. Malgré ses propensions démocratiques, il s'impose catégoriquement dans le gouvernement de la cité, élimine les oppositions et mène une politique impérialiste. Les alliés d'Athènes sont soumis, les rebellions réprimées avec violence et plusieurs conflits éclatent, dont les deux guerres du Péloponnèse. La situation ne l'empêche pas d'entreprendre de grands travaux avec l'aide de Phidias, vers -450. Il côtoie également les grands intellectuels de l'époque tels qu'Hérodote, Sophocle ou Socrate. Toutefois, il est contraint de mettre en place de nouvelles réformes peu démocratiques qui diminuent son influence et sa popularité. Atteint par la peste, Périclès s'éteint au début de la seconde guerre du Péloponnèse. Source : l’internaute BIOGRAPHIE LONGUE
Stratège et homme d'État athénien (vers 495-Athènes 429 avant J.-C.). Cet article fait partie du DOSSIER consacré à laGrèce antique.L'Athénien Périclès a donné son nom à un « siècle » non pas tant par ses talents géniaux d'homme d'État, et surtout d'homme politique, que grâce à la durée tout à fait exceptionnelle de sa prééminence politique dans la démocratie athénienne, alors parvenue à son apogée.
Introduction
Entre la fin de la deuxièmeguerre médique(479) et le début de laguerre du Péloponnèse(431), pendant les quelques décennies au cours desquelles sont définitivement fixées les lois démocratiques, la figure de Périclèspersonnifie la gloire et la puissance de sa cité. On assiste à l'embellissement grandiose de l'Acropoleet de l'Agorad'Athènes, l'art grec classique atteint son apogée et, surtout, l'hégémonie attique s'impose dans la mer Égée, à tel point que la ligue deDélos, confédération formée pour lutter contre les Perses, prend la forme d'un empire athénien.
 Parsa noblesse, Périclès était promis à un grand destin dans une Athènes que n'avait pas encore touchée la médiocrité démagogique. La famille desAlcméonides, à laquelle il appartenait par sa mère, avait eu l'habitude de s'opposer aux autres nobles de la cité. Aussi, quand il entra dans la vie politique, fit-il comme son grand-oncleClisthène: il attacha le peuple à sonhétairie. De 461, où il prit la tête du partie démocratique, jusqu'en septembre C:\Dossiers données\HISTOgraphie Lavie & Fourrier PARTIE 1\Cours 6e prgme 2009\6e Histoire\6HC3~2009 DOC LA CITE DES ATHENIENS Ve - IVe SIECLE, CITOYENNETE ET DEMOCRATIE.doc2
429 avant J.-C., où il mourut, il fut le guide d'Athènes, dont il modela la constitution. Cependant, le destin historique de Périclès est lié aux erreurs qui entraîneront Athènes et, avec elle, toute la Grèce dans les désastres d'une guerre sanglante et interminable, la guerre du Péloponnèse (431-404) : Athènes contre Sparte.
L'ascension de Périclès
Après la victoire de l'Eurymédon (468 avant J.-C.), qui avait écarté de l'Égée le danger perse, l'union des grandes familles aristocratiques dominait la cité. Leur influence, néanmoins, ne résista guère à l'humiliation que Sparte infligea à la cité quand, en 462 avant J.-C., elle renvoya ignominieusement les contingents d'hoplitesqu'Athènes avait envoyés à son secours dans la guerre de l'Isthme.
 L'heuresonnait du parti populaire.Éphialtèss'en était affirmé le chef en menant la lutte contre les membres du conseil de l'Aréopage(grands personnages, anciensarchontes), dont il n'avait cessé de dénoncer les abus et la corruption. En 462 avant J.-C. même, profitant du départ pour Sparte de nombreux hoplites partisans de l'aristocratie, il avait fait voter une loi qui ôtait à l'Aréopage tous les « pouvoirs surajoutés » qu'il avait accaparés depuis la seconde guerre médique (s'arrogeant en particulier le droit d'interpréter les lois et d'en garantir l'application). Il ne lui laissa guère que l'administration sacrée, qu'il détenait de toute antiquité : la justice des crimes de sang qui souillaient la cité, la surveillance des temples. Le conseil des Cinq Cents(boulê),l'assemblée du peuple(ecclésia),le tribunal populaire(héliée)héritèrent de sa puissance. Le peuple devint ainsile maître des affaires publiques, la sagesse de ses décisions étant garantie par la terrible procédure en illégalité(graphê paranomôn)qui promettait la mort à qui proposerait un décret qui ne fût pas conforme à la législation existante.
 Membrepar sa mère de la grande famille aristocratique des Alcméonides, qui domine la vie politique, Périclès est le fils du stratège Xanthippos, le vainqueur de la flotte perse au cap Mycale, et d'Agaristê, la nièce du grand Clisthène, fondateur de la démocratie athénienne. Le jeune Périclès doit à la richesse de sa famille d'avoir pour précepteurs des philosophes aussi illustres queZénon d'Éléeet Anaxagore. Ce dernier, en particulier, insuffla à Périclès la trame de sa pensée politique en professant que l'esprit (lenoûs) doit inspirer un homme, lequel à son tour doit inspirer une cité, puis la Grèce entière contre les Barbares (les Perses). Périclès fit son apprentissage d'homme d'État aux côtés d'Éphialtès. Éphialtès, ostracisé (banni pour 10 ans de la cité) en 461 avant J.-C., mourut assassiné par des partisans de l'oligarchie quelque temps plus tard. Périclès s'employa aussitôt à compléter son œuvre, en prenant la direction du parti démocratique opposé au chef du parti aristocratiqueCimon. Les magistratures, même l'archontat, réservé jusqu'en 457 avant J.-C. aux seuls plus riches citoyens, s'ouvrirent à tous par la suppression des conditions de participation à la vie politique par les élections et l'extension de la procédure du tirage au sort, plus démocratique que l'élection.Par l'institution de l'indemnité de fonction(misthos),Périclès permit à nombre de citoyens de se dégager, pour remplir les charges publiques (siéger à laboulêou àl'héliée), de l'aliénation du travail (qui, aux yeux des Grecs, n'est guère compatible avec la vraie liberté). Il n'alla pourtant pas jusqu'à verser un misthos à qui venait à l'ecclésia (elle ne se réunissait qu'une fois par semaine en moyenne et y participer pouvait passer pour être du devoir étroit de tous), évitant de transformer les Athéniens en une foule d'assistés qu'aurait nourris leur seul titre de citoyen : le risque en était d'autant plus grand qu'il correspondait aux désirs de la foule, qui vota en 451-450 avant J.-C. une loi pour reconnaître le droit de cité, et les privilèges y afférant, aux seuls habitants dont les deux parents étaient Athéniens (pour éviter que les métèques, de plus en plus nombreux et attirés par le rôle économique d'Athènes, ne bouleversent à la longue une démocratie fondée par de petits propriétaires paysans). Il préféra leur proposer d'accomplir de grandes choses et fit en sorte qu'ils en profitent.Il mit également fin à l'opposition de l'oligarchie– dont le plus illustre représentant,Thucydide, fut frappé d'ostracisme
Les travaux
C:\Dossiers données\HISTOgraphie Lavie & Fourrier PARTIE 1\Cours 6e prgme 2009\6e Histoire\6HC3~2009 DOC LA CITE DES ATHENIENS Ve - IVe SIECLE, CITOYENNETE ET DEMOCRATIE.doc
3
« Nous aimons une beauté simple » : ces mots que Thucydide prête à Périclès résument parfaitement l'idéal du grand homme d'État athénien dans le domaine des arts. Cet idéal trouva une application immédiate dans la nécessité de parfaire la reconstruction d'Athènes (laissée en ruine au départ des Perses en 479 avant J.-C.), entreprise par Thémistocle et Cimon, qui avaient paré au plus pressé en entourant la ville d'une enceinte fortifiée.
 Périclèslança ainsi un programme de grands travaux qui permirent de répartir sur la grande masse des travailleurs une partie de la richesse de l'État. On acheva ainsi (451-448 avant J.-C.) les cales et arsenaux duPirée, on y construisit la halle aux blés(Alphitopôlis),on grossit la flotte, qui passa de 200 à 300 trières, on édifia les Longs Murs pour joindre la ville au Pirée. Mais surtout, on utilisa d'énormes sommes à bâtirl'Acropole. Autour de Périclès se groupa une équipe d'admirables artistes, dontPhidias, son confident et ami. En 447-446 avant J.-C. fut commencé le temple de la déesse poliade, leParthénon, dontIctinosavait conçu le plan ; Callicratès, assisté d'une commission dont Périclès lui-même faisait partie, en exécuta les travaux ; en 438 avant J.-C., Phidias livra après un travail de six ans la magnifique statue d'ivoire et d'or (chryséléphantine) qui habita la cella. En 437 avant J.-C. furent entrepris les travaux desPropylées, vestibule qui devait donner à l'entrée de la colline sacrée son caractère monumental. On entreprit aussi la construction d'un théâtre en pierre pour le culte de Dionysos, d'un odéon. La ville basse elle-même se couvrit de temples, ainsi que lesdèmesde l'Attique (Éleusis, Sounion, Rhamnonte).
 Maiscela ne suffisait guère, la cité antique ne pouvait accroître ses richesses, et par conséquent donner au plus grand nombre une vie plus facile, qu'en cherchant à profiter du travail et des biens d'autrui : c'est de l'impérialisme dont seront victimes les alliés de la ligue de Délos que vient ladémocratie.
 Périclèsaffirmait volontiers qu'Athènes était « l'école de la Grèce », que la cité avait aussi un droit moral à conduire l'ensemble de l'Helladevers l'unitéqui avait permis les si beaux exploits des guerres médiques. Il fit diverses tentatives pour réaliser ce programme par des voies pacifiques. Un décret du peuple invita en 446 avant J.-C. tous les Grecs à un congrès qui se serait tenu à Athènes quelques années plus tard (443 avant J.-C.) ; Périclès organisa une grande expédition internationale qui alla fonderThourioien Grèce d'Occident, mais que son succès même rendit assez indépendante pour l'opposer très vite à sa métropole. Plus tard encore, il semble que l'on voulut demander aux Hellènes d'envoyer aux déesses d'Éleusisles prémices des récoltes (tentative, par le biais du prosélytisme religieux, de faire de nouveau reconnaître l'hégémonie d'Athènes dans le monde grec). En fait, l'esprit d'autonomie ne laissait aucune chance de succès à ces tentatives : la mission d'Athènes ne pouvait s'accomplir que par la force.
 Ilfallait d'abord assurer ces prétentions par la défaite définitive des Perses, par l'abaissement de Sparte, que les oligarques avaient toujours ménagée, mais dont le prestige nuisait à la gloire d'Athènes. Mener une double guerre se révéla vite impossible : après le désastre de l'expédition d'Égypte (454 avant J.-C.), les démocrates durent accepter une trêve avecSparte, rappeler Cimon, qui accepta de conduire une escadre en Méditerranée orientale contre les flottes perses. Lapaix de Calliasen 449-448 avant J.-C. chassa les Perses de l'Égée ; en 446 avant J.-C., une paix de trente ans fut signée avec Sparte. Mais le conflit avait provoqué déjà des transformations : ainsi, le trésor de la ligue de Délos avait été, en 454 avant J.-C., transporté à Athènes ; ayant quitté la sauvegarde d'Apollon, il servit bientôt en partie à la construction du Parthénon, symbole de la grandeur d'Athènes seule. Des révoltes éclatèrent, d'autant plus nombreuses qu'Athènes démocratique intervenait de plus en plus dans la vie intérieure des cités alliées. Périclès fit vraiment de l'alliance (la ligue de Délos n'était jusqu'alors qu'une symmachie)un empire(arkhê),malgré l'opposition du parti aristocratique, qui ne put guère faire entendre sa voix que jusqu'en 443 avant J.-C. (date de l'ostracisme deThucydide, fils de Mélésias).
C:\Dossiers données\HISTOgraphie Lavie & Fourrier PARTIE 1\Cours 6e prgme 2009\6e Histoire\6HC3~2009 DOC LA CITE DES ATHENIENS Ve - IVe SIECLE, CITOYENNETE ET DEMOCRATIE.doc
4
 Lesystème desclérouquiesnotamment fut développé, permettant auxthêtes(la classe la plus basse) qui acceptaient de s'expatrier (sans perdre, du fait de leur installation en terre étrangère, leurs droits de citoyen) de devenirzeugites, puisqu'on leur donnait une propriété dont le revenu équivalait au cens de cette troisième classe ; le corps social ainsi se démocratisait. Mais, désormais, trop d'Athéniens ne vivaient plus que par l'Empire ; sa perte ne pouvait s'admettre et aurait ébranlé les fondements mêmes de la société démocratique.
 Jouissantd'un immense prestige grâce à ses succès, utilisant au mieux des talents exceptionnels d'orateur qui l'ont fait surnommer « l'Olympien », bravant les critiques qui lui reprochaient son concubinage avec la Milésienne Aspasie, obtenant de l'Assemblée la possibilité d'enfreindre les lois qu'il avait lui-même édictées (la citoyenneté est accordée au fils que lui donne Aspasie), Périclès est alors sans conteste le « prostate » de la cité, son dirigeant non élu ; sans cesse réélu pendant quinze ans à la charge de stratège, il est celui dont l'avis prévaut. Les œuvres de l'historienHérodote, des philosophesAnaxagore,ProtagorasetSocrate, des poètes tragiquesSophocleetEuripidetémoignent, parmi d'autres, que le « siècle de Périclès » futl'époque la plus brillantede l'histoire athénienne et grecque.
 Pourtant,trop de sujets étaient mécontents, et la puissance d'Athènes était fragile. Mais la grandeur de l'Athènes de Périclès tient peut-être justement à ce qu'elle risquait de disparaître pour le plaisir de connaître la gloire d'avoir dominé le monde.
La guerre d'Athènes contre Spartes
La guerre en effet qui finit par abattre Athènes (en 405 avant J.-C., après la bataille d'Aigos-Potamos) naquit de l'Empire, et fut acceptée par Périclès comme par Sparte, qui y voyait comme un moyen de donner à juger aux dieux et aux hommes de la valeur de leurs institutions.
 En441 avant J.-C.,Samosavait eu l'audace de s'attaquer àMilet, la patrie d'Aspasie. Périclès, après avoir voulu imposer un arbitrage diplomatique entre les deux cités, avait envoyé quarante vaisseaux qui prirent la ville ; les alliés, qui en avaient profité pour se détacher d'Athènes, furent, eux aussi, soumis. En 433 avant J.-C., Athènes ordonna àPotidéede raser ses murailles : la cité, colonie de Corinthe, fit appel à la métropole et fonda avec les autres cités de Chalcidique une ligue qui se dressa contre Athènes (Potidée résista jusqu'en 429 avant J.-C. aux assauts des troupes athéniennes). Ce fut lorsque Périclès ordonna que se fermassent aux navires deMégare, ville de l'Isthme favorable à Sparte, l'ensemble des ports de l'Empire et les marchés d'Athènes que les Spartiates et leurs alliés péloponnésiens se décidèrent à en découdre (poussés par Corinthe, qui songeait au sort de sa colonie de Thrace).
 LesPéloponnésiens envisageaient une victoire rapide, confiants en la valeur traditionnelle de leur infanterie ; d'ailleurs, l'état de leurs finances leur interdisait en principe de prolonger les hostilités. Périclès, lui, devait envisager autrement le déroulement de la guerre : il lui fallait compter avec la médiocrité éventuelle du soldat-citoyen et avec sa clientèle populaire dans une cité où l'hoplite n'était pas nécessairement un partisan de sa démocratie ; sa situation s'était quelque peu détériorée (son autorité s'affaiblissait de ses quinze ans de pouvoir ininterrompu), puisque depuis le retour de Thucydide (433 avant J.-C.) s'étaient reconstitués les clubs d'aristocrates (hétairies) et que l'on intentait des procès à ses familiers en espérant l'atteindre (à Phidias, à Anaxagore, àAspasieelle-même).
 Ilfit se replier toute la cité sous la protection des Longs Murs ; l'Attique fut abandonnée à l'ennemi.Ce fut à la flotteque revint la charge de nourrir la cité, d'inquiéter l'adversaire en harcelant ses côtes. Les risques d'une telle stratégie étaient grands : on pouvait craindre de voir la cité se démoraliser à veiller, inutile, aux remparts, tandis que l'ennemi brûlait récoltes et villages, mais surtout, à long terme, on provoquait la destruction de la classe des petits propriétaires fonciers qui, depuis l'époque dePisistrate, avaient fait la puissance, la santé et
C:\Dossiers données\HISTOgraphie Lavie & Fourrier PARTIE 1\Cours 6e prgme 2009\6e Histoire\6HC3~2009 DOC LA CITE DES ATHENIENS Ve - IVe SIECLE, CITOYENNETE ET DEMOCRATIE.doc
5
l'équilibre d'Athènes. Périclès espérait pouvoir, par sa présence, garantir le moral des citoyens, par la victoire enrichir assez Athènes pour que ses pertes ne lui fussent rien.
 Lapremière année de guerre parut lui donner raison : les Spartiates et leurs alliés envahirent l'Attique, mais durent se retirer sans avoir pu combattre, Périclès ayant refusé une sortie de l'armée athénienne. En revanche, la flotte sema la terreur le long des côtes péloponnésiennes et des garnisons s'installèrent sur les sites stratégiques (Égine). La puissance de l'Empire, l'invulnérabilité de la flotte semblaient promettre une victoire facile ; Périclès disait sa confiance aux citoyens rassemblés pour l'éloge aux morts à la fin de la campagne.
 L'année430 avant J.-C. vit arriver, par un vaisseau d'Égypte,la pestequi, dans la ville surpeuplée, fit des ravages (un tiers de la population d'Athènes périt). Le peuple vit en Périclès le responsable de ses souffrances ; il fut déposé, il lui fallut rendre des comptes sur ses quinze années de pouvoir et il ne put justifier l'emploi de tous ses fonds secrets. Le tribunal populaire le condamna à une amende de cinquante talents. Pourtant, sa disgrâce n'apportait nul soulagement, les défaites s'accumulèrent.
 Dansla cité affaiblie, il restait l'homme nécessaire : au printemps de 429 avant J.-C., il fut réélu stratège. Durant l'été, il eut la joie de voir la flotte athénienne remporter les victoires de Potidée et Naupacte. Ses deux fils étaient morts et il était lui-même usé par les charges qu'il avait assumées ; il mourut en septembre.
 «Tout le temps qu'il fut à la tête de la cité pendant la paix, il la dirigeait avec modération et sut veiller sur elle de façon sûre… et de même, lorsqu'il y eut la guerre, il apparaît que là aussi il apprécia d'emblée sa puissance. » Thucydide, II, 65-5 (traduction Jacqueline de Romilly).
Mais nul ne pouvait assurer sa succession; ce grand homme trop puissant semblait avoir fait autour de lui le vide.
Périclès et Aspasie
Périclès s'était marié tard (vers 457 avant J.-C.) à une femme d'une excellente famille. Elle lui donna deux fils (Xanthippos et Paralos), mais elle ne sut pas (élevée comme toutes les Athéniennes dans la médiocrité et l'insignifiance du gynécée) être la compagne dont il avait besoin : ils se séparèrent et Périclès rencontra l'amour à quarante-trois ans.
 Aspasiede Milet resta vingt ans à ses côtés. C'était une Grecque d'Asie venue nous ne savons comment à Athènes, où son compatrioteHippodamos de Milet, l'architecte, l'avait mise en rapport avec lui. C'était une femme supérieure, une femme d'esprit avec laquelle Périclès avait plaisir à s'entretenir des affaires publiques ; douée d'une grande culture, elle savait les règles du discours, etSocratefaisait cas de sa conversation. Elle savait recevoir et à son cercle se pressaientSophocle, le sculpteur Phidias, les architectes Ictinos, Callicratès, Hippodamos, qui la connaissait de longue date : elle offrait ainsi à Périclès le charme d'une maison qui était pour lui un véritable foyer, chaud de l'amitié des plus grands artistes et penseurs du temps.
 Cetteunion qui fut si tendre (chaque jour, Périclès, partant pour l'agora, ne manquait pas, ditPlutarque, d'embrasser sa femme) ne fut pas sans provoquer dans l'opinion un très vif mécontentement : les Athéniens, peu favorables à l'émancipation des femmes, les poètes comiques toujours prêts à exploiter une veine satirique la couvrirent de boue, mais Périclès sut toujours la défendre avec une grande dignité ; ainsi en 432 avant J.-C., lorsqu'elle fit l'objet d'une accusation en règle devant le tribunal. D'ailleurs, le peuple lui rendit finalement justice : quand les deux fils du premier mariage de Périclès eurent été tués en 429 avant J.-C. par l'épidémie de peste, l'assemblée accorda à Périclès la grâce de la citoyenneté pour le fils qu'il avait eu d'Aspasie (depuis la loi de 451 avant J.-C. en effet, seul était citoyen celui qui était né de père et mère athéniens). Ce jeune homme fit d'ailleurs une belle carrière politique et fut C:\Dossiers données\HISTOgraphie Lavie & Fourrier PARTIE 1\Cours 6e prgme 2009\6e Histoire\6HC3~2009 DOC LA CITE DES ATHENIENS Ve - IVe SIECLE, CITOYENNETE ET DEMOCRATIE.doc6
stratège en 406 avant J.-C. (malheureusement pour lui, ce fut aux Arginuses, où tous les généraux athéniens, malgré leur victoire, furent condamnés à mort).
LES MAÎTRES DE PÉRICLÈS
Damon d'abord l'instruisit, et resta toujours pour lui, dans sa vie publique, un conseiller sûr (du moins jusqu'à ce qu'il fût ostracisé en 464 avant J.-C.). C'était un théoricien de la musique, mais, comme « on ne saurait toucher aux règles de la musique sans ébranler en même temps les lois fondamentales de l'État » (c'est Platon qui, dansla République,où la musique est justement la base de l'éducation, rapporte cette opinion de Damon), il apparut qu'il était « couvert du nom de musicien et hantait autour de Périclès comme un maître… qui lui enseignait comme il devait se conduire dans les affaires d'État » (Plutarque) ; il aurait inspiré à Périclès l'essentiel de mesures démocratiques, comme par exemple de donner une rétribution à qui s'occupait des affaires de la cité (misthophorie).
e Zénon d'Élées. ; « l'homme aux deux langues » quivint à Athènes vers le milieu du V réussissait à « présenter à ses auditeurs une seule et même chose comme semblable et dissemblable, une et multiple, immobile et en mouvement », l'inventeur, dit Aristote, de la dialectique, arma son intelligence.
Anaxagore de Clazomènessurtout nourrit son âme. Périclès entretenait avec lui les relations les plus étroites ; il apprit ainsi la clarté, la rigueur, il sut mettre au service de la gloire d'Athènes une intelligence éclairée et équilibrée par la confiance que lui inspirait l'élévation de la philosophie. Comme nous le dit Plutarque, « il en prit non seulement une grandeur et hautesse de courage et une dignité de langage où il n'y avait rien d'affecté, de bas, ni de populaire, mais aussi une constance de visage qui ne se mouvait pas facilement à rire, une gravité en son marcher, un ton de voix qui jamais ne se perdait, une contenance rassise […] qui jamais ne se troublait pour chose quelconque… » ; « il apprit aussi à chasser hors de soi et mettre sous les pieds toute superstitieuse crainte des signes célestes et des impressions qui se forment en l'air, lesquelles apportent grande terreur à ceux qui en ignorent les causes, et à ceux qui craignent les dieux d'une façon éperdue, parce qu'ils n'en ont aucune connaissance certaine que la vraie philosophie naturelle donne, et au lieu d'une tremblante et toujours effrayée superstition, engendre une vraie dévotion accompagnée d'assurée espérance de bien ». Le dernier des maîtres de Périclès n'avait pas eu l'influence la moins agissante.
Source : Larousse
C:\Dossiers données\HISTOgraphie Lavie & Fourrier PARTIE 1\Cours 6e prgme 2009\6e Histoire\6HC3~2009 DOC LA CITE DES ATHENIENS Ve - IVe SIECLE, CITOYENNETE ET DEMOCRATIE.doc
7
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.