Bref historique

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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CHAPITREI
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D esopiuginslear,nlueistrdeessstoeumrcpess,lqhuoelmanmaetauarpepmriestàguétinléisreeru,speomuresnetà sadisposition. La« réparationdesos,desarticulations,desmusclesetdesnerfs fut, pendant des millénaires, le domaine réservé des rebouteux qui se transmettaient leurs secrets de père en fils. Par des manœuvres de massage, d’étirement, de mobilisations des zones blessées par des chocs ou des mouvements forcés, ils « remettaient en place », débloquaientd’unemanièreempiriquemaisefficace.Certainsmême, à la fois chirurgiens et rebouteux à l’image d’Ambroise Paré (1509-1590, inventeur de la ligature des artères), réduisaient les fractures, opéraient,amputaientetcautérisaientlesplaies.
Plus tard, la profession médicale s’organisant, les chirurgiens furentenglobésauseinducorpsmédical,nepratiquantplusquela chirurgieetl aissantainsil apratiquedureboutement,j ugéesecondaire, auxrebouteux.
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1. Les premières preuves
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La première référence aux pratiques de médecine manuelle remonte à la haute Égypte où, sur une fresque découverte dans la tombe du pharaon Ramsès II (environ 1298 à 1235 av. J.-C.), une figurinemontreunpraticientraitantcequiparaîtêtreunelésiondu coude.
Manipulationduncoude.Détaildunefresque deRamsèsII(atelierdesculpteurIpy).
Traitementdelacolonne vertébraleilya 2500ans(bas-relief delaGrèceantique).
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Curieusement,cettepositiondemanipulationdelatêteduradius supposait une grande connaissance de la physiologie articulaire. En effet,ilnes’agitpasd’unemanœuvrederemiseenplacebrutalemais, apparemment,dunetechniquedunegrandenessequenerenierait aucunostéopathecontemporain. AlapogéegrecquedusiècledePériclès,HippocratedeCos(460 à377av.J.-C.),dansson Traitédesarticulations ,décritendétailles manœuvres de réduction articulaire, soit à l’aide d’instruments de traction,soitpardestechniquespurementmanuelles. A Rome, Claude Galien (131-201 apr. J.-C.), héritier d’Hippo-crate,manipulaitcourammentlesarticulations. AuMoyen-Orient,enIranauxalentoursdelan1000,Avicenne pratiquaitjournellementdesthérapeutiquesmanuellesparfaitement décrites dans son Canon de la médecine , célèbre ouvrage qui devait exercerunei nfluenceconsidérablependantplusieurssiècles.Cesavoir-fairemédicalmanuel,basésurdessièclesdexpériencesfructueuses,se répanditdanslEuropeentièrejusquàlapériodefatidiqueduMoyen-Âge.
2. Le Moyen-Âge
Cetteépoquemarquelavènementdunobscurantismemarqué par une régression et la disparition de l’arsenal thérapeutique de pratiquesqui,utiliséesquotidiennementpardesmainscompétentes dans le domaine des douleurs et des blessures articulaires, avaient pourtant fait leurs preuves, tout comme l’acupuncture en Chine. CettesituationaberrantesembleremonterauquatrièmeConciledu Latran,en1215.
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Auparavant, médecine et chirurgie étaient pratiquées par des clercsinstruits.Pourdobscuresraisons,lorsdeceConcile,décision fut prise d’interdire aux médecins la pratique de la chirurgie, leur réservantexclusivementlapratiquedelamédecine.Lachirurgiesortit doncdudomainemédicaletfutréservéeàdeslaïcsquinepouvaient bénécierquedunenseignement«surletas»,lesétudesnétant accessiblesquauxecclésiastiques. La chirurgie comme les méthodes manuelles tombèrent pour longtemps en disgrâce. La première génération de chirurgiens fut viteremplacéeparlesbarbierssansinstruction,déconsidérésparles médecinsdelépoqueetsituésauplusbasdeléchelle. Le traitement des membres et de la colonne vertébrale devait pourtant survivre de manière empirique par transmission orale de maîtreàélève.
3. Le XVIIIe siècle
Laréhabilitationdelachirurgie, quatresièclesplustard sousle règnedeLouisXV,s’effectuaauxdépensdesméthodesmanuellesqui restèrentignoréesetmépriséesparunepartieducorpsmédical,mépris perdurantencoredenosjours.Sansdoutelaréminiscencedudédain des médecins pour les barbiers n’y est-elle pas étrangère ? Ou bien, plusprosaïquement,nesagit-ilquedunecertainecondescendanceà lencontreduneactivitémédicalerelevantdutravailmanuel? Quelles qu’en soient les raisons, les techniques dites de reboutement connurent de tout temps un succès justifié auprès des patientspourquiseullerésultatcompte.DanstouslespaysdEurope, uncorpsde«médecinsauxpiedsnus»continuadesoigneravec
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lesmoyensdubordlesaffectionsquelamédecinenepouvaitoune voulaittraiter.Lebonsenspopulaireapermisàcette«médecinepar lesmains»desurvivreclandestinementenEuropependantdessiècles avantderesurgirofciellementàlanduXIXesiècle,auxEtats-Unis, grâceauxtravauxdAndrewTaylorStilletdesesdisciples. Curieusement, ce courant rénovateur se développait simulta-némentdanslespaysnordiquesoùlagymnastiquesuédoiseprenait son essor et où Thure-Brandt créait les prémices de ce qui devait devenirlostéopathieviscéraleetgynécologique.
4. Naissance de l’ostéopathie
Lostéopathieaplusde100ans.Sonfondateur,A.T.Still,vécutaux Etats-Unisde1828à1917.Sonpère,médecinetpasteurméthodiste, l’initiatrèsjeuneàlamédecine;l’accompagnantdanssesvisites,dans la campagne du Middle West et parmi les Indiens, il connut la vie rudeetfrustedespionniersetappritàaimeretcomprendrelanature. Trèsjeune,ilsetrouvaconfrontéauxlimitesdelamédecinedeson temps. Souffrantdedouloureuxmauxdetêteaccompagnésdenausées, ilalidéedappuyersanuquesurunecordetendueentredeuxarbres etilenéprouvaunétonnantsoulagement.Cette«thérapie»intuitive constitue peut-être l’étincelle qui déclenchera quelques années plus tardsavocationquandilcomprendquecettepressionsurlanuquequi lavaittantamélioréprovenaitduneactionmécaniquedécomprimant lesmusclesetnerfsducou.Ilécritdesannéesaprès:« Neconnaissant rienàlanatomieàcetteépoque,jenimaginaispascommentunecorde pouvaitarrêterunmaldetêteainsiquelesmauxdestomacqui,souvent,
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laccompagnaient.Jerépétaicetraitementpendantvingtanschaquefois quej’avaismalàlatête.Jecomprisque,decettemanière,jesuspendais l’actiondesgrandsnerfsoccipitauxetharmonisaisainsilacirculation danslesartèresetlesveines. 
 Sansdouteest-ilaussiinuencéparlefaitdavoirvuàlœuvreles «bones-setters»,rebouteuxanglaisd’unegrandedextérité,héritiers destechniquesdunelonguetraditionmanuelleetaussi,sansdoute, lesmanipulationschinoisespratiquéesparlesémigrésasiatiques. Ilentreprendsesétudesdemédecineallopathiqueàl’Université demédecinedeKansasCitydansleMissouri,puisestengagécomme médecin-chirurgiendelarméependantlaguerreciviledeSécession de1861à1865.
Lamédecinedecetteépoqueestencorerudimentaire,lesépidé-mies ravagent le pays. Malgré sa grande conscience professionnelle etsaragedeguérir,sesmaladesmeurent.Sonimpuissancelerévolte. LepeuderésultatsdelapratiquedelArtmédicaldesonépoquele pousse à remettre en question les certitudes acquises pendant ses études,àprêcherlatoléranceetàrechercherlaVérité:« Aucunevérité n’est plus grande qu’une autre, chacune a une sphère d’utilité qui lui estparticulière.Aussidevons-noustraiteravecrespectetconsidération touteslesvéritésgrandesetpetites.
Il se replonge dans ses livres d’anatomie  (qui décrit minu-tieusementlecorps)etde physiologie (quiexpliquelesmécanismes defonctionnementdesorganes),creusantetrecreusanttoujoursplus profondément la matière pour tenter de trouver un fil conducteur quilemèneraitàladécouvertedessecretsdelasantéetdelaViepour mieuxcombattrelamaladie.Ilécriraplustard,parlantdelanatomie:
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