CHAPITRE 16 VOLTAIRE ET SES COMBATS

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CHAPITRE 16 VOLTAIRE ET SES COMBATS

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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voltaire et ses combats CHAPITRE 16 VOLTAIRE ET SES COMBATS LE PHILOSOPHE-ROI i on appelle souvent le Grand Si cle, le si cle de Louis XIV , ele XVIII si cle est sans contredit le si cle de Voltaire.S M daille grav e par Waechter, 1772 C est son crivain le plus achev et celui qui personnifie le mieux l esprit philosophique des Lumi res. Voltaire (1694-1778) a pratiqu tous les genres : tragique, po tique, comique, mais la post rit retiendra surtout les contes philosophiques : Candide (1759) au style tincelant est peut- tre le plus grand roman en langue fran aise de tous les temps ; la correspondance : travers ses 309 Les grandes figures du monde moderne 18 000 lettres, Voltaire a correspondu avec toute l Europe ; et l histoire qu il renouvelle : L Essai sur les mˇurs (1756), Le si cle de Louis XIV (1751). Voltaire fut aussi un homme d action ; ses campagnes sont c l bres contre l injustice, l intol rance, le fanatisme et la superstition. Bref cet homme qui a combattu toute sa vie pour la libert de penser est le philosophe par excellence des Lumi res. Les ann es anglaises Fran ois-Marie Arouet est n en 1694 dans un milieu assez ais qui avait de bonnes relations. Son p re, Fran ois Arouet, est notaire royal et receveur d pices. ¸ 10 ans, il tudie chez les J suites au coll ge Louis-le-Grand, un coll ge r put pour l excellence de ses professeurs. ¸ la fin de ses tudes, il se rend Paris et fr quente les salons et la noblesse, faisant valoir son bel esprit. En 1718, il obtient son premier grand succ s avec sa trag die ˛dipe et prend le nom de Monsieur de Voltaire (anagramme de AROVET Le Ieune). Mais sa hardiesse de mˇurs et d id es n est pas sans faire scandale. Une querelle avec le chevalier de Rohan-Chabot lui rappelle qu il n est qu un roturier : son adversaire le fait b tonner et obtient son internement la Bastille. Voltaire est oblig finalement de s exiler en Angleterre. Pendant les trois ans (1726-1729) que dure cet exil, il fait la connaissance du po te et essayiste Alexander Pope (1688-1744), du romancier et pamphl taire Jonathan Swift (1667-1745) et du philosophe George Berkeley (1685-1753). Rapidement, l Angleterre devient pour lui le pays d une certaine tol rance religieuse, de la libert , de la philosophie et des sciences modernes. C est pendant ce s jour qu il est influenc par l empirisme et la philosophie politique de Locke. En 1734, il publie en Hollande les Lettres philosophiques ou Lettres anglaises, r pandues clandestinement en France avec un succ s consid rable. Il fait de l Angleterre une ˙ le de raison ¨ et en profite pour vulgariser un certain nombre d id es philosophiques tout en condamnant indirec- tement les institutions fran aises. De plus, il y compare la philosophie fran aise, incarn e par Descartes, l empirisme anglais, repr sent par Newton : Je ne crois pas qu on ose, la v rit , comparer en rien sa philosophie avec celle de Newton : la premi re est un essai, la seconde est un chef- d ˇuvre. Mais celui qui nous a mis sur la voie de la v rit vaut peut- tre celui qui a t depuis au bout de cette carri re. Descartes donna la vue 310 voltaire et ses combats aux aveugles ; ils virent les fautes de l Antiquit et les siennes. La route qu il ouvrit est, depuis lui, devenue immense (Lettre XIV , Sur Descartes et Newton, 1734). Les orageux changes Berlin L ann e suivante, les Lettres sont d nonc es et condamn es tre br l es, et Voltaire menac d arrestation. ¸ cette m me poque, il rencontre milie du Ch telet (1706-1749), la savante auteur des Institutions physiques (traduction et commentaires des Principes math matiques de philosophie naturelle de Newton), de l Examen de la Gen se, du Discours sur le bonheur ; ce qui marque le d but d une longue aventure sentimentale et intellectuelle de pr s de 10 ans. milie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Ch telet Au cours de ces ann es, Voltaire devient historiographe du roi Louis XV (1745) et membre de l Acad mie fran aise (1746). C est aussi cette poque que d bute sa correspondance avec Fr d ric II, devenu roi de Prusse en 1740. Leur change pistolaire (plus de 800 lettres) durera 42 ans. En 1750, Voltaire quitte Paris pour Berlin et le ch teau de Potsdam l invitation de Fr d ric II. 311 Les grandes figures du monde moderne Au d but de son s jour, c est l enchantement r ciproque. Voltaire est choy et adul . Mais de vifs m comptes surgissent, les querelles envenim es par la rivalit avec ses autres coll gues se multiplient si bien qu il finit par se rendre ind sirable ; la dispute avec Maupertuis, le pr sident de l Acad mie des sciences de Berlin, pr cipitant la disgr ce. Le ˙ patriarche ¨ Voltaire est contraint de regagner la France. Il quitte Berlin en 1753 et devra errer de 1753 1760 la recherche d un g te s r. Devant les tracasseries du Grand Conseil de Gen ve, il quitte Les D lices, une propri t pr s de Gen ve o il avait s journ quelque temps. Finalement il achetera en 1759 le ch teau de Ferney, pr s de la fronti re suisse o il vivra en ch telain clair . Un v ritable r gne intellectuel commence. Le ˙ roi Voltaire ¨ devient une figure de l gende et re oit La chambre de Voltaire Ferney La gravure de 1780 montre la galerie de portraits et le mausol e chez lui avec une hospitalit fastueuse les personnalit s les plus minentes de l Europe. Dans ce qui suit, on lira l affectueux compte-rendu, tir de ses M moires (Paris, 1804, t. II, p. 230 et ss.), de la visite que Jean-Fran ois Marmontel, l auteur succ s de B lisaire , fit Voltaire dans son ch teau des D lices , au mois de juin 1760. 312 voltaire et ses combats D une plume alerte, Marmontel fait le r cit bien vivant des quelques jours pass s en la compagnie du grand homme dans son quotidien. La visite de Marmontel Voltaire aux D lices ˙ Press s de nous rendre Gen ve, nous ne nous donn mes pas m me le temps de voir Lyon, r servant pour notre retour le plaisir d admirer dans ce grand atelier du luxe les chefs-d ˇuvre de l industrie. Rien de plus singulier, de plus original que l accueil que nous fit Voltaire. Il tait dans son lit lorsque nous arriv mes. Il nous tendit les bras, il pleura de joie en m embrassant ; il embrassa de m me le fils de son ancien ami M. Gaulard. Vous me trouvez mourant, nous dit-il ; venez-vous me rendre la vie ou recevoir mes derniers soupirs ? Mon camarade fut effray de ce d but. Mais moi qui avais cent fois entendu dire Voltaire qu il se mourait, je fis signe Gaulard de se rassurer. En effet, le moment d apr s, le mourant nous faisant asseoir aupr s de son lit : Mon ami, me dit-il, que je suis aise de vous voir surtout dans le moment o je poss de un homme que vous serez ravi d entendre. C est M. de l cluse, le chirurgien-dentiste du feu roi de Pologne, aujourd hui seigneur d une terre aupr s de Montargis, et qui a bien voulu venir raccommoder les dents irraccommodables mede M Denis. C est un homme charmant. Mais ne le connaissez-vous pas ? Le seul l cluse que je connaisse est, lui dis-je, un acteur de l ancien Op ra- Comique. C est lui, mon ami, c est lui-m me. Si vous le connaissez, vous avez entendu cette chanson du R mouleur qu il joue et qu il chante si bien. Et l instant voil Voltaire imitant l cluse, et avec ses bras nus et sa voix s pulcrale, jouant le R mouleur et chantant la chanson : Je ne sais o la mettre Ma jeune fillette; Je ne sais o la mettre, Car on me la cache... Nous rions aux clats ; et lui toujours s rieusement : Je l imite mal, disait-il ; c est M. de l cluse qu il faut entendre, et sa chanson de la Fileuse ! et celle du Postillon ! et la querelle des cosseuses avec Vad ! C est la mev rit m me. Ah ! vous aurez bien du plaisir. Allez voir M Denis. Moi, tout malade que je suis, je m en vais me lever pour d ner avec vous. Nous mangerons un ombre- chevalier, et nous entendrons M. de l cluse. Le plaisir de vous voir a suspendu mes maux, et je me sens tout ranim . meM Denis nous re ut avec cette cordialit qui faisait le charme de son caract re. Elle nous pr senta M. de l cluse ; et, d ner, Voltaire l anima, par les louanges les plus flatteuses, nous donner le plaisir de l entendre. Il d ploya tous ses talents, et nous par mes charm s. Il le fallait bien ; car Voltaire ne nous aurait point pardonn de faibles applaudissements. La promenade, dans ses jardins, fut employ e parler de Paris, du Mercure, de la Bastille (dont je ne lui dis que deux mots), du th tre, de l Encyclop die , et de ce malheureux Le Franc, qu il harcelait encore ; son m decin lui ayant ordonn , disait- 313 Les grandes figures du monde moderne il, pour exercice, de courre une heure ou deux tous les matins le Pompignan. Il me chargea d assurer nos amis que tous les jours on recevrait de lui quelque nouvelle fac tie. Il fut fid le sa promesse. Au retour de la promenade, il fit quelques parties d checs avec M. Gaulard, qui, respectueusement, le laissa gagner. Ensuite, il revint lle parler du th tre et de la r volution que M Clairon y avait faite. Voltaire jouant aux checs, Jean Huber, 1775-1776 C est donc, me dit-il, quelque chose de bien prodigieux que le changement qui s est fait en elle ? C est, lui dis-je, un talent nouveau ; c est la perfection de l art, ou plut t c est la nature m me, telle que l imagination peut vous la peindre en beau. Alors exaltant ma pens e et mon expression pour lui faire entendre quel point dans les divers caract res de ses r les, elle tait avec v rit , et une v rit sublime, Camille, Roxane, Hermione, Ariane, et surtout lectre, j puisai le peu que j avais d loquence lui inspirer pour Clairon, l enthousiasme dont j tais plein moi- m me ; et je jouissais, en lui en parlant, de l motion que je lui causais, lorsque enfin prenant la parole : me Eh bien ! mon ami, me dit-il, avec transport, c est comme M Denis, elle a fait des progr s tonnants, incroyables. Je voudrais que vous lui vissiez jouer Za re, Alzire, Idam ! le talent ne va pas plus loin. me meM Denis jouant Za re ! M Denis compar e Clairon ! Je tombai de mon haut : tant il est vrai que le go t s accommode aux objets dont il peut jouir ; et que cette sage maxime : 314 voltaire et ses combats Quand on n a pas ce que l on aime. Il faut aimer ce que l on a, est en effet non-seulement une le on de la nature mais un moyen qu elle se m nage pour nous procurer des plaisirs. Nous repr mes la promenade, et, tandis que M. de Voltaire s entretenait avec Gaulard de son ancienne liaison avec le p re de ce jeune homme, causant de mon mec t avec M Denis, je lui rappelais le bon temps. Madame Denis, la ni ce de Voltaire Le soir, je mis Voltaire sur le chapitre du roi de Prusse. Il en parla avec une sorte de magnanimit froide et en homme qui d daignait une trop facile vengeance, ou comme un amant d sabus pardonne la ma tresse qu il a quitt e le d pit et la rage qu elle a fait clater. L entretien du souper roula sur les gens de lettres qu il estimait le plus ; et dans le nombre, il me fut facile de distinguer ceux qu il aimait du fond du cˇur. Ce n taient pas ceux qui se vantaient le plus d tre en faveur aupr s de lui. meAvant d aller se coucher, il nous lut deux nouveaux chants de la Pucelle, et M Denis nous fit remarquer que, depuis qu il tait aux D lices , c tait le seul jour qu il e t pass sans rentrer dans son cabinet. Le lendemain, nous e mes la discr tion de lui laisser au moins une partie de sa matin e, et nous lui f mes dire que nous attendrions qu il sonn t. Il fut visible sur les onze heures. Il tait dans son lit encore. 315 Les grandes figures du monde moderne Jeune homme, me dit-il, j esp re que vous n aurez pas renonc la po sie ; voyons de vos nouvelles ˇuvres ; je vous dis tout ce que je sais ; il faut que chacun ait son tour. Plus intimid devant lui que je ne l avais jamais t , soit que j eusse perdu la na ve confiance du premier ge, soit que je sentisse mieux que jamais combien il tait difficile de faire de bons vers, je me r solus avec peine lui r citer mon p tre aux Po tes. Il en fut tr s-content ; il me demanda si elle tait connue Paris. Je r pondis que non. Il faut donc, me dit-il, la mettre au concours de l Acad mie ; elle y fera du bruit. Je lui repr sentai que je m y donnais des licences d opinion qui effaroucheraient bien du monde. J ai connu, me dit-il, une honorable dame qui confessait qu un jour, apr s avoir cri l insolence, il lui tait chapp enfin de dire : charmant insolent ! LÕAcad mie fera de m me. Avant d ner, il me mena faire Gen ve quelques visites ; et, en me parlant de sa fa on de vivre avec les Genevois : Il est fort doux, me dit-il, d habiter dans un pays dont les souverains vous envoient demander votre carrosse pour venir d ner avec vous. Sa maison leur tait ouverte ; ils y passaient les jours entiers ; et comme les portes de la ville se fermaient l entr e de la nuit pour ne s ouvrir qu au point du jour, ceux qui soupaient chez lui taient oblig s d y coucher, ou dans les maisons de campagne dont les bords du lac sont couverts. Chemin faisant, je lui demandai comment, presque sans territoire et sans aucune facilit de commerce avec l tranger, Gen ve s tait enrichie. ¸ fabriquer des mouvements de montre, me dit-il, lire vos gazettes et profiter de vos sottises. Ces gens-ci savent calculer les b n fices de vos emprunts. ¸ propos de Gen ve, il me demanda ce que je pensais de Rousseau. Je r pondis que, dans ses crits, il ne me semblait tre qu un loquent sophiste, et, dans son caract re, qu un faux cynique qui cr verait d orgueil et de d pit dans son tonneau, si on cessait de le regarder. Quant l envie qui lui avait pris de rev tir ce personnage, j en savais l anecdote, et je la lui contai. Dans l une des lettres de Rousseau M. de Malesherbes, l on a vu dans quel acc s d inspiration et d enthousiasme il avait con u le projet de se d clarer contre les sciences et les arts. J allais, dit-il dans le r cit qu il fait de ce miracle, j allais voir Diderot, alors prisonnier Vincennes ; j avais dans ma poche un Mercure de France que je me mis feuilleter le long du chemin. Je tombe sur la question de l Acad mie de Dijon, qui a donn lieu mon premier crit. Si jamais quelque chose a ressembl une inspiration subite, c est le mouvement qui se fit en moi cette lecture. Tout coup je me sens l esprit bloui de mille lumi res ; des foules d id es vives s y pr sentent la fois avec une force et une confusion qui me jet rent dans un d sordre inexprimable. Je sens ma t te prise par un tourdissement semblable l ivresse. Une violente palpitation m oppresse, soul ve ma poitrine. Ne pouvant plus respirer en marchant, je me laisse tomber sous un arbre de l avenue, et j y passe une demi-heure dans une telle agitation, qu en me relevant j aper us tout le devant de ma veste mouill de mes larmes, sans avoir senti que j en r pandais. 316 voltaire et ses combats Voil une extase loquemment d crite. Voici le fait dans sa simplicit , tel que me l avait racont Diderot, et tel que je le racontai Voltaire. J tais (c est Diderot qui parle), j tais prisonnier Vincennes ; Rousseau venait m y voir. Il avait fait de moi son Aristarque, comme il a dit lui-m me. Un jour, nous promenant ensemble, il me dit que l Acad mie de Dijon venait de proposer une question int ressante, et qu il avait envie de la traiter. Cette question tait : Le r tablissement des sciences et des arts a-t-il contribu purer les mˇurs ? Quel parti prendrez-vous ? lui demandai-je. Il me r pondit : Le parti de l affirmative. C est le pont aux nes, lui dis-je ; tous les talents m diocres prendront ce chemin-l , et vous n y trouverez que des id es communes, au lieu que le parti contraire pr sente la philosophie et l loquence un champ nouveau, riche et f cond. Vous avez raison, me dit-il, apr s y avoir r fl chi un moment, et je suivrai votre conseil. Ainsi, d s ce moment, ajoutai-je, son r le et son masque furent d cid s. Vous ne m tonnez pas, me dit Voltaire ; cet homme-l est factice de la t te aux pieds, il l est de l esprit et de l me. Mais il a beau jouer tant t le sto cien tant t le cynique, il se d mentira sans cesse, et son masque l touffera. Parmi les Genevois que je voyais chez lui, les seuls que je go tai et dont je fus go t furent le chevalier Huber et Cramer le libraire. Ils taient tous les deux d un commerce facile, d une humeur joviale, avec de l esprit sans appr t, chose rare dans leur cit , Cramer jouait, me disait-on, passablement la trag die ; il tait l Orosmane mede M Denis, et ce talent lui valait l amiti et la pratique de Voltaire, c est- -dire, Jean Huber, mai-juin 1760, Voltaire et ses ap tres Marmontel et son ami Gaulard sont repr sent s lavant-planÕ 317 Les grandes figures du monde moderne des millions. Huber avait un talent moins utile, mais amusant et tr s-curieux dans sa futilit . L on e t dit qu il avait des yeux au bout des doigts. Les mains derri re le dos, il d coupait en profil un portrait aussi ressemblant et plus ressemblant m me qu il ne l aurait fait au crayon. Il avait la figure de Voltaire si vivement empreinte dans l imagination, qu absent comme pr sent, ses ciseaux le repr sentaient r vant, crivant, agissant, et dans toutes ses attitudes. J ai vu de lui des paysages en d coupures sur des feuilles de papier blanc, o la perspective tait observ e avec un art prodigieux. Ces deux aimables Genevois furent assidus aux D lices le peu de temps que j y passai. M. de Voltaire voulut nous faire voir son ch teau de Tournay, o tait son th tre, un quart de lieue de Gen ve. Ce fut l apr s-d n e le but de notre promenade en carrosse. Tournay tait une petite gentilhommi re assez n glig e, mais dont la vue est admirable. Dans le vallon, le lac de Gen ve bord de maisons de plaisance, et termin par deux grandes villes, au-del et dans le lointain, une cha ne de montagnes de trente lieues d tendue, et ce Mont-Blanc charg de neiges et de glaces qui ne fondent jamais, telle est la vue de Tournay. L , je vis ce petit th tre qui tourmentait Rousseau, et o Voltaire se consolait de ne plus voir celui qui tait encore plein de sa gloire. L id e de cette privation injuste et tyrannique me saisit de douleur et d indignation. Peut- tre qu il s en aper ut ; car, plus d une fois, par ses r flexions, il r pondit ma pens e ; et sur la route, en revenant, il me parla de Versailles, du long mes jour que j y avais fait, et des bont s que M de Pompadour lui avait autrefois t moign es. meVoltaire re u par Louis XV et M de Pompadour 318
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