Devoir d'histoire 2nde13 – Explication d'un document d'histoire

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Devoir d'histoire 2nde13 – Explication d'un document d'histoire

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Explication d’un document d’histoire –Proposition de correction Le document sur lequel nous avons à travailler est un extrait de l’œuvre de Thucydide, citoyen athénien ostracisé par Périclès, qui fut l’un des «pères de l’histoire», dont la méthode s’est affinée notamment dans l’ouvrage cité ici, souvent considéré comme le premier livre d’histoire. Il s’agit ici du livre II deLa guerre du Péloponnèse, chapitre 37, daté de la fin du Vème siècle avant J.C., dans lequell’auteur rapporte les propos de Périclès, stratège athénien, à l’occasion d’un discours honorant les citoyens morts dans les premiers mois de la guerre contre Sparte. On pourrait insister sur le lien entre ce discours à caractère politique au milieu d’une cérémonie religieuse. Dans cet ouvrage, Thucydide a cherché à faire le tri entre légende et histoire, et ainauguré une réflexion sur les causes et les conséquences des événements dont il a été le contemporain. L’auteur du discours est Périclès,stratègeemblématique d’Athènes au Vème siècle. Né vers 495 et décédé de la peste vers 429, cet homme politique athénien a durablement marqué de son empreinte la vie de la cité. Il està l’origine de la démocratisation de l’Attiquepar l’ouverture de l’archontat par tirage au sort ou par l’élimination de l’opposition oligarchique.Il est l’inspirateur de l’impérialisme athénien(certainement à l’origine de la guerre contre Sparte), celui quia renforcé sa flotte, pour en faire une vraie thalassocratie, et a contribué à la colonisation. De plus, unprogramme culturel extraordinaireest à mettre à son actif, avec lequel la cité est devenue une métropole resplendissante.L’architecture (Acropole, agora), la sculpture (ex le Parthénon, statues), la littérature (Sophocle), la philosophie (Socrate), la culture, la science… ont connu sous son impulsion un essor conséquent. On considère d’ailleurs cette période de la vie athénienne comme le «siècle de Périclès». Le contexte particulier de ce discours, la guerre, dont on l’accuse d’être responsable, explique dans une certaine mesure son désir derassurer ses concitoyens sur la stabilité du régime. Périclès fait donc ici un éloge de la démocratie (alors qu’on se bât contre une cité opposée à ce régime), système politique qui offre le pouvoir au peuple des citoyens. Pour lui, la démocratie athénienne, qu’il considèreun commemodèle à diffuser, est un régime qui «sert les intérêts de la masse des citoyenset pas seulement ceux d’une minorité ».  Lemagistrat est celui qui ala plus haute fonction politique à Athènes. Qu’il soitarchonte (organisationdes cérémonies religieuse, affaires publiques) oustratège(défense de la cité), le magistrat està la tête de l’exécutif athénien, donc fait appliquer la loi et dirige. Pour cette fonction, il faut choisir les èmes ers personnes les plus aptes, soit par vote (les 2) soit par tirage au sort (les 1 ). D’après Périclès, c’est «en fonction du rang que chacun occupe dans l’estime publique» que sont choisis les magistrats de la cité. Ainsi, c’est plus sur leur mérite queles magistrats sont choisis que sur tout autre critère. La compétence supposée est ici évoquée, alors que Périclès est lui-même stratège : il se justifie et conforte sa place. Une nuance cependant avec le fait que le tirage
au sort peut être considéré comme incompatible avec une réelle évaluation du mérite. D’après le texte, lerégime athénien est un exempleles autres cités, pour Athènes n’est-elle pas «l’école de la Grèce»? D’abord parce que ce sont les intérêts du plus grand nombrequi sont valorisés et non ceux d’une oligarchie au pouvoir mais également parce qu’il accorde une égalité devant la loi, l’isonomie. Cette dernière que l’on retrouve théoriquement dans l’accès à la magistrature ouverte à tous. De plus, selon Périclès, le régime a quelque chose d’idéal puisqu’ilpermet à tous de s’occuper dela cité tout en travaillant, de même chaque citoyen peut être au fait des décisions qui sont prises pour le bien de la cité. Enfin, dans cet extrait, il est fait mention de l’ouverture proposée par la démocratie quipermet à tout un chacun d’apporter sa contribution àla er vitalité de la cité, sans aucune restrictionde considération sociale (cf fin du 1 paragraphe). C’est un système quipousse le citoyen à s’investirpuisque « un homme ne se mêlant pas de politique» […] est non «un citoyen paisible mais [...] un citoyen inutile». On le comprend, être citoyen n’est pas un état, il faut être acteur de la vie civique. Il est bien évident que ce texte laudateur d’Athènes et de son régimen’est pas objectif,l’auteur lui-même étant un acteur privilégié d’un système qu’il a contribué à mettre en place et qu’il décrit ici. Périclès évoque l’égalité devant la loi, or, nous savons queles plus riches peuvent orienter une décision. C’est peut-être difficile pour les décisions judiciaires car il faudrait dominer6000 héliastes mais c’est plus facile lors du vote d’une loi puisque la corruptionexiste, elle est d’ailleurs dénoncée par Aristophane dans ses comédies satiriques.Les plus riches ont aussi lacapacité de faire voter des lois servant les intérêts d’un petit nombre parleur maîtrise de la parole, à l’ecclésia. On les accuseaussi souvent dedémagogie, d’être capable d’aller dans le sens de ce qua souhaite la population afin d’arriver à leurs fins politiques.Ce régime si parfait selon Périclès, est aussi un système permettant à ceux qui ont le pouvoir de s’y maintenir par la pratique de l’ostracisme. L’auteur du texte en a d’ailleurs fait les frais car étant opposé à l’Olympien. De plus, le poids que certains ont pu prendre dans la vie politique de la citéau Vème siècle, à l’image de Périclès lui-même, a fait que certains contemporains estimaient plus vivre dans une tyrannie que dans une démocratie. Périclès a été stratègeà 15 reprises entre 463 et sa mort. De fait, c’est unrégime constamment menacé par la tyrannie et l’oligarchie. Périclès annonce aussi que la condition sociale n’est pas un obstacle à la participation à la vie politique. Or,il faut être formé, éduqué, pour pouvoir le faire et ce n’est pas donné à tous. C’est le même cas de figure quand il dit qu’un citoyen peut à la fois participer à lapoliteiamener une vie professionnelle, et et ce, malgré la mise en place de lamisthophorie. En outre, ceux qui vivent loin dans lachorane peuvent se rendre régulièrement aux séances de athénienne l’assemblée.Enfin, ce régime si idéalisé par l’orateur, n’en reste pas moinstrès sélectif puisque les femmes, les étrangers (les métèques) et les esclaves n’ont aucun droit sur son fonctionnement, sauf à quelques exceptions près. Cette démocratie pose les bases d’un système intéressant mais comporte bien des limites que Périclès n’évoque pas ici.
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