Institut d'études politiques de paris “ socialisme ou barbarie

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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INSTITUT D’ÉTUDES POLITIQUES DE PARIS DOCTORAT DISCIPLINE : SCIENCE POLITIQUE SOCIÉTÉS ET POLITIQUES COMPARÉES SPÉCIALITÉ : SOCIOLOGIE POLITIQUE MARIE-FRANCE RAFLIN “ Socialisme ou barbarie ” DU VRAI COMMUNISME À LA RADICALITÉ THÈSE DIRIGÉE PAR RENÉ MOURIAUX Soutenue le : 26 novembre 2005 Sous la direction de M. René MOURIAUX, directeur de recherche émérite à la FNSP-CEVIPOF 1 Je tiens à remercier ceux auxquels, outre Georges Lavau, Pierre Favre, et René Mouriaux, j’ai montré différents morceaux de ce travail dans un état nettement antérieur, Pierre Birnbaum, Philippe Braud, Daniel Gaxie, Jacques Lagroye, Guy Michelat et Annick Percheron en particulier. Je les remercie de leurs remarques dont je n’ai pas nécessairement fait bon usage. Je tiens également à remercier ceux qui, anciens membres ou non de « Socialisme ou barbarie », m’ont aidée à retrouver des anciens du groupe, ce qui ne fut pas une tâche aisée. Enfin, je remercie ceux qui ont bien voulu aider à retirer coquilles et défauts de formulation d’une spécialiste un peu tardive du traitement de textes : Danielle Barrès, Ariane Obolensky, Bertrand de Mazières et Sylviane Notaire, Marianne de Mazières et Cynthia Schoch pour avoir corrigé les traductions en anglais, ainsi que les documentalistes de Sciences po qui m’ont beaucoup aidée à retrouver les ouvrages et articles parfois assez anciens de nombre d’auteurs. L’impression à partir d’un ordinateur différent du mien s’étant révélée plus complexe que je ne l’avais prévu, j’ai bénéficié du travail et très professionnels de Fati Nasseri, la directrice de l’entreprise Ultrasoft. Nota bene : Pour des raisons techniques, les notes ont dû être renvoyées à la fin du document. La pagination a donc changé. 2 SOMMAIRE INTRODUCTION .............................................................................................................. I.1/ Définition du sujet ............. I.2/ Les méthodes de recherche .............................................................................................. I.3/ Pour appréhender un groupe marxiste d’extrême gauche, des concepts importés du champ religieux ?................................................................................................ ère1 partie .................................. AUX ORIGINES DE “SOCIALISME OU BARBARIE”, 1946-1949 : LA CRÉATION D’UNE TENDANCE AU SEIN DU TROTSKISME ............................. èrePrésentation de la 1 partie .................................................................................................... Ch. I - DE L’APRÈS LIBÉRATION A L’ENTRÉE EN GUERRE FROIDE ..................... I.1/ En France : la force du Parti communiste au pouvoir comme dans l’opposition après 1947 ............................................................................................................ I.2/ Un champ intellectuel divisé, mais nettement dominé par la tentation de l’“engagement” .................................................................................................................... I.3/ Le contexte international : de la victoire des alliés au déclenchement de la guerre froide...................................................................................................................... èrePrésentation des chapitres II et III de la 1 partie.............................................................. 3 Ch. II - LA PREMIÈRE ANNÉE DE PARUTION DE SOCIALISME OU BARBARIE: L’AFFIRMATION D’UN COMMUNISME RADICAL, ARCHÉTYPE DE MILLÉNARISME PROFANE ................................................................ II 1/ La critique du communisme réalisé et des partis communistesp............................. II.2/ L’évolution du capitalisme.............................................................................................. II.3/ Le mouvement ouvrier et la classe ouvrière................................ II.4/ La troisième guerre mondiale......................................................................................... Ch. III - UN MODE DE FORMATION CARACTÉRISTIQUE DE CELUI D’UN GROUPE D’EXTRÊME/ ”ULTRA”-GAUCHE........................................................ III.1/ 1946 : la formation d’une tendance au sein du PCI trotskiste................................... III.2/ D’anciens trotskistes rejoints par des bordiguistes, identité militante qui a confirmé la rupture avec le communisme et le trotskisme ...................... ème 2 partie ................................................................................................................................. LES ANNÉES D’ISOLEMENT DE “SOCIALISME OU BARBARIE” : 1950-1956...................................................................................................................................... Présentation de la situation du groupe entre 1950 et 1965................................................................. Ch. IV - 1950-1956 : L’AGGRAVATION DE L’ANTAGONISME EST/ OUEST ET L’ISOLEMENT POLITIQUE DU PARTI COMMUNISTE........................................................................................................................ IV.1/ Le contexte international : de la confrontation à l’esquisse d’une coexistence pacifique, ponctuée de crises.............................................................................. IV.2/1950-1955 - Rupture définitive des configurations politiques de l’après-guerre, retour de la droite au pouvoir et choix de 4 Pierre Mendès France................................................................................................................ IV.3/ Les gouvernements Pierre Mendès France, Edgar Faure et Guy Mollet et l’entrée en guerre d’Algérie ............................................................................ IV.4/ De 1950 à 1956 : isolement du Parti communiste, mais maintien de nombre de ses points forts, malgré de réelles difficultés............................................... IV.5/ Les intellectuels entre guerre froide, émoi suscité par la crise hongroise et premières prises de position contre les méthodes coloniales ..................... èmePrésentation des chapitres V et VI de la 2 partie................................................................................. Ch. V - DE NOMBREUX ÉCHECS, MALGRÉ LE VOLONTARISME ET L’ATTACHEMENT AFFECTIF AU GROUPE .............................................................. V.1/ Absence totale de développement de “Socialisme ou barbarie”, de 1949 à 1952, un faible mieux après 1953............................................................................ V.2/ Le groupe, incarnation collective des espoirs millénaristes profanes..................... V.3/ Un attachement très affectif des militants pour leurs “dirigeants-théoriciens”............................................................................................................ V.4/ Des terrains d’intervention relativement diversifiés et un nouvel essai de rompre l’isolement après 1953.................................................................................. Ch. VI - LA CRITIQUE DU COMMUNISME RÉEL AU NOM DU COMMUNISME, PARTIELLE MALGRÉ SA VIOLENCE.............................................. VI.1/ La collaboration de Claude Lefort avec Les Temps modernes : l’expression dans le champ intellectuel d’une critique du communisme réel, dure mais limitée ..................................................................................... VI.2/ Claude Lefort dans Les Temps modernes jusqu’à la rupture : un “aggiornamento” philosophique....................................................................................... 5 VI.3/ Le rapport Krouchtchev, les crises de Pologne et de Hongrie : une nouvelle formulation de l’analyse du communisme réel dans Socialisme ou barbarie .......................................................................................................... ème3 partie................................................................................................................................. 1956-1963 : DÉSENCLAVEMENT LIMITÉ DE “SOCIALISME OU BARBARIE”, MAIS CRISES ET QUÊTES D’IDENTITÉ......................................... Présentation de la dernière période de “Socialisme ou barbarie”........ ÈME Ch. VII - DE LA FIN DE LA IV RÉPUBLIQUE AUX ANNÉES ÈME DE SUCCÈS DE LA V ........................................................................................................ eVII.1/ La guerre d’Algérie et la fin de la IV République................................................... eVII.2/ La mise en place de la V République........................................................................ VII.3/ La crise politique de 1962 : l’élection du président au suffrage universel direct et la confirmation de la république gaullienne........................................ VII. 4/ Les années de succès de la république gaullienne.................. VII.5/ Les tentatives de recomposition des oppositions politiques et les élections de 1965.................................................................................................................. Ch. VIII - DÉVELOPPEMENT DE “SOCIALISME OU BARBARIE”, MAIS RUPTURE À PROPOS DE “L’ORGANISATION” EN 1958................................. VIII.1/ Un désenclavement certain, mais limité de “Socialisme ou barbarie” vers le champ intellectuel...................................................................................... VIII.2/ Croissance réelle de “Socialisme ou barbarie”, mais rupture entre pères fondateurs en 1958 : aboutissement des conflits à propos de l’organisation....................................................................................................... 6 èmePrésentation du chapitre IX de la 3 partie....................................................................... Ch. IX - DE 1958 À 1966 : DERNIÈRE SCISSION ET CRITIQUE DU MARXISME ........................................................................................................................ IX.1/ De la perception controversée de “l’apathie de la classe ouvrière” à la critique du marxisme qui divise le groupe.................................................. IX.2/ Croissance, mais diversification des modes d’intervention, ainsi que d’implication dans le groupe ; multiplication des désaccords ......................... IX.3/ La scission de 1963 met fin à un groupe déjà dissocié ............................................. IX.4/ Le devenir de “Socialisme ou barbarie” : revue ou collectif radical ?....................................................................................................................................... IX.5/ “Socialisme ou barbarie” après “Socialisme ou barbarie” : Esprit un moment de la construction d’une image a posteriori........................................................ CONCLUSION .................................................................................... BIBLIOGRAPHIE............................................... Liste des tableaux ...................................................................................... Liste des annexes....................................................... Liste des entretiens .................................................................................... ANNEXES............................................................... TABLE DES MATIÈRES ................................................................ Notes ............................................................................ 7 INTRODUCTION I.1/ Définition du sujet Pourquoi étudier “Socialisme ou barbarie” ? Où se trouve l'intérêt d’analyser une telle revue et/ou le groupe qui l'a réalisée ? A ces premières questions sur l’intérêt du sujet, s’en ajoutent assez logiquement d’autres sur la nature de “Socialisme ou barbarie”. Qu’étudie-t-on au juste, lorsqu’on analyse la revue et/ou le groupe ? Quel type de phénomène politique l’analyse permet-elle d’explorer ? S’agissant de l’intérêt du sujet, la réponse est devenue apparemment simple et l’étude de la revue semblait justifiée au moins de trois points de vue : le premier dû à la célébrité ultérieure de certains des anciens membres du groupe, le second à l’influence tardive prêtée à juste titre ou non à “Socialisme ou barbarie”, le troisième à l’originalité de la position politique de ce collectif, au moins dans son contexte historique. Une partie des anciens auteurs de la revue Socialisme ou barbarie, membres du groupe du même nom, sont dans les années 1990 des intellectuels connus et reconnus qui ont développé depuis une pensée politique non sans rapport avec leur expérience passée, mais très différente néanmoins : Cornélius Castoriadis et Claude Lefort, en particulier, tous deux fondateurs de “Socialisme ou barbarie”, alors que Cornélius Castoriadis a été l’un des principaux animateurs du groupe et de la revue, si ce n’est le principal, en même temps que le plus important financier également. Tous deux ont continué à participer ensemble à d’autres expériences collectives : Textures, puis Libre. Ces dernières étaient cependant de nature assez différente, puisque l’entreprise revue était explicitement l’objectif 8 essentiel, de même que la recherche intellectuelle, même si la réflexion sur les objets politiques n’en était nullement absente. D’autres, moins célèbres, se sont fait connaître sur des sujets ou politiques ou ayant trait au politique : Yvon Bourdet, l’autogestion, Pierre Souyri, la 1Chine, Benno Sarel , l’Allemagne orientale, ou à portée politique comme Daniel Mothé, lui-même longtemps ouvrier : le monde ouvrier, le militantisme ouvrier, l’autogestion, puis l’ergonomie, après qu’il soit devenu finalement sociologue professionnel, après avoir été militant syndical à la CFDT. Ce dernier a incarné tôt une figure de militant ouvrier tenant un discours sur sa condition et sur le devenir de cette dernière. Ses analyses n’ont pas été seulement marquées par la problématique de “Socialisme ou barbarie”, mais en ont souvent été constitutives, tout en manifestant un grand sens de l’observation. Pour ce dernier dont les nom et patronyme sont Jacques Gautrat, dans la mesure où Daniel Mothé est son pseudonyme d’auteur, en même temps que de militant, le seul sous lequel il a longtemps été connu, il sera dorénavant mentionné sans italique pour cette raison, contrairement à celui des autres militants. Si leurs noms et patronymes seront pratiquement toujours indiqués, l’usage des pseudonymes d’auteurs sera fréquent, afin de faciliter la recherche éventuelle de leurs contributions. La pensée de Jean-François Lyotard, non moins célèbre que Cornélius Castoriadis et Claude Lefort, si elle ne porte pas directement sur le politique, a incontestablement une portée politique, puisqu’elle cherche à cerner une modification radicale des rapports, des liens et des référents sociaux contemporains. D’autres auteurs dont la participation à “Socialisme ou barbarie” a été beaucoup plus éphémère, en même temps que beaucoup plus conflictuelle, ont connu leurs heures de gloire, tels que Georges Lapassade et plus encore Guy Debord avec l’Internationale situationniste, voire Serge Bricianer qui n’a rejoint le groupe que très tard, ce dernier comme traducteur et préfacier de théoriciens 9 militants de l’“ultra”-gauche historique : Anton Pannekoek et Paul Mattick ou appartenant à un tout autre champ, celui de la création artistique pour Jean-Jacques Lebel qui a d’abord entendu parler de Socialisme ou barbarie à “Noir et rouge”, puis par Benjamin Péret. Les premiers avaient entretenu des rapports non seulement brefs avec “Socialisme ou barbarie”, et parfois assez conflictuels, s’agissant de Guy Debord, le démissionnaire et de Georges Lapassade, l’exclu, relations largement faites d’incompréhensions réciproques. Hubert Damisch, historien de l’art, Jean Laplanche, psychanalyste sont également devenus célèbres, mais leurs activités intellectuelles sont beaucoup plus explicitement éloignées de leur passé politique à “Socialisme ou barbarie”. Quant à Gérard Genette, auteur notamment d’une présentation très louangeuse de “Socialisme ou barbarie” dans Arguments dès 1957, il semble n’avoir que fréquenté le groupe, de même que Pierre Ansart dont l’épouse a été, quant à elle, beaucoup plus impliquée. La liste des universitaires et chercheurs, et plus exceptionnellement artistes, serait beaucoup plus longue en prenant en considération ceux qui ont rejoint le groupe à partir de 1956. Au demeurant, nombre d’anciens jeunes militants de la même époque, ayant d’autres orientations politiques, en particulier communistes, mais aussi trotskistes, pour s’en tenir à un sous-champ politique qui a le Parti communiste pour pôle, déjà dotés d’une formation intellectuelle ou en train de l’acquérir alors, sont également devenus ultérieurement des intellectuels et/ou des scientifiques reconnus, le plus souvent après une rupture intellectuelle plus explicite en tout cas, sans compter la rupture organisationnelle. De ce point de vue on rejoint un phénomène générationnel, l’engagement militant pendant la guerre de jeunes promis à un bel avenir, en particulier intellectuel.
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