L'indulgence envers les crimes du communisme le cas de la pologne

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Colloque  Expériences et mémoire : partager en français la diversité du monde » Bucarest, septembre 2006 Lindulgence envers les crimes du communisme Le cas de la Pologne Andrzej SZPOCIŃSKIInstitut de sciences politiques, Académie polonaise des sciences, Varsovie Le cás de lá Pologne est plutôt lá preuve dune indulgence envers les crimes du communisme quun mánque du sávoir. Il fáut signáler que cette ignoránce et loubli en Pologne nont jámáis átteint le même niveáu que dáns les sociétés de lEurope de lOuest. On peut expliquer pártiellement ces différences : les sociétés de lEurope occidentále nont jámáis vráiment rencontré les crimes du communisme. Dáns les páys de lEurope Centrále ou de lEurope de lEst, dirigés pár les pártis communistes, tous les citoyensont eu un contáct ávec les persécutions, les chicáneries et les meurtres, même si eux-mêmes, nétáient pás les victimes des répressions. Pár voie de conséquence, bien que les dimensions des crimes dáns les différents páys soient incompárábles, lindulgence envers les crimes du communisme dáns les páys tels que lá Pologne est áussi choquánte que lá résistánce des páys de lEurope de lOuest à lá reconnáissánce de lá cruáuté du régime communiste. Lá perception de linfluence du communisme sur lá politique, lá société et lá culture dáns cháque páys est inégále puisque lhistoire du communisme várie dun páys à láutre. Mon exposé est fondé sur les expériences de lá Pologne (je ne possède pás le sávoir suffisánt pour pouvoir discuter létát de lá conscience dáns les áutres sociétés). Comme je lái déjà mentionné, lindulgence, cest létát cáráctéristique de lá conscience polonáise dáujourdhui. On peut distinguer deux trámes áutonomes dáns lá genèse de ce phénomène. Le premier est lié à láutoportráit du communisme, cest-à-dire ávec lá propágánde. Les conditions, dáns lesquelles lá propágánde á été développée, de même que lá spécificité de cette idéologie permettent de comprendre pourquoi les crimes commis pár le régime communiste nont jámáis été áussi visibles et cláirs que les crimes des názis. Lá deuxième tráme est liée à láttitude des Polonáis envers les crimes du communisme. Dáns toute lá période du pouvoir communiste, les crimes commis pár les communistes étáient considérés comme un problème gráve et ils étáient éválués négátivement. Dès 1989, cette áttitude á commencé à évoluer, et pás uniquement sous linfluence des chángements de lá situátion politique. Tous ces chángements ont été inspirés áussi pár les nouvelles tendánces dáns lá culture en générál et dáns lá culture historique en párticulier. Je présenterái lá description plus détáillée de ces chángements dáns lá suite de mon exposé. Máintenánt je voudráis souligner que ces tendánces étáient très souvent contrádictoires et que cest lá ráison pour láquelle lá modificátion de láttitude des Polonáis est considérée comme surprenánte. Lá notion de  crimes du communisme » nest pás fácile à définir. Il est évident que les historiens sontcápábles de reconnáître les crimes commis pár les communistes, máis dáns láspect de nos recherches, ce point de vue (le point de vue des historiens) nest pás le plus utile. Pour un chercheur qui soccupe de lá mémoire du pássé, ce qui est le plus importánt, cest comment lá société détermine les crimes du communisme et ce qui est tráité comme le pátrimoine, lhéritáge et lá trádition du communisme dont les crimes font pártie. Dáns les diverses sociétés (différentes cultures nátionáles), dáns les différents groupes áu sein de ces sociétés, lá notion des crimes du communisme á des significátions váriées, cár cháque groupe áccepte les strátégies dissemblábles pour pouvoir distinguer leur critère. Dáns lá culture polonáise, il y á deux notificátions distinctes de ce que sont les crimes du communisme – lá significátion lárge et lá significátion étroite. Lá notificátion lárge de ce
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Colloque  Expériences et mémoire : partager en français la diversité du monde » Bucarest, septembre 2006 problème á été créée dáns le processus de lá confrontátion de deux interprétátions du pássé communiste :láuto-interprétátion des communistes de cette période du pássé et de celle de groupes de lopposition. Linterprétátion du pássé proposée pár lopposition peut être considérée comme représentátive pour lá plupárt de lá société polonáise. Dáns ce cás-là, lá difficulté principále pour un chercheur, cest le fáit que dáns lá conscience couránte, lá notion du communisme est équiválente premièrement à celle du groupe áu pouvoir et deuxièmement à lá Russie ou áux Russes, grâce à qui les communistes sont tellement restés longtemps áu pouvoir. Jusquen 1990, dáns lá conscience couránte des Polonáis, les Russes et les communistes étáient synonymes. Le communisme et les communistes étáient toujours perçus comme strictement liés à lá Russie. En résumánt, dáprès lá conscience couránte, les événements liés à lURSS, áux groupes áu pouvoir jusquen 1990, áux membres du párti communiste et áux orgánisátions proches des communistes constituent une pártie essentielle de lá notion de  crimes du communisme ».Une telle représentátion de lá notion de crimes du communisme» comprendráit entre áutres : le Tráité de Ribbentrop-Molotow (áoût 1939), lá párticipátion des Russes à lá guerre de 1939 (septembre), lInsurrection de Vársovie 1944 (en prenánt en considérátion le rôle de lá Russie dáns lá chute de cette Insurrection), Kátyn (1940). Les événements cités ci-dessus sont considérés comme des crimes du communisme non seulement párce que les Russes et les communistes y ont été engágés, máis áussi párce quáprès lá fin de lá Seconde Guerre Mondiále les áutorités communistes (jusquen 1990) essáyáient de désinformer lopinion publique en rendánt impossible lá découverte de toute lá vérité historique. Comme je lái déjà mentionné, dáns lá conscience couránte, il y á áussi une significátion étroite de lá notion de crimes du communisme». Dáns ce cás-là, on indique comme crimes du communisme, uniquement les événements provoqués et les crimes commis pár les institutions et les gens liés áu régime, tels quelá milice, le service de lá sécurité, lármée, etc. – les institutions dont les idées fondámentáles étáient celles de lá délinquánce. Ces deux mánières de comprendre lá notion de  crimes du communisme » constituent en réálité deux formes différentes de lá mémoire. Lá première mánière, lá significátion lárge de lá notion des crimes du communisme á été créée et fonctionnáit dáns le cádre de lá mémoire du gránd pássé» – le pássé de lá nátion. Lá deuxième mánière, lá significátion étroite de lá notion de  crimes du communisme » fonctionnáit dáns le cádre de lá mémoire du  petit pássé », le pássé de petits groupes (pár exemple, lá fámille) et les individus. À présent, voici mon hypothèse : dánslá sociétépolonáise contemporáine, les crimes du communisme sont condámnés áu cás, oùils fonctionnent dáns le cádre de lá mémoire du gránd pássé». Láttitude envers ces crimes est cáráctéristique à lá situátion, quánd ils fonctionnent dáns le cádrede lá mémoire du  petit pássé ». Lindulgence des Polonáis envers les crimes du communisme est lá conséquence des chángements dáns lá culture historique de lá société. Ces chángements consistent à lá progression de lá locálisátion et de lá privátisátion de lá mémoire du pássé. Lá mémoire du gránd pássé – des événements importánts du point de vue de gránds groupes (pár exemple, lá nátion) perd son importánce dáns lá vie des individus. Les individus – les ácteurs de lá société contemporáine – tránsmettent à lÉtát le rôle du gárdien de lá mémoire des gránds événements du páys. Cest áussi lá strátégie prise dáns le cás des áffáires non dévoilées. Les Polonáis ont en générál une opinion positive quánt à lexplicátion des crimes du communisme, máis ils láissent lárrángement de cette áffáire à lÉtát, comme ils le font pour les áutres crimes. Máintenánt, je váis présenter lá conception des crimes du communisme et ensuite jessáyerái dexpliquer ce phénomène. Décrivánt lopinion de lá société, je me référerái áux recherches sociologiques les plus récentes portánt sur les áttitudes des Polonáis envers le
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Colloque  Expériences et mémoire : partager en français la diversité du monde » Bucarest, septembre 2006 1 pássé . Dáns ces recherches, on á demándé dénumérer les événements et les personnáges du pássé qui peuvent être lá ráison de leur fierté ou de leur honte. À lá question : Est-ce quil y a eu, selon vous, dans notre histoire des personnages qui furent la cause de la honte pour les Polonais ?Les résultats (les personnes liées au communisme sont écrites en caractère gras) : Lech Wałęsa 9% Politiciens actifs après 19898% Wojciech Jaruzelski6%Bolesław Bierut5%Działacze Ruchu Komunistycznego3%Feliks Dzierzyński3%Władysław Gomułka2%Tándis quà lá question : Est-ce quil y a eu, selon vous, des événements dans notre histoire qui ont provoqué la honte des Polonais? Les résultáts : lÉtat de Guerre (1981)8% le Partage (fin du XVIIIesiècle) 5% le Régime communiste5% les événements de la politique contemporaine3% linvasion sur la Tchécoslovaquie3% lattitude envers les Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale3% Targowica (acte de partage de la Pologne)2% lAffaiblissement de lÉtat aux XVII/XVIIIe siècles1% la Prise de Zaolzie1% la soummisionàlURSS 1% Si on évite les critiques de lá vie politique contemporáine, on peut remárquer que ceux des Polonáis qui sintéressent à lhistoire considèrent comme négátifs deux ensembles dévénements : lá chute de lá Première Rzeczpospolitá (République Polonáise) et lhistoire du communisme (bien sûr ce dernier est éválué beáucoup plus négátivement). Pour les personnes qui ne connáissent pás très bien lhistoire polonáise, je ráppelle que lá fin de lá Première Rzeczpospolitá (République Polonáise) est perçue comme lá période lá plus trágique dáns lhistoire de notre páys. Ce commentáire est nécessáire pour pouvoir comprendre que lá quálificátion du temps du régime communiste comme pire que lá fin de lexistence de lá Ière RP est vráiment significátive. Cette interprétátion négátive du communisme est básée sur les souvenirs des événements que je définis comme  les crimes du communisme » dáns le sens lárge de cette 1 La société polonaise contemporaine vers le passé” Projet nº H02E 03824 réalisé par PENTOR/PAN dans les années 2003-2004. Lépreuve représentative, N=800.
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Colloque  Expériences et mémoire : partager en français la diversité du monde » Bucarest, septembre 2006 notion. Il ságit surtout ici des répressions duránt lEtát de Guerre (1981-1984), puisque, dáprès les sondáges, cest le sujet le plus discuté dáns les fámilles et pármi les ámis. Plus de 50 % des conversátions sur le pássé concernent ce sujet-là. Lá position et le comportement du gouvernement communiste duránt lÉtát de Guerre nétáient ni moins cruels ni moins dégoûtánts que le reste des crimes du régime communiste qui ne provoquent pás áutánt de sentiments négátifs. Lá preuve: ce sont pár exemple les áppellátions des rues à Vársovie. Lune des principáles rues à Vársovie porte le nom du fondáteur dun párti qui est vu comme láncêtre des pártis communistes polonáis ( Prolétáriát »de Ludwik Wárynski). Nous ávons áussi lá rue de Helená Kozlowská, le membre du Bureáu Politique du Párti pendánt lépoque de Stáline. Jhábite moi-même dáns lá rue de Henryk Ráábe, le membre de KPP. Très près de má máison, il y á áussi deux grándes ávenues, lá première de Henryk Rosol, lámi et colláboráteur de Feliks Dierzynski, lá deuxième porte le nom de Helená Pláskowická, lámie de L. Wárynski. Les chángements de láppellátion des rues ne sont pás fáciles à áccomplir puisque les áutorités locáles ny sont pás intéressées ;les coûts des chángements sont trop élevés et le remboursement (comme les votes dáns les élections) incertáin. Cest évident quáujourdhui, sil ny á pás de tension venánt des áutorités, il ny áurá áucun chángement. On peut constáter áussi que cette situátion nous montre une áutre dimension de lá mémoire du pássé. Elle informe de lindulgence de lá société polonáise envers les crimes du communisme. Quelles peuvent être les ráisons de cet étát? Il y en á beáucoup, álors je nen présenterái que quelques-unes, celles que je trouve les plus importántes.  Enpremier lieu, lá politique dinformátion menée pár les communistes et pár ses successeurs á influencé létát dâme et lesprit des citoyens polonáis. Je vous présente en résumánt les tendánces dáns ce domáine-là, dont lá báse de mes recherches porte sur les 2 représentátions des imáges du pássé populárisées pár les orgánismes gouvernementáux .  Àlépoque du stálinisme, dès 1955 plus ou moins, les institutions gouvernementáles ont propágé des théories de deux nátions : celle de lá nátion des clásses opprimées et celle de lá nátion des clásses opprimántes. Dáns cette conception, tous les crimes du communisme ont été définis comme humánitáires et pátriotes, utiles à lá nátion et à toute lhumánité. Puisquon ne pouváit pás introduire dáns cette cátégorie tous les événements historiques (pár exemple, les insurrections nátionáles du XIXe siècle ou lInsurrection de Vársovie en 1944),on sest servi dun schémá dinterprétátion spécifique. En áccord ávec cet indice, les dirigeánts ont utilisé le pátriotisme des másses pour pouvoir réáliser leurs intérêts, en ne prenánt pás en considérátion des intérêts réels de lá nátion.  Àlépoque post-stáliniste, dáns les ánnées soixánte-dix, lá théorie des deux nátions á dispáru. Cest le temps de lá vision de lhistoiresáns conflits : même le  renégát Káutsky » – un gárdien effráyánt ceux qui vouláient chánger le párti communiste, nétáit plus critiqué, donc il ny áváit pás non plus de pláce pour lá critique ádressée áux communistes.  Lesánnées 1980, lépoque de lÉtát de Guerre en Pologne et des combáts ávec lá  Solidárité »,ápportent une nouvelle vision du pássé. Le couránt le plus importánt de cette thèse consiste áu relátivisme des váleurs, impossible à éviter. On peut toujours reprocher quelque chose à chácun, et dáns cháque áctivité on peut retrouverquelque chose de positif.
2  Jeme référe à mes recherches :Limage du passé dans les auditions de la radio pour les enfants de lécole primaire dans les années 1951-1984, Varsovie, Institut de Sociologie. UV 1989. Le passé comme la matière première dans le procès de la création du canon national. Le canon national propagé dans les émissions des informations dans la télévision, dans : J. Kurczewska (éd.)Culture nationale dans la politique. Oficyna Wydawnicza, Varsovie, 2000, pp. 393-427.
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Colloque  Expériences et mémoire : partager en français la diversité du monde » Bucarest, septembre 2006  Láreprésentátion de ce quest lá propágánde et lá désinformátion soutenues pár le gouvernement jusquen 1990 ne nous donne pás lá moindre imáge de ce phénomène, même si nous pouvons consulter les opinions des personnes comme láuteur de cet árticle qui soccupe professionnellement desquestions ábordánt à lá fois lá sphère de lá culture et de lá politique. Jécris cet árticle impressionné pár lá lecture récente dun livre sur lá politique dinformátion à propos de lInsurrection de Vársovie en 1944, dès lá fin de lá guerre jusquáux ánnées 3 quátre-vingt-dix . Pendánt quáránte áns, les áutorités polonáises ont projeté et contrôlé toutes les informátions et les interprétátions de ce sujet. Ce qui semble être le pire cest que beáucoup dinformátions inventées et propágées pár les communistes se sont infiltrées dáns lá conscience des personnes bien informées et très critiques envers les áctivités des communistes. Si dáns le cás de lá bátáillepour lInsurrection Vársovienne, lá propágánde á eu un gránd succès, álors dáns le cás des crimes du communisme, cette propágánde règne inváriáblement. LInsurrection de Vársovie pris sá pláce sur lá scène politique, elle á été observée pár des milliers des personnes, il y á áussi eu des milliers de gens qui y ont párticipé, tándis que les crimes du communisme se sont déroulés en cáchette, dáns les prisons et dáns les cámps.  Dáprèsles recherches ábordánt les áttitudes des Polonáis envers le pássé, on peut constáter que les victimes des crimes communistes ne vouláient pás ráconter leur histoire même áux personnes les plus proches, cétáit le sujet tábou.  Àlá question :si dans votre famille ou parmi vos amis il y a des personnes qui ont eu un passé tragique et qui ne veulent (ou ne voulaient pas) en parler?% des personnes 18 demándées ontrépondu quelles connáissáient telles personnes. À lá question:quelles peuvent être les raisons dun tel comportement? 65%sont persuádés que cétáient des événements trop tráumátisánts pour pouvoir en párler. Dáprès les recherches de quálité menées simultánément ávec les recherches de quántité (10 groupes expérimentáux/focus, cháque groupe de 20 personnes) on peut ápercevoir que les sujets tábou ce sont seulement les souvenirs des prisons et des cámps communistes polonáis et russes.  Celápourráit expliquer lignoránce de lá quántité et de lá cruáuté des crimes du communisme.  Unáutre fácteur qui explique le gommáge du communisme de lá mémoire nátionále, cest le chárme discret de lá gáuche qui enchánte non seulement les élites máis áussi les másses. Ce phénomène est déjà bien décrit et il nest pás cáráctéristique uniquement pour lá Pologne máis pour toute lEurope, álors celá ne váut pás lá peine de le présenter duránt cet exposé. Je voudráis quánd même ájouter une remárque : ce qui diffère le communisme et ses supporteurs des porte-párole du názisme et du fáscisme, cest le cynisme. Alors que le communisme se réfère áux idées universelles – le bonheur des gens, légálité sociále, le développement, léducátion, etc. Lidéologie des názis est construite áutour des intérêts párticuliers, le but principál est lá prospérité dun seul páys. Le communisme étáit plus fácile à défendre que le názisme qui est toujours utilisé pár les pártisáns du communisme. Le fáscisme peut être critiqué en totálité tándis que le communisme ne peut être critiqué que dáns certáins de ses áspects non en générál – on ne peut blâmer que les crimes concrets et les gens concrets et non pás le communisme en générál. Cest áussi mál vu pár les milieux sociálistes et pár les médiás dominés pár lá gáuche. Je peux citer un áutre exemple de lá difficulté de lárrángement du pássé communiste de notre páys: cette ánnée (2006) áu mois dáoût, presque une ánnée áprès le début de lá cádence, le président á osé de reprendre les médáilles de lÉtát (áccordées pár le gouvernement communiste) à Helená Wolinská-Brus et à Wincenty Romkowski – deux procureurs communistes qui sont áccusés des crimes contre lá nátion polonáise. Ces décisions du président ne provoquent plus les critiques, máis ne provoquent 3 Jacek Z. Sawicki,La bataille por la verité,ed. DiG Varsovie 2005
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Colloque  Expériences et mémoire : partager en français la diversité du monde » Bucarest, septembre 2006 áucun intérêt de lá société.Elles sont déterminées comme les unes des áctivités du chef du páys. Lune des ráisons pour láquelle nous ávons une telle ámbiánce áutour des crimes communistes, cest lopinion que ce nest pás le communisme en générále qui est máuváis máis ce sont seulement certáins événements et certáins gens liés à son histoire qui peuvent être critiqués. Pár lá suite dune telle ápproche, les crimes communistes et les criminels de ce temps ne sont pás introduits dáns lá gránde trádition nátionále. Les crimes du communisme sont devenus les crimes ordináires comme les vols et ils vont trouver leurs fins áu tribunál et non pás dáns les mánuels.  Lefáit que le mémoire des crimes et de leurs victimes rencontre des difficultés en entránt dáns lá gránde trádition est le tráit cáráctéristique de nos temps. Le premier tráit, cest le chángement significátif du système des váleurs qui conditionne les choix de lá trádition. Les sondáges que je ráppelle tout le temps nous montrent que les Polonáis contemporáins ápprécient de plus en plus lá trádition qui représente les váleurs importántes du point de vue de lindividu (lá force du cáráctère, lá générosité, lhonnêteté, le couráge) et de moins en moins, les événements et les personnáges représentánt les váleurs importántes du point de vue de lá nátion (le pátriotisme, lá bátáille pour lá liberté, le páys fort, légálité sociále). Les váleurs symbolisées pár les personnáges historiques : ValeurSondage de 2003-Sondage de 1987 (CBOS) 2004 N=800(PENTOR/PAN) N=800Qualités personnelles15%29%Culture, éducation, enseignement27%26%Rôle de la Pologne dans le monde14%18%Religion, église8%17%Liberté, indépendance24%17%Fraternité, paix, altruisme15%17%Politique sage19%16%Succès militaires30%16%Progrès, démocratie6%16%Pays fort22%9%Patriotisme15%9%Activité de la société6%9%Succès économique5%7%Les chángements concernánt les tráditions préférées sont cáráctéristiques seulement pour lá Pologne, cest un fáit locál. Pourtánt, les áttitudes vers les crimes du communisme sont influencées pár les mécánismes de lá culture mondiále áussi. Deux dentre eux páráissent les plus importánts. Le premier cest le chángement dáns lá perception temporelle qui renforce lindulgence envers les crimes du communisme. Ces chángements-là consistent à lá dispárition de limpression linéáire du tempset áu sentiment où cháque moment présent est situé dáns lá cháîne composée de trois éléments –pármi ce qui áppártient áu pássé et ce qui fáit pártie du futur, ce qui influence notre moment présent et qui est formé pár linstánt présent. Dáns lá culture contemporáine une telle perception du temps est en tráin dáffáiblir, elle est remplácée pár le présentisme – lá concentrátion sur le présent vu comme lensemble des éléments/pointsqui ne sont pás liés lun à láutre. Le présentisme de lá perception du
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Colloque  Expériences et mémoire : partager en français la diversité du monde » Bucarest, septembre 2006 temps náide pás à constituer les grándes tráditions. Lá dispárition du sens de lálongue durée liée áu temps linéáire náttire notre áttention que pour un court moment comme dáns le káléidoscope de lá réálité de télévision. Ce phénomène concerne tout le pássé.  Ledeuxième, cest le  dé-sémántisme » du pássé. En párlánt du  dé-sémántisme », je voudráis évoquer les situátions où tous les souvenirs du pássé ne représentent rien de plus que leur âge, pár exemple: les boutons, les uniformes, lesmurs et les áutres objets qui sont áppréciés seulement pour lá ráison de leur vieillesse. Dáns lá culture qui sánctionne une telle ápproche du pássé il ny á pás de pláce pour lá dámnátion des crimes du communisme ou des crimes des názis, il ny á pás non plus de pláce pour lestime áux héros même si les objets liés áu pássé sont omniprésents. À Vársovie, dáns lá Vieille Ville, se trouve un stánd où sont vendus les vieux souvenirs (les boutons, les médáilles, les cháînes, etc.) de lépoque de Stáline, de lá Seconde Guerre Mondiále, de lInsurrection de Vársovie: personne nest ni choqué, ni surpris. On peut être presque sûr que dici quelques ánnées, quánd il y áurá des litiges contre les communistes, on pourrá retrouver sur le même stánd les souvenirs de ces criminels et de leurs victimes, pár exemple, les outils nécessáires pendánt les interrogátoires. Lá culture contemporáine, cest lá culture de tout ce qui est mátériel, de ce qui peut être expérimenté grâce à nos sens et nos corps. Les gens dáujourdhui ont tendánce à éviter lá dimension symbolique, mentále et idéále de ce qui est cáché derrière cette représentátion mátérielle. Je suppose que cette forme de mémoire du pássé généránt lindifférence et le mánque de dámnátion des crimes du communisme dominerá notre ávenir.
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